L’Amérique par les chemins de traverse

Le blog de Fabienne Sintes


Bulle à Tobago

Barack Obama saison 1

Une journée au Mexique. Et 3 jours à Tobago. Je vous entends d’ici dire “quand même, quelle chance !”. Certes. Loin de moi l’idée de me faire plaindre. Un petit coup de chaleur humide des Caraïbes, ça fait rebiquer les cheveux mais c’est toujours agréable…  Laissez moi quand même vous emmener une minute dans la bulle d’un voyage officiel avec la maison blanche.

D’abord, de Tobago (qui est dit-on très moche par rapport à sa soeur Trinidad), j’ai vu surtout ceci:

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Magnifique bosquet en face de la porte de mon hôtel.

Le sommet des Amériques se tenait juste en face. Il suffisait de traverser la rue. Sauf que comme c’est le cas à peu près à chaque fois dans ce genre de réunion, personne n’a le droit de sortir des clous en essayant de franchir une porte ou 2. Nous ne sommes pas là pour couvrir un sommet d’ailleurs, mais Obama au sommet, ce qui fait une sévère différence.

Notre quotidien DOIT donc être réduit à la salle de presse montée rien que pour nous. Il y a de quoi se nourrir à toute heure du jour et de la nuit. Et 2 briefings quotidiens des officiels de la Maison Blanche pour alimenter nos papiers.

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Mais comment savoir alors ce qui se passe à l’intérieur ? Qui a tapé dans le dos d’Obama ? Où est assis le président ? Est-ce qu’il a dit quelque chose en serrant la main de Chavez ? Pour ça il y a le “pool” . Des journalistes accrédités-Maison-Blanche comme on dit, qui à tour de rôle ont le droit d’approcher le saint des saints et envoient dans la foulée par mail, les faits et gestes du président à toute la troupe des sans-grade que nous sommes en très grande majorité. Le “pool” du jour peut être un gars du New York Times, d’AP ou de n’importe quel autre très gros média. A priori, il n’a pas le droit de garder la moindre info glanée pour lui même. Il doit partager tout ce qu’il voit et entend.

Pour vous donner une idée, voici le “pool report” de la première soirée, signé d’un journaliste du “Washington Post”.

A few things:

POTUS got big applause as he paraded in. Some people stood, some hooted in support. No one else got this reception.

During the wait before the singing of the T&T national anthem, POTUS walked over to Evo Morales and shook his hand, the only one he did that to. Morales was not in the Jade Room, where the heads of state gathered before the parade.

A senior administration official said Obama shook Chavez’s hand as the leaders were gathering to parade in. When POTUS arrived,  there were about 25 heads of government in the waiting area. In the ensuing 50 or so minutes, POTUS talked to many colleagues from the region. He was particularly interested in catching up with PM Harper of Canada, President Uribe of Colombia, and tlaked about economic crisis with Caribbean leaders.

As they were lining up in reverse alpahbetical order by last name, Chavez was first. At this point, Obama walked across the room and introduced himself to Chavez, they chatted for a short time, and returned to line. When he returned to line he talkedwith President Bachelet of Chile and with President Luis Inacio Lula da Silva. Then Ortega walked into the room, past POTUS, and he stopped to introduce himself to POTUS. POTUS said it was is “gusto” - ie, pleasure - to meet him.

Chaque détail compte, voici un autre extrait, cette fois au moment du dîner officiel du samedi soir. Le “pool report” du soir nous parle d’un président Américain en “mode boy-scout intégral” devant Michelle Bachelet.

Chivalry is not dead
 
This we can report after witnessing President Obama in full boy-scout mode, pulling out a chair for Chile’s Michelle Bachelet as they arrived for the dinner this evening. Mr. Obama carefully slid the chair toward the table with the Chilean leader in it. She wore a bright aqua suit and once they were seated they appeared deep in conversation.

Le seul moment, finalement, où nous nous sommes déplacés dans Tobago, c’était pour aller à la conférence de presse de cloture. Pas de journalistes Latino-Américains dans la salle. Seule la Bulle Accréditée pour le voyage a eu le droit de suivre. Obama, comme lors de ses conférences de presse à la maison blanche a une liste de journalistes sous la main, donc inutile d’essayer de lever la votre… Ceci dit, c’est pareil chez nous autant que je sache. Et a-priori, il ne semble pas que les questions aient été connues à l’avance. Mais je ne peux pas le jurer.

Ensuite, retour à l’hôtel pour laisser aux télévisions le temps de travailler. Aux télévisions seulement. C’est avec elles que l’équipe d’organisation de la Maison Blanche décide de l’heure à laquelle le charter-presidentiel va partir. Dès que les networks plient leurs affaires, tout le monde suit. J’ai envoyé mon dernier papier dans le bus qui nous emenait vers l’aéroport. Je ne suis pas la seule.

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Chercher une liaison Internet pendant qu’on roule, ça n’a pas l’air de trop tracasser mon confrère de Reuters. Moi ça m’aurait rendue dingue.

Ca doit être une question d’habitude. La Bulle rend zen.

Have a nice day.

2 commentaires pour “Bulle à Tobago”

  1. Anne JM dit :

    le cheveu qui rebique sous la moiteur caribéenne… j’aurais payé cher pour voir ça !!!
    :)

  2. Romain Guigon dit :

    Vous êtes toujours aussi drôle Fabienne ! :o)

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martel

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