L’Amérique par les chemins de traverse

Le blog de Fabienne Sintes


Article(s) de août 2009

Après Kennedy

Lundi 31 août 2009

De vous à mois j’ai hésité à blogger sur Kennedy. Je ne voyais pas bien quoi ajouter à tout ce qui a été dit et écrit ces derniers jours. Je reste impressionnée cependant par ces 4 jours de deuil quasi national. Je me souviens très bien, à la convention d’août dernier du frisson qui a traversé la salle quand le vieux lion est monté en tribune. Tout le monde pleurait autour de moi. Cette atmosphère, ce sentiment d’avoir perdu un ami de la famille, je l’ai retrouvée ces derniers jours en écoutant ceux qui ont attendu des heures devant la bibliothèque JFK de Boston pour s’incliner devant son cercueil ou dans les rues de Washington avant le passage du cortège.

On a beaucoup parlé du passage de témoin entre Kennedy et Obama. Le passage du “flambeau libéral”. Depuis 8 mois qu’il est au pouvoir, Obama se bat pour “changer” certains aspects de ce pays. Il se débat, en ce moment pour réformer un système de santé que Kennedy a essayé au moins de secouer pendant les 50 ans de sa vie politique. Je vous conseille de lire ceci. Une tribune dans le Washington Post de ce matin. Le titre (pour les feignants qui ne veulent pas s’avaler 5 pages d’Anglais un dimanche soir): “Nous avons l’espoir. Maintenant ou est l’audace?’. Je me permets de rappeler aux étourdis que le titre d’un des 2 livres d’Obama est “L’audace de l’espoir”.

Je prendrais le temps très prochainement de vous dresser un portrait de ce que contient exactement le projet de réforme d’Obama sur la santé. Mais vous comprendrez en lisant cette tribune du Post qu’Obama a mis beaucoup trop de temps à réagir aux attaques des conservateurs et répondre aux mensonges qui ont été répandus sur son projet. Beaucoup trop de temps à remobiliser ce qui a fait son succès pendant la campagne: la “grass root base”. Les 13 millions d’internautes qui ont fait vive le débat jusqu’en Novembre. Cette base se réveille. Ca s’appelle “Organizing for America“. (Je vais à l’une de leurs réunion cette semaine, je vous raconterai). Mais il est peut être trop tard. Non seulement avec la mort de Kennedy, les démocrates n’ont plus les 60 voix nécessaires pour passer au sénat, mais en plus, 7 “démocrates conservateurs” ne veulent pas entendre parler d’une assurance publique, qui serait financée par l’état. Les conservateurs par ailleurs, qui ont vu venir les démocrates avec leurs gros sabots, ont déjà accusé leurs adversaires d’utiliser la mort de Kennedy pour faire passer leur réforme .

Si Obama échoue  à faire aboutir cette réforme, il aura échoué avant un an de pouvoir dans le plus gros chantier intérieur fixé par sa présidence. Toutes les politiques engagées ces 8 derniers mois en prendront un coup.

Et si la terre d’Arlington se met à trembler, c’est que Kennedy à peine couché, s’est déjà retourné dans sa tombe.

Have a nice day.

Ma grippe à moi

Mercredi 26 août 2009

Puisque chaque pays fait les comptes de ce qui va lui tomber dessus au retour de la grippe H1N1, je ne vois pas pourquoi je vous épargnerai mes chiffres.

Le possible impact de la pandémie (ici) a été estimé dans un rapport de 86 pages remis à la maison blanche. On appelle ça un “scénario plausible”. En toute simplicité, la grippe est susceptible d’infecter la moitié des Etats-Unis. 60 à 120 millions d’Américains seront touchés (je vous accorde que la marge est assez large); et 90 000 d’entre eux vont mourir. Ce qui est un peu plus de 2 fois plus que la grippe “normale”.

Comme chez vous, ou presque, les enfants sont rentrés à l’école. Le département de la santé ne préconise pas les fermetures de classes, y compris si un cas est décelé. Le résultat des plus de 100 écoles vidées au printemps dernier, n’a pas été très concluant, dans la mesure où aucun enfant n’a été réellement confiné. En revanche, les télé raffolent d’images des petits qui font la queue pour recevoir au creux de leurs mains une goutte de savon désinfectant avant d’aller s’asseoir.

Le gouvernement a dépensé 2 milliards de dollars pour 159 millions de doses de vaccins commandés à 5 différentes compagnies pharmaceutiques.

Et maintenant ? Ben on attend.

Et moi je vais me coucher parce que subitement, je ne me sens pas très bien…

Have a nice day

Guantanamo avant inventaire

Lundi 24 août 2009

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Si les Iguanes pouvaient parler, ils sauraient peut-être nous raconter ce qui s’est passé derrière les murs des 7 centres de détention de Guantanamo, ces 7 dernières années. En attendant,  à peine 5 mois avant la fermeture, pendant que les parlementaires rechignent à signer les crédits nécessaires pour le déménagement des détenus; pendant que l’on semble chercher encore le “point de chute” des prisonniers restants; (voici la dernière proposition) pendant qu’Obama bataille à convaincre les “pays amis” de prendre chez eux des prisonniers; ici, au large de Cuba, dans cette île de 53 km2, c’est “business as usual”.

Entre les soldats et les contractuels, il y a 2100 personnes employées à plein temps au bien être des prisonniers. C’est comme cela qu’on nous le présente. Les effectifs n’ont pas bougé, si ce n’est le nombre de militaires assignés à tout ce qui touche aux commissions militaires, suspendues par Obama.

Toutes les semaines ou presque, les mardis et mercredis, des journalistes du monde entier viennent voir de leurs yeux, ce qui restera comme le symbole de l’administration précédente. Les militaires ici souffrent de cette image désastreuse; l’un d’eux nous accueille en disant “Bienvenus à Guantanamo, vous allez pouvoir expérimenter la vérité“. Et la visite consiste à nous montrer essentiellement “la prison la plus ouverte du monde”.

Le camp IV, le plus ouvert, le camp V, le plus sécurisé, le camp VI qui est passé de prison de très haute sécurité à une prison ouverte du le modèle du camp IV.

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Au dessus, “l’appartement témoin” du camp V. La tenue orange n’est utilisée que pour les détenus “non complaisants” (!!!). Plus au dessus encore, les détenus plus “libres” de leurs mouvements du camp IV. On nous explique que les détenus sont plus “complaisants” depuis qu’ils savent que la prison va fermer. Rien ne leur échappe, ils ont la télévision. Notamment Al Jazeera. Ils sont informés par leurs avocats. Et depuis le 22 janvier dernier, l’ordre de fermeture est affiché dans les cours des camps à côté de la convention de Genève. Ce qui a changé aussi, depuis quelques mois, c’est la demande à la bibliothèque pour “les rêves de mon père” de Barack Obama. Il y avait un exemplaire du livre. 10 autres ont été achetés pour répondre à la demande.

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Voici comment ça se passe pour nous: Nous sommes emmenés partout par les officiers de presse. De très jeunes gens très très polis qui nous demandent 4 fois par jour si nous avons d’autres envies, d’autres choses que nous voudrions voir. Tout est autorisé à photographier et à filmer, SAUF lorsque cela met en jeu la sécurité du lieu. En clair, ça veut dire aucun visage. Ni les soldats. Ni les détenus. Pas de caméras de sécurité dans le champ des photos. Pas d’Océan dès que nous sommes dehors pour ne pas identifier où nous sommes sur l’île. Interdit de photographier nos badges. Ceux des autres.

Avec moi, il y avait un cameraman de Reuter qui en était à son 7eme voyage à Guantanamo. Le Dieu vivant de la prise de vue des mains, des pieds et des nuques. Le journaliste Espagnol lui s’est arraché les cheveux. Nous en avons tous été témoins, car la fin de la journée, tout le monde passe à l’”OPSEC Review”. C’est là que nos films sont examinés de très près. Et coupés lorsque les responsables (certains sont civils) estiment que leur diffusion fragilise la sécurité du lieu.

Entendons nous bien. Si un commentaire télé dit “ici, dans cette ignoble prison, on torture à tour de bras“, personne ne demandera à l’enlever. En revanche, si on peut identifier un détenu, y compris par une marque sur la peau; ou si on voit une  antenne dans le plan, l’ensemble sera coupé. Devant eux.

J’ai eu moi 3 photos coupées. Des caméras de sécurité dans le champ. Un visage de gardien pas tout à fait caché. J’ai eu aussi un morceau de son effacé. Non pas qu’ils réécoutent les extraits sonores, mais lors de notre passage dans la cour d’un des camps, un détenu a hurlé par la fenêtre de sa cellule. Nous avions tous ce son dans nos micros et nos caméras. Un son assez étouffé par les vitres. Peu audible. Lors de la “revue de nos matériaux”, un interprète est venu écouter. Le détenu criait “menteurs”. En anglais. Et en Arabe il semblait appeler le gardien par un numéro et le traitait de menteur. C’était suffisant apparemment pour identifier ce gardien. Les images et les sons ont été coupés. Devant eux encore une fois. “We trust but we verify“. C’est leur slogan.  ”Nous avons confiance mais on vérifie quand même”. Ces gens par ailleurs (surtout l’un des civils qui a mis mon collègue Espagnol dans un état de nerf terrible) semblent entraînés à encaisser nos énervements sans broncher.

Pour nous prouver cependant qu’ils n’ont encore une fois rien à cacher, les militaires nous emmènent également voir “Camp X ray” . Le tout premier camp de Guantanamo. C’est là que jusqu’à 300 prisonniers ont vécu les 3 premiers mois. Des cages sur du béton.

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Le camp auourd’hui gagné par l’herbe folle n’a pas été détruit parce que des procès sont en cours. C’est aussi pour cela d’ailleurs qu’on ne détruira rien dans les autres camps quand (si ?) les prisonniers seront partis.

En nous quittant, l’Amiral en charge de toute la “Joint Task Force Guantanamo” nous a demandé si cette visite nous avait fait changer d’avis. Depuis le 22 janvier dernier, en plus des journalistes, il voit passer tous les jours des parlementaires, des experts, des membres du FBI; et si rien ne change en apparence, il commence à planifier avec eux comment le transfert des prisonniers se fera. Quand il se fera. Il est en poste depuis 2 mois, et c’est lui qui fermera les portes de la prison de Guantanamo. Il dit que l’histoire reconnaîtra un jour, que rien de répréhensible ne s’est produit ici. Il dit que lorsqu’il partira, il ne fera avec le sentiment d’une mission accomplie.

Have a nice day.

Woodstock 2009

Lundi 17 août 2009

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Franchement ? j’ai passé un super Week-end.

Je n’avais jamais vu autant de sexagénaires sur une pelouse avant un concert Rock. Bon d’accord, ils ont tous des chaises. Ou des couvertures. Et des glacières. Rejouer à Woodstock 40 ans après c’est bien, mais faudrait pas pousser jusqu’à ne rien boire et rien manger pour la beauté du geste.

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Vrais hippies, Faux hippies, vieux hippies, néo hippies; y’a des couleurs dans tous les sens, on a ressorti les vieux t shirts ou dévalisé la boutique de souvenirs du “musée woodstock” en se demandant probablement ce qu’on pourra bien faire ensuite d’un truc pareil sauf à dormir dedans (!!!)

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Sur scène aussi, on a ressort les vieux trucs. Et Jefferson Starship a beau n’être que l’ombre de jefferson Airplane; Jo country McDonald un peu seul sans le fish ou Tom Contanten encore plus seul sans le reste du Grateful Dead, honnêtement, moi aussi j’étais debout quand Canned Heat (ou ce qu’il en reste) a fait “on the road again”; ou après une fille qui chantait derrière “Big Brother and the Holding company” qui n’était pas Janis Joplin et a quand même chanté “Summer time”.

Il fait beau. Tout le monde est bien content d’être là. Les plus jeunes veulent “honorer” les plus vieux qui eux, sont venus chercher un “shoot” de nostalgie nettement moins nocif que ce qu’ils s’envoyaient dans les veines à l’époque.

Cliquez donc sur Duke, qui était là en 1969. Il arrivait du Texas et il n’est jamais reparti…

Sans me vanter, je vous signale que j’ai un ticket avec Duke. “I may be old, but I’m not dead” m’a t il dit en me donnant son numéro.  Wow !!!  ;)

On peut toujours se moquer gentiment des cheveux blancs et des bides gonflés à la bière (faut avouer…); mais dans le fond, on est tous un peu jaloux de ceux qui peuvent dire “j’étais là !”; qui racontent volontiers même si c’est pas vrai qu’ils ont fait l’amour sur cette pelouse et parlent joliment du “souffle d’humanité” qui les entourait pendant ces 3 jours de “Music and Peace”

Finalement, quitte à avoir 40 ans, je trouve assez séduisant d’être millésimée 1969.

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Have a nice day.

Le Blues de Dick Cheney

Vendredi 14 août 2009

Ca n’est pas forcément l’heure des comptes, mais il y a quelques frustrations qui remontent… Dick Cheney est en train d’écrire ses mémoires. (Comme George Bush d’ailleurs). Je vous conseille d’aller faire un tour ici, dans le Washington Post de ce matin. On y lit que l’ancien vice président a vécu un 2eme mandat nettement moins serein que le premier. Bush commençait à hésiter à suivre aveuglément les conseils et idées de son numéro 2. Et cela contrariait le dit Numéro 2.

Ce sont les collaborateurs de Cheyney, ceux qui travaillent avec lui à son livre, qui commencent à donner quelques clefs.

“Dans le 2eme mandat disent ils, Bush s’éloignait de Cheney. Il était secoué par les sondages de popularité et devenait plus malléable devant la critique”. Ce n’était pas le cas de Cheney qui est toujours resté totalement perméable à tout ce que l’on pouvait dire de lui. Souvenez-vous même que quelques semaines après l’arrivée de Barack Obama au pouvoir, Cheney a été beaucoup vu à la télévision; il pourfendait la nouvelle politique et assumait d’avoir autorisé la torture dans les prisons Américaines.

L’ancien conseillé à la sécurité de Dick Cheney dit qu’aujourd’hui encore, l’ancien VP est hanté par le cauchemar qu’un état hostile acquière la bombe nucléaire et la donne à des terroristes. Il se sent toujours dans l’ obligation de protéger le pays contre le danger.

Du coup, après le 1er mandat, sont empreinte sur les lois et les politiques était nettement amoindrie. Bush a fait cesser le waterboarding, fermé les prisons secrètes de la CIA, recherché l’approbation du congrès pour tout ce qui touche à la surveillance à l’intérieur du pays et commencé à parler diplomatie avec l’ Iran et la Corée du Nord. Autant de choses qui ont semble - il beaucoup peiné Dick Cheney (!!)

Autre motif de discorde: le limogeage de Donald Rumsfeld. Ou le refus de “pardonner” (donc libérer de toutes poursuites judiciaires) , le fameux Scooter Libby, 1er collaborateur de Dick Cheney avant qu’il ne tombe entre autre pour obstruction à la justice. (Rapidement: Libby avait “livré” le nom de Valérie Plame à des journalistes. Elle était espionne pour la CIA; Libby aurait grillé sa couverture par représailles contre son mari, Joseph Wilson, qui chargé de trouver des preuves contre Saddam au Niger, n’en avait trouvé aucunes. Et l’avait bien fait savoir).

En remontant le fil des dépêches il y a quelques jours, pour voir un peu ce que j’avais raté de fondamental, je suis tombée par ailleurs sur un papier du New York Time expliquant qu’en 200,  Cheney avait (en vain) tenté de convaincre son président de lancer l’armée dans les rues de Bufffalo pour arrêter 6 terroristes présumés. Les 6 hommes ont finalement été pris par “les voies normales”, c’est à dire le FBI.

On ne va pas faire semblant de découvrir l’influence de Dick Cheney sur l’administration Bush. Je trouve en revanche assez intéressant de constater que le Président a parfois tenté de rester disons un peu plus “dans les cordes”.  Et combien le Vice président en a été frustré.

A ce demander jusqu’où on aurait pu aller !!!!

En tout cas, si comme le dit Cheney désormais libéré de toutes obligations d’Etat “the statute of Limitations has expired on many secrets”. On va tous avoir de la lecture cet automne…

Have a nice day.

Back to work

Mercredi 12 août 2009

Bonjour à tous !

Recommencer à Blogger la veille du week-end du 15 Août, ça n’est probablement pas la meilleure idée du monde, on doit être 2 en ce moment devant un écran. Dont moi. Mais qu’importe, je compte sur vous pour rattraper avec moi le retard accumulé pendant l’été. Essayons de nous y remettre doucement ensemble !

Il y a eu quelques changements ces dernières semaines, pour ceux qui suivent; j’ai quitté les buildings et l’effervescence de New-York pour l’ambiance plus placide (et politique) de Washington; j’ai troqué mon brownstone de Brooklyn et ma vue sur Manhattan contre tout autre chose; les Nations Unies et Wall Street contre la Maison Blanche et Capitol Hill. Un peu de regrets bien sur; rien ne remplacera jamais l’énergie New-Yorkaise, mais c’est le début d’autre chose, je suis ravie en tout cas de continuer à vivre avec vous cette aventure Américaine; ravie de mettre vos pas en même temps que les miens dans ces Etats-Unis “made in Obama” que nous avons commencé à entrevoir ensemble.

Dans un commentaire précédent, Darius m’a demandé des nouvelles de la réforme de la santé. Allons y ! Nous sommes en plein dedans. Les congressistes sont en “recess” (vacances parlementaires) depuis quasiment 15 jours, mais les Etats-Unis ont lancé des centaines de “town hall meetings”, des réunions publiques, sur le sujet. Et ces meetings sont le théatre de scénes parfois hallucinantes. A vous de juger…

Hier il a fallu que le président Obama fasse ce qu’il fait le mieux pour reprendre la main dans le débat. Il a organisé sa propre réunion publique. Il y en aura encore 2 avant la fin de la semaine.

Si vous cherchez sur le net, vous trouverez une multitude de groupes républicains qui expliquent comment perturber les réunions publiques. Vous trouverez aussi chez les démocrates des “guide lines” pour ceux qui veulent soutenir le plan. Vous lirez aussi des choses complètement aberrantes véhiculées notamment par Sarah Palin. Elle a laissé entendre que l’administration Obama allait demander à un panel de médecins de décider qui, chez les personnes agées, a le droit de vivre ou mourir (!!!!!!!!!!!!!!).

Pour mieux comprendre ce qu’il y a dans cette réforme avant que l’on en reparle plus en détail quand le congrès sera revenu de vacances, allez jeter un oeil ici. Vous comprendrez mieux l’idée de cette assurance publique que propose Obama au milieu des choix qui existent déjà.

Arrêtez vous quand même un peu longuement sur la vidéo qui précède. Cette femme qui prend la parole après le fou furieux qui brandit le doigt de Dieu n’a pas complètement tort. Elle dit “il n’est pas seulement question de santé” dans cette réforme, il est question “du démantèlement de Etats-Unis”. Personne ne démantèle évidemment les Etats-Unis, mais c’est vrai qu’il n’est pas question uniquement de santé. La question de fond que posent tous ces gens qui hurlent est plutôt celle du rôle et de la place que prend l’Etat dans ce pays depuis Obama. (voire un peu avant). En moins d’un an aux Etats-Unis, le gouvernement a renfloué des banques; des entreprises automobiles; une grosse compagnie d’assurance; et voté un stimulus de près de 800 milliards. Nous avons nous tendance à trouver cela dans l’ensemble assez normal. Ou au moins assez souvent pratiqué. Mais rappelez vous qu’aux yeux de certains Américains nous vivons dans un pays socialiste. Rien ne pourrait être plus “contre culturel” que cet Etat Fédéral interventionniste pour une grosse partie de ce pays.

Le challenge d’Obama, comme le rappelle le Washington Post de ce matin, est d’arriver à faire comprendre à cette Amérique là, que ces choix et ces changements sont dictés par la nécessite. Pas une quelconque idéologie. Laisez moi ajouter au passage que 47% des Américains n’ont pas voté Barack Obama.

Have a nice day.