L’Am√©rique par les chemins de traverse

Le blog de Fabienne Sintes


Article(s) de mars 2009

Feignasse

Mardi 31 mars 2009

Puisque mon Pr√©sident me quitte pour aller de l’autre c√īt√© de l’ Atlantique pour le G20 et autres mondanit√©s, je laisse ma page √† mon ami Jacques Monin, le correspondant de Radio-France √† Londres, dont vous pouvez visiter le blog pendant toute la dur√©e de la r√©union des grands de ce monde. (et apr√®s aussi !)

La derni√®re fois qu’Obama a mis les pieds en Europe, c’√©tait pendant la campagne √©lectorale. Nous avons tous en t√™te les foules p√Ęm√©es d’admiration r√©unies √† Berlin. J’ai donc demand√© √† Jacques de venir raconter ici comment les cousins Anglais voyaient d√©sormais le pr√©sident des Etats-Unis.

Voici sa réponse.

En Grande-Bretagne, c’est √† celui qui sera le plus copain de Barack. Gordon Brown s’est fait un point d’honneur √† √™tre le premier dirigeant europ√©en √† √™tre re√ßu √† la Maison Blanche. Il se f√©licite de la poursuite de la fameuse ¬ę¬†relation sp√©ciale¬†¬Ľ, mais, insiste-t-il, sur d’autres bases que celles de son pr√©d√©cesseur. Il s’agit d√©sormais de sauver l’√©conomie et de rendre la plan√®te plus verte. Plus de faire guerre comme avec George Bush. Quand √† son rival, le conservateur David Cameron, il aura droit¬†lui aussi √† un t√™te √† t√™te √† Londres. Selon des indiscr√©tions, le staff de Barack Obama aurait trouv√© le chef de l’opposition britannique plut√īt inconsistant, mais difficile de snober celui qui sera peut-√™tre le futur Premier ministre du pays¬†!

Pour le reste, ici, Barack, c’est une star. La presse ne montre de lui que des photos sur lesquelles on le voit inspir√©. Visionnaire. Souriant. Le voisin sympa intelligent, compr√©hensif, mais aussi charismatique et ferme dans ses d√©cisions. Quand √† Michelle, il n’y en a que pour son sourire, son collier de perle et ses robes glamour… Barack √† Londres, c’est aussi une armada qui impressionne¬†: 500 personnes autour pr√©sident am√©ricain auxquels s’ajoutent 800 journalistes et 200 membres des services secrets chauss√©s de leurs Ray-Ban. Il voyagera dans sa ¬ę¬†beast¬†¬Ľ, sa limousine √† 300¬†000 dollars, et √† bord de son h√©licopt√®re Marine One… Bref, il y a un peu de la s√©rie ¬ę¬†24 heures¬†¬Ľ dans le d√©placement que le d√©crivent les m√©dias britanniques.

Il n’y a gu√®re que l’hebdomadaire ¬ęThe Economist¬†¬Ľ ou le Guardian pour temp√©rer un peu cet enthousiasme. Certes Obama a pris de grandes d√©cisions de politiques √©trang√®res en d√©cidant de fermer Guantanmo ou de changer de ton avec l’Iran… Mais sa volont√© d’une relance budg√©taire g√©n√©rale s’est heurt√© √† la prudence d’une l’Europe moins endett√©e et dont le syst√®me de protection sociale est diff√©rent, rappelle-t-on. Et s’il est un h√©ros √† l’ext√©rieur, il est loin d’en avoir fini avec la crise. Sans parler des premiers pas plut√īt chaotiques de son administration…

Qui a dit¬†: ¬ę¬†nul n’est proph√®te en son pays¬†?¬†¬Ľ ¬†¬†

On verra dans quelques jours si Obama revient de son voyage s√Ľr de son Leadership. Il doit se trouver des partenaires et des alli√©s. Sur le front √©conomique. Et sur le front Afghan.

Sur le fond, les dirigeants europ√©ens ne sont pas tr√®s diff√©rents des Am√©ricains moyens. Au del√† des foules en d√©lire et du glamour de Michelle, Obama apr√®s presque 70 jours de pr√©sidence, on aime ce qu’il est. Pas¬†toujours ce qu’il fait.

Have a nice day.

L’autre semaine: Pizza et Merci qui

Lundi 30 mars 2009

Comme promis, en cette fin de semaine,¬†notre¬†petit tour de l’Am√©rique par le petit bout de la lorgnette… ¬†(mais alors tout petit aujourd’hui…)

Recession proof

En attendant des jours meilleurs, les Am√©ricains essaient comme tout le monde de faire face √† la crise. ¬†C’est l√† qu’on voit foisonner les id√©es des petits malins. Ou comment tirer partie de la¬†grosse morosit√© √©conomique¬†pour faire son beurre. A New-York o√Ļ je vis, le “menu r√©cession” fleuri dans les restaurants. L’une des pr√™tresses des apr√®s-midi-cuisine-devant-la-t√©l√©¬†Rachael Ray, a sorti un livre de cuisine “recession proof”; Les New-Yorkais d√©m√©nagent (et je me demande si je ne vais pas faire pareil), parce que les prix se sont effondr√©s et que les propri√©taires qui feraient n’importe quoi pour avoir des locataires “fiables” payent d√©sormais eux m√™me les 15% de commission des brokers; et puis, en regardant le t√©l√© cette semaine, je suis tomb√©e sur cette pub.

Pour ceux qui ne comprennent pas l’anglais, le grand patron de Domino’s lui m√™me propose un “bail out” (renflouement financier) √† sa mani√®re avec ses pizza pas ch√®res, et joue sur la corde de la col√®re contre Wall Street pour enlever une pizza des mains d’un banquier. D’un point de vue moral, on en pense ce qu’on veut. (on peut m√™me trouver √ßa dr√īle) D’un point de vue commercial, c’est super bien jou√©, la semaine m√™me o√Ļ tout le monde est en train de calculer ses imp√īts (et croyez moi, √ßa douille !) et o√Ļ la col√®re contre les bonus d’A.I.G n’est toujours pas redescendue.

A ce sujet,¬†¬†ma chasseuse de n’”importe quoi sur le net”, (qui s’appelle Anne et travaille pour le site de France-Info), m’envoie cette petite chose qui vous aidera √† meubler vos fins de soir√©es. Ici. C’est le site www.moveon.org qui propose de balancer des tomates sur le si√®ge de A.I.G. Vous devrez probablement vous inscrire pour pouvoir lancer vous aussi vos tomates fra√ģches, c’est gratuit, mais autant vous pr√©venir, vous prenez le risque d’√™tre noy√©s sous les mails de “MoveOn” dans les semaines qui viennent. ¬†

Une dent contre le système de santé Américain

Vous saviez d√©j√† peut √™tre que les Am√©ricains inventent des stratag√®mes en tout genre (y compris le mariage blanc), pour acheter leurs m√©dicaments ou aller se faire soigner au Canada ou tout est nettement moins cher. Mais connaissiez vous Los Algodones au Mexique ? 4000 habitants, 350 dentistes. Et une client√®le presque exclusivement Am√©ricaine (ici). Et nous parlons bien des gens comme vous et moi. Pas de ceux qui en profitent pour aller se faire faire un lifting au Costa-Rica. 400 dollars d’√©conomies sur un Bridge. En moyenne. Vous me direz, pour une rage de dents, √ßa fait un peu loin. Mais pas tant que √ßa quand on habite l’Arizona.

Un Pétard contre la crise.

Les petits malins (encore eux), n’ont pas perdu de vue que l’une des mani√®res de lutter contre la d√©pression des ann√©es 30 a √©t√© de lever la prohibition. Les taxes sur l’alcool rapportaient bien plus d’argent que son interdiction. Et pourquoi ne pas faire la m√™me chose en d√©p√©nalisant la Marijuana ? La question a √©t√© ouvertement pos√©e √† Obama lors de sa conf√©rence de presse sur le net cette semaine. R√©ponse du pr√©sident des Etats-Unis: “Non”.

Georges (encore !)

Je ne vais pas vous¬†ennuyer toutes les semaines avec “e.r” (donc “urgences”) qui s’arr√™te. Mais jetez quand m√™me un oeil sur ce papier du Chicago Tribune. L√†. La s√©rie qui √©tait tourn√©e en ville et pas en studio, a rapport√© plus de 33 millions de dollars. En ces temps de r√©cession o√Ļ l’on compte tout ce qui rapporte, √ßa s’appelle un manque √† gagner.

TOTUS et bouche cousue

Savez-vous comme on appelle le pr√©sident Am√©ricain en langage de services secrets ? Le POTUS. President Of The United States. La FLOTUS est la First Lady Of The United States. Et bien cette semaine, voici le TOTUS. Le Teleprompteur Of The United States. Comme la semaine derni√®re je vous invite √† rigoler un peu devant ce reportage de Jeanne Moos de CNN. Ici (avec pub, sorry). Elle se met √† la place du prompteur, qui a d√©sormais un blog (!!) pour se moquer de ce pr√©sident √† la parole si facile… Lors de la Saint Patrick, le pr√©sident Am√©ricain et le premier Ministre Irlandais se sont emm√™l√©s les pinceaux, si bien que Brian Cowen a lu une partie du speech d’Obama; et qu’Obama s’est remerci√© lui m√™me d’√™tre l√† (!!) Voila qui n’a pas √©chapp√© √† FoxNews. Vous me direz, on n’est jamais mieux servi que par soi-m√™me. Donc si vous le permettez, je m’auto-congratule aussi. Merci qui ? Merci moi-m√™me.

Votre COTUS préférée. Correspondant Of The United States.

Allez… Pour vous c’est d√©j√† lundi, mais¬† c’est pas grave.

Have a nice day.

Mon pote Mike est au chomage

Mercredi 25 mars 2009

Aujourd’hui, si vous le voulez bien, je laisse ma page √† mon ami Mike, que les habitu√©s connaissent d√©j√† un peu. Il vous a notamment donn√© une le√ßon de baseball il y a quelques mois. J’ai rencontr√© Mike il y a 6 ans presque jour pour jour, en Irak pendant la guerre. Nous suivions la m√™me¬†brigade de la 101√©me airborn et pourquoi le cacher, nous nous sommes aussi bien amus√©s. Mike tenait ma lampe de poche au dessus de mon magn√©to quand il fallait faire du montage en pleine nuit, ¬†et mort de rire il¬†√©loignait les b√™tes; il traduisait pour moi les crachats de la radio lorsque nous √©tions √©crabouill√©s √† l’arri√®re de la jeep du sergent major; et faute de papier apr√®s plusieurs semaines, il √©crivait ses¬†histoires sur des morceaux de carton ramass√©s par terre. Le soir, nous √©changions nos visions de notre m√©tier dans ces circonstances bizarres en partageant les rations ignobles de l’arm√©e Am√©ricaine. Cette conversation n’a jamais cess√©. Elle a travers√© l’Iowa pendant les primaires, ou les montagnes du Colorado pendant la convention d√©mocrate. D√©sormais, elle a pris une autre tournure.

Mike travaillait pour le Rocky Mountain News, un journal de Denver. Son journal est mort au début du mois février.

Je le harc√®le depuis pour qu’il vienne ici, dire JE pour une fois. Il a fini par dire oui quand j’ai vendu un reportage sur la presse Am√©ricaine pour “Et pourtant elle tourne” et France-Info.

Il y a d’autres histoires bien pires que celle de Mike dans les Etats-Unis d’aujourd’hui, mais celle ci me touche, parce qu’elle le touche. Celle d’ une certaine id√©e de la presse locale. Celle d’une forme de “story telling” comme Mike le pratiquait depuis 22 ans.

Toute la presse Am√©ricaine souffre. Tout autant que la presse Fran√ßaise par ailleurs.¬†¬†Faute de pub d√©sormais quasi uniquement pr√©sente sur Internet, les journaux n’ont plus de revenus (-23% en 2 ans); 20 000 journalistes comme Mike ont perdu leur travail ces derni√®res ann√©es, ¬†et doivent r√©fl√©chir √† red√©finir leur m√©tier et leur propre pratique de ce m√©tier. Ca n’est pas tragique. C’est juste diff√©rent.

Like most reporters, I used to get a lot of complaints from readers saying the newspapers only focused on bad news. They said the constant drumbeat of negativity was depressing, almost debilitating at times. Well, gentle readers. Now we all know what you mean.
Since the last week of February, when my paper, the 149-year old Rocky Mountain News of Denver shut down, I and more than 200 of my colleagues have had to brainstorm the next steps in our careers at the same time there has been a deafening barrage of bad news stories about the news business itself.
Papers that have direct competition in two-newspaper towns are an endangered species. We’re all bracing for the day, likely to come this year, when the first major U.S. city is left without any physical, paper publication at all.
Already, the Seattle Post-Intelligencer has followed the Rocky into oblivion. Papers are teetering in San Francisco, Miami, Philadelphia, Minneapolis, Tucson and, well, everywhere.
Some might be replaced by online-only publications. And since journalism is journalism, whatever the medium, that would be fine if the change meant the preservation of newsrooms that are the same size and strength as before. But instead, we’re already in the middle of a drastic downsizing in the army of watchdogs it has taken to keep the politicians in check, the communities covered and the democracy relatively healthy — and more interesting — for the past 232 years.
It’s bad news, bad news, bad news all around. But it’s amazing. A lot of great journalists are trying to do with bad news what you’re supposed to do with bad news: use it to inspire great change.
One great experiment is taking place back in Denver right now. With the Rocky’s disappearance, the longtime rival paper (whose name I can barely pronounce) is still standing. And it has some great journalists, too. But the danger is that without competition, that paper will get complacent, slower, less-interesting, without a powerful rival pushing it to give people better stories, faster bulletins, innovative coverage, etcetera. In the old days, there were multiple sets of eyes and ears monitoring what happened at City Hall, what happened at the sports stadiums, at the theaters, on the streets. Now there’s just that one paper. And it controls all the ink. It controls what Denver residents learn about their city.
It needs competition - for its own good, for the community’s good, and for the good of democracy, too. So that’s what it’s going to get from my friends at INDenverTimes.com. A group of veteran Rocky Mountain News reporters, columnists, artists, sports writers and editors has banded together. Combined, they have hundreds of years worth of journalistic experience. And they formed a new company with a group of investors, hoping to develop a brand new business model to finance one of those crucial information-gathering newsrooms. It’s an experiment. If people really care about preserving vibrant, competitive journalism in one of America’s great and still-growing cities, they’re being asked to pay for a subscription to the online site, http://www.indenvertimes.com/. It’s about $5 per month, and they need a daunting 50,000 subscribers before April 23 - the date that would have been the 150th anniversary of the Rocky Mountain News - in order to make it work.
My great friend, a cigar-puffing columnist named Gary Massaro, makes the pitch as only he can. “Let’s face it, I’m worth five bucks a month.”
http://www.youtube.com/watch?v=OZ0AMEf0eMM&eurl=http%3A%2F%2Fwww%2Eindenvertimes%2Ecom%2F&feature=player_embedded

Ce que Mike ne dit pas, c’est que cette exp√©rience de presse LOCALE payante, c’est la premi√®re. Seul de Wall Street Journal est payant sur Internet. Ou quasiment. Nous adorons √ßa. Moi la premi√®re. Mais quand la pub ne suffit plus, ou quand on pr√©f√®re s’en affranchir, il faut bien payer les contenus et ceux qui les produisent.

C’est un d√©bat qui fera probablement le tour de la plan√®te. Sommes nous pr√™ts √† payer pour avoir de l’info fiable sur Internet ?

Est-ce que vous, vous accepteriez de payer pour consulter le site de France-Info si la circonstance se présentait ?

Je vous laisse l√† dessus… La bise √† Mike.

Have a nice day.

L’autre semaine

Dimanche 22 mars 2009

C’est dimanche. Et comme souvent le dimanche, je fais mollement un tour des journaux √©parpill√©s toute la semaine sur le plancher de mon bureau avant d’envoyer le tout au recyclage…

Voici donc ce qui pourrait devenir une habitude entre nous: un petit floril√®ge de fin de semaine sur tout ce dont on n’a pas parl√© dans l’actualit√© Am√©ricaine, faute de temps, faute de place, faute d’avoir √©t√© assez attentifs. Voici aussi (surtout !)quelques¬†petites choses¬†qui n’interressent que moi. N’h√©sitez pas √† d√©poser aussi vos petites marottes personnelles. Apr√®s tout, 1/ C’est Week-end, on se d√©tend. 2/ c’est¬†mon blog et le votre: on en fait ce qu’on veut ! ;)

Politique de la chaise vide au Nouveau Mexique

Et pas n’importe quelle chaise: celle des condamn√©s √† mort. (Voir ceci). Le Nouveau Mexique a aboli sa peine de mort. Il la remplace par un emprisonnement √† vie sans possibilit√© de conditionnelle. Vous vous souvenez peut-√™tre que le gouverneur Richardson a √©t√© candidat¬†d√©mocrate √† la pr√©sidentielle, et aussi pressenti pour √™tre secr√©taire au commerce avant de renoncer pour cause de diverses casseroles. Richardson explique que l’imperfection du syst√®me judiciaire Am√©ricain l’a pouss√© √† prendre cette decision. Le Kansas a essay√© aussi la m√™me semaine, mais a √©chou√© devant le s√©nat. Doucement, mais s√Ľrement, l’id√©e en tout cas fait son chemin. Le ¬†Nouveau Mexique devient le 2eme √©tat, apr√®s le New Jersey en 2007 √† abolir la peine de mort depuis sa r√©instauration par la cour supr√™me des Etats Unis en 1976. En tout, il y a 15 Etats abolitionnistes dans le pays.

Un pas vers les gays

Les plus attentifs d’entre vous se souviennent peut-√™tre qu’en d√©cembre dernier, j’ai couvert une proposition des Nations Unies port√©e par Rama Yade sur la d√©p√©nalisation de l’homosexualit√©. 66 pays avaient sign√© ce texte, qui n’engage personne, mais qui avait au moins une port√©e symbolique importante.¬† A l’√©poque, les Etats-Unis avaient r√©pondu “non merci, pas pour nous”. Comme la Chine, la Russie, et les pays de la conf√©rence Islamique. Nous √©tions quelques semaines apr√®s la pr√©sidentielle,¬†et surtout apr√®s ¬†l’histoire de la fameuse “proposition 8″ en Californie qui avait retoqu√© le mariage gay. Les Etats Unis avaient expliqu√© alors qu’ils ne voulaient pas que ce texte soit v√©cu comme une porte ouverte au mariage gay justement, auquel la plupart des Etats sont toujours oppos√©s. Obama non plus n’est pas favorable au mariage Homo, mais son administration envoie au moins un signe: depuis cette semaine, les Etats-Unis ont rajout√© leur signature au bas de ce texte. (√† lire ici). Un vrai geste envers les gays Am√©ricains qui intervient, notons le aussi, apr√®s l’√©norme succ√®s de “Milk” et¬†les Oscars¬†de Sean Penn et du sc√©nariste du film.

Smarties ? Non merci, j’ai d√©cid√© d’arr√™ter

Ce n’est pas en lisant le Wall Street Journal que j’ai d√©couvert le “cultural phenomenon” que voil√†. Il m’a √©t√© souffl√© par une copine √† l’affut du “n’importe quoi”. Voici tout de m√™me le papier ici. Quand je me revois pr√©-ado essayer vainement de fumer du th√© enroul√© dans les feuilles √† gros carreaux de mon classeur de maths, je me dis que les temps ont bien chang√©. En mieux ou en pire, √† vous de juger. Les jeunes Am√©ricains aujourd’hui fument … des smarties. Pas de panique, si vous √™tes parents, les smarties ne sont pas les m√™me que les n√ītres. Mais √©loignez quand m√™me vos enfants, voici la d√©monstration qui fait fureur sur U Tube. Ici. H√©lo√Įse, (c’est ma ni√®ce), si tu fais pareil, je t’en colle une. Essaie plut√īt les Chamallows en intraveineuse.

La pelouse des Yankees

Aucune relation de cause √† effet (ni suggestion) avec ce qui pr√©c√®de: Il n’est pas question de fumer l’herbe du Yankee Stadium, mais de l’acheter ! Vous savez que le stade mythique est en d√©molition, nous en avons parl√© ici lors du dernier match il y a plusieurs mois. Mais si vous voulez garder un souvenir de la pelouse, vous pouvez en acheter un petit bout. (A lire l√†). 7,50 $. Lorsque j’ai assist√© au dernier match dans “la cath√©drale”, j’ai achet√© une glace vendue dans un petit bol en forme de casquette des Yankees. Je l’ai fait tomber par terre (ne riez pas), mais j’ai gard√© le bol sur lequel il doit donc rester de la poussi√®re du stade. Je vous le fait √† 5$.

George

Et puisqu’on parle de mythe, les derniers √©pisodes d’ “e.r”, qui est pour nous la s√©rie “Urgences” sont diffus√©s en ce moment. J’ai vu la semaine derni√®re le retour clin d’oeil de Doug Ross et de Carol Hathaway (qui sont donc toujours ensemble). Les retrouvailles de Benton et Carter (hyper pathos). Et quelques √©pisodes plus t√īt, le retour d’entre les morts du Docteur Green ainsi que la r√©apparition furtive de… comment d√©j√† ??? La copine de Green √† la fin… Une chirurgienne… Enfin bref, √ßa aurait presque un go√Ľt de Madeleine de Proust. Pour le New-York Times aussi. Je vous offre donc ce petit retour au Cook County (ici), puisque vous n’√™tes au courant de rien, vu que vous respectez tous la loi et ne t√©l√©chargez jamais les √©pisodes des feuilletons Am√©ricains.

Allez…¬†Pour vous c’est d√©j√† ¬†lundi mais c’est pas grave.

Have a nice day.

Bonne ann√©e l’Iran

Vendredi 20 mars 2009

Je ne m’attarde pas, je vous laisse aller faire un tour tous seuls sur le site de la maison blanche (ici). Vous y trouverez le message du pr√©sident Obama √† l’Iran.

A l’occasion de Norouz, la grande f√™te du nouvel an Iranien, Obama jette d√©finitivement les gros sabots de l’”axe du mal” de Georges Bush pour chausser les patins d’une approche diplomatique promise pendant la campagne, et amorc√©e d√©j√† plusieurs fois. (Pardonnez cette image un peu balourde, mais il est fort tard ;) )

Si vous cliquez en bas de la vidéo, vous découvrirez les sous-titres en farsi.

La question maintenant est, outre la r√©ponse de l’Iran, la diffusion de ce message.

Al-Jezeera en Anglais, la BBC en persan et Voice of America se sont vus confier la vidéo.

On en reparle très vite.

Have a nice day.

Qu’ils mangent donc de la brioche…

Vendredi 20 mars 2009

“It’s the french revolution !”

La col√®re monte dans tout le pays, depuis que l’on sait qu’AIG a distribu√© 160 millions de Bonus √† certains de ces cadres. Des centaines de petites manifestations se sont d√©roul√©es dans tout le pays hier. Le New York Post, tout en finesse, titrait ce matin (enfin… hier vu l’heure qu’il est) “Not Too Fast Greedy Bastards“. “Pas si vite, batards avides” (en gros)

Le “Colbert Report” a sorti les fourches (ici); une id√©e qui a bien plus √† CNN dans ce reportage hilarant (l√†); remarquez au passage ce repr√©sentant √† la chambre qui propose une chambre √† la Bastille pour ceux qui ont re√ßu des bonus. Toute cette imagination d√©ploy√©e (et cette culture fran√ßaise !) pourrait pr√™ter √† rire, mais l’image de la r√©volution fran√ßaise n’est pas forc√©ment hors de propos, guillotine mise √† part (!)

Haro sur les riches. Haro sur ceux qui vivent dans un autre monde pendant que le prix du ticket de métro va augmenter à New-York.

Obama ne peut pas se permettre un retournement contre lui des foules de ch√īmeurs ou de salari√©s tirant le diable par la queue dont il¬†porte le reste d’optimisme √† bout de bras. Il ne peut pas non plus se retrouver face √† un congr√®s qui, suivant la “col√®re du peuple”, refuserait d√©sormais de le suivre dans les aides suppl√©mentaires aux banques qui ne manqueront pas de se reproduire. Rappelez vous que 3 r√©publicains, 3 seulement, ont vot√© OUI au stimulus du mois dernier.

Il a fallu jouer serrer. Un peu de d√©magogie. (”I am stunned”) Mais pas trop. Surtout une grande explication hier chez Jay Leno sur NBC sur les r√©gulations l√©gales n√©cessaires pour ne pas voir se reproduire de telles¬†histoires.¬†¬†

La chambre des repr√©sentants, qui joue sa t√™te tous les 2 ans, a vot√© avec une c√©l√©rit√© tr√®s inhabituelle un texte permettant de taxer √† 90% les primes de ceux qui travaillent pour des entreprises renflou√©es par l’Etat. Les bonus de Merril Lynch, distribu√©s juste avant¬†son sauvetage par Bank of America ET les contribuables, seront √©pluch√©s dans la foul√©e.

En attendant, les dirigeants de chez AIG sont poursuivis jusque chez eux. Et la compagnie a distribu√© des consignes de s√©curit√© aux employ√©s. Ne vous attardez pas devant le si√®ge de l’entreprise. Enlevez vos badges avant de sortir dans la rue.

“Ne dites pas √† ma m√®re que je travaille chez AIG, elle croit que je me d√©shabille dans un cabaret porno”.

Have a nice day

Qui pilote l’avion r√©publicain ?

Mercredi 11 mars 2009

Je n’√©tais pas l√† en d√©but de mois lors de la conf√©rence des conservateurs. J’ai donc rat√© les discours de la vieille et la jeune garde. Ou en tout cas suivi d’assez loin. Je suis semble-il poursuivie. Toute la presse du week end a refait des pages. Je finis donc par m’y coller √† mon tour comme une piqure de rappel pour moi comme pour vous avant de partir en vacances.

Si vous avez 13′ devant vous, n’h√©sitez pas √† vous brancher l√†. L’√©mission s’appelle “on the media“. Tous les week end sur la radio nationale. Un mod√®le du genre.¬†Ces 13′ sont¬†leur r√©sum√© de l’√©tat du parti r√©publicain.

Pour les plus press√©s, rappelons que celui que l’on appelle le “chairman of the republican committee” (le patron) est Michael Steel. Si vous avez entendu parler de lui, levez la main.

L’√©toile montante, comme on aimait l’appeler avant sa r√©ponse laborieuse au discours devant le congr√®s de Barack Obama, c’est Bobby Jindal, le gouverneur de Louisiane. On parle s√©rieusement de lui pour 2012. Levez la main si vous auriez cit√© son nom sans h√©siter.

Dans tous les r√©sum√©s de la semaine, dans toutes les analyses √† froid, on ne parle que de celui qui a √©t√© le “keynote speaker“; et qui a eu nettement plus de presse que qui que ce soit d’autre. Il s’appelle Rush Limbaugh. Toute l’Am√©rique conna√ģt ce monsieur qui a l’un des show radio les plus √©cout√©s du pays. Si ce n’est le plus √©cout√©. C’est un conservateur “hard core” si vous me passez l’expression. Pendant la campagne, Rush Limbaugh avait pouss√© les r√©publicains √† voter Clinton pendant les primaires dites “ouvertes”, pensant que Clinton serait plus facile √† battre qu’Obama. Sur ce point, il n’avait pas forc√©ment tort.

Limbaugh a √©t√© accueilli comme une rock star. Si vous avez le courage de lire tout son discours, c’est ici. Il est capable de soulever une foule, ce qu’aucun leader r√©publicain aujourd’hui ne sait faire.

L’autre surprise qui n’en fini pas de fasciner les journaux, c’est la jeune garde. Jonathan Krohn. On ne pr√©sente plus ce gar√ßon qui vient de f√™ter ses 14 ans et a pass√© son √©t√© √† √©crire, excusez du peu, un petit bouquin titr√© “Red√©finir le conservatisme”. Son portrait, ici¬†dans un suppl√©ment du Week end du NYT; dans la page “fashion and style”(!). ¬†Ce petit g√©nie √† qui sa m√®re n’autorise pas un t√©l√©phone portable et fait¬† de la politique quand il a fini ses devoirs s’est offert une standing ovation devant les vieux de la vielle.

Observez (ici) l’incroyable aisance et aidez-moi √† r√©pondre √† cette question: Faut-il suivre ce petit bonhomme en costume et parier sur l’avenir; Ou l’envoyer se coucher sans manger ?

Have a nice day.

God is dead

Mercredi 11 mars 2009

Je ne vais pas essayer de vous faire croire que je lis le Christian Science Monitor régulièrement;  je suis tombée par hasard sur ce papier qui a retenu mon attention. Ici.

On y apprend que dans les 10 ans √† venir, les √©vang√©liques si bien implant√©s aux Etats-Unis vont tout simplement dispara√ģtre. Ils seront vus nous explique l’auteur comme des menaces au progr√®s culturel. Mauvais pour l’Am√©rique, pour l’√©ducation, pour la soci√©t√© en g√©n√©ral. Parlant du mariage gay et de l’anti-avortement, l’auteur ajoute We fell for the trap of believing in a cause more than a faith. En gros, c’est la “cause” mise avant la foi qui provoque la chute. Et √ßa n’est pas un ath√©e qui parle.

L’article est plus long et plus argument√© que ce que je vous laisse ici, allez jusqu’au bout si vous en avez le courage. Mais je trouve passionnant de constater qu’√† de rares exceptions , les religieux n’ont pas vraiment fait entendre leurs voix dans le d√©bat sur les cellules souche. Ils ont parl√© √©videment dans leurs journaux et il y a toutes les chances que l’on prie dans tous les sens dimanche prochain √† la messe pour les √Ęmes des embryons sacrifi√©s (!!). Mais rien dans les grands journaux. Pas de pasteurs en col√®re √† la t√©l√©vision.

La religion n’est pas morte aux Etats-Unis. Mais de la m√™me mani√®re qu’elle a tout juste montr√© le bout de son missel pendant la campagne, elle a perdu en perdant Georges Bush sa chambre d’echo. Les ath√©es n’ont pas manqu√© de constater pendant le discours d’investiture, qu’Obama a dit une phrase (de m√©moire) du genre ” nous sommes un pays de chr√©tiens, de musulmans, de juifs, d’Hindous et de non-croyants“.

Le droit de “non-croire” commence √† se faire entendre pendant que les ultra-bruyants religieux ont l’air de la mettre en sourdine.

Ainsi soit-il.

Have a nice day