L’Amérique par les chemins de traverse

Le blog de Fabienne Sintes


Schneidermann, DSK et moi

DSK

C’est une drôle de mise en abyme de parler de soi, dans son blog pour évoquer un papier qui parle de soi et son blog (!) mais bon, je suis dans Libé ce matin. Dans la chronique media de Daniel Schneidermann. Et ce qui y est écrit donne à réfléchir sur la façon de faire son métier. Comme il faut être abonné pour avoir accès au texte sur Internet, ainsi qu’aux commentaires je vous laisse un copier/coller et on en reparle en dessous.

Le mystère de la journaliste et de sa boîte noire

Par Daniel Schneidermann

Au prix d’un petit effort de mémoire, réécoutons la musique de fond de la semaine dernière : elle nous chantait que «l’affaire» était terminée. Le procureur Cyrus Vance Jr. allait abandonner les charges, toutes les charges, contre DSK. Dès cette semaine, d’ailleurs, dès aujourd’hui, pourquoi pas ? Toute la journée du mercredi, ce fut fait, plié, emballé, et une réunion imminente du procureur avec les avocats de DSK signifiait, c’est certain, le retour au bercail des Sinclair-Strauss-Kahn par le premier avion. Or donc, qu’arriva-t-il à l’issue de cette réunion ? Les avocats de DSK, la quittant, jetèrent simplement à la presse qu’ils l’avaient jugée «constructive». Plouf : encore raté.

La fin du feuilleton attendrait encore.

Comment les journalistes couvrant un même événement succombent-ils à ces intoxications collectives ? L’une d’entre elles, et pas des moindres, nous offre une instructive plongée sur la mécanique du phénomène. Correspondante de France Inter à New York, Fabienne Sintes tient un blog personnel. A l’antenne de France Inter, rien ne la distingue de ses confrères. Mêmes papiers quotidiens sur les rebondissements du feuilleton au jour le jour, mêmes pronostics hasardeux, parfois démentis le lendemain. Et, depuis le revirement du procureur sur la crédibilité de Nafissatou Diallo, même sentiment diffus que l’affaire va s’effondrer.

Sur son blog, en revanche, elle livre de précieuses indications sur son travail. Dès le 5 juillet, elle écrivait : «Entre nous, les habitués du 153, Franklin Street, les forçats de la planque en plein jour qui ne sert à rien, les damnés des quatre heures de queue pour des audiences de dix minutes chrono, les spécialistes en un jour du droit américain, les punis des reportages dans le Bronx, les recalés des sources judiciaires, on appelle ça “le papier méthode Coué”. Celui que toutes nos rédactions nous demandent en boucle depuis vendredi - “Pourquoi attendre le 18 juillet pour plier l’affaire ?” - et dans lequel on explique qu’en effet, on ne voit pas pourquoi s’éterniser. Méthode Coué parce qu’après avoir tout dit et son contraire, on commence à être pressés d’en finir. Pressés de raconter la fin avant d’avoir à expliquer encore pourquoi tout ce qu’on a écrit la veille n’existe plus le lendemain. Méthode Coué parce qu’à force de vouloir cette nouvelle audience surprise qui nous délivrera de la patate chaude, on imagine que Cyrus Vance finira par la convoquer pour nous.» Et deux jours plus tard, le 7 juillet, au lendemain du fameux mercredi : «J’avoue que moi-même, qui avais pourtant expliqué à mes chefs à Paris qu’il ne fallait pas trop s’illusionner sur ce rendez-vous habituel dans une procédure - les deux parties se voient très régulièrement -, j’ai eu un coup d’adrénaline quand j’ai vu s’installer le podium et les micros. Au point que je n’ai pas osé marcher jusqu’à la valise satellite de Radio France, posée à deux minutes à pied, de peur de rater le moment où quelqu’un viendrait nous annoncer que les charges étaient levées.»

Voilà. Une bonne partie du mystère du journalisme (comment des professionnels consciencieux, bien formés, peuvent-ils collectivement parfois produire des emballements décérébrés, déconnectés de toutes les données réelles dont ils disposent) se trouve dans la boîte noire de ce «coup d’adrénaline». Il faut souhaiter qu’elle soit un jour retrouvée par les équipes de secours. Ceux qui ont installé les podiums et le micro ne disposent pas de davantage d’informations que Fabienne Sintes. Elle le sait bien, qui vient d’adjurer ses chefs de ne pas trop s’illusionner. Et pourtant, voyant le podium, Sintes ne peut pas s’empêcher de croire en l’irruption d’une Information Supérieure qui viendrait bouleverser l’ordre logique des choses. Comme si ses deux hémisphères ne communiquaient pas. Comme si la petite voix lucide de Fabienne n’atteignait pas Sintes, hors de portée, entrée dans la transe chamanique avec toute la tribu. L’aspect très positif de cette schizophrénie, que révèlent au grand jour les blogs personnels de journalistes, c’est que le diagnostic est délivré en temps réel.

L’antidote est délivré avec le poison. Entre deux tirades, le comédien vient sur le devant de la scène, s’éponge le front, et prend le public à témoin de la boursouflure de la pièce. C’est peut-être la première étape vers la désintoxication, mais ce n’est qu’une étape. Ceux qui souhaitent vraiment être informés savent désormais qu’ils peuvent cesser d’écouter Sintes sur France Inter, et lire le blog de Fabienne.

Comme je l’ai écrit dans un commentaire au dessous du papier c ‘est toujours à la fois un honneur et une punition d’être dans une chronique de Schneidermann. Ca n’est pas la première fois d’ailleurs, il y a plusieurs mois, ce blog était cité dans l’affaire de Johnny à Los Angeles exactement pour les mêmes raisons : Le « making off » derrière la couverture antenne ;  ce que dit le blog et sur quel ton par rapport aux papiers que l’on laisse sur France-Inter ou France-Info ; ce que l’on s’autorise sur un blog et que l’on s’interdit à l’antenne.

Evidemment je trouve qu’il en fait des tonnes sur le manque de nuance de mes papiers à l’antenne. ;-) Mais sur le fond, Schneidermann a raison. Et ce côté Dr Jekyll et M.Hyde qu’il me donne n’est pas si mal vu.

Cette affaire est incroyablement schizophrénique à couvrir. Et le sentiment qu’elle laisse, c’est de subir l’info. Une navigation à vue au fil des fuites auxquelles nous n’avons accès qu’avec effet retard, ou au rythme des révélations du procureur qui lui aussi aurait peut-être besoin d’une boussole. Pour notre défense à tous, la presse Américaine y compris, nous ne sommes pas partis bille en tête sur du vide. Nous avons démarré sur les mots d’un DA qui parlait d’affaire « solide » et laissait filtrer les rapports de police ou de médecine-légale qui ont justifié sa décision d’arrêter DSK dans les conditions que l’on sait. Nous, c’est vrai, en bons otages, nous avons lu les papiers que nous tendaient les ravisseurs. Mais songez que le NewYork Times a envoyé 7 journalistes enquêter sur la plaignante, ils sont revenus avec un papier qui en faisait une femme sans histoire. J’ai la faiblesse de penser que même les détectives de Brafman ont reçu les révélations qui ont suivi comme un cadeau inattendu. Depuis effectivement, l’affaire est enterrée. Et puis déterrée. Elle est finie. Et puis pas finie. Et on peut difficilement choisir d’arrêter d’en parler en attendant que ça se tasse. Au contraire, tout cela, il faut le rendre à l’antenne. Et ça n’est pas si facile. Pas facile non plus pour ceux, à Paris, dont le travail est d’évaluer ce qui remplira les journaux et dont la première référence est une dépêche d’agence qui fait parfois le choix de mettre en avant des éléments que vous n’auriez pas choisis vous-même.  Je comprends que cela puisse donner le sentiment d’un incroyable flou sans queue ni tête à certains et pourtant vous seriez étonnés d’apprendre la longueur des conversations denses que nous avons entre Paris et New-York, les engueulades même parfois sur les choix des uns et les sentiments des autres.

Ce qui amène à la 2eme schizophrénie qui est la mienne, et le papier de Schneidermann pousse à une réflexion intéressante : le passage du blog à l’antenne et de l’antenne au blog ; le changement de support qui autorise un changement de ton ; les 3000 signes ou plus au lieu de la minute d’antenne réglementaire. Subitement, le soir, quand les commandes passées par Inter et Info sont bouclées, quand les papiers sur le mode habituel sont terminés d’écrire, les barrières se lèvent et c’est comme une autorisation de laisser passer toute la marchandise.  La question est de savoir si l’un sert de défouloir à l’autre ou si l’un excuse l’autre et inversement. Je me cache un peu derrière l’idée que l’un est le complément de l’autre. Et je reconnais qu’il est certes très agréable, mais sans doute aussi un peu facile de se créer un espace qui gomme les frustrations éventuelles tout en faisant en effet peu ou prou la même chose que tout le monde dans l’ « espace classique » des antennes. Le seul moment ou les deux espaces se rejoignent, ce sont les moments rares des émissions consacrées aux Medias. Quand le JE est permis et le ton neutre et froid d’un journal invité à s’éclipser. Mais les journaux d’information ne sont pas là pour ça. Comme un article dans les pages politiques de Libé n’est ni un édito ni une chronique.

Au passage, je constate aussi de plus en plus souvent, que certains lecteurs ne sont pas du tout auditeurs. Et ça, pour nous les radioteurs, c’est une révolution !

En attendant mieux, pour que chacun y trouve sa place et moi aussi, je parle sur 1 minute, blogue sur 3000 signes, twitt sur 140, et ça aussi, c’est un peu schizophrénique. D’ailleurs est-ce que quelqu’un peut me rappeler comment je m’appelle ?  Daniel Schneidermann m’a un peu embrouillée ;) 

Have a nice day.

30 commentaires pour “Schneidermann, DSK et moi”

  1. tardrew dit :

    Moi, je pense que fab est victime d’un dédoublement de personalité. et qu’un de ces jours, elles va se retrouver en gnou. A part ça, je trouve que même les papiers radio de Fabienne font assez bien la part des choses.

  2. LEMARECHAL Hubert dit :

    Ce qui m’inquiète tout d’abord, c’est que Schneiderman prétend que tes deux hémisphères ne communiquent pas. D’où tient-il ce scoop ? Y aurait-il eu des fuites dans quelque hôpital ? Schneiderman se mettrait-il à fouiller les poubelles comme n’importe quel petit journaleux en mal d’inédit ?
    Plus sérieusement, et à te lire, il me semble en effet que dans ce type d’affaire et vu la manière dont il est demandé de la traiter, il y a de quoi devenir schizophrène. J’ai un faible pour la “Fabienne du blog”. J’écoute aussi très souvent la “Sintes” d’Inter. Et je les trouve tout simplement complémentaires “toutes les deux”.
    L’important, n’est-ce pas qu’au travers de tes papiers du matin tu suscites l’envie d’aller chercher un complément d’information ? Et ça, je trouve que tu le réussis plutôt bien. D’où l’habitude de ma promenade matinale sur ton blog qui me réconcilie avec le travail journalistique.

  3. Daniel Schneidermann dit :

    Oups ! Je ne m’en souvenais plus, pour Johnny. Comme quoi, ça ne bouge pas si vite que ça…

    Et si vous essayiez, une fois, de faire une note de blog à l’antenne ? (Allez, une seule fois, par exemple demain matin, de toutes manières les chefs sont en vacances…)

  4. ANTHONY KODJO dit :

    Ce message s’adresse à Madame Fabienne Sintes
    Madame; je suis un auditeur qui écoute régulièrement France Inter et I-Télé. J’avoue que je vous admirais bcp à la télé, mais depuis le jour où un journaliste vous avais posé la question : De Obama ou Mme Clinton, qui des deux pensez vous sera élu(e) ; vous avez fait un sourire et avez répondu Clinton , depuis ce moment quelque chose est déchiré en moi et j’ai du mal à vous voir à la télé comme le ferait un mari désabusé, trompé. Le piedestal sur lequel je vous métais s’est hélas éffondré. Ca me fait tès mal.
    Alors, sur DSK , on a également du mal à donner crédit à tout ce que vous racontez.
    M. ANTHONY

  5. Provost dit :

    Que dire si ce n’est que les journalistes, pratiquement tous les journalistes ont été d’une médiocrité inouie pendant toute cette affaire, faisant preuve de suivisme et d’amateurisme par souci d’entretenir l’émotionnel, le taux d’écoute et le niveau de diffiusion. Première chose, un rapport médico-légal est-il toujours fiable ? Ne peut-il pas se maquiller ? il fallait plour savoir interroger de vrais experts. La passé, la personnalité de Nafissatou Diallo, sa morphologie même auraient dû faire l’objet d’une enquête réelle dès le début. Il fallait envoyer un guinéen (on doit pouvoir en trouver) pour délier les langues au lieu de recueillir naîvement des témoignages aux accents de Camora. J’ai l’impression que vous n’investissez plus dans la vraie investigation et que vous vous contentez de reprendre des dépêches ou des ragots. Le problème est que les journalistes on cessé d’être des journalistes pour devenir des vendeurs d’histoires.

  6. marie dit :

    tu es Fabienne Sintes, excellente journaliste, fine analyste..
    Nous avons, nous, lecteurs, auditeurs, été demandeurs de nourritures dskaziennes.. complices de cette hystérie..

  7. Kenos Brown dit :

    Très bonne introspection mais cela va-t-il changer quelque au vortex médiatique ambiant? Autrement dit peut stopper l’offre quand la demande se fait de plus en plus pressante? Good luck Mrs Hyde.

  8. Pat dit :

    La difficile condition de journaliste… Rassurez-vous, la presse écrite à été aussi mauvaise dans le traitement de l’affaire DSK que les autres médias.
    Il est néanmoins probable que de braves journalistes fassent les frais de l’avidité des rédactions, comme aujourd’hui dans les entreprises, de braves salariés font les frais du management au reporting excel.
    On pourrait tout de même se douter, maintenant, que dans les affaires judiciaires, quelles que soient les infos, se valant même d’être officielles, il faut particulièrement marcher sur des oeufs.
    Vous y arrivez bien en politique.

    Finalement Outreau n’aura pas servi de leçon. Pour éviter Schneidermann à l’avenir, il faut que les journalistes consciencieux fassent un peu de résistance, de la même manière que c’est aux salariés aussi de changer l’entreprise.
    On peut y arriver…

  9. fabiennesintes dit :

    @Daniel: Je crois quand même qu’il faut m’écouter plus souvent !

  10. fabiennesintes dit :

    @Anthony: j’ai bien peur que vous me confondiez avec qq d’autre

  11. Anne Ta Geek dit :

    Qu’est-ce que je suis fière de toi, ma mini-geek ! :)

  12. Evealine dit :

    C’est toute la différence entre l’information délivrée par le professionnel, qui se doit d’être objectif et exhaustif dans le cadre de son travail, en relayant et synthétisant les informations de tous bords, et les impressions, les interrogations personnelles d’une française qui, comme nombre de ses congénères, se posent des questions bien légitimes sur cette incroyable histoire !

  13. Christian Creseveur dit :

    Bonjour,
    Au delà de la squizophrénie, est-ce que le problème n’est pas tout simplement celui de la précaution oratoire?
    Evidemment je présume que dans le feu, et de la réactivité qu’on vous demande, il ne doit pas être commode d’employer le conditionnel. Surtout quand en plus l’info vient de sources a priori autorisée (le DA, ici).

  14. Jérôme dit :

    Schneidermann semble découvrir qu’il existe un formalisme obligatoire dans les papiers radio (comme dans tous les médias) et qu’un blog offre forcement plus de liberté…

    On peut comprendre qu’il trouve passionnants les états d’âmes professionnels de Fabienne (lui qui semble si éloigné du terrain…) mais les auditeurs, eux, sont d’abord là pour avoir du factuel immédiat et c’est un exercice journalistique difficile (que DS ne semble pas avoir beaucoup pratiqué). It’s a dirty job but somebody has to do it…

  15. fabiennesintes dit :

    Je voudrais rappeler en effet que les informations que nous donnons sont sourcées. Et que dans cette affaire, elles sont même sourcées par le procureur. Ca n’est pas en faisant les poubelles qu’on écrit mais en lisant des documents officiels. La presse Américaine s’interroge aussi sur cette affaire. Mais elle ne tire pas sur les journalistes, elle décrypte les informations données par le bureau du proc, se demande s’il a fait son du bon travail ou pas, quelles conclusions en tirer etc… Et la notoriété de DSK aux Etats-Unis, fait que les journaux Américains, si l’on exclu les tabloids, n’ont pas besoin d’alimenter les antennes et les pages tous les jours, et encore moins de suivre les faits et gestes du personnage.

    Tout serait tellement plus facile si il n’y avait que des mensuels ! Que seule une info froide arrivait tous les 1er de chaque mois après avoir absorbé les rebondissements des 30 jours précédents.

    La vraie différence entre nous et les Américains c’est surtout que le traitement de l’affaire ici est totalement dépouillé de toute la charge émotionnelle qui est la notre en France. Chez nous, chaque lecteur/auditeur/téléspectateur lit/écoute/regarde avec une opinion politique en bandouillière voire une opinion toute faite quoi qu’il se passe.
    Et tout ce que nous pouvons dire alors ne trouvera grâce aux yeux de personne.

  16. Christian Creseveur dit :

    Il n’y a pas seulement l’opinion politique en Bandoulière. Aujourd’hui avec internet on a de l’info en continu, ce que vous faites, sur France-Info depuis toujours, mais avec une différence fondamentale c’est que les internautes disposent maintenant d’une masse colossale de sources, qui peuvent rapidement être recoupées et triées en ordre de pertinence par la communauté des internautes. La communauté des internautes est protéiforme et surtout réactive comme aucun journaliste ne pourra l’être à lui seul. Aussi cette communauté a, elle, le droit à l’erreur, parce qu’en son sein il y aura toujours quelqu’un pour la rectifier.
    NB. Merci pour votre réponse (c’est aussi la différence avec le journaliste à l’ancienne: les internautes ne se satisfont plus de l’info qui leur est assenné, qui tombe du ciel comme s’il délivrait une vérité!).
    Cordialement

  17. zou dit :

    “Mais le mieux est encore d’attendre le 18 juillet et de ne pas faire trop de projets pour le mois d’août”. C’était la conclusion d’il y a une éternité, qq jours donc.
    Prémonitoire.
    En effet… cet été, la correspondante risque bien de le passer sur le trottoir.
    ;-)

  18. Sylvain dit :

    Franchement Fabienne, tu es bien indulgente face aux propos de Daniel Schneidermann et positive, qui plus est. Signe d’intelligence et de professionnalisme face à une suffisance qui me hérisse le poil depuis bien des années ! T’es trop sympa de lui faire un peu de pub, vraiment trop sympa.

  19. Jean Fauveaud dit :

    Hourra, l’information a réussi à rattraper son retard sur les agences de notations.
    Nous avons droit à une information aussi fluctuante que les cours de Bourse.
    Nous avons pu constater les dégâts causés par un système financier, opportuniste et irresponsable, avide de profits.
    Jusqu’où ira l’information pour garder son fond de commerce. Vous le dites vous-même, les discussions sont animées dans la rédaction, mais qui gagne à la fin?
    Votre prise de conscience, c’est tout à votre honneur, ne suffit pas à freiner un mouvement lent, sournois mais permanent d’une information “réflexe” où sans ne plus vraiment savoir pourquoi, on se persuade que l’auditeur ou le téléspectateur en veut plus, encore plus, encore encore plus. Plus de quoi? d’une litanie dénuée de fond, d’analyse, de recul?
    Tout mouvement a son contraire que j’attends avec une certaine impatience et je ne pense pas être le seul.
    En attendant, quelle rédaction aura les c… de cesser cette mascarade ? à moins que, comme les politiques, les médias nous prennent pour des idiots.

  20. Guy Valte dit :

    Ce n’est pas parce que mon commentaire est lisible par tous que cela fait de moi un journaliste, mon opinion n’engage que moi, et je n’ai pas à vérifier mes sources, en plus j’utilise un pseudo.
    Ce que veux signifier c’est que Internet, ce n’est pas seulement de l’info en temps réel, il y a aussi les opinions de quelques extravertis qui peuvent avoir une influence. Ce qui est à la fois inouï, très précieux et très dangereux, c’est pour les adultes.

  21. JD dit :

    Mme SINTES,
    Auditeur de France Inter depuis des décennies j’apprécie vos papiers et votre voix qui passe bien en radio. Rien à dire sur le fond, vous faites votre métier en grande pro avec les méthodes et les diktats de la profession.
    Le blog que je découvre au travers de cette polémique avec D.SCHNEIDERMAN pose effectivement la question du rapport entre l’individu et son libre-arbitre et la professionnelle aux contraintes formatées.
    Les deux sont évidemment complémentaires et c’est bien de vous “lâcher” un peu en dehors des papiers officiels. Moi je n’y vois que du complémentaire et ne vous pense pas schizophrène ou alors nous le sommes tous, dès que ce que nous faisons dans un cadre professionnel est différent de ce que nous faisons dans un cadre privé. Le blog est public mais en même temps c’est un espace de liberté qui j’espère n’est pas sous la surveillance de quelque censeur que ce soit à part vous-même.

    Bien à vous

  22. Serge FEVRE dit :

    Voilà encore une raison, cette affaire DSK, qui me fait regretter “Et pourtant elle tourne … ” et ressentir le manque laissé par l’arrêt de cette émission. J’aimais bien, justement, la place laissée, ou plus exactement faite, aux correspondants de France Inter à l’étranger afin qu’ils expliquent, différemment du tout petit billet entendu dans les “news” à X o’clock, ce que sont réellement les situations ou les événements. A la fois plonger dans les détails mais aussi s’élever, prendre du recul, réfléchir, analyser, comparer ce qu’on dit ici et ailleurs … Heureusement qu’il nous reste votre blog. Continuez comme ça, c’est instructif et passionnant.

  23. Guy Rainville dit :

    Conformisme envers les exigences des grandes chaînes d’information (faut bien vivre non ) versus passion de son métier de journaliste tel qu’idéalisé à ses débuts via le blog personnalisé.

    Un peu comme un ébéniste qui est obligé d’être menuisier sur les grands chantiers de jour mais qui construit son bateau le soir comme un vrai ébéniste.

    Voilà tout.

    Vous avez une authenticité, madame, digne d’admiration.

    Take care.

  24. glpz dit :

    “Have a nice day.”

    !!!????????????

    Le voilà, le problème.

    Comprenne qui pourra !

  25. gorlier dit :

    Je suis ravie d’avoir une réaction au papier de Schneiderman qui m’avait beaucoup intéressée et m’a donné l’envie d’aller voir votre blog. C’est un excellent complément à vos interventions sur France Inter que nous apprécions tout particulièrement. Tous nos compliments pour la densité et la clarté des informations et, chose rare en ce moment, pour la qualité de votre élocution.
    J’ai trouvé le chemin jusqu’à vous et je vous en remercie, surtout ne changez pas!

  26. zaz dit :

    vous êtes une excellente journaliste et depuis des années.
    DS a raison evidemment mais c’est tellement simpliste de sa part. 20 ans qu’il dit la même chose. ce sont les journalistes bien au chaud (ils sonty nombreux dans la critique) derrière leur ordi qui ironisent sur vos métiers difficiles, à la fois dans le tourbillon, la rapidité , les demandes de vos chefs pas toujours éclairés..
    et cette schizophrenie vous la voyez avec lucidité.

    la critique est nécessaire mais elle est là inaboutie.
    Dommage
    Allez DS un pti effort , allez plus loin

  27. ARARAT dit :

    J’ apprécie beaucoup et vos chroniques à l’ antenne et votre blog, découvert hélas il y a peu en allant sur le site des émissions. Du très bon boulot, la tyrannie de l’ instant(anéité) d’ un côté, la réflexion et le décryptage des infos, éléments du dossier de l’ autre. C’ est D. Schneidermann qui fait de cette dichotomie une ” schizophrénie ” . Abus simplificateur de langage, auquel vous répondez par la référence ” Dr J. & Mr Hyde”. En effet pourquoi ne pas utiliser ambivalence, ou contradiction, opposition, pour décrire deux aspects contradictoires d’ un même problème, ou d’ une façon de le traiter ?
    La schizophrénie, comme le cancer , est une maladie extrêmement répandue ( bien davantage que le diabète). En grec, ce terme signifie le ” pensée cassée ” et en aucun cas le dédoublement de la pensée , de la personnalité. La schizophrénie, tic de langage très répandu dans les milieux journalistiques français, c’ est l’isolement , le repli sur soi, la perte des repères, la confusion dans la perception de l’ environnement & de son propre corps, les limites de celui-ci pouvant fluctuer, signe d’ une souffrance atroce & indicible. Ce sont les injonctions, hallucinations auditives tenaces & menaçantes, le jeune est terrorisé & n’ en parle pas, même un regard croisé est menaçant en période de crise. C’est ,pour les adolescents le plus souvent des garçons fauchés vers 17 ans, parfois bien plus tôt, ou beaucoup plus tard,( jeunes adultes des 2 sexes), c’est un” coup de tonnerre dans un ciel serein”, l’abandon des études ou du travail , des relations de couple qui n’y résistent guère, le placement des enfants si pas d’autre alternative. C’ est la fin des espérances & des rêves, c’ est un long couloir glacé qui a englouti mon fils adoré, à l’ âge de 19 ans , fou de glisse,surtout dans les vagues, la neige, de street art, jouant de la musique sans jamais l’avoir apprise et dessinant à merveille, une allure de liberté, que ni moi ni les siens, ses amis, ses passions ( il était extrêmement sportif, sports de l’ extrême, la médecine n’ont réussi à sauver de cette saloperie de maladie.
    Les malades sont avant tout victimes de leur maladie & ces personnes sont beaucoup moins criminogènes que la population dans son ensemble , contrairement à ce qui est proclamé et scandalise les psychiatres et soignants. Alors depuis, c’est vrai que ce mot si étrange, nous a disloqués, mais vous, vous ne l’ utilisez pas à tort & à travers. Je vous estime beaucoup, car vous êtes une journaliste de talent & de conviction, comme beaucoup sur la station de France-Inter qui m’ a tant aidée, le Téléphone sonne ou mes appels lors d’ émissions sur la honte de la psychiatrie en général ont toujours été pris, sur le fléau du suicide des ados ( dont les chiffres sont tronqués ) également. Pour cela , merci.
    Merci encore pour la qualité de votre blog, reflet de la pensée et de la personnalité, j’ ai refermé mon sujet, moi qui ai fait des études de journalisme, et profitez de la vie qui est belle malgré tout ! Et informez-nous avec ce talent qui vous est propre.

    @ zaz :Ambivalence, contradiction, pas schizophrénie merci !

  28. jahan dit :

    continuez comme vous le faites. je trouve que vous essayez bien de nous éclairer sur ce système judiciaire qui nous déroute tous. Toute cette affaire est déroutante, nous ne pouvons connaitre que le sommet del’iceberg… à moins d’être partie prenante,je ne vois pas comment on pourrait savoir ni comprendre ce qui se trame entre les parties, préjuger d’une issue telle ou telleautre sans connaitre à fond les subtilités de lajustice américaine etc… je vous écoute lors de vos interventions en radio, et c’est toujours un plaisir d’entendre vos explications. tous mes encouragements, Annick (de Narbonne)

  29. DSK dit :

    trop drole …. a voir ptit clip http://youtu.be/gkLPRQHtjZY

  30. esha dit :

    Il y aura 1 émission sur l’affaire DSK qui laissera place à toutes vos théories et scénarios possibles sur le sujet. ça se passe sur opinews, le nouveau média en vogue qui propose des émissions numériques participatives et c’est à 19H jeudi 29 ! En espérant avoir la chance pouvoir communiquer avec vous.

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