L’AmĂ©rique par les chemins de traverse

Le blog de Fabienne Sintes


Article(s) du 11 mars 2009

Qui pilote l’avion rĂ©publicain ?

Mercredi 11 mars 2009

Je n’Ă©tais pas lĂ  en dĂ©but de mois lors de la confĂ©rence des conservateurs. J’ai donc ratĂ© les discours de la vieille et la jeune garde. Ou en tout cas suivi d’assez loin. Je suis semble-il poursuivie. Toute la presse du week end a refait des pages. Je finis donc par m’y coller Ă  mon tour comme une piqure de rappel pour moi comme pour vous avant de partir en vacances.

Si vous avez 13′ devant vous, n’hĂ©sitez pas Ă  vous brancher lĂ . L’Ă©mission s’appelle “on the media“. Tous les week end sur la radio nationale. Un modèle du genre. Ces 13′ sont leur rĂ©sumĂ© de l’Ă©tat du parti rĂ©publicain.

Pour les plus pressĂ©s, rappelons que celui que l’on appelle le “chairman of the republican committee” (le patron) est Michael Steel. Si vous avez entendu parler de lui, levez la main.

L’Ă©toile montante, comme on aimait l’appeler avant sa rĂ©ponse laborieuse au discours devant le congrès de Barack Obama, c’est Bobby Jindal, le gouverneur de Louisiane. On parle sĂ©rieusement de lui pour 2012. Levez la main si vous auriez citĂ© son nom sans hĂ©siter.

Dans tous les rĂ©sumĂ©s de la semaine, dans toutes les analyses Ă  froid, on ne parle que de celui qui a Ă©tĂ© le “keynote speaker“; et qui a eu nettement plus de presse que qui que ce soit d’autre. Il s’appelle Rush Limbaugh. Toute l’AmĂ©rique connaĂ®t ce monsieur qui a l’un des show radio les plus Ă©coutĂ©s du pays. Si ce n’est le plus Ă©coutĂ©. C’est un conservateur “hard core” si vous me passez l’expression. Pendant la campagne, Rush Limbaugh avait poussĂ© les rĂ©publicains Ă  voter Clinton pendant les primaires dites “ouvertes”, pensant que Clinton serait plus facile Ă  battre qu’Obama. Sur ce point, il n’avait pas forcĂ©ment tort.

Limbaugh a Ă©tĂ© accueilli comme une rock star. Si vous avez le courage de lire tout son discours, c’est ici. Il est capable de soulever une foule, ce qu’aucun leader rĂ©publicain aujourd’hui ne sait faire.

L’autre surprise qui n’en fini pas de fasciner les journaux, c’est la jeune garde. Jonathan Krohn. On ne prĂ©sente plus ce garçon qui vient de fĂŞter ses 14 ans et a passĂ© son Ă©tĂ© Ă  Ă©crire, excusez du peu, un petit bouquin titrĂ© “RedĂ©finir le conservatisme”. Son portrait, ici dans un supplĂ©ment du Week end du NYT; dans la page “fashion and style”(!).  Ce petit gĂ©nie Ă  qui sa mère n’autorise pas un tĂ©lĂ©phone portable et fait  de la politique quand il a fini ses devoirs s’est offert une standing ovation devant les vieux de la vielle.

Observez (ici) l’incroyable aisance et aidez-moi Ă  rĂ©pondre Ă  cette question: Faut-il suivre ce petit bonhomme en costume et parier sur l’avenir; Ou l’envoyer se coucher sans manger ?

Have a nice day.

God is dead

Mercredi 11 mars 2009

Je ne vais pas essayer de vous faire croire que je lis le Christian Science Monitor régulièrement;  je suis tombée par hasard sur ce papier qui a retenu mon attention. Ici.

On y apprend que dans les 10 ans Ă  venir, les Ă©vangĂ©liques si bien implantĂ©s aux Etats-Unis vont tout simplement disparaĂ®tre. Ils seront vus nous explique l’auteur comme des menaces au progrès culturel. Mauvais pour l’AmĂ©rique, pour l’Ă©ducation, pour la sociĂ©tĂ© en gĂ©nĂ©ral. Parlant du mariage gay et de l’anti-avortement, l’auteur ajoute We fell for the trap of believing in a cause more than a faith. En gros, c’est la “cause” mise avant la foi qui provoque la chute. Et ça n’est pas un athĂ©e qui parle.

L’article est plus long et plus argumentĂ© que ce que je vous laisse ici, allez jusqu’au bout si vous en avez le courage. Mais je trouve passionnant de constater qu’Ă  de rares exceptions , les religieux n’ont pas vraiment fait entendre leurs voix dans le dĂ©bat sur les cellules souche. Ils ont parlĂ© Ă©videment dans leurs journaux et il y a toutes les chances que l’on prie dans tous les sens dimanche prochain Ă  la messe pour les âmes des embryons sacrifiĂ©s (!!). Mais rien dans les grands journaux. Pas de pasteurs en colère Ă  la tĂ©lĂ©vision.

La religion n’est pas morte aux Etats-Unis. Mais de la mĂŞme manière qu’elle a tout juste montrĂ© le bout de son missel pendant la campagne, elle a perdu en perdant Georges Bush sa chambre d’echo. Les athĂ©es n’ont pas manquĂ© de constater pendant le discours d’investiture, qu’Obama a dit une phrase (de mĂ©moire) du genre ” nous sommes un pays de chrĂ©tiens, de musulmans, de juifs, d’Hindous et de non-croyants“.

Le droit de “non-croire” commence Ă  se faire entendre pendant que les ultra-bruyants religieux ont l’air de la mettre en sourdine.

Ainsi soit-il.

Have a nice day