L’AmĂ©rique par les chemins de traverse

Le blog de Fabienne Sintes


Article(s) du 11 juin 2008

Stigmate

Mercredi 11 juin 2008

Excusez ma naĂŻvetĂ©, je reconnais que je ne savais pas que les porteurs du virus du SIDA Ă©taient interdits d’entrĂ©e aux Etats-Unis. A priori, y compris depuis des pays comme la France qui ne nĂ©cessitent pas de visa, si vous dĂ©clarez votre Ă©tat sĂ©rologique au moment de remplir votre petit papier vert d’entrĂ©e dans le pays, vous pouvez ĂŞtre refoulĂ©. Si vous demandez un visa pour un long sĂ©jour et que vous ne mentez pas vous avez toutes les chances d’ĂŞtre refusĂ©.

Si l’on vous accepte, vous aurez un visa spĂ©cial. Regardez bien les petits numĂ©ros après “waiver” (dĂ©rogation) en bas Ă  droite, ça veut dire HIV positiv. C’est sur votre passeport.

  © International AIDS society

© International AIDS society

Cette restriction que les Etats Unis partagent avec 74 autres pays date ici de 1987.  A l’Ă©poque ou on ne savait encore rien du SIDA ou pas grand chose. Georges Bush a tentĂ© d’assouplir les textes en 2006 (comme quoi…) il s’est fait retoquer et on n’en a plus parlĂ©. Pour vous renseigner plus en profondeur, voici une ONG parmi d’autres qui a un site bien fait sur la question.

Hier Ă  l’ONUĂ  l’occasion de 3 jours de ce qu’on appelle une “rĂ©union de haut niveau” sur le SIDA, Ban Ki Moon Ă  la tribune de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale a demandĂ© que ces restrictions soient levĂ©es. 345 organisations ont signĂ© un texte et crĂ©e une “task force” pour tenter de faire bouger les positions de ces 74 pays. 12 d’entre eux sont les plus sĂ©vères. La Russie, la CorĂ©e du Sud, l’Arabie Saoudite etc… et les USA.

Par bien des aspects j’adore le pays dynamique, enthousiaste, paradoxal, multiple, dĂ©sarçonnant et complexe dans lequel je vis depuis quelques mois. Il me dĂ©sespère aussi parfois.

Have a nice day.

Jour de canicule

Mercredi 11 juin 2008

1ère vague de chaleur Ă  New-York : Petit manuel Ă  usage de la correspondante en phase de liquĂ©faction qui n’a pas le temps de passer par une fontaine.

 Ce n

Ce n

(Ce n’est pas moi sur cette photo, je tiens Ă  le prĂ©ciser. Juste une fille qui a très soif)

1/ Apprendre Ă  compter pour se faire peur. Ma consoeur de RFI qui fond de son cĂ´tĂ© Ă  Washington est la spĂ©cialiste mondiale du passage des °F aux °C. “Tu enlèves 32, tu divises par 9 et tu multiplie par 5″. (!!) . il a fait 97 Ă  New york aujourd”hui, ça fait 36°C. Plus 3 Ă  4° disent les habituĂ©s parce que les buildings de manhattan retiennent la chaleur. Grosse fièvre.

2/ Aller en reportage en métro. Mauvaise pioche. On meurt de chaud sur les quais et de froid dans les wagons.

3/ Passer la journĂ©e Ă  l’ONU. Bonne pioche. Rien de tel que 2 heures de confĂ©rence pour se remettre Ă  tempĂ©rature normale.

4/ Ecouter les autochtones. Un journaliste du New York Post a rĂ©ussi Ă  aller de “grand central” Ă  “central park” d’un building Ă  l’autre. FutĂ© le gars.

5/ Se dire que ça pourrait ĂŞtre pire. Con Ed, l’EDF local a eu quelques ratĂ©s, l’Upper East Side a perdu 8% de puissance Ă©lectrique. Les clims ont marchĂ© au ralenti.

6/ Choisir ses amis. “Tu viens ce soir ?” “T’as une piscine ? ” “Non, mais un arrosoir”. “ça ira.”

 © Fabienne Sintes

© Fabienne Sintes

7/ Plaindre ce confrère de la tĂ©lĂ©vision japonaise qui demande aux gens si ils ont chaud. A peu près aussi palpitant que de couvrir les fĂŞtes de noĂ«l, les soldes et le prix de l’essence qui monte.

8/ Se rĂ©soudre Ă  acheter une casquette. Parce qu’exeptionnellement dans ce pays, le ridicule ne tue pas.

9/ Faire sa mijaurĂ©e en croisant un ami AmĂ©ricain parce que le “hug” local façon “j’Ă©change ta sueur contre la mienne” c’est pire que 4 bises. “Non merci, serre moi plutĂ´t la main”.

10/ Rentrer chez soit pour prendre une douche mĂŞme si la clim fait le bruit d’un remonte pente. Enlever ce goĂ»t salĂ© qui colle Ă  la peau. SalĂ© comme la note d’Ă©lectricitĂ© Ă  la fin du mois.

 Have a nice day.