Le blog de Fabienne Sintes

L’Amérique par les chemins de traverse

Article(s) pour mars 2009

Feignasse

Mardi 31 mars 2009

Puisque mon Président me quitte pour aller de l’autre côté de l’ Atlantique pour le G20 et autres mondanités, je laisse ma page à mon ami Jacques Monin, le correspondant de Radio-France à Londres, dont vous pouvez visiter le blog pendant toute la durée de la réunion des grands de ce monde. (et après aussi !)

La dernière fois qu’Obama a mis les pieds en Europe, c’était pendant la campagne électorale. Nous avons tous en tête les foules pâmées d’admiration réunies à Berlin. J’ai donc demandé à Jacques de venir raconter ici comment les cousins Anglais voyaient désormais le président des Etats-Unis.

Voici sa réponse.

En Grande-Bretagne, c’est à celui qui sera le plus copain de Barack. Gordon Brown s’est fait un point d’honneur à être le premier dirigeant européen à être reçu à la Maison Blanche. Il se félicite de la poursuite de la fameuse « relation spéciale », mais, insiste-t-il, sur d’autres bases que celles de son prédécesseur. Il s’agit désormais de sauver l’économie et de rendre la planète plus verte. Plus de faire guerre comme avec George Bush. Quand à son rival, le conservateur David Cameron, il aura droit lui aussi à un tête à tête à Londres. Selon des indiscrétions, le staff de Barack Obama aurait trouvé le chef de l’opposition britannique plutôt inconsistant, mais difficile de snober celui qui sera peut-être le futur Premier ministre du pays !

Pour le reste, ici, Barack, c’est une star. La presse ne montre de lui que des photos sur lesquelles on le voit inspiré. Visionnaire. Souriant. Le voisin sympa intelligent, compréhensif, mais aussi charismatique et ferme dans ses décisions. Quand à Michelle, il n’y en a que pour son sourire, son collier de perle et ses robes glamour… Barack à Londres, c’est aussi une armada qui impressionne : 500 personnes autour président américain auxquels s’ajoutent 800 journalistes et 200 membres des services secrets chaussés de leurs Ray-Ban. Il voyagera dans sa « beast », sa limousine à 300 000 dollars, et à bord de son hélicoptère Marine One… Bref, il y a un peu de la série « 24 heures » dans le déplacement que le décrivent les médias britanniques.

Il n’y a guère que l’hebdomadaire «The Economist » ou le Guardian pour tempérer un peu cet enthousiasme. Certes Obama a pris de grandes décisions de politiques étrangères en décidant de fermer Guantanmo ou de changer de ton avec l’Iran… Mais sa volonté d’une relance budgétaire générale s’est heurté à la prudence d’une l’Europe moins endettée et dont le système de protection sociale est différent, rappelle-t-on. Et s’il est un héros à l’extérieur, il est loin d’en avoir fini avec la crise. Sans parler des premiers pas plutôt chaotiques de son administration…

Qui a dit : « nul n’est prophète en son pays ? »   

On verra dans quelques jours si Obama revient de son voyage sûr de son Leadership. Il doit se trouver des partenaires et des alliés. Sur le front économique. Et sur le front Afghan.

Sur le fond, les dirigeants européens ne sont pas très différents des Américains moyens. Au delà des foules en délire et du glamour de Michelle, Obama après presque 70 jours de présidence, on aime ce qu’il est. Pas toujours ce qu’il fait.

Have a nice day.

L’autre semaine: Pizza et Merci qui

Lundi 30 mars 2009

Comme promis, en cette fin de semaine, notre petit tour de l’Amérique par le petit bout de la lorgnette…  (mais alors tout petit aujourd’hui…)

Recession proof

En attendant des jours meilleurs, les Américains essaient comme tout le monde de faire face à la crise.  C’est là qu’on voit foisonner les idées des petits malins. Ou comment tirer partie de la grosse morosité économique pour faire son beurre. A New-York où je vis, le “menu récession” fleuri dans les restaurants. L’une des prêtresses des après-midi-cuisine-devant-la-télé Rachael Ray, a sorti un livre de cuisine “recession proof”; Les New-Yorkais déménagent (et je me demande si je ne vais pas faire pareil), parce que les prix se sont effondrés et que les propriétaires qui feraient n’importe quoi pour avoir des locataires “fiables” payent désormais eux même les 15% de commission des brokers; et puis, en regardant le télé cette semaine, je suis tombée sur cette pub.

Pour ceux qui ne comprennent pas l’anglais, le grand patron de Domino’s lui même propose un “bail out” (renflouement financier) à sa manière avec ses pizza pas chères, et joue sur la corde de la colère contre Wall Street pour enlever une pizza des mains d’un banquier. D’un point de vue moral, on en pense ce qu’on veut. (on peut même trouver ça drôle) D’un point de vue commercial, c’est super bien joué, la semaine même où tout le monde est en train de calculer ses impôts (et croyez moi, ça douille !) et où la colère contre les bonus d’A.I.G n’est toujours pas redescendue.

A ce sujet,  ma chasseuse de n’”importe quoi sur le net”, (qui s’appelle Anne et travaille pour le site de France-Info), m’envoie cette petite chose qui vous aidera à meubler vos fins de soirées. Ici. C’est le site www.moveon.org qui propose de balancer des tomates sur le siège de A.I.G. Vous devrez probablement vous inscrire pour pouvoir lancer vous aussi vos tomates fraîches, c’est gratuit, mais autant vous prévenir, vous prenez le risque d’être noyés sous les mails de “MoveOn” dans les semaines qui viennent.  

Une dent contre le système de santé Américain

Vous saviez déjà peut être que les Américains inventent des stratagèmes en tout genre (y compris le mariage blanc), pour acheter leurs médicaments ou aller se faire soigner au Canada ou tout est nettement moins cher. Mais connaissiez vous Los Algodones au Mexique ? 4000 habitants, 350 dentistes. Et une clientèle presque exclusivement Américaine (ici). Et nous parlons bien des gens comme vous et moi. Pas de ceux qui en profitent pour aller se faire faire un lifting au Costa-Rica. 400 dollars d’économies sur un Bridge. En moyenne. Vous me direz, pour une rage de dents, ça fait un peu loin. Mais pas tant que ça quand on habite l’Arizona.

Un Pétard contre la crise.

Les petits malins (encore eux), n’ont pas perdu de vue que l’une des manières de lutter contre la dépression des années 30 a été de lever la prohibition. Les taxes sur l’alcool rapportaient bien plus d’argent que son interdiction. Et pourquoi ne pas faire la même chose en dépénalisant la Marijuana ? La question a été ouvertement posée à Obama lors de sa conférence de presse sur le net cette semaine. Réponse du président des Etats-Unis: “Non”.

Georges (encore !)

Je ne vais pas vous ennuyer toutes les semaines avec “e.r” (donc “urgences”) qui s’arrête. Mais jetez quand même un oeil sur ce papier du Chicago Tribune. Là. La série qui était tournée en ville et pas en studio, a rapporté plus de 33 millions de dollars. En ces temps de récession où l’on compte tout ce qui rapporte, ça s’appelle un manque à gagner.

TOTUS et bouche cousue

Savez-vous comme on appelle le président Américain en langage de services secrets ? Le POTUS. President Of The United States. La FLOTUS est la First Lady Of The United States. Et bien cette semaine, voici le TOTUS. Le Teleprompteur Of The United States. Comme la semaine dernière je vous invite à rigoler un peu devant ce reportage de Jeanne Moos de CNN. Ici (avec pub, sorry). Elle se met à la place du prompteur, qui a désormais un blog (!!) pour se moquer de ce président à la parole si facile… Lors de la Saint Patrick, le président Américain et le premier Ministre Irlandais se sont emmêlés les pinceaux, si bien que Brian Cowen a lu une partie du speech d’Obama; et qu’Obama s’est remercié lui même d’être là (!!) Voila qui n’a pas échappé à FoxNews. Vous me direz, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Donc si vous le permettez, je m’auto-congratule aussi. Merci qui ? Merci moi-même.

Votre COTUS préférée. Correspondant Of The United States.

Allez… Pour vous c’est déjà lundi, mais  c’est pas grave.

Have a nice day.

Mon pote Mike est au chomage

Mercredi 25 mars 2009

Aujourd’hui, si vous le voulez bien, je laisse ma page à mon ami Mike, que les habitués connaissent déjà un peu. Il vous a notamment donné une leçon de baseball il y a quelques mois. J’ai rencontré Mike il y a 6 ans presque jour pour jour, en Irak pendant la guerre. Nous suivions la même brigade de la 101éme airborn et pourquoi le cacher, nous nous sommes aussi bien amusés. Mike tenait ma lampe de poche au dessus de mon magnéto quand il fallait faire du montage en pleine nuit,  et mort de rire il éloignait les bêtes; il traduisait pour moi les crachats de la radio lorsque nous étions écrabouillés à l’arrière de la jeep du sergent major; et faute de papier après plusieurs semaines, il écrivait ses histoires sur des morceaux de carton ramassés par terre. Le soir, nous échangions nos visions de notre métier dans ces circonstances bizarres en partageant les rations ignobles de l’armée Américaine. Cette conversation n’a jamais cessé. Elle a traversé l’Iowa pendant les primaires, ou les montagnes du Colorado pendant la convention démocrate. Désormais, elle a pris une autre tournure.

Mike travaillait pour le Rocky Mountain News, un journal de Denver. Son journal est mort au début du mois février.

Je le harcèle depuis pour qu’il vienne ici, dire JE pour une fois. Il a fini par dire oui quand j’ai vendu un reportage sur la presse Américaine pour “Et pourtant elle tourne” et France-Info.

Il y a d’autres histoires bien pires que celle de Mike dans les Etats-Unis d’aujourd’hui, mais celle ci me touche, parce qu’elle le touche. Celle d’ une certaine idée de la presse locale. Celle d’une forme de “story telling” comme Mike le pratiquait depuis 22 ans.

Toute la presse Américaine souffre. Tout autant que la presse Française par ailleurs.  Faute de pub désormais quasi uniquement présente sur Internet, les journaux n’ont plus de revenus (-23% en 2 ans); 20 000 journalistes comme Mike ont perdu leur travail ces dernières années,  et doivent réfléchir à redéfinir leur métier et leur propre pratique de ce métier. Ca n’est pas tragique. C’est juste différent.

Like most reporters, I used to get a lot of complaints from readers saying the newspapers only focused on bad news. They said the constant drumbeat of negativity was depressing, almost debilitating at times. Well, gentle readers. Now we all know what you mean.
Since the last week of February, when my paper, the 149-year old Rocky Mountain News of Denver shut down, I and more than 200 of my colleagues have had to brainstorm the next steps in our careers at the same time there has been a deafening barrage of bad news stories about the news business itself.
Papers that have direct competition in two-newspaper towns are an endangered species. We’re all bracing for the day, likely to come this year, when the first major U.S. city is left without any physical, paper publication at all.
Already, the Seattle Post-Intelligencer has followed the Rocky into oblivion. Papers are teetering in San Francisco, Miami, Philadelphia, Minneapolis, Tucson and, well, everywhere.
Some might be replaced by online-only publications. And since journalism is journalism, whatever the medium, that would be fine if the change meant the preservation of newsrooms that are the same size and strength as before. But instead, we’re already in the middle of a drastic downsizing in the army of watchdogs it has taken to keep the politicians in check, the communities covered and the democracy relatively healthy — and more interesting — for the past 232 years.
It’s bad news, bad news, bad news all around. But it’s amazing. A lot of great journalists are trying to do with bad news what you’re supposed to do with bad news: use it to inspire great change.
One great experiment is taking place back in Denver right now. With the Rocky’s disappearance, the longtime rival paper (whose name I can barely pronounce) is still standing. And it has some great journalists, too. But the danger is that without competition, that paper will get complacent, slower, less-interesting, without a powerful rival pushing it to give people better stories, faster bulletins, innovative coverage, etcetera. In the old days, there were multiple sets of eyes and ears monitoring what happened at City Hall, what happened at the sports stadiums, at the theaters, on the streets. Now there’s just that one paper. And it controls all the ink. It controls what Denver residents learn about their city.
It needs competition - for its own good, for the community’s good, and for the good of democracy, too. So that’s what it’s going to get from my friends at INDenverTimes.com. A group of veteran Rocky Mountain News reporters, columnists, artists, sports writers and editors has banded together. Combined, they have hundreds of years worth of journalistic experience. And they formed a new company with a group of investors, hoping to develop a brand new business model to finance one of those crucial information-gathering newsrooms. It’s an experiment. If people really care about preserving vibrant, competitive journalism in one of America’s great and still-growing cities, they’re being asked to pay for a subscription to the online site, http://www.indenvertimes.com/. It’s about $5 per month, and they need a daunting 50,000 subscribers before April 23 - the date that would have been the 150th anniversary of the Rocky Mountain News - in order to make it work.
My great friend, a cigar-puffing columnist named Gary Massaro, makes the pitch as only he can. “Let’s face it, I’m worth five bucks a month.”
http://www.youtube.com/watch?v=OZ0AMEf0eMM&eurl=http%3A%2F%2Fwww%2Eindenvertimes%2Ecom%2F&feature=player_embedded

Ce que Mike ne dit pas, c’est que cette expérience de presse LOCALE payante, c’est la première. Seul de Wall Street Journal est payant sur Internet. Ou quasiment. Nous adorons ça. Moi la première. Mais quand la pub ne suffit plus, ou quand on préfère s’en affranchir, il faut bien payer les contenus et ceux qui les produisent.

C’est un débat qui fera probablement le tour de la planète. Sommes nous prêts à payer pour avoir de l’info fiable sur Internet ?

Est-ce que vous, vous accepteriez de payer pour consulter le site de France-Info si la circonstance se présentait ?

Je vous laisse là dessus… La bise à Mike.

Have a nice day.

L’autre semaine

Dimanche 22 mars 2009

C’est dimanche. Et comme souvent le dimanche, je fais mollement un tour des journaux éparpillés toute la semaine sur le plancher de mon bureau avant d’envoyer le tout au recyclage…

Voici donc ce qui pourrait devenir une habitude entre nous: un petit florilège de fin de semaine sur tout ce dont on n’a pas parlé dans l’actualité Américaine, faute de temps, faute de place, faute d’avoir été assez attentifs. Voici aussi (surtout !)quelques petites choses qui n’interressent que moi. N’hésitez pas à déposer aussi vos petites marottes personnelles. Après tout, 1/ C’est Week-end, on se détend. 2/ c’est mon blog et le votre: on en fait ce qu’on veut ! ;)

Politique de la chaise vide au Nouveau Mexique

Et pas n’importe quelle chaise: celle des condamnés à mort. (Voir ceci). Le Nouveau Mexique a aboli sa peine de mort. Il la remplace par un emprisonnement à vie sans possibilité de conditionnelle. Vous vous souvenez peut-être que le gouverneur Richardson a été candidat démocrate à la présidentielle, et aussi pressenti pour être secrétaire au commerce avant de renoncer pour cause de diverses casseroles. Richardson explique que l’imperfection du système judiciaire Américain l’a poussé à prendre cette decision. Le Kansas a essayé aussi la même semaine, mais a échoué devant le sénat. Doucement, mais sûrement, l’idée en tout cas fait son chemin. Le  Nouveau Mexique devient le 2eme état, après le New Jersey en 2007 à abolir la peine de mort depuis sa réinstauration par la cour suprême des Etats Unis en 1976. En tout, il y a 15 Etats abolitionnistes dans le pays.

Un pas vers les gays

Les plus attentifs d’entre vous se souviennent peut-être qu’en décembre dernier, j’ai couvert une proposition des Nations Unies portée par Rama Yade sur la dépénalisation de l’homosexualité. 66 pays avaient signé ce texte, qui n’engage personne, mais qui avait au moins une portée symbolique importante.  A l’époque, les Etats-Unis avaient répondu “non merci, pas pour nous”. Comme la Chine, la Russie, et les pays de la conférence Islamique. Nous étions quelques semaines après la présidentielle, et surtout après  l’histoire de la fameuse “proposition 8″ en Californie qui avait retoqué le mariage gay. Les Etats Unis avaient expliqué alors qu’ils ne voulaient pas que ce texte soit vécu comme une porte ouverte au mariage gay justement, auquel la plupart des Etats sont toujours opposés. Obama non plus n’est pas favorable au mariage Homo, mais son administration envoie au moins un signe: depuis cette semaine, les Etats-Unis ont rajouté leur signature au bas de ce texte. (à lire ici). Un vrai geste envers les gays Américains qui intervient, notons le aussi, après l’énorme succès de “Milk” et les Oscars de Sean Penn et du scénariste du film.

Smarties ? Non merci, j’ai décidé d’arrêter

Ce n’est pas en lisant le Wall Street Journal que j’ai découvert le “cultural phenomenon” que voilà. Il m’a été soufflé par une copine à l’affut du “n’importe quoi”. Voici tout de même le papier ici. Quand je me revois pré-ado essayer vainement de fumer du thé enroulé dans les feuilles à gros carreaux de mon classeur de maths, je me dis que les temps ont bien changé. En mieux ou en pire, à vous de juger. Les jeunes Américains aujourd’hui fument … des smarties. Pas de panique, si vous êtes parents, les smarties ne sont pas les même que les nôtres. Mais éloignez quand même vos enfants, voici la démonstration qui fait fureur sur U Tube. Ici. Héloïse, (c’est ma nièce), si tu fais pareil, je t’en colle une. Essaie plutôt les Chamallows en intraveineuse.

La pelouse des Yankees

Aucune relation de cause à effet (ni suggestion) avec ce qui précède: Il n’est pas question de fumer l’herbe du Yankee Stadium, mais de l’acheter ! Vous savez que le stade mythique est en démolition, nous en avons parlé ici lors du dernier match il y a plusieurs mois. Mais si vous voulez garder un souvenir de la pelouse, vous pouvez en acheter un petit bout. (A lire là). 7,50 $. Lorsque j’ai assisté au dernier match dans “la cathédrale”, j’ai acheté une glace vendue dans un petit bol en forme de casquette des Yankees. Je l’ai fait tomber par terre (ne riez pas), mais j’ai gardé le bol sur lequel il doit donc rester de la poussière du stade. Je vous le fait à 5$.

George

Et puisqu’on parle de mythe, les derniers épisodes d’ “e.r”, qui est pour nous la série “Urgences” sont diffusés en ce moment. J’ai vu la semaine dernière le retour clin d’oeil de Doug Ross et de Carol Hathaway (qui sont donc toujours ensemble). Les retrouvailles de Benton et Carter (hyper pathos). Et quelques épisodes plus tôt, le retour d’entre les morts du Docteur Green ainsi que la réapparition furtive de… comment déjà ??? La copine de Green à la fin… Une chirurgienne… Enfin bref, ça aurait presque un goût de Madeleine de Proust. Pour le New-York Times aussi. Je vous offre donc ce petit retour au Cook County (ici), puisque vous n’êtes au courant de rien, vu que vous respectez tous la loi et ne téléchargez jamais les épisodes des feuilletons Américains.

Allez… Pour vous c’est déjà  lundi mais c’est pas grave.

Have a nice day.

Bonne année l’Iran

Vendredi 20 mars 2009

Je ne m’attarde pas, je vous laisse aller faire un tour tous seuls sur le site de la maison blanche (ici). Vous y trouverez le message du président Obama à l’Iran.

A l’occasion de Norouz, la grande fête du nouvel an Iranien, Obama jette définitivement les gros sabots de l’”axe du mal” de Georges Bush pour chausser les patins d’une approche diplomatique promise pendant la campagne, et amorcée déjà plusieurs fois. (Pardonnez cette image un peu balourde, mais il est fort tard ;) )

Si vous cliquez en bas de la vidéo, vous découvrirez les sous-titres en farsi.

La question maintenant est, outre la réponse de l’Iran, la diffusion de ce message.

Al-Jezeera en Anglais, la BBC en persan et Voice of America se sont vus confier la vidéo.

On en reparle très vite.

Have a nice day.

Qu’ils mangent donc de la brioche…

Vendredi 20 mars 2009

“It’s the french revolution !”

La colère monte dans tout le pays, depuis que l’on sait qu’AIG a distribué 160 millions de Bonus à certains de ces cadres. Des centaines de petites manifestations se sont déroulées dans tout le pays hier. Le New York Post, tout en finesse, titrait ce matin (enfin… hier vu l’heure qu’il est) “Not Too Fast Greedy Bastards“. “Pas si vite, batards avides” (en gros)

Le “Colbert Report” a sorti les fourches (ici); une idée qui a bien plus à CNN dans ce reportage hilarant (); remarquez au passage ce représentant à la chambre qui propose une chambre à la Bastille pour ceux qui ont reçu des bonus. Toute cette imagination déployée (et cette culture française !) pourrait prêter à rire, mais l’image de la révolution française n’est pas forcément hors de propos, guillotine mise à part (!)

Haro sur les riches. Haro sur ceux qui vivent dans un autre monde pendant que le prix du ticket de métro va augmenter à New-York.

Obama ne peut pas se permettre un retournement contre lui des foules de chômeurs ou de salariés tirant le diable par la queue dont il porte le reste d’optimisme à bout de bras. Il ne peut pas non plus se retrouver face à un congrès qui, suivant la “colère du peuple”, refuserait désormais de le suivre dans les aides supplémentaires aux banques qui ne manqueront pas de se reproduire. Rappelez vous que 3 républicains, 3 seulement, ont voté OUI au stimulus du mois dernier.

Il a fallu jouer serrer. Un peu de démagogie. (”I am stunned”) Mais pas trop. Surtout une grande explication hier chez Jay Leno sur NBC sur les régulations légales nécessaires pour ne pas voir se reproduire de telles histoires.  

La chambre des représentants, qui joue sa tête tous les 2 ans, a voté avec une célérité très inhabituelle un texte permettant de taxer à 90% les primes de ceux qui travaillent pour des entreprises renflouées par l’Etat. Les bonus de Merril Lynch, distribués juste avant son sauvetage par Bank of America ET les contribuables, seront épluchés dans la foulée.

En attendant, les dirigeants de chez AIG sont poursuivis jusque chez eux. Et la compagnie a distribué des consignes de sécurité aux employés. Ne vous attardez pas devant le siège de l’entreprise. Enlevez vos badges avant de sortir dans la rue.

“Ne dites pas à ma mère que je travaille chez AIG, elle croit que je me déshabille dans un cabaret porno”.

Have a nice day

Qui pilote l’avion républicain ?

Mercredi 11 mars 2009

Je n’étais pas là en début de mois lors de la conférence des conservateurs. J’ai donc raté les discours de la vieille et la jeune garde. Ou en tout cas suivi d’assez loin. Je suis semble-il poursuivie. Toute la presse du week end a refait des pages. Je finis donc par m’y coller à mon tour comme une piqure de rappel pour moi comme pour vous avant de partir en vacances.

Si vous avez 13′ devant vous, n’hésitez pas à vous brancher . L’émission s’appelle “on the media“. Tous les week end sur la radio nationale. Un modèle du genre. Ces 13′ sont leur résumé de l’état du parti républicain.

Pour les plus pressés, rappelons que celui que l’on appelle le “chairman of the republican committee” (le patron) est Michael Steel. Si vous avez entendu parler de lui, levez la main.

L’étoile montante, comme on aimait l’appeler avant sa réponse laborieuse au discours devant le congrès de Barack Obama, c’est Bobby Jindal, le gouverneur de Louisiane. On parle sérieusement de lui pour 2012. Levez la main si vous auriez cité son nom sans hésiter.

Dans tous les résumés de la semaine, dans toutes les analyses à froid, on ne parle que de celui qui a été le “keynote speaker“; et qui a eu nettement plus de presse que qui que ce soit d’autre. Il s’appelle Rush Limbaugh. Toute l’Amérique connaît ce monsieur qui a l’un des show radio les plus écoutés du pays. Si ce n’est le plus écouté. C’est un conservateur “hard core” si vous me passez l’expression. Pendant la campagne, Rush Limbaugh avait poussé les républicains à voter Clinton pendant les primaires dites “ouvertes”, pensant que Clinton serait plus facile à battre qu’Obama. Sur ce point, il n’avait pas forcément tort.

Limbaugh a été accueilli comme une rock star. Si vous avez le courage de lire tout son discours, c’est ici. Il est capable de soulever une foule, ce qu’aucun leader républicain aujourd’hui ne sait faire.

L’autre surprise qui n’en fini pas de fasciner les journaux, c’est la jeune garde. Jonathan Krohn. On ne présente plus ce garçon qui vient de fêter ses 14 ans et a passé son été à écrire, excusez du peu, un petit bouquin titré “Redéfinir le conservatisme”. Son portrait, ici dans un supplément du Week end du NYT; dans la page “fashion and style”(!).  Ce petit génie à qui sa mère n’autorise pas un téléphone portable et fait  de la politique quand il a fini ses devoirs s’est offert une standing ovation devant les vieux de la vielle.

Observez (ici) l’incroyable aisance et aidez-moi à répondre à cette question: Faut-il suivre ce petit bonhomme en costume et parier sur l’avenir; Ou l’envoyer se coucher sans manger ?

Have a nice day.

God is dead

Mercredi 11 mars 2009

Je ne vais pas essayer de vous faire croire que je lis le Christian Science Monitor régulièrement;  je suis tombée par hasard sur ce papier qui a retenu mon attention. Ici.

On y apprend que dans les 10 ans à venir, les évangéliques si bien implantés aux Etats-Unis vont tout simplement disparaître. Ils seront vus nous explique l’auteur comme des menaces au progrès culturel. Mauvais pour l’Amérique, pour l’éducation, pour la société en général. Parlant du mariage gay et de l’anti-avortement, l’auteur ajoute We fell for the trap of believing in a cause more than a faith. En gros, c’est la “cause” mise avant la foi qui provoque la chute. Et ça n’est pas un athée qui parle.

L’article est plus long et plus argumenté que ce que je vous laisse ici, allez jusqu’au bout si vous en avez le courage. Mais je trouve passionnant de constater qu’à de rares exceptions , les religieux n’ont pas vraiment fait entendre leurs voix dans le débat sur les cellules souche. Ils ont parlé évidement dans leurs journaux et il y a toutes les chances que l’on prie dans tous les sens dimanche prochain à la messe pour les âmes des embryons sacrifiés (!!). Mais rien dans les grands journaux. Pas de pasteurs en colère à la télévision.

La religion n’est pas morte aux Etats-Unis. Mais de la même manière qu’elle a tout juste montré le bout de son missel pendant la campagne, elle a perdu en perdant Georges Bush sa chambre d’echo. Les athées n’ont pas manqué de constater pendant le discours d’investiture, qu’Obama a dit une phrase (de mémoire) du genre ” nous sommes un pays de chrétiens, de musulmans, de juifs, d’Hindous et de non-croyants“.

Le droit de “non-croire” commence à se faire entendre pendant que les ultra-bruyants religieux ont l’air de la mettre en sourdine.

Ainsi soit-il.

Have a nice day