Le blog de Fabienne Sintes

L’Amérique par les chemins de traverse

Cher mon successeur

En passant...

Cher mon successeur,

Tout journaliste qui laisse son poste à Washington a quelque part en tête le «syndrome Jérôme Godefroy».

Après des années aux Etats-Unis pour RTL, Jérôme a quitté le pays le 9 septembre 2001. L’histoire qui se transmet d’un correspondant à l’autre dit qu’à son successeur, il déclaré quelque chose du genre : «De toute façon, Bush vient d’être élu, il ne se passera plus rien ».

Certaines versions disent même que cette phrase a été prononcée en haut d’une des tours jumelles. Je ne sais pas si la légende s’est emparée de cette anecdote, mais dans le doute, pour m’aider à partir sans regarder derrière et t’aider à t’installer tranquillement, j’évite de monter plus haut que le tabouret de ma cuisine et je m’abstiens de toute phrase définitive.

D’autant que moi aussi j’ai eu en 6 ans mon lot de clairvoyances douteuses. Je suis arrivée en septembre 2007 en démontrant à mes chefs qu’une femme serait présidente des Etats-Unis; j’ai passé toute un après midi le lundi 16 mai 2011 à expliquer sur les antennes pourquoi DSK n’avait aucune chance de finir à Rickers ; longuement disserté sur le fait que les débats présidentiels ne servent à rien ; envoyé un texto au red’chef de la matinale en disant que j’allais me coucher et qu’on verrait demain, quand un policier tué à Boston ne m’a pas paru avoir un lien avec les attentats de la veille.

Cher mon successeur, c’est peut-être toi qui finiras par élire Hillary Clinton ;  pour ce qui est de l’avenir d’Obama, n’hésite pas à en faire des tonnes s’il arrive à convaincre le congrès de passer une réforme, ce sera peut-être la seule de son 2eme mandant ; je ne crois pas que DSK s’aventure aux Etats-Unis de sitôt ; et je ne te souhaite pas de passer une semaine d’antenne sur le fonctionnement détourné d’une cocotte minute.  

Je te laisse l’Amérique dans l’état où je l’ai trouvée en arrivant : fascinante, irritante, étonnante, agaçante, changeante et immuable.

J’ai été bien occupée ces dernières années. En particulier d’ailleurs la veille ou pendant mes vacances. Mais je t’ai laissé quelques petites choses qui sauront te divertir : J’ai cru un moment que j’avais déterré puis enterré les Tea Party le temps d’un cycle électoral,  mais ne t’inquiète pas, la bête est finalement coriace et le parti républicain a fait naître depuis quelques spécimens très attractifs; je t’ai mis au chaud une mauvaise affaire de fonctionnaires du fisc au zèle très embarrassant, des écoutes téléphoniques à l’agence AP et une attaque à Benghazi qui reviendront empoisonner l’administration ; j’ai vu Obama prendre des cheveux blancs, tu le verras peut-être devenir chauve, et toi aussi tu finiras par avoir 10 fois entendu des discours moralement justes mais pas toujours efficaces.

Tu seras forcément celui qui couvrira son retour à Chicago

Tu seras peut-être celui qui verra le Texas latino virer démocrate. 

Tu auras peut-être la chance de raconter la fermeture de Guantanamo 

Tu monteras en haut de la Liberty Tower de New-York enfin terminée.

Tu agaceras toi aussi tes amis quand tu laisseras échapper un soupir parce que tu dois descendre en Floride en plein hiver pour la 8eme fois avant les élections. Mais va faire un tour sur les plages de la sortie de Tampa tôt le matin. Tu seras le seul à marcher sans déambulateur, c’est excellent pour le moral.

L’Ohio aussi va finir par te sortir par les yeux. Mais ne le dis jamais trop fort, tu risques de finir avec le fait divers le plus glauque de ces 10 dernières années.

Quand tu seras dans l’Iowa pour ton premier «caucus» et que tu verras la plus grande démocratie occidentale voter à main levée en mangeant des muffins à la banane, essaye de ne pas trop t’étonner. Au début ça fait flipper, mais on s’y fait.

Si tu passes par Santa Rosa, Nouveau Mexique, va voir mon pote Mike qui dirige le «Communicator» ; il t’emmènera dans son “diner” Mexicain préféré. N’oublie pas de demander au patron de te montrer les semi-automatiques qu’il vend dans son arrière boutique.

Essaie d’aller voir une course de tondeuses à gazon dans le Tennessee, je me remets difficilement d’avoir raté ça. Mais je compte avant de partir, aller faire du bulldozer à Las Vegas.

Si tu entres en Arizona, vise la fin d’après-midi et prends la route 163 qui vient de l’Utah voisin : tu traverseras la Vallée des Dieux avant de voir se découper Monument Valley. C’est le plus beau paysage des Etats-Unis.

Si tu entres en Oklahoma par le Sud Ouest du Kansas au dessous de la ville de Liberal, vérifie que mes initiales sont toujours sur l’un des piliers en bois du panneau d’entrée dans l’état.

Cher mon successeur, tu verras, on cesse très vite de lever un sourcil devant ceux qui demandent du ketchup pour accompagner leur poisson ; on finit par raconter sa vie comme tout le monde en faisant la queue chez CVS ; on se surprend à dire « amaaaazing » même quand on nous raconte des trucs pas du tout étonnants ; on boit son café dans du carton comme si c’était normal; et même quand il n’y a pas une voiture en vue, on attend le signe «walk» pour traverser la rue.

Je t’ai laissé quelque part une casquette des “Washington Nationals” qui depuis la saison dernière semblent avoir enfin compris les règles du baseball; tu jugeras vite que le football Américain est un sous-rugby sans intérêt mais tu regarderas le Super Bowl ; tu mangeras du pop corn géant au cinéma ; tu auras des points chez Staples à force de leur acheter des rames de papier, et tu retiendras bêtement les noms de tous les journalistes de CNN.

Comme nous tous avant toi, tu apprendras les “feet” et les “inches” au lieu des mètres et centimètres pour passer le permis de conduire et tu t’empresseras d’oublier ensuite comment ça marche; tu auras un moment d’effroi la première fois que tu te pèseras en “Pounds”; tu ne sauras jamais traduire les Fahrenheints en Celcius; et quand tu te feras arrêter pour exces de vitesse, si tu envisages de faire croire au flic que tu as confondu “miles/h” et “km/h”: n’essaye pas.

Si tu es une fille -ou que tu as une femme- n’oublie pas de me demander l’adresse de mon coiffeur. Ses cheveux, c’est la seule chose qu’on ne DOIT pas laisser entre les mains d’un Américain.

Si tu aimes les séries télé, ne t’avise pas de me raconter la saison 3 de « Homeland », ou la saison 5 de «The Good wife»: désormais de mon côté de l’atlantique, télécharger illégalement les séries US pour les avoir en temps réel et en VO, c’est mal.

Cher mon successeur, Washington n’est pas toujours une ville festive, mais elle se laisse apprivoiser.  L’un de mes amis l’a toujours appelée «Limoges sur Potomac ». Elle se couche tôt et court sur un tapis à 5h du matin. Elle ne sait s’arrêter de travailler que pour Thanksgiving mais se paralyse instantanément dès qu’il tombe 2 cm de neige. Tous les lobbyistes de K street se ressemblent ; les congressistes snobent la presse étrangère, mais le Capitole est magnifique dans la lumière du soir ; si les Américains ne sont jamais tendres avec leur Etat Fédéral, tu les verras tout au long de l’année visiter les symboles du pouvoir et profiter des musées gratuits; ne boude surtout pas ton plaisir quand tu verras passer pour la première fois les 25 voitures de la « motorcade » de Barack Obama. Autour de toi vous serez rares à ne pas tourner la tête d’un air blasé.

Mon Starbucks préféré est à l’angle entre New Hampshire et la 16eme. J’y ai souvent transporté mon bureau, la terrasse est très agréable. Mais prends de l’anti-moustique l’été. Le Whole Foods de P street est impraticable le week-end ; le plus chouette club de Jazz est sur U street ; pour boire un dernier verre, passé minuit tu n’auras d’autre option que le «Bar Dupont», mais le meilleur Mojito est au Havana Café d’Adams Morgan.

Si tu as des enfants, oublie tout ça : tu habiteras forcément à Bethesda ou à côté à cause de l’école ; mais pense déjà à commander un clown ou un magicien pour leurs anniversaires. Tu ne crois quand même pas que les petits voisins Américains se contenteront de jouer dans le jardin.

Cher mon successeur, tu as de la chance. L’Amérique est vaste. J’ai adoré mes 6 ans chez ces zozos dont on croit qu’ils nous ressemblent parce que nous sommes pétris de leur culture, mais qui n’ont souvent rien de commun avec nous. Tu te surprendras très vite à les défendre. Même s’ils ont une arme à la ceinture et croient que Jésus est passé par le Missouri.

Cher mon successeur tu as de la chance. Tu vas pouvoir faire de l’antenne dans ton pyjama sans que personne ne soupçonne rien. Il est temps pour moi de penser à m’habiller pour aller travailler.

Bien des bises.

Fab.

 © fs

© fs

A vous qui avez laissé traîner vos “clics” sur ce blog, sur twitter ou facebook et avez partagé avec moi sur les antennes de Radio-France cette aventure Américaine, merci de votre accompagnement attentif, pertinent et amical. On a surtout bien rigolé et c’est vraiment ce qui compte. Ce blog est désormais fermé mais les réseaux sociaux restent ouverts: le bavardage continue.

Pour les plus fidèles de twitter, je m’offre un KitKat king size à votre santé ; pour ceux qui ont aimé les petits morceaux de vie sur facebook, merci de me rappeler où j’ai laissé mes clefs.

A très vite sur les ondes … And for the very last time: Have a nice day ;)

Le huis clos de Danny et les terroristes

En ville

Danny est un type bien.

Il aurait pu avoir son quart d’heure de gloire et passer sur toutes les télévisions Américaines.

Il aurait pu être « un héros ». Un mot que les Etats-Unis ont très facilement à la bouche.

Au lieu de ça, Danny, 26 ans, ne veut pas donner son vrai nom chinois, il préfère qu’on l’appelle par le surnom qui est le sien depuis qu’il est dans ce pays ; il ne veut pas qu’on en sache trop sur lui, même s’il sait qu’il va devoir témoigner un jour contre Dzhokar Tsarnaev, une perspective qui ne l’enchante guère.

Et pourtant son récit, comme le souligne le Boston Globe qui l’a rencontré, est digne d’un film de Tarentino. 90 minutes avec les poseurs de bombe de Boston. Un huis clos improbable, des dialogues parfois très noirs ou très ironiques ; des rebondissements quasiment haletants et une pointe de romantisme.

Pour les anglophones, le papier du Globe est ici.

Pour les autres, voici le récit de Danny, jeune patron d’une start-up, au volant de sa Mercedes la nuit du 18 avril.

Danny est un garçon prudent.

Alors qu’il rentre chez lui, il arrête son SUV tout neuf sur le bas coté pour répondre à un texto. Il est 23h18, il n’a pas fait attention à la berline blanche qui roule derrière lui. Un homme en descend, dit quelque chose que Danny ne comprend pas. Il baisse la vitre et n’a pas le temps de réagir ; Tamerlan Tsarnaev est déjà sur le siège conducteur une arme à la main.

  • - Ne fais pas l’idiot, les attentats de Boston, c’est moi, et je viens de tuer un flic.

Il ordonne à Danny de rouler pendant que son frère cadet le suit dans la berline.

  • - Ne me regarde pas! crie Tamerlan. Est-ce que tu cherches à reconnaître mon visage?
  • - Non non non
  • - Les blancs croient tous que les noirs se ressemblent, dit Tamerlan en rigolant, peut-être que toi tu penses que tous les blancs se ressemblent!
  • - Exactement dit Danny qui n’en pense pas un mot, mais comprend qu’il doit raconter ce qu’il faut pour avoir la vie sauve.

Il dit qu’il est étudiant, qu’il vient d’arriver aux Etats-Unis, alors qu’il y a fait ses études, est rentré en Chine brièvement avant de revenir pour créer une start-up. Il dit surtout que sa voiture est moins luxueuse qu’elle en a l’air.

Tamerlan a du mal à comprendre l’accent du jeune homme. Tant mieux.

  • - Ah tu es chinois dit il, moi je suis musulman.
  • - Les chinois sont très amis des musulmans essaie Danny.

Peu de temps après, à l’occasion d’un arrêt, le jeune frère monte à son tour dans la voiture après avoir mis des sacs dans le coffre.

C’est Tamerlan qui est au volant désormais. Les deux frères sont déçus de n’avoir trouvé que 45 dollars en liquide dans le portefeuille de Danny, ils s’arrêtent devant un distributeur. Danny qui a donné son code, pense qu’il a peut-être une occasion de sauter de la voiture. Tamerlan le sent et lui conseille de rester tranquille.

Danny raconte au Boston Globe qu’à ce moment là, il a pensé très fort à cette fille rencontrée à New York. Elle lui plait bien mais il ne lui a pas vraiment dit.

Les deux frères parlent en Russe Danny cependant entend clairement « Manhattan ». Ils lui demandent d’ailleurs si sa voiture peut passer dans un autre Etat.

  • - Comment ça? demande Danny
  • - Par exemple New York.

Le trajet semble assez peu cohérent, et le cœur de Danny s’arrête quand son téléphone buzz : un texto. Son colocataire inquiet de savoir où il est.

Tamerlan a alors un reflexe incroyable, il demande à Danny de répondre mais en utilisant une application qui traduit l’anglais en chinois pour être sûr du message qu’il dicte : « je suis malade, je vais dormir chez un ami ».

Evidemment le colocataire qui trouve ça curieux appelle.

  • - Si tu parles chinois je te tue.

La voiture a besoin d’essence. C’est ce qui va sauver la vie de Danny. La station ne prend pas les cartes de crédit. Autre énorme coup de chance. Le jeune frère est obligé de descendre payer avec l’argent retiré quelques minutes plus tôt. Tamerlan a relâché son attention, il a mis son pistolet dans le vide poche pour régler le GPS.

Danny comprend que c’est maintenant ou jamais : dans la même seconde, il enlève sa ceinture, sort de la voiture et fonce de l’autre côté de la rue où se trouve une autre station service. De loin, il entend Tamerlan :

  • - FUCK!

La suite on la connaît ; la fuite, l’altercation avec la police, la mort de Tamerlan et les 22 heures à chercher Dzhokhar dans Boston en état de siège.

Danny raconte qu’après avoir appelé la police, il est resté par sécurité avec les forces de l’ordre jusqu’au lendemain 15h. Lorsque le cadet des Tsarnaev a été arrêté, le coloc de Danny l’a appelé mais le téléphone sonnait occupé.

Le jeune chinois était en train de parler à cette jeune fille de New York qui lui plait bien.

Have a nice day.

Si Jérôme Cahuzac était Amércain

En ville

Dans la tourmente de l’affaire Cahuzac, on entend des élus suggérer ou s’insurger d’une enquête préalable à laquelle devraient se soumettre tous les postulants à des postes gouvernementaux. Aux Etats-Unis cette enquête existe, il y a même un verbe pour ça : To Vet. Comme passer au crible.

Le « vetting process » est une épreuve que doivent accepter tous les ministres, ou proches collaborateurs du président des Etats-Unis. Les juges y sont soumis aussi, ceux des cours suprêmes ou de LA cour suprême ; les procureurs également. A des degrés divers.

Le processus est d’autant plus long et intrusif que la responsabilité est grande. Le plus fastidieux étant celui des hauts ministères (Secretary of State, Secrétaire à la défense, Secrétaire au trésor) et des candidats à la Vice présidence.

L’idée n’est pas seulement de ne s’entourer que de gens irréprochables. Le vetting doit aussi protéger le président contre toute mauvaise surprise.

Le Figaro rappelait récemment  que dans la précipitation, le « passage de crible » de Sarah Palin avait été bâclé. Et souvenez-vous combien les équipes de McCain avaient dû sortir les avirons lorsque la presse avait découvert (très vite !) que le l’histoire du fameux « bridge to nowhere » était beaucoup moins glorieuse que prévu ; quand il s’est avéré que Bristol Palin, âgée de 16 ans, attendant un enfant ; et on ne parle pas du niveau de culture générale de la postulante…

Tangi Quemener qui a plus de mémoire que moi, rappelait également hier dans une dépêche AFP qu’Obama avait essuyé le premier échec de sa toute jeune présidence lorsqu’il prévoyait de prendre pour ministre de la santé Ton Daschle. Il a très vite été découvert que l’ancien sénateur avait triché sur ses impôts, et sa candidature à été retirée dès le 3 février. « I screwed up » avait dit Obama. « J’ai merdé ». Pendant ce temps, Timothy Geithner aux finances se pressait de payer ses taxes en retard.

Accepter une haute fonction aux Etats-Unis, c’est accepter de se mettre à poil.

Les questions vont toutes bien au-delà du respect de la vie privée. Elles sont posées par les propres équipes du président. Pour travailler pour Obama en 2008, (clic) le questionnaire incluait 63 questions ou requêtes autant professionnelles que personnelles.  

Les revenus, les impôts, les fonctions occupées depuis la sortie de la fac c’est une chose. Mais également : Est-ce que vous avez pris de la drogue ? La date de votre premier pétard ? Où ça ? Avec qui ? Avez-vous déjà été voir un psy ? Pourquoi ? Combien de temps ? Votre femme (ou votre mari), ses amis, son travail, ses relations, les vôtres, vos enfants; Est-ce que vous avez déjà tenu un journal ? Qu’est ce qu’on y trouve ?

La seule chose sur laquelle l’administration Obama acceptait de fermer les yeux en 2008, ce sont les PV de moins de 50 dollars. Sinon, les postulants ont dû soumettre le contenu de leurs pages facebook, tous les pseudos jamais utilisés, le statut légal ou pas de leur femme de ménage. A dévoiler aussi tous les CV envoyés pour un job les 10 dernières années.

La question 63, la toute dernière, sonnait à l’époque (je ne sais pas si la liste a changé) comme un dernier avertissement et une ultime chance de déballer ce qui aurait pu ne pas l’être : « S’il vous plait, fournissez toute information y compris concernant un membre de votre famille qui pourrait suggérer un conflit d’intérêt ou serait une possible source de gêne pour vous, votre famille ou le futur président ».

C’est loin d’être fini.

Une fois ce questionnaire rempli, plus ou moins épais en fonction des administrations, reste à passer 2 voire 3 épreuves supplémentaires pour les gros postes gouvernementaux. L’enquête du FBI. Et celle de l’Office of Government Ethic. Si vous avez cru pouvoir cacher quelque chose dans le questionnaire de départ. Mauvaise pioche.

Vient ensuite (et enfin !) le passage devant une commission du sénat, sous serment, et on sait l’importance du parjure aux Etats-Unis.  Il va sans dire que pour ceux qui sont arrivés à ce stade, la commission sénatoriale elle-même a déjà envoyé ses limiers enquêter sur les déclarations passées, les boulots passés, les prises de position passées, y compris quand les “pressentis” avaient encore de l’acné. Ce dernier passage est avant tout politique. On l’a bien vu quand Obama a préféré ne pas tenter le diable lorsqu’il voulait remplacer Hillary Clinton par Susan Rice.

Dans un épisode récent d’une de ces séries télévisées politico-judicaires qu’Hollywood sait si bien faire, (j’ai oublié laquelle), un personnage envisagé pour un poste à la cour Suprême engage un enquêteur pour aller fouiller sa propre vie afin de déterrer les choses auxquelles il (elle) n’aurait pas pensé ! La réalité ne doit pas être bien éloignée de cette fiction.

Si l’on ajoute à tout cela le travail de la presse, en général les problèmes qui émergent une fois les gens en place sont liés à des affaires de fesses, rarement des affaires d’Etat.

Le processus est incroyablement rébarbatif, à nos yeux probablement très limite voire liberticide ; les Américains y voient la transparence de leur démocratie.  

Obama a placé très haut la barre du « vetting », parce qu’il tenait en arrivant à « changer Washington ». Une sorte de « république exemplaire »…

Imaginez un instant Jérôme Cahuzac devant les 63 questions de départ. Les revenus de sa clinique passés au crible, le contenu de ses déclarations d’impôt épluchés sur les 10 dernières années, son divorce douloureux et ses partenaires de boxe auraient allumé plus d’un gyrophare; et probablement tracé une flèche jusqu’à la Suisse.  

Have a nice day.

Dans l’avion avec ses bottes et son couteau

En ville

A l’heure ou les files d’attente s’allongent aux aéroports pour cause de crise d’austérité, TSA, l’agence de sécurité chargée de vous fouiller avant l’avion, a décidé de se concentrer sur l’essentiel : les explosifs. La liste des objets interdits change à partir du 25 avril prochain.

C’est presque une révolution. Depuis le 11 septembre et au fil des tentatives heureusement ratées de faire sauter des appareils en vol, les interdits avaient pris d’énormes proportions, sans toutefois provoquer la colère des passagers.

Nous nous sommes tous gentiment habitués à laisser nos objets métalliques, puis nos ceintures, puis nos chaussures sur le tapis roulant. Nous avons pris le pli (et les vendeurs de parapharmacie aussi d’ailleurs); nous savons remplir sagement des petites bouteilles de parfum, acheter des tous petits tubes de dentifrice, sacrifier la crème solaire faute d’avoir pensé à la mettre en soute, et regarder partir une pince à épiler pour la 12eme fois.

Ne vous réjouissez pas trop vite, votre dentifrice est toujours une menace pour la sécurité nationale.

En revanche désormais vous pouvez passer tranquillement avec … un couteau. Les canifs dont la lame est inférieure à 6cm et large d’1 cm seulement peuvent rester avec vous.

La nouvelle liste interdit toujours les cutters, mais ne dit rien sur les rasoirs. On a un peu de mal  à comprendre pourquoi une lame resterait prohibée quand un canif n’est plus considéré comme dangereux, mais c’est ainsi.

Et toujours pas de nouvelles de ma pince à épiler.

Ca n’est pas fini. Vous aurez aussi le droit dès le mois prochain d’avoir en cabine

-         une queue de billard,

-         des bâtons de ski,

-         une crosse de Hockey

-         deux clubs de golf. (Pourquoi deux ? mystère).

-         Pour les fans de baseball, la batte est désormais admise, même si elle est rigide, mais elle ne doit pas dépasser les 60cm. (Il va falloir m’expliquer aussi pourquoi la batte doit être petite, donc facile à planquer sous une manche, quand la queue de billard peut mesurer plus d’1m20).

TSA n’a pas vraiment expliqué les raisons de ces choix (clic) ; l’agence s’est contentée d’expliquer qu’elle s’alignait plus franchement sur les normes de l’Organisation Internationale de l’Aviation Civile. La logique de l’affaire a échappé à beaucoup de monde. Les victimes du 11 septembre ont protesté, ainsi que le puissant syndicat du personnel navigant qui comprend près de 90 000 membres.

Il est vrai qu’après le 11 septembre qui reste un exemple à part, personne n’a jamais tenté de s’approcher des instruments en tuant le pesonnel de bord. La cabine de pilotage est d’ailleurs beaucoup plus difficile d’accès aujourd’hui. A chaque fois, depuis, ce sont des explosifs qui ont posé problème. Dans les chaussures ou sous forme liquide.

On peut facilement imaginer aussi qu’un type qui essaye de prendre le contrôle d’un avion avec une queue de billard sera vite repéré. Et peut-être même assommé tout net par un joueur de Hockey…

Have a nice day

Chasse à l’homme contre Obama

En ville

La schizophrénie n’a pas commencé tout de suite…

En début d’après midi, cette traque interminable du tueur de Californie qui enfin semblait évoluer, c’était plutôt du pain bénit pour les télévisions: l’occasion de trancher un peu avec la couverture austère du discours sur l’Etat de l’Union.

Il est midi sur la côte Ouest, il 15h à Washington ; les premiers bandeaux apparaissent au bas des écrans… « Christopher Dorner a été aperçu. Il a volé une voiture ». Pas de quoi s’affoler. L’Etat de l’Union à cette heure-ci est encore un événement de politique majeur et Wolf Blitzer, le barbu infatigable de CNN annonce toujours son émission spéciale pour 19h. On a bien le temps d’aller chercher l’envoyé spécial de Big Bear Californie, qui ne sait pas grand-chose mais le dit avec beaucoup de talent.

Une heure plus tard. C’est plus pareil. Le fugitif est réfugié dans un chalet, les écoles sont évacuées,  les routes bloquées, les policiers muets mais l’un d’eux a été tué vient-on d’apprendre. Houla ! On verra plus tard comment se porte l’Union Américaine.

CNN peut se multiplier en 8, pas nous. Dans les medias français où l’on est le plus souvent une équipe entière à nous tous seuls, il va falloir faire un choix ; l’Etat de l’Union ce n’est pas le genre de discours auquel on arrive en retard et mal coiffée. Moi en radio, ça n’est un peu égal. Aller au congrès me ferait rater la matinale, donc je reste chez moi. Mais au milieu des tweets informés/amusés/erronés/sérieux/festifs, commencent à poindre aussi de petites inquiétudes en 140 caractères.

 © fs

© fs

Cette fois toutes les télés Américaines sont en « breaking news » intégral. Les émissions spéciales « Etat de l’Union » sont annulées, et aussi les pubs ! Pas question de rater l’assaut pour une marque de lessive. Il est 16h, puis 17h, et 18h, plus une image du congrès mais un  plan vaguement fixe sur ce chalet et interdiction de filmer les routes ou voitures de police, au cas où le tueur regarderait la télévision.

J’avoue que moi aussi je commence à trouver le temps long.

  © fs

© fs

Les journalistes politiques Américains qui pensaient qu’on finirait par revenir vers eux, se mettent à twitter leurs reportages au lieu de les jeter.

  © fs

© fs

Il est encore moins question d’aller au congrès maintenant que le chalet est en feu. Il est 20h. Même les extraits du discours d’Obama qui commencent à arriver par mail n’intéressent personne. CNN coupe son écran en 2 et finira par passer définitivement sur le congrès à 10 minutes des premiers mots d’Obama, tout en renvoyant les téléspectateurs vers la chaine HLN, la petite sœur un peu trash. Ca tombe presque bien.  

C’est pendant le discours, et par tweeter qu’on a appris la mort du tueur. CNN a du coup brutalement zappé les commentaires politiques dès la fin du discours en revenant en Californie alors que les congressistes étaient encore en train d’applaudir. C’était juste avant que la police ne vienne devant les caméras pour dire que l’homme n’était pas forcément mort. Hein ?? Ca veut dire qu’on recommence aujourd’hui ?? Et est-ce qu’Obama va devoir aussi refaire un discours ??

J’ai quand même la vague intuition que mon salaire est sauf ;)

Have a nice day

Les meilleures Pubs du Superbowl

En ville

Ca n’est pas faire injure au foot Américain que de souligner combien un match peut être … long !  Superbowl ou pas.  -C’est d’ailleurs un point commun essentiel avec le baseball- La finalité est de voir gagner son équipe bien sur, mais si nous, en Europe, savons ingurgiter une bière ou dix entre les phases de jeu, aux Etats-Unis, le match s’arrête assez longtemps et assez régulièrement pour des popcorns, un coca, des chips, un hotdog, un coca, un cheeseburger, des frites, un coca, un hamburger, des frites, des chips, un coca, un hotdog.

En fait le chrono s’arrête dès que les joueurs sont par terre.

Et c’est là que ça devient intéressant. Comme vous le savez, le SuperBowl, dans le Superbowl, c’est de savourer les pubs, qui coûtent autour de 3,8 millions de dollars les 30 secondes pour une audience de plus de 110 millions d’Américains. L’idée est de maintenir tout le monde captif, y compris pendant que chaque joueur prend le temps de numéroter ses abatis avant de repartir à l’assaut de l’équipe adverse.

Chaque année, en temps réel, USA Today fait voter les milliers de téléspectateurs qui ne regardent le Superbowl que pour les pubs et profitent du match pour aller se refaire un sandwich.

Le top 3 est très décevant. Les Américains ont placé en tête le spot très larmoyant de la pire bière du pays, parce que le cheval est « vraiment trop mignon ». “OMG what an adorable baby horse“, a immédiatement tweeté le Huff post:

En 2eme position, Chysler’s RAM, là aussi dans la pure tradition Américaine. Magnifiques images. « Dieu a crée les fermiers »… bon…

En 3eme, enfin une pub un peu drôle. Pour des Chips.

La pub diffusée pour la même marque un peu plus tôt était à mon avis mieux encore. (Le cri de la chévre qui découvre qu’il n’y a plus de chips !)

Les Américains enfin ont détesté le coup le plus spectaculaire : La scène que vous allez voir a été refaite… 62 fois ! Le jeune acteur était très content, le public a jugé le tout “gross”, dont la traduction va grosso-modo de vulgaire à dégueulasse. Le buzz est énorme, et c’était bien le but. Maintenant, il y a fort à parier que cette pub ne sera pas diffusée dans les émissions de prime time !

 

Pour le reste, les journaux de demain n’ont pas fini de se demander comment l’électricité du Superdome de la Nouvelle Orléans a pu sauter pendant 34 longues minutes. L’explication est peut être à trouver dans la performance de Beyoncé, juste avant. Elle a dû à elle seule rafler toutes les ampoules de rechange.

Mention spéciale pendant la coupure de courant à des gateaux que vous allez reconnaitre tout de suite, ou comment réagir à la seconde: cette image a fait le tour des reseaux sociaux 10 minutes à peine après l’incident technique

 © oreo

© oreo

Sinon, ah oui au fait ! les Ravens de Baltimore ont gagné devant les 49ers de San Francisco. 34/31.

Have a nice day

Private Joke pour Radioteurs

En passant...

Cher Monsieur Kudelski,

Quelques journaux ont annoncé votre mort. Puisque ce blog est un peu en jachère, il ne m’en voudra pas de faire un détour par la Suisse pour vous rendre hommage - Et exclure au passage sans doute les 4/5eme des lecteurs qui ne sont ni journalistes, ni « radioteurs »- Votre nom en effet n’évoque rien au grand public. Mais les preneurs de son dont vous avez changé le métier savent que vous êtes en bonne place sur le « hall of fame » d’Hollywood à côté de Louis Lumière, de Thomas Edison et d’autres ; Nous aussi les journalistes radio savons exactement qui vous êtes : Vous avez inventé le NAGRA, cet outil d’enregistrement qui a changé notre travail en nous rendant mobiles et donc réactifs.

NAGRA pour nous c’est comme Frigidaire ou Kleenex. Une marque devenue objet.

Mon ostéo tient aussi à vous saluer. C’est grâce à vous qu’aujourd’hui encore il corrige régulièrement cette courbature qui me fait pencher à gauche, vu que je dégaine du micro de la main droite. Désormais, les mini-NAGRA sont à notre travail ce que la direction assistée est au créneau entre deux voitures mal garées ; cependant au fond, tous ceux qui ont appris à travailler avec votre invention en bandoulière, ont la nostalgie de cette bonne vielle mécanique à bandes, lourde comme un âne mort mais aussi increvable qu’une vielle 504.  

 © fs

© fs

Les moins de 35 ans ne vont rien comprendre à ce qui suit. Ceux qui n’ont jamais vu de NAGRA peuvent aller faire un tour aussi. Mais toute une génération de journalistes radio, désormais souvent chauves, presbytes ou les deux, a 15 bonnes raisons de vous rendre hommage :

Merci, M.Kudelski

  • - Pour ces ciseaux hyper pointus qu’on pouvait garder dans l’avion et qui crevaient le porte-NAGRA plein cuir.
  • - Pour la bande son coupée avec les dents quand on avait laissé à la rédac ces fichus ciseaux
  • - Pour la «réglette», qui servait à caler la bande afin de coller les bouts de sons et qu’on oubliait 1 fois sur 2.
  • - Pour les placards entiers dans les couloirs de Radio-France qui ne contenaient QUE des kilomètres de bande BASF, et dont les derniers spécimens ont longtemps été enfermés dans le bureau de Bruxelles parce que Quentin Dickinson ne voulait pas entendre parler du numérique.
  • - Pour les plongées dans la poubelle quand on avait malencontreusement balancé un «et» de 2,5cm qu’il fallait impérativement retrouver
  • - Pour les morceaux de bande collés sur le pare-brise de la voiture de reportage quand on voulait monter un son en commençant par la fin de l’Interview.
  • - Pour la «galette» qu’on faisait avant le journal en mettant toutes les interviews bout-à-bout au risque de donner des résultats surprenants quand on montait tout à l’envers.
  • - Pour la «chandelle», quand le gars qui courait apporter la «galette» en studio la flanquait par terre et adieu le journal
  • - Pour l’autre «chandelle», quand le moteur droit du NAGRA partait en sucette et transformait le reportage en un chiffon de bande emmêlée qu’on mettait 4 heures à remettre en ordre
  • - Pour les enfilades de NAGRAS banane/banane quand on se branchait les uns sur les autres pendant les meetings politiques
  • - Pour les changements de bande tous les ¼ d’heure pendant les mêmes meetings, et la petite phrase importante qui tombait pile pendant le transfert.
  • - Pour les «pinces-croco» qu’on branchait sur les téléphones des gens après leur avoir tout démonté parce que le combiné sur le haut-parleur du NAGRA c’était le larsen assuré.
  • - Pour les «cols clau», ces gommettes en forme de col Claudine qu’on collait sur les «bobinos» pour les identifier et sur lesquels on pouvait tricher allégrement sur le temps de l’interview
  • - Pour la bande amorce bleue au début du son, et jaune à la fin lorsqu’on montait une interview, si bien qu’aujourd’hui encore on dit «un bleu / un jaune» quand l’interlocuteur parle comme un livre.
  • - Pour ce morceau de bois vertical qui servait à entreposer les «bobinos» avant la diffusion et faisait que même le plus coincé des journalistes disait «bite» au moins 8 fois par jour.

Merci, M.Kudelski, on a l’air de vieux cons, mais c’est bon comme un vieil enregistrement de l’ “Oreille en coin” ou  un Europe Midi d’André Arnaud chez nos amis d’en face ! 

Vous le voyez, j’ai gardé un NAGRA E que j’ai piqué à Radio-France quand vous avez inventé la version numérique de votre appareil. Je crois qu’il y a prescription. Si on me demande, je nierais tout et dirais qu’il est venu tout seul à la nage. J’aime à penser cependant que je l’ai sauvé d’une mort atroce dans l’antre de la Maison Ronde. La réglette pour votre info, c’était celle de Christophe Hondelatte. Modèle de luxe avec la petite mousse en dessous. Je crois qu’il me l’a donnée… J’ai un vieux doute, mais là dessus aussi il doit y avoir prescription. Depuis il est aussi chanteur. Je crois que la réglette n’y est pour rien. Ni vous non plus.

La biz

Have a nice day.

Apocalypse No

En ville

Plus que 15 jours !!!

La fin du monde c’est comme les cadeaux de noël. A chaque fois on jure de s’y prendre à l’avance, et puis on se retrouve la veille ou presque avec rien de prêt. Pas d’abri, pas de farine, pas d’AK-47.

Vous me direz, si c’est bien la fin du monde le 21 décembre prochain, on aura l’air fin avec nos sacs plastiques pour calfeutrer les fenêtres. Mais on n’est jamais trop prudents.

Seuls les mieux préparés d’entre nous pourront survivre à TEOTWAWKI (The End Of The World As We Know It ; La fin du monde tel qu’on le connaît). Certains ont été malins, ils n’ont pas attendu les Mayas pour comprendre qu’on allait tous mourir, en particulier, ici, aux Etats-Unis où (comment j’ai pu rater ça !), il existe une émission de téléréalité, diffusée sur National Geographic TV, qui met en scène les meilleurs « preppers » du pays. Ceux qui se préparent contre toutes les catastrophes répertoriées.

Vous serez contents d’apprendre qu’il suffit de craquer une allumette pour connaître le sens du vent et courir dans l’autre sens en cas d’attaque chimique ; vous ignoriez sans doute que seul un type du Nevada survivra à l’engloutissement du Groenland (!) grâce à son abri en matériel de récupération ; vous me remercierez quand vous saurez que si vous mettez dans 3 bidons de sable, de charbon et de gravier l’un sur l’autre, vous obtenez un filtre à eau appréciable qui vous empêchera de mourir déshydratés. En voici la preuve. (Et c’est pas la pire des vidéos)

Des sites de « preppers », il y en a des dizaines. Et les vidéos qui annoncent la fin du monde ont été vues dans le pays des millions de fois. Très sérieusement, l’approche de l’apocalypse est si bien documentée que les officiels du gouvernement Américain commencent à prendre peur. La NASA a ouvert une page spéciale pour expliquer que le 21 décembre prochain serait une journée comme les autres (ici), avec un question/réponse précis. « La terre se porte très bien depuis 4 milliards d’années, il n’y a aucune raison que ça change ».

Pour essayer de rassurer encore un peu plus, David Morisson qui est le « monsieur réponse à tout » de la NASA a posté une vidéo sur U-Tube

David Morisson n’a pas du tout envie de rire. Depuis 2008 (2008 !), il reçoit des dizaines de questions liées à la fin du monde. A l’approche du 21 décembre, les courriers se font plus angoissés et angoissants : il lit des emails ou des lettres de gens qui projettent de se suicider et sont inquiets de savoir quel est le meilleur moment. Même des enfants lui posent la question.

Le site USA.gov qui renvoie lui aussi à la NASA, a posté un message qui se veut rassurant :

 ”False rumors about the end of the world in 2012 have been commonplace on the Internet for some time. Many of these rumors involve the Mayan calendar ending in 2012 (it won’t), a comet causing catastrophic effects (definitely not), a hidden planet sneaking up and colliding with us (no and no)” .

Dans un pays qui reste créationniste à 46% il n’est pas sûr que l’âge réel de la terre soit l’argument le plus percutant. Ni d’ailleurs que les avertissements du gouvernement ne contribuent pas à conforter les conspirationnistes de tout poil.

Il existe donc aussi de nombreux sites qui visent à relaxer les angoissés de la fin du monde. Y compris une antenne de Wikipedia , WikiHow, qui vous conseille de penser à autre chose, de vous informer, ou d’aller voir un psy (!). Le site est d’ailleurs truffé de pubs embarquées sur les troubles de la personnalité (!!)

Je suis personnellement très fan du conseil n°6 : «Allez voir le film 2012 », et encore plus du conseil n°10 en image:

  © wikihow

© wikihow

«Comparez les symboles du calendrier Maya avec 2 Oréos, et imaginez que c’est le centième anniversaire des gâteaux ».

Enfin, bon… Moi je suis plutôt Figolu.

Have a nice day

Postpartum

En campagne

Ranger mon bureau

Jeter les fiches cartonnées de bachotage

Aller dîner dehors avec des amis

Aller chez Starbucks sans son ordi

Aller faire du ski à Salt Lake sans passer par la case Mormons

Lire un livre sans le truffer de Post-it

Aller voir le dernier James Bond

Rattraper les épisode ratés de Homeland

Rattraper les épisodes ratés de Dexter

S’offrir un marathon « law and order » sur TNT Network

Découper le bout de moquette qui a un trou de clope

Arrêter de se nourrir avec des Oréos

Se désabonner des listes de Todd Akin

« Défollower » Mitt Romney

Lire les mails en retard du “Tea Party” juste pour se marrer.

Lire d’abord les “comics” dans le Washington Post

Inventer des idées de reportage pour mes chefs pour aller dans les 3 états qui me manquent encore

Regarder un film à la télé en plein après-midi

Aller se faire papouiller chez le coiffeur

Remplir le frigo

Aller flamber à Las Vegas pour un week-end

Se faire inviter à une dinde de Thanksgiving

Faire réparer la moto avant de la coucher pour l’hiver

Trier et envoyer 3 mois de factures en retard

Acheter des moufles pour l’investiture

Dormir la nuit

Have a nice day

Le dernier “meetingometre”

En campagne

Au meetingometre du jour, le dernier de cette campagne, les deux candidats ont fini de ratisser large. Si hier encore ils visaient dans les 9 ou 10 swing-states, aujourd’hui ils se concentrent sur ceux qui peuvent les faire gagner.

Leur route du jour, c’est leur chemin vers la victoire. Ou pas.

Mitt Romney, qui sait que l’Ohio sera difficile à conquérir a impérativement besoin des 29 grands électeurs de Floride, il y commence sa journée. Il doit consolider sa petite avance en Virginie, c’est donc par là qu’il enchaine. Il passe forcément par l’Ohio quand même, et son tout dernier meeting, se sera pour ce petit état du New Hampshire, 4 grands électeurs seulement, mais qui à ce stade peuvent faire la différence. Le New Hampshire est voisin du Massachussetts. La moitié des gens fortunés de Boston font du ski là haut. Romney c’est le voisin qu’on aime bien. Les chances d’Obama sont minces.

Le président Américain pour ce dernier jour, c’est le middle Ouest qui l’accapare. Le  Wisconsin, l’Ohio et Iowa. Ce sont les 3 états qui donnent 277 grands électeurs à Obama. S’il les gagne, il peut tranquillement laisser tout le reste à Romney : la Floride, la Virginie, le Colorado et le New Hampshire.

Ca donne donc ceci : CLIC

Pour brouiller les pistes hier, Mitt Romney s’est retrouvé là où il n’avait jamais mis les pieds: en Pennsylvanie. Depuis longtemps, c’est un état sûr pour les démocrates. Cette année c’est semble-t-il un peu plus compliqué. Si les démocrates de Philadelphie ou de Pittsburg boudent les urnes, Romney a une ouverture. Il tente le coup. « Une manœuvre désespérée » a sèchement interprété David Axelrod, ce qui n’a pas empêché la campagne Obama d’envoyer dare-dare Bill Clinton faire son numéro de magicien. La Pennsylvanie, c’est 20 grands électeurs. Le moyen pour Romney de rafler l’élection sans l’Ohio.  

La Pennsylvanie qui entre sur la piste la dernière semaine. Le New Hampshire qui suscite toutes les convoitises quand il ne représente pas grand chose. Tout cela prouve avant tout que personne n’est vraiment certain de la combinaison idéale qui donnera la victoire à l’un ou à l’autre.

Quant à l’hypothése d’un recomptage des voix… Autant aller se coucher tout de suite pour gagner des heures de sommeil.

Have a nice day.