L’AmĂ©rique par les chemins de traverse

Le blog de Fabienne Sintes


Les Américains et les vacances gratuites

En ville

 Jetez un Ĺ“il lĂ -dessus. Clic. La preuve qu’aux Etats-Unis, un ministre ou un Ă©lu quel qu’il soit ne se risquerait pas Ă  s’offrir des vacances aux frais d’un chef d’Etat Ă©tranger. Tout doit ĂŞtre divulguĂ©. C’est obligatoire. Exactement comme chaque conversation, chaque lettre signĂ©e, chaque mail envoyĂ© par le PrĂ©sident AmĂ©ricain peut ĂŞtre rĂ©vĂ©lĂ© et montrĂ© sur la place publique.Si vous avez la curiositĂ© d’aller naviguer sur le site mentionnĂ© plus haut, vous verrez que les cadeaux et leur valeur doivent ĂŞtre listĂ©s, ainsi que les raisons du voyage, les membres de la dĂ©lĂ©gation etc….Pour la petite histoire,  la dernière parlementaire Ă  avoir d’ailleurs fait un voyage en Egypte, c’est Gabrielle Gifford ! Celle lĂ  mĂŞme sur laquelle on a tirĂ© le mois dernier Ă  Tucson. On lui a donnĂ© un tapis d’une valeur de 150 dollars. C’est Ă©crit.

Vous me direz, rien de plus facile que de faire passer un voyage d’agrĂ©ment pour un voyage officiel. C’est tout Ă  fait vrai. Sauf que les risques pris par les Ă©lus AmĂ©ricains sont plus hauts que les nĂ´tres. L’Office of Personnel management (lĂ ) prĂ©cise bien que les cadeaux, y compris les frais de voyage offerts par un gouvernement Ă©tranger, sont interdits par la constitution:

The acceptance of gifts (including travel expenses) and decorations from a foreign government, or from an international or multinational organization which is composed of representatives of foreign Governments and the United States, is prohibited under the Constitution without prior consent from Congress. In 5 USC §7342, Congress granted limited authority for Federal employees to accept some gifts and travel reimbursements under certain specified conditions. Federal employees should consult their agency ethics official and obtain the necessary agency approval prior to accepting any gift or reimbursement from a foreign government or an international or multinational organization.”

Les vrais pare-feux aux Etats-Unis, au-delĂ  de l’interdiction prĂ©vue par la loi, c’est la multitude des « watchdog groups » dont la liste (ici) n’est pas exhaustive et dont le rĂ´le est de surveiller les dĂ©penses du gouvernement. Par ailleurs,  le « freedom of information act » donne le droit Ă  tous ces groupes ainsi qu’aux journalistes, d’aller fouiller dans les papiers officiels.

En clair, bien fou celui qui oserait s’offrir un voyage sur le Nil. S’il est pris, il est mort politiquement. Pensez aussi que chaque ministre, chaque haut fonctionnaire mĂŞme, est soumis avant sa prise de fonction officielle, Ă  une enquĂŞte du sĂ©nat qui peut durer des semaines. Il passe une audition qui en gĂ©nĂ©ral est un très mauvais moment, au cours de laquelle il est littĂ©ralement passĂ© Ă  la question par les sĂ©nateurs qui ne laissent rien passer.

Maintenant, les Ă©lus amĂ©ricains ne sont pas des anges, loin de lĂ . Ni des modèles de vertu. La confusion entre public et privĂ© elle est dans le fonctionnement mĂŞme de la dĂ©mocratie AmĂ©ricaine avec la place prĂ©pondĂ©rante d’un phĂ©nomène presque marginal chez nous en comparaison : Les Lobbyistes.

LĂ , les scandales sont lĂ©gion. Echanges de services, largesses dans les contributions Ă©lectorales, promesses d’emploi et voyages tous frais payĂ©s. Le plus gros scandale de ce système il a eu lieu en 2006 avec l’affaire Jack Abramoff. Abramoff qui a arrosĂ© tout le monde autour de lui a fini par faire presque 4 ans de prison. Depuis, les Ă©lus sont un peu plus mĂ©fiants et prennent bien soin de payer leurs additions. Obama a d’ailleurs tentĂ© de rĂ©duire le rĂ´le des Lobbyistes Ă  la maison blanche, c’est l’une de ses premières dĂ©cisions Ă  son arrivĂ©e. (clic) Le rĂ©sultat est peu probant.

Aux Ă©lus AmĂ©ricains qui courageusement refusent qu’on leur offre des vacances Ă  l’Ĺ“il ; qui scrupuleusement dĂ©voilent la couleur des tapis Afghans qu’on leur offre ;  qui d’un revers de main refusent  la gĂ©nĂ©rositĂ© sans fond d’un lobbyiste, il ne reste qu’une seule porte de sortie pour faire scandale : LE SEXE !

Have a nice day   

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2 commentaires pour “Les AmĂ©ricains et les vacances gratuites”

  1. Maxime dit :

    wow, super liens ! :)

  2. wilfried dit :

    Les politiques français devraient en prendre de la graine, quels qu’ils soient, de gauche comme de droite, on a un exemple un peu semblable en Europe avec la Suède.

    Merci Fabienne Sintès.

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rome

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