Le blog de Fabienne Sintes

L’Amérique par les chemins de traverse

Article(s) pour décembre 2010

Jour de facebook

Samedi 11 décembre 2010

Mes amis se moquent gentiment de moi quand je raconte ma vie sur facebook. Mes dents, mes cheveux, mes agacements, l’humeur du jour à disposition de mes vrais amis, comme de tous ceux que je n’ai jamais vus; et que je ne vais probablement jamais rencontrer. C’est le principe tel que je le vois: Envoyer un petit signe de la main malgré les 8000 km qui nous séparent. S’amuser de nos propres bêtises en cercle plus ou moins large. Partager de temps en temps des idées ou de la lecture sur un mode plus sérieux. Voire tomber par hasard sur des gens dont on ne sait pas grand chose, mais avec lesquels on découvre qu’on irait volontiers boire un café. J’assume. Et j’aime. Après tout, (j’imagine que je dis ça aussi pour me rassurer) discourir sur l’état de ma coiffure en climat humide ne dit rien de ce que je suis, de ce que j’aime, de comment je vais. Il n’y a rien dans la rubrique de mes goûts, quelques centres d’intérêts marqués par un “like” devant un groupe ou un autre, et mon employeur n’est un secret pour personne. Tout au plus vais-je finir avec une pub pour un shampoing ou un dentiste dans la colonne de droite.

Hier, en lisant le Washington Post, je suis tombée en arrêt devant ce qui suit : clic pour l’introduction. Où quand sa vie racontée sur facebook passe à un tout autre niveau. Shana, 35 ans, partage la joie de sa grossesse. Les complications qui suivent. Ses angoisses de la maladie. Et puis elle meurt. Et ça aussi, est dans son statut. Tout cela en moins de 140 signes à chaque fois. Clic pour lire la page. Le Post a eu l’autorisation de la famille évidemment, pour publier des extraits de la page de Shana où tout est à nu. Comme moi, vous vous surprendrez à lire jusqu’au bout ces phrases somme toute banales, mais qui vous plongent dans une intimité qui, avant facebook, restait un sanctuaire dans lequel rares étaient ceux qui avaient le droit de pénétrer. C’est d’ailleurs la banalité de cette écriture facebook qui frappe autant qu’elle dérange.

L’explosion des réseaux sociaux a incontestablement changé nos vies. Et nous sommes semble-t-il en train d’en faire quelque chose que nous ne soupçonnions pas nous-mêmes.

Have a nice day

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Sarkoleaks

Mercredi 1 décembre 2010

Je ne vais pas m’étendre ici sur Wikileaks dont vous êtes abreuvés dans tous les journaux depuis 48h. Si vous lisez l’anglais, Je vous suggère tout de même puisque ce qui est mis en avant aujourd’hui concerne les relations des Etats-Unis avec le président Sarkozy, de lire les extraits choisis par le New-York Times. Ici.Ce qui est intéressant c’est de voir ce qui a été retenu par les journalistes Américains par rapport à ce qui a été mis en avant par Le Monde. .

Logiquement,  Le Monde est plus complet. Les deux journaux soulignent ensemble que les points de divergence entre les deux pays sont assez peu nombreux au total. Ca n’est pas vraiment une surprise. Les deux journaux insistent aussi ensemble sur “Sarko l’Américain”. La fascination du président Français largement documentée déjà pour les Etats-Unis; au point que Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature à l’ambassadeur Américain plus d’un an avant de la rendre officielle en France. En revanche, vous verrez que le journal Américain s’attarde plus volontiers sur l’homme.

Pour preuve, l’entame du papier, très sévère:

President Nicolas Sarkozyis an unusually solid French friend of America. He is also a “mercurial” man operating in “a zone of monarch-like impunity” surrounded by advisers often too fearful to give honest counsel, according to leaked cables from the United States Embassy in Paris.

Last December, the American ambassador shared an anecdote with Secretary of State Hillary Rodham Clinton: when the mayor of Paris had the Eiffel Tower lighted in Turkey’s national colors for a visit by Prime Minister Recep Tayyip Erdoganin April 2009, aides to Mr. Sarkozy, a staunch opponent of Turkey’s entry to the European Union, rerouted the presidential plane so he would not see it.

Savoureux non ?

Have a nice day.

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Ask and tell

Mercredi 1 décembre 2010

Pour une fois, la politique est une chose trop sérieuse pour être laissée aux élus : confions là aux militaires !

Le Pentagone a rendu son rapport sur l’homosexualité dans l’armée hier. Un rapport fondamental, puisque que c’est en grande partie sur lui que repose ou pas l’abrogation de « Don’t ask don’t tell », la loi qui oblige les gays en uniforme à cacher leurs préférences sexuelles.

Jusque là, les démocrates avaient échoué à faire abroger cette loi, parce que certains républicains voyaient l’homosexualité « avouée » comme un problème pour la cohésion des groupes. Une gêne pour les militaires. Ceux qui sont les plus farouches opposés à la disparition de « don’t ask don’t tell », dont John McCain,  clamaient qu’il fallait attendre pour décider de voir ce que disait ce rapport. Persuadés probablement que l’armée allait reculer.

Le rapport est sorti. Et a 70% les militaires interrogés ne voient pas où est le problème à l’idée de servir dans l’armée tout en parlant librement de sa sexualité. Un général et le grand patron ses services juridiques du ministère de la défense ont traversé des dizaines de bases pendant plus de 6 mois. Ils ont interrogé 115 000 militaires et 44 000 épouses. Il s’avère que seuls les marines et certaines unités de combat sont inquiètes (entre 40 et 60%). Ils craignent le harcèlement ( !) ou que désormais, les gays puisqu’ils peuvent se déclarer, n’aient un comportement efféminé. (Et pourquoi pas des talons aiguille en manœuvre).

L’écrasante majorité des militaires est bien consciente qu’elle a déjà servi avec des gays et n’y a rien trouvé à redire. Un membre des forces spéciales au sujet d’un de ses camarades homo  a même eu cette phrase savoureuse : « Il est grand, il est méchant, il tue des tas de méchants, tout le monde s’en fichait qu’il soit homosexuel ».  

Le rapport ne suggère rien, il se contente de donner des chiffres et propose en revanche de faire un peu d’éducation dans certains rangs.

Aujourd’hui mercredi et demain, les auteurs du rapport et des gradés seront écoutés par la commission défense du sénat. Restera ensuite à voter ce qu’Obama espère faire avant Janvier et le changement de majorité officiel.

Robert Gates, le ministre de la défense a demandé aux sénateurs de ne pas tarder à se prononcer favorablement, avant, il a raison, que les tribunaux de toutes façons, ne décident de trancher le débat et interdire cette forme de discrimination.

Have a nice day

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