L’AmĂ©rique par les chemins de traverse

Le blog de Fabienne Sintes


Article(s) du 22 avril 2009

Les pieds dans le tapis.

Mercredi 22 avril 2009

Jusqu’oĂą Obama est-il prĂŞt Ă  fouiller dans le passĂ© de l’adminstration prĂ©cĂ©dente ? Pas bien loin Ă  vrai dire… Il se serait volontiers contentĂ© d’une condamnation pour la forme de ce qu’il appelle “les erreurs”, avant de passer Ă  autre chose.

C’est dans cet esprit qui a rendu public les “mĂ©mos de la CIA” la semaine dernière, alors qu’il Ă©tait en voyage officiel au Mexique et Ă  Tobago. Comme je courrais derrière le prĂ©sident de mon cĂ´tĂ©, je viens de jeter un oeil sur les extraits de ces mĂ©mos que je vous conseille d’aller regarder Ă  votre tour. Ici par exemple, on vous explique entre autre comment la loi est adaptable au type d’interrogatoire voulu. LĂ , vous lirez avec intĂ©rĂŞt comment jeter convenablement un individu sur un mur, tout en crĂ©ant des types de sons difffĂ©rents pour l’affoler. Ici, pour les plus courageux, une vingtaine de pages du mĂŞme genre avec mention spĂ©ciale au “Waterboarding” (la simulation de noyade) autour de la page 15.

Je ne vais pas ici jouer la facilitĂ© en envoyant quelques phrases cinglantes Ă  l’adresse de l’adminsitration prĂ©cĂ©dente. Autant que je sache, aucun pays, y compris le notre n’est blanc/blanc sur les affaires de tortures en temps de guerre.

Obama a promis que tout cela Ă©tait fini. Dont acte.

LĂ  oĂą commence l’histoire de la balle dans le pied, c’est quand le prĂ©sident AmĂ©ricain s’imagine qu’une fois les mĂ©mos publiĂ©s, on pourra passer Ă  autre chose. Contenter la gauche en gros, sans mettre le feu Ă  Washington.

C’Ă©tait sans compter 1/ sur les cris de ceux qui pensent qu’en rĂ©vĂ©lant les mĂ©thodes AmĂ©ricaines, on met tout le pays en danger. 2/ surtout sur les associations de dĂ©fense des droits de l’ homme qui font leur boulot en posant une question simple: Et maintenant ?

Il Ă©tait clair que l’ ACLU (l’Ă©quivalent, de notre Ligue des Droits de l’ Homme) allait demander Ă  aller bien plus loin en punissant les architectes de ces mĂ©thodes. Il Ă©tait clair que la puissante organisation MoveOn allait demander Ă  ce que l’on nomme un procureur spĂ©cial autour de ces questions. Allez faire un tour sur le site, une pĂ©tition est dĂ©jĂ  lancĂ©e.

Hier, Obama a entr’ouvert une porte en suggĂ©rant que ceux qui ont couvert juridiquement les actes de tortures soient passibles de poursuites. Il l’a fait maladroitement, lors de la confĂ©rence de presse qui a suivi son entretien avec le roi Abdallah de Jordanie. Il vient d’ouvrir une boite de Pandore monumentale.

Pourquoi juger ceux qui ont triturĂ© la loi et pas ceux qui ont demandĂ© qu’on le fasse ? Pourquoi ne pas voir Dick Cheney ou Georges W Bush devant un tribunal ?

Je lui souhaite bien du plaisir pour tenter de revenir en arrière. Les journaux sont lancés (ici, le NYT tout neuf de ce matin), les associations en ordre de bataille.

On s’achemine, soit vers une reculade enrobĂ©e de commissions diverses et variĂ©es qui rendra les associations furieuses; soit vers des annĂ©es de procĂ©dures pour tenter de voir Bush ou Cheney devant un tribunal. Allez savoir pourquoi, je parie sur la solution 1…

Je vous laisse mĂ©diter lĂ  dessus pendant que je vais me coucher, parce que la privation de sommeil pour moi, mĂŞme en temps de paix, et avec ou sans couverture juridique, c’est une torture !

Have a nice day.