L’AmĂ©rique par les chemins de traverse

Le blog de Fabienne Sintes


Article(s) du 21 août 2008

Binge Drinking

Jeudi 21 août 2008

Il sera toujours temps de reparler politique, d’Ă©piloguer sur les derniers sondages et d’aller sonder l’AmĂ©rique sur la couleur d’Obama. Je vous laisse mĂ©diter  sur ce qui a retenu mon attention aujourd’hui… C’est lĂ .

Une centaine d’universitĂ©s très prestigieuses des Etats-Unis viennent de mettre les pieds dans le plat en demandant que l’on abaisse Ă  18 ans, l’âge lĂ©gal pour boire de l’alcool. Ou au moins qu’on y rĂ©flĂ©chisse.

Selon ces prĂ©sidents d’universitĂ©s, la limite d’âge Ă  21 ans pousse les jeunes au “binge drinking”. Boire le plus vite possible 5 bières pour les garçons, 4 pour les filles. Le tout Ă©videmment clandestinement. Les universitĂ©s signataires qui sont confrontĂ©es Ă  ce problème tous les jours estiment que si l’on responsabilise les jeunes en les autorisant Ă  boire lĂ©galement, ces pratiques disparaitront.

Pour l’instant, les statistiques sont impressionnantes: 90% des accidents dus Ă  l’alcool chez les moins de 21 ans sont des consĂ©quences du Binge Drinking.

Par ailleurs, Ă  18 ans on peut voter, juger un homme, ou aller au front mais pas boire une bière; c’est vrai que ça a quelque chose de dĂ©calĂ©.

Vous imaginez les rĂ©actions des associations de lutte contre l’alcool au volant. Elles hurlent et expliquent chiffres Ă  l’appui que l’âge lĂ©gal Ă  21 ans a sauvĂ© dĂ©jĂ  25 000 vies.

De vous Ă  moi, je ne veux pas faire ma vielle peau, mais j’ai quand mĂŞme du mal Ă  comprendre pourquoi les adeptes du Binge Drinking  arrĂŞteraient de boire leurs 5 bières en vitesse sous prĂ©texte qu’ils les ont payĂ©es lĂ©galement.

A ce stade, c’est plus que l’interdit qui est grisant. C’est comme foncer sur l’autoroute sans lumières. C’est dĂ©bile. Mais tellement cool (!!)

Mon cĂ´tĂ© vielle peau ceci dit adore qu’on vĂ©rifie mes papiers en entrant dans un bar. Des fois que je ferais pas mon âge…

Have a nice day.  

Jour de resto

Jeudi 21 août 2008

La scène se passe ce midi en terrasse d’un restaurant de Manhattan.

Mes voisins de table sont français. Mais visiblement installĂ©s Ă  New-York depuis très longtemps d’après les bribes de conversation que j’ai pu attraper au vol.  

Arrive l’addition. Et tout Bleeker street a pu profiter du spectacle. Esclandre !  Hauts cris ! Grands chevaux tous de sortie ! Voila mes voisins furieux, parce que le serveur a ajoutĂ©  le “tip” dans l’addition. Le pourboire. Soit 18%.

Ceux qui sont dĂ©jĂ  venus aux Etats-Unis savent qu’il FAUT laisser un “tip”.  Le service n’est jamais compris. Et pas question de jeter juste quelques pièces. A New-York, le tarif, est bien de 18%.  Sauf si vraiment le serveur vous a balancĂ© les plats dans la figure. Mes nouveaux amis entendaient bien laisser ce qu’il faut mais ils ont Ă©tĂ© vexĂ©s qu’on le leur rappelle en faisant l’addition pour eux. Ils ont surtout Ă©tĂ© HYPER vexĂ©s de la rĂ©ponse du serveur:

“Vous ĂŞtes Ă©trangers. Les Ă©trangers ne savent pas ‘tipper”. Et surtout vous les français”.

En fait, autant que je sache, la loi interdit d’inclure le pourboire dans l’addition, sauf lorsque c’est prĂ©cisĂ© d’avance sur le menu. Dans les quartiers touristiques,  les restaurateurs prĂ©fèrent le plus souvent prendre les devants. Surtout avec nous.

Nous avons visiblement une vraie rĂ©putation de radins. Ou au mieux d’ignorants des pratiques locales.

C’est l’une des premières choses que m’a apprise un chauffeur de taxi (que l’on “tip” aussi). Lorsque quelqu’un ne laisse pas assez de billets Ă  leur goĂ»t, les chauffeurs lancent: “Hey : Don’t be French !” ” Ne fais pas ton français”.

Ça calme les nerfs.

Have a nice day.