L’Amérique par les chemins de traverse

Le blog de Fabienne Sintes


Article(s) du 1 septembre 2009

Health care reform. Part I

Mardi 1 septembre 2009

Avec la rentrée parlementaire qui se profile, la bataille pour la réforme de la santé va entrer dans une phase cruciale. Les congressistes reprennent le travail le 8. Après  Labor Day qui est férié.

Faire passer une réforme difficile pendant que son parti domine la chambre et le sénat est une opportunité qui se présente rarement pour un président des Etats-Unis. Mais les choses ne sont évidemment pas aussi simples. (Sans parler même de la perte de la voix Kennedy à laquelle nous avons déjà fait allusion). Obama est en perte de vitesse. Cette réforme n’est approuvée que par 46% des Américains. Le président veut une loi qui serait votée par les siens, mais aussi par au moins les plus libéraux des Républicains. C’est loin d’être gagné d’avance. Et comme nous le disions déjà il y a quelques jours, dans son propre camp aussi, Obama doit batailler pour convaincre.

Toute la question est de savoir sur quels points de cette réforme Obama doit rester ferme. Et sur quels autres il peut lâcher du lest sans donner le sentiment de capituler.

Je vous propose de passer une partie de cette semaine à essayer de comprendre comment la santé marche ou ne marche pas aux Etats-Unis. Et ce qu’il y a derrière cette réforme.  

Aujourd’hui je vous raconte la base. Demain je vous donne de la lecture.

Le système de santé maintenant. C’est le plus couteux du monde. 18% du PIB. Il marche sur 3 modèles différents.

- L’Etat prend en charge directement 20% des assurés. Les retraités qui bénéficient de Medicare. Et Medicaid qui assure les plus pauvres et les handicapés. Medicare coûte autour de 300 milliards par an.

- L’écrasante majorité des Américains est assurée par l’intermédiaire des entreprises. Elles prennent en charge jusqu’à 80% des frais médicaux de leurs employés en échange de réductions d’impôts.

-Les assurances privées. Elles assurent ceux qui ne sont pas couverts par leurs entreprises. Elles coûtent un prix exorbitant. Autour de 5000 dollars par an dans les meilleurs des cas. Et ont toute latitude. Elles peuvent refuser des patients qui ont déjà été malades, elles peuvent cesser d’assurer les patients trop chers. Etc…

Il y a enfin, et c’est le cÅ“ur de cette réforme, 16% de la population qui n’est pas assurée du tout. Ce qui représente 46 millions de personnes.

Ce que veut faire Obama : Ouvrir une assurance publique. Qui servirait d’alternative aux assurances privées. Et serait abordable pour les  non assurés. Il ne supprime pas les assurances privées. A elles d’être concurrentielles. Elles ne doivent plus d’autre part refuser de patients. Quant aux employeurs, s’ils décident de cesser d’assurer leurs employés en leur disant « allez donc choisir l’option publique ! », ils devront payer une compensation à l’Etat.

Pour nous, tenter d’assurer ceux qui n’ont aucune couverture santé semble naturel. Voire de bon sens. Mais il faut reconnaître que cette réforme manque de contours.

Comment on paye ? Obama veut utiliser l’argent des plus riches. Ceux à qui Bush avait baissé les impôts. Le sénat veut faire payer les assurances privées.

Qui pilote le système ? De vous à moi, je n’en sais rien. Ca n’est pas clair du tout.

Est-ce que le nouveau système tient le coup si tous les employeurs décident de ne plus assurer leurs salariés ? Non.

Qu’est ce qu’il reste si on enlève l’ « option publique » de cette réforme ? (Vous vous souvenez que l’idée a été suggérée, pour tenter d’apaiser le débat). Ben… pas grand-chose non ? Comment fait-on pour réduire les coûts, ce qui est tout de même l’un des objectifs principaux, si l’on oublie cette idée d’Option publique ?

Que va-t-il se passer au congrès la semaine prochaine ? Je n’en sais rien non plus ( !). L’idée (et la très grande nouveauté) est qu’à la chambre des représentants, 3 commissions ont planché sur cette réforme. Il y a donc 3 projets différents qu’il faut regrouper pour n’en faire qu’un.  C’est là-dessus que les représentants vont voter. Au sénat c’est la commission des finances qui a planché. Et doit rendre un projet pour le 15 septembre. Le sénat planche sur 2 textes. Etonnez vous après que ce soit long…

Demain, nous essayerons de faire le tour des blocages. N’hésitez pas à laisser vos commentaires et à apporter des précisions si vous avez mieux compris que moi comment tout cela doit s’articuler. Je ne suis pas susceptible. Afin, pas trop… et en attendant, pour vous donner un avant goût de ces oppositions farouches, allez prendre un thé avec les gens du « Tea Party Express ». Ils ont entamé un tour des USA du « non à la réforme ». D’Ouest en Est. Je les retrouverai à la fin de leur périple à Washington.

A demain. Et surtout, portez vous bien ;)

Have a nice day 

Jour d’agacement

Mardi 1 septembre 2009

Depuis que je vis à Washington, donc dans une petite ville de province, j’ai pu renouer avec un plaisir dont j’ai été privée à New-York: Faire de la moto. J’ai acheté un gros engin taillé pour les routes Américaines qui sert à la promenade, pendant que ma voiture de loc’ sert au travail (Quel luxe ! Je sais…). Moto et voiture partagent un emplacement de parking dessiné pour y faire entrer un pick up truck, autant dire qu’il y a de la place.

Cet après midi, alors que je déjeunais dehors, je reçois un mail du “building manager” de ma résidence. La femme qui s’occupe de tous les petits tracas de l’immeuble. Copie à mon propriétaire, qui soit dit en passant habite San Francisco, c’est à dire assez loin (!!).

Dans ce mail, on me demandait de bouger ma moto, parce que ma voiture garée à côté mordait sur l’emplacement de mon voisin de droite.

Ok.

En déroulant le mail, je découvre que ce fameux voisin de droite en était à son 2eme mail. Et qu’il avait accompagné sa complainte de photos. En voici une.

 © Mon voisin

© Mon voisin

Et voici le texte 1:

I am concerned that both a motorcycle and a car is parked side by side
 in a parking space (GS2-04) next to mine.  The diminished space
between the car and my car makes parking difficult and increases
chances for accidents.  Could you look into it?  Thanks.
Regards,

Puis le texte 2:

The motorcycle is back.  As you can see from these pictures, the motorcycle takes up a lot of space on the left. I don’t feel I have enough space to safely park my car.

Je suis d’accord. Je mords.

Je sais bien que nous avons en France une “relation à la dénonciation” très particulière et je sais pourquoi. Mais enfin quoi, est-ce qu’il est vraiment nécessaire d’aller chercher le manager de l’immeuble plus le propiétaire et de constituer un dossier avec photos AVANT MEME DE VENIR ME PARLER !!!! Un mot sur le pare-brise, un coup de fil, n’importe quoi de civilisé aurait tout aussi bien fait l’affaire.

Ils ont de la chance que je les aime les Américains, parce que leur recours perpétuel à l’autorité doublé d’un ultra-légalisme me donne parfois envie d’en prendre un pour taper sur l’autre.

Have a nice day.