Obama et Haïti
 J’ai encore eu des plaintes.J’ai laissé le blog en jachère. Aaarght. C’est vrai. Mais pour ma défense, l’Amérique que je préfère vous raconter est celle de l’intérieur, et je suis à peine sortie en reportage depuis mon retour de vacances. Cueillie à froid par un attentat manqué et un tremblement de terre à suivre.
Voilà pour les prétextes. Mais puisque je m’y recolle, l’une de mes rédactions m’a demandée ce matin ce que les Américains pensaient de la polémique entre Paris et les Etats-Unis. Très franchement. Pas grand-chose. Les télévisions sont trop occupées à se mettre en scène quotidiennement.
Le premier jour, CNN a été impressionnante. L’Interview de René Préval errant sur le tarmac de l’aéroport, assommé par l’ampleur de la catastrophe était il faut l’avouer, un vrai moment de télévision. Depuis, je vous laisse juger avec 2 exemples qui me laissent assez songeuse. Vous avez peut être déjà vu ce qui suit : le sauvetage en direct live :
Il y a surtout ceci : le correspondant médical de CNN qui tombe, par hasard bien entendu, sur un bébé blessé à la tête alors qu’il marche dans les rues de Port Au Prince. Â
…
Concernant notre polémique sur la prise en main de la catastrophe par les Américains, (ici, un mot dans le Washington Post), la question qui suit est de savoir si Barack Obama est en train d’essayer de récupérer cette tragédie pour la faire tourner à son avantage.
Il n’a échappé à personne que nous sommes à 48 heures des bilans de la première année du président. Ce bilan est plus que mitigé. Obama est critiqué à l’intérieur comme à l’extérieur. Il n’a échappé à personne qu’avant le tremblement de terre, dans une ITW à People Magazine, il a expliqué que son grand regret était de ne pas avoir su rassembler le pays (là ). On voit bien donc, l’avantage d’appeler à la rescousse Georges Bush et Bill Clinton. Les deux anciens présidents ont passé tout leur dimanche dans tous les talk-shows des grandes chaînes. Obama devient celui qui restaure l’unité Américaine en même temps que son image. Il ne fait pas les mêmes erreurs que son prédécesseur à l’époque de Katrina. Il montre que la toute puissante armée de son pays peut servir à bien autre chose que faire la guerre dans des pays improbables. ET, il évite pour l’avenir, (il essaye en tout cas), une vague d’immigration Haïtienne vers les Etats-Unis. (Allez voir ici, les mises en garde de Janet Napolitano contre ceux qui auraient l’intention de traverser vers Miami)
Ceci étant dit, et même si les bonnes intentions ne sont pas forcément dénuées d’arrières pensées, le seul à avoir mis les pieds dans le plat, accusé le président Américain de tirer avantage de la catastrophe, encouragé les Américains à ne rien donner c’est Rush Limbaugh. L’ultra conservateur que l’on connaît.(ici) L’un des hommes les moins recommandables de ce pays. Et au final, sans le déploiement Américain, on en serait probablement réduit à balancer des denrées alimentaires par hélicoptère.
La vraie question à mon sens n’est pas tant côté Américain (et côté français !) ce qui se passe aujourd’hui, mais ce qui se passera demain. Obama a promis que les Etats-Unis n’abandonneraient pas Haïti une fois l’urgence passée. « Comment repartir de zéro ? » demande le Washington post de ce matin. Elle est là la bonne question. Parce que, au regard de l’histoire entre les 2 pays, si effectivement cette promesse de rester aux côtés d’Haïti est tenue, alors pour le coup, ce serait une grande première.
Have a nice day.















19 janvier 2010 Ã
Salut Fabienne,
c’est vrai que je regarde tous les matins si tu as blogué dans la nuit. Et ce matin, Ouais !
Alors continue, je te rate parfois dans le poste, mas j’aime toujours ce que tu écris. Simple, fluide, mais qui laisse toujours à penser… ou à rêver !
19 janvier 2010 Ã
Anderson y fait que copier notre PPDA à nous, qui avait rapporté un petit garçon de Bagdad dans son sac de sport. Anderson, dont la famille est genre Rotschild en plus riche, pourrait en rapporter un container! Et peut-être leur apprendre à cirer les rangers de grand reporter, un pour chaque jour!