Feignasse
Mardi 31 mars 2009Puisque mon Président me quitte pour aller de l’autre côté de l’ Atlantique pour le G20 et autres mondanités, je laisse ma page à mon ami Jacques Monin, le correspondant de Radio-France à Londres, dont vous pouvez visiter le blog pendant toute la durée de la réunion des grands de ce monde. (et après aussi !)
La dernière fois qu’Obama a mis les pieds en Europe, c’était pendant la campagne électorale. Nous avons tous en tête les foules pâmées d’admiration réunies à Berlin. J’ai donc demandé à Jacques de venir raconter ici comment les cousins Anglais voyaient désormais le président des Etats-Unis.
Voici sa réponse.
En Grande-Bretagne, c’est à celui qui sera le plus copain de Barack. Gordon Brown s’est fait un point d’honneur à être le premier dirigeant européen à être reçu à la Maison Blanche. Il se félicite de la poursuite de la fameuse « relation spéciale », mais, insiste-t-il, sur d’autres bases que celles de son prédécesseur. Il s’agit désormais de sauver l’économie et de rendre la planète plus verte. Plus de faire guerre comme avec George Bush. Quand à son rival, le conservateur David Cameron, il aura droit lui aussi à un tête à tête à Londres. Selon des indiscrétions, le staff de Barack Obama aurait trouvé le chef de l’opposition britannique plutôt inconsistant, mais difficile de snober celui qui sera peut-être le futur Premier ministre du pays !
Pour le reste, ici, Barack, c’est une star. La presse ne montre de lui que des photos sur lesquelles on le voit inspiré. Visionnaire. Souriant. Le voisin sympa intelligent, compréhensif, mais aussi charismatique et ferme dans ses décisions. Quand à Michelle, il n’y en a que pour son sourire, son collier de perle et ses robes glamour… Barack à Londres, c’est aussi une armada qui impressionne : 500 personnes autour président américain auxquels s’ajoutent 800 journalistes et 200 membres des services secrets chaussés de leurs Ray-Ban. Il voyagera dans sa « beast », sa limousine à 300 000 dollars, et à bord de son hélicoptère Marine One… Bref, il y a un peu de la série « 24 heures » dans le déplacement que le décrivent les médias britanniques.
Il n’y a guère que l’hebdomadaire «The Economist » ou le Guardian pour tempérer un peu cet enthousiasme. Certes Obama a pris de grandes décisions de politiques étrangères en décidant de fermer Guantanmo ou de changer de ton avec l’Iran… Mais sa volonté d’une relance budgétaire générale s’est heurté à la prudence d’une l’Europe moins endettée et dont le système de protection sociale est différent, rappelle-t-on. Et s’il est un héros à l’extérieur, il est loin d’en avoir fini avec la crise. Sans parler des premiers pas plutôt chaotiques de son administration…
Qui a dit : « nul n’est prophète en son pays ? »  Â
On verra dans quelques jours si Obama revient de son voyage sûr de son Leadership. Il doit se trouver des partenaires et des alliés. Sur le front économique. Et sur le front Afghan.
Sur le fond, les dirigeants européens ne sont pas très différents des Américains moyens. Au delà des foules en délire et du glamour de Michelle, Obama après presque 70 jours de présidence, on aime ce qu’il est. Pas toujours ce qu’il fait.
Have a nice day.














