L’Amérique par les chemins de traverse

Le blog de Fabienne Sintes


Mauvais coton

Barack Obama saison 2

Les élections à mi mandat sont dans 10 mois. Et la campagne a donc bel et bien commencé. Voila qui nous promet 10 mois de blocage maintenant que les républicains ont ravi aux démocrates leur majorité à 60 au sénat. Ou 10 mois à utiliser des arguties pour faire passer des lois. Ou les deux.

Le camp présidentiel n’a pas encore trouvé la clef pour ne pas perdre complètement sa loi sur la santé. Le temps n’est pas au passage en force, mais au risque de perdre sa gauche après les indépendant, Obama va devoir trancher. Les éditorialistes commencent à le presser. Il devra choisir lui suggère le Washington Post (ici) entre rendre les armes face aux républicains en les accusant d’avoir tué la loi. Ou se battre bec et ongles pour trouver un moyen d’assurer les 46 millions d’Américains privés d’assurance santé.  Une autre idée assez répandue demande à Obama de ne garder que ce qui fait consensus. C’est à dire par exemple l’interdiction pour les compagnies d’assurance de refuser des patients pour “condition préexistante” Ou interdire les primes d’assurances ultra chères. (là). En tout état de cause, tout le monde semble d’accord pour souffler dans l’ oreille du président s’il ne l’a pas compris lui même, que ces temps tourmentés sont un “leadership moment” pour lui. Il doit montrer qu’il sait répondre aux revers sans sombrer dans les jeux politiques mais en reprenant le contrôle sur le débat public et sur son parti.

Pour l’instant, le président des Etats Unis, dont les sondages post-Massachusetts prouvent qu’il est contesté sur tous les fronts (clic), a plutôt choisi de changer de sujet. Vous connaissez cette phrase peut être, tagguée dans la pièce principale du siège de campagne de Clinton en 92 à Little Rock: “It’s the economy stupid!”. Un message qu’Obama une fois de plus semble reprendre à son compte. Il est de retour sur les routes. Il fait ce qu’il fait le mieux… campagne ! Hier il était dans l’Ohio, l’un des symboles de la crise. Son nouveau “tour” s’appelle “From the White House to Main street“. Une manière de recoller avec le peuple Américain qui l’accuse de l’avoir perdu de vue. Et pour recoller à Main Street, rien de tel que d’engueuler Wall Street. C’est fait. La veille dans l’ annonce des nouvelles mesures contre les banques, Obama a promis aux Lobbyistes qu’ils auraient la bagarre s’ils la cherchaient. (Tout à la fin dans la vidéo qui suit). Quitte à prendre des accents populistes assez inédits chez lui.

Et justement, en parlant des Lobbyistes. Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, Obama a perdu une nouvelle bataille hier. Devant la cour suprême des Etats Unis cette fois. Les sages, très divisés (5 voix sur 4) ont décidé de renverser une règle vielle de 20 ans qui interdisait aux entreprises de puiser directement dans leur trésorerie pour financer des spots de campagne en faveur ou défaveur d’un candidat. (Là, dans le détail). La cour suprême a jugé au nom du sacro saint premier amendement de la constitution. Celui qui place la liberté d’expression au premier rang des valeurs Américaines.

Imaginez ce que ça veut dire pour 2010 et 2012. Tous les groupes pétroliers Américains, les entreprises Charbonnières, les établissements privés de Wall Street, les compagnies d’assurance-maladie pourront mettre des sommes énormes au service de leur champion.

Obama est furieux. Et un peu dans le pétrin quand même. Il est grand temps en effet de repartir en campagne. Ressouder et réveiller les énergies démocrates.

Have a nice day.

4 commentaires pour “Mauvais coton”

  1. Greg dit :

    Les républicains étant tous d’accord pour pour être en désaccord avec Obama, il se retrouve critiqué autant pour ce qu’il fait, que pour ce qu’il ne fait pas.
    De plus, le public Américain réagit plus facilement aux aux arguments à l’emporte pièce et pas toujours fondés qu’aux raisonnables.
    Résultat, les électeurs ont oublié que le slogan d’Obama était “yes _we_can” et pas “Yes, I can”.

    Les trois prochaines années s’annoncent difficiles pour les locataires de la maison blanche.

  2. Marie-Joëlle dit :

    Excellente analyse, Fabienne. J’ai trouvé sur un site un terme qui correspond tristement à la situation aggravée par cette nouvelle décision de la Cour Suprême: corporatocracy (*sigh*)
    Un internaute a aussi attiré mon attention sur le fait que lors de l’élection qui a retourné le Massachusetts, le gros des voix pour le candidat républicain était venu de personnes n’ayant pas fait d’études universitaires — je n’ai pas encore la source du sondage, mais il me paraît logique et soulève bien la question de l’éducation comme fondation d’une démocratie qui tienne debout!

  3. OrangeOrange dit :

    GoogleObama VS ExxonMcCain ? Un scénario-fiction désormais imaginable ?

    C’est la question du sondage trouvé sur Pnyx. Pour donner votre opinion:

    http://www.pnyx.com/fr_fr/poll/508

    Demain, si la constitution reste en l’état, une “super marque” créera-t’elle son propre candidat ? Ou au-contraire, une entreprise commerciale n’aura-t’elle jamais intérêt à se marquer autant politiquement ?

    A votre avis ?

  4. BRUNETIERE Jean dit :

    Pendant sa campagne électorale en 2008,Barack Obama avait clairement dit que,s’il était élu,il s’attaquerait aux lobbys qui pourissent la vie politique américaine.A priori,ceux-ci sont plus forts que qui que ce soit,même les partis politiques.Le président américain avait visiblement sous-estimé leur puissance et ne peut que s’incliner.

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