Bienvenue à New-York

Le blog de Fabienne Sintes


Le Discours du Caire

Obama saison 1

Décidément, la présidence d’Obama est marquée par ses discours. C’est son “Modus Operandi”, comme me l’a fait remarquer il y a quelques jours un responsable de “Think tank” sur le monde Arabe. Il y a eu le discours sur la torture et Guantanamo. Celui sur l’avortement à l”université Notre dame. Il y avait eu le “discours sur la race” déjà entré dans les livres d’histoire pendant la campagne. Voici maintenant le discours du Caire au cours duquel comme le remarque le “New York Time”, c’est bien Barack HUSSEIN Obama qui occupait l’estrade, offrant sa propre biographie pour porter ses mots.

N’étant pas au Caire et ne voulant pas prétendre rajouter mon analyse à celle des autres, je vous propose l’intégralité de ce Discours

Les 5 premières minutes “de visu”… SI vous avez du courage, le reste est ici.

Have a nice day

Pendant que le Patron est en goguette

Obama saison 1

Puisque Barack Obama entame une longue semaine de tournée internationale avec le patron à ses basques, je vous propose aujourd’hui de profiter tout simplement du jeune Barry Obama, tout juste arrivé d’Hawaï pour sa première année à la fac à Los Angeles.

 © Lisa Jack

© Lisa Jack

Nous sommes en 1980, Lisa Jack, étudiante en photographie, cherche un modèle pour un travail en noir et blanc. Obama pose dans le petit appartement de la photographe. Les photos vont rester au fond d’un placard pendant 28 ans. Lisa Jack les a retrouvées pendant la campagne. Elle n’a pas voulu les exploiter alors. Elle le fait aujourd’hui dans une exposition à Los Angeles appelée Barack Obama: The freshman.

Toute l’histoire est racontée icidans le LA Times. Vous y lirez que les photos tirées à 230 exemplaires valent entre 1000 et 4500 dollars (!!).

Lisa Jack n’est pas devenue photographe. Elle a abandonné en route et se retrouve maintenant comme elle le dit elle même, la “Susan Boyle du monde de la photo”

Mind the pressure babe…

Have a nice day

Les bras m’en tombent

En ville

Désolée encore une fois de vous abandonner souvent en ce moment, j’ai passé ces derniers jours à courir des sujets “magazine” dont je vous parlerai très vite…

En attendant, de retour d’un rapide aller-retour à Washington je zappe sur les chaînes d’info et je tombe là dessus .

Si vous comprenez l’anglais, allez-y avant toute chose. Mais accrochez vous. Nous sommes dans le O’Reilly factor. Je ne vous présente pas le bonhomme, c’est l’un des présentateurs télé les plus populaires des Etats Unis. C’est aussi le plus ouvertement anti-liberal au sens américain du terme. Nous sommes vous l’avez compris sur FoxNews.

O’Reilly revient sur le meurtre du docteur Tiller. Ce praticien du Kansas tué par un activiste anti avortement. Georges Tiller pratiquait LEGALEMENT (cela va sans dire), des avortements tardifs. Parfois jusqu’à 21 semaines. Ces avortements représentent autour de 1% des avortements réalisés aux Etats-Unis chaque année. les médecins qui acceptent cette procédure sont TRES rares. La presse Américaine parle de 3 cliniques et pas plus.  Georges Tiller avait déjà échappé à une tentative de meurtre en 1993.

Il se défend O’Reilly, d’avoir encouragé ce meurtre avec des propos répétés contre le Docteur Tiller “tueur de bébés”.

Pour les non anglophones, laissez moi traduire quelques passages: ” Les Américains qui “pensent droit” (en gros) doivent condamner le meurtre de Georges Tiller, même s’il a interrompu des milliers de grossesses. Des milliers“.

O’Reilly (qui n’est pas médecin), explique ensuite que la plupart des avortements tardifs sont parfaitement hors de propos, il s’attaque ensuite à ses détracteurs avec cette phrase: ” Si ces gens étaient siiii compassionnels, tellement compassionnels, peut être qu’ils auraient écrit au moins 1 ligne sur les 60 000 foetus qui ne deviendront jamais des citoyens Américains“.

Sur la responsabilité ou pas du porte-voix le plus écouté des Etats Unis dans l’acte d’un extrémiste de surcroit déséquilibré, je vous laisse ce papier du New-York Times. Le plus interessant, dans cette société Américaine, c’est le retour de l’avortement à la UNE de l’actualité depuis quelques semaines. Le sujet largement rebattu pendant les campagnes de 2000 et 2004 avait pratiquement disparu des élections de 2008. Il revient aujourd’hui en force et divise une fois de plus les Américains. Selon un sondage Gallup, pour la première fois depuis 1995, ils sont 51% à se définir “pro life”.

Have a nice day.

Rouleaux de printemps

Obama saison 1

“Dis donc, ton blog, tu t’en fais des rouleaux de printemps ?”

Préservez-moi de mes amis !  ;-) J’ai trouvé la petite remarque du haut sur ma boite mail en rentrant de vacances… Enfin… Quelques jours après avoir atterri. Merci Lucas.

Je plaide coupable.

Il m’a fallu la semaine pour arrêter de prétendre que je vais au moins parcourir les 15 New York Times accumulés sur mon palier et décider de tout envoyer au recyclage; la semaine pour faire semblant de remonter les 1132 mails (!!) en souffrance et tout flanquer dans la “trash box” avec une pointe de culpabilité. (A ce sujet, si la “white house press office” lit ce blog (!!!) je me permets de signaler qu’un mail pour prévenir de chaque mouvement de cil du président devient un poil contre productif); la semaine aussi pour me retaper de 15 jours de vacances aux cours desquels j’ai dignement fêté mon passage à la dizaine supérieure. Voila comme ça vous savez tout.

Désormais je suis tellement tout à fait revenue, que je cherche à savoir où je vais bien pouvoir passer mon mois de juillet !!!!

(Avec ça, on va savoir très vite si mes chefs lisent ce blog).

Bref, entre le rendez vous d’Obama avec Nétanyahu et le discours sur Guantanamo; entre des pieds nickelés qui cherchent à faire sauter New York en achetant des armes au FBI et les nouvelles normes de voitures vertes, je suis à la recherche d’un coin des Etats Unis où je jouerai à “Easy Rider” une fois encore.

(Tout ça pour montrer que je n’ai pas totalement perdu le fil)

Mon choix s’est arrêté sur le parc de Yellowstone par le chemin des écoliers. Commencer le plus bas possible en remontant le Colorado par les Rocheuses; ou partir du Montana vers le Sud avant de toucher le Wyoming et changer de chaussures pour partir à la recherche des bisons.  Si je compte bien, dans un sens ou dans l’autre, ça fait 2 grands parcs nationaux à traverser. A moto ou à pied. Et donc 2 occasions de se retrouver face à face avec un imbécile armé.

Parce que du haut de mon nuage et de mon atterrissage difficile post-vacances, l’info que je retiens ces derniers jours c’est celle ci: On pourra bientôt porter des armées, chargées et cachées dans les parcs nationaux Américains. L’amendement a été glissé dans un texte sur la protection des détenteurs de cartes de crédit.

Sacrés Démocrates ! La chambre des représentants a voté à 279 voix contre 147. ça fait 35 démocrates qui se sont ralliés aux républicains. N’oubliez pas que les représentants à la chambre changent tous les 2 ans. Et les prochaines élections arrivent très vite. Changer, d’accord, mais faut pas pousser quand même…

Les élections à mi mandat, ne s’annoncent pas seulement à coups de pistolet dans les parcs, il ne vous a pas échappé que la semaine dernière, le vieux Dick Cheney avait repris du service après le vote catastrophique sur Guantanamo. La veille d’une attaque terroriste ratée à New-York, (ah les hasards de calendrier…)  il a réussi à ranimer les vieux démons en promettant que les détenus de Gitmo allaient déferler dans les campagnes Américaines.

Et pourquoi pas dans les parcs nationaux tant qu’on y est.

Alertez les bisons. Et donnez leur des gilets pare balles.

Have a nice day.

Arrêtez d’affoler ma mère !!

En ville

Mais qu’est ce qui se passe de votre côté de l’atlantique ??

J’ai reçu des dizaines de messages sur ma boite mail ou sur “facebook” de mes amis inquiets de savoir si j’étais à l’agonie; ma mère m’appelle presque paniquée; mes rédactions qui viennent d’envoyer quelqu’un pour me relever ont d’abord passé des coups de fil dans tous les sens pour assurer sa sécurité. Je n’ai rien contre le principe de précaution, et je trouve tout cela charmant et touchant. Tout de même. Je viens de réaliser la hauteur du niveau  d’angoisse en France. Il n’a rien à voir avec ce que je vis ici à Mexico. Visiblement, chez vous, on attend l’arrivée de la maladie comme celle d’un ouragan. On se prépare à se calfeutrer. Et à relever des morts.

L’image de l’avis de tempête n’est probablement pas si mauvaise. Je ne minimise pas le fait qu’une grippe inconnue et dangereuse traverse le monde en partant du Mexique. Je ne dis surtout pas qu’il ne faut pas se préparer et se protéger. Je trouve juste disons interessant, de constater que plus les pays ont les moyens de lutter contre ce genre de fléaut, plus les populations paniquent.

Ici à Mexico, la vraie panique est de savoir comment survivre si l’on ferme toutes les entreprises. Ca aide à ne pas être mort de peur dès que l’on croise quelqu’un dans la rue, y compris s’il tousse.

Je fais des sujets tous les jours; j’ai porté le même masque pendant 3 jours et le second pendant 2; on ne trouve plus de désinfectant pour les mains dans les pharmacies depuis bien longtemps. Ni d’alcool. J’ai pris le métro; je soulève mon masque quand il fait trop chaud ou pour boire un coup et fumer une cigarette; j’ai serré des mains. Suis je pestiférée ? La  maladie est dans l’air, certes. Les gens se protègent plus ou moins mal, certes. Il y a un risque potentiel, certes. Et j’espére bien répondre à un tas de questions voire faire des tests à mon passage de la frontière. Mais quand bien même j’aurais attrapé le virus (allez savoir !), même ici, à Mexico, on sait que, maintenant que l’identification est claire, on ne risque pas de tomber d’une mort subite.

Je vous laisse juges au sujet du “les journalistes en font trop”; ou bien le “les journalistes nous mentent”. Même version avec “gouvernement” à la place de “journaliste”. Entre informer et inquiéter, la marge est très mince. De mon côté, une fois rentrée à New-York, puis en France dans la foulée, j’irai par sécurité faire un tour chez le médecin. Ca rassurera tout le monde. Moi y compris.

Parce qu’évidement, j’éternue donc je somatise. A moins que ce soit l’inverse.

Et au pire si on me garde à la frontière… ça fera un sujet !

Buen dìa 

Eternuer à Mexico

En ville

Il ne fait pas bon éternuer à Mexico. Je l’ai constaté cet après-midi. C’est peut-être moi qui devient parano, mais n’étant pas, fausse modestie mise à part, du genre à faire se retourner sur moi les gens dans la rue, j’en ai déduit que c’était plutôt mon éternuement qui avait attiré sur moi l’attention de ces 2 Mexicains… En tout cas, aucun risque que ce soit mon sex appeal du moment

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J’ai poursuivi mon chemin bien entendu, et eux aussi. Les Mexicains ne sont pas du genre à paniquer. Ils ont bien du mérite. On leur a d’abord enlevé leurs 2 piliers: Dieu et le Football, en fermant les stades et les églises. Ils ont perdu ensuite juste après leurs écoles et leurs universités; leurs parcs, leurs zoos, leurs musées, leurs piscines. Depuis hier, plus de restaurants, plus de bars, plus de salles de billards. Je ne dit pas que ce n’est pas bien. Juste que nous paniquerions sûrement pour bien moins que ça.

Ici on n’est pas forcément zen; les rues sont presque vides si l’on compare avec les jours normaux, preuve que tous ceux qui le peuvent restent chez eux; On fait des stocks de nourriture dans les supermarchés qui seront peut être les prochains à fermer; On suit les consignes de sécurité en se lavant les mains 28 fois par jour; Tous les jours une nouvelle rumeur annonce la fermeture des frontières. Mais c’est aussi avec un fatalisme tout Mexicain, que les masques, (que l’on ne trouve pas encore partout), commencent à faire totalement partie du paysage dans tous les compartiments de la vie quotidienne.

(avec mes excuses pour la qualité des photos. Ca doit être l’appareil..;))

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Ce qui rend les Mexicains nettement moins sereins, c’est le nouveau nom de cette nouvelle grippe maintenant qu’elle a semé ses microbes partout dans le monde: La grippe Mexicaine.

Au moins avec ça, on sent bien qui est responsable et coupable.

Vous me direz, on dit bien “La crise économique Américaine” pour parler de la crise mondiale. C’est parce qu’il n’y a aucun doute sur le foyer. Et bien les Mexicains désormais sont contents d’avoir les 2 à grande échelle: La crise financière et la crise sanitaire. Ca doit être un nouveau type d’import/export.

Buen dìa

Qui discrimine qui ?

En ville

L’histoire du jour n’a guère fait la une des journaux, je la soumets à votre réflexion. C’est un cas examiné aujourd’hui par la cour suprême des Etats-Unis.

Nous sommes en 2003 dans le département des pompiers de New Haven, dans le Connecticut. Il y a 15 promotions à distribuer. Et pour ça, comme ça se passe ici très fréquemment, les 118 pompiers sont soumis à des tests. Parmi eux, il y a 19 noirs, qui passent l’examen comme tout le monde. Au moment des résultats, 56 pompiers ont réussi le test. Mais parmi eux aucun noir. Donc aucune chance d’en trouver parmi les 15 promus. La ville et le département des pompiers sont bien embêtés. Ils craignent de se faire épingler pour discrimination raciale. Après moult débats on décide d’invalider tous les tests. Personne ne sera promû, et c’est bien mieux comme ça. Sauf que. Les 15 promus, tous blancs donc, (dont un hispanique), ont répondu “pardon, mais, le test, nous l’avons réussi !”

Une action en justice a été menée par l’un d’entre eux, qui est dyslexique et avait beaucoup travaillé pour obtenir cette promotion… le cas a été rejeté en première instance et en appel. Il existe aux états unis ce qu’on appelle le titre VII de la loi de 1964 sur les droits civiques qui interdit à un employeur d’embaucher, de licencier ou de promouvoir du personnel selon des critères raciaux. C’est le texte fondateur de la discrimination positive. Et a priori elle protège les minorités. C’est pour cela qu’elle a été crée…  

A la cours suprême les débats ont tourné autour de discrimination intentionnelle ou obligation envers les minorités ? Mais qui, au final, a été vraiment victime de discrimination dans cette affaire ? les sages ont plusieurs mois pour trancher. Ils vont devoir peser leur décision, parce que d’eux dépend tout bonnement le sort de l’ensemble des politiques de discrimination positive aux Etats-Unis.

J’attends d’ici votre intense cogitation !  Laissez moi alimenter votre tempête de cerveau avec 2 petites remarques:

- D’abord Barack Obama lui même, avait avancé pendant la campagne que la discrimination positive telle qu’elle est pratiquée dans ce pays méritait d’être réformée. Il suggérait d’aller vers une discrimination positive de CLASSE plus que de couleur. Il avait expliqué que ses filles par exemple, avaient nettement moins besoin d’un coup de pouce qu’un fils d’ouvrier du Michigan ou d’ailleurs. Fut-il blanc.

- Il est clair également que ça n’est pas parce qu’un président noir a été élu dans ce pays que le racisme et la discrimination sont devenus du jour au lendemain un lointain souvenir.

Have a nice day.

Les pieds dans le tapis.

Obama saison 1

Jusqu’où Obama est-il prêt à fouiller dans le passé de l’adminstration précédente ? Pas bien loin à vrai dire… Il se serait volontiers contenté d’une condamnation pour la forme de ce qu’il appelle “les erreurs”, avant de passer à autre chose.

C’est dans cet esprit qui a rendu public les “mémos de la CIA” la semaine dernière, alors qu’il était en voyage officiel au Mexique et à Tobago. Comme je courrais derrière le président de mon côté, je viens de jeter un oeil sur les extraits de ces mémos que je vous conseille d’aller regarder à votre tour. Ici par exemple, on vous explique entre autre comment la loi est adaptable au type d’interrogatoire voulu. Là, vous lirez avec intérêt comment jeter convenablement un individu sur un mur, tout en créant des types de sons diffférents pour l’affoler. Ici, pour les plus courageux, une vingtaine de pages du même genre avec mention spéciale au “Waterboarding” (la simulation de noyade) autour de la page 15.

Je ne vais pas ici jouer la facilité en envoyant quelques phrases cinglantes à l’adresse de l’adminsitration précédente. Autant que je sache, aucun pays, y compris le notre n’est blanc/blanc sur les affaires de tortures en temps de guerre.

Obama a promis que tout cela était fini. Dont acte.

Là où commence l’histoire de la balle dans le pied, c’est quand le président Américain s’imagine qu’une fois les mémos publiés, on pourra passer à autre chose. Contenter la gauche en gros, sans mettre le feu à Washington.

C’était sans compter 1/ sur les cris de ceux qui pensent qu’en révélant les méthodes Américaines, on met tout le pays en danger. 2/ surtout sur les associations de défense des droits de l’ homme qui font leur boulot en posant une question simple: Et maintenant ?

Il était clair que l’ ACLU (l’équivalent, de notre Ligue des Droits de l’ Homme) allait demander à aller bien plus loin en punissant les architectes de ces méthodes. Il était clair que la puissante organisation MoveOn allait demander à ce que l’on nomme un procureur spécial autour de ces questions. Allez faire un tour sur le site, une pétition est déjà lancée.

Hier, Obama a entr’ouvert une porte en suggérant que ceux qui ont couvert juridiquement les actes de tortures soient passibles de poursuites. Il l’a fait maladroitement, lors de la conférence de presse qui a suivi son entretien avec le roi Abdallah de Jordanie. Il vient d’ouvrir une boite de Pandore monumentale.

Pourquoi juger ceux qui ont trituré la loi et pas ceux qui ont demandé qu’on le fasse ? Pourquoi ne pas voir Dick Cheney ou Georges W Bush devant un tribunal ?

Je lui souhaite bien du plaisir pour tenter de revenir en arrière. Les journaux sont lancés (ici, le NYT tout neuf de ce matin), les associations en ordre de bataille.

On s’achemine, soit vers une reculade enrobée de commissions diverses et variées qui rendra les associations furieuses; soit vers des années de procédures pour tenter de voir Bush ou Cheney devant un tribunal. Allez savoir pourquoi, je parie sur la solution 1…

Je vous laisse méditer là dessus pendant que je vais me coucher, parce que la privation de sommeil pour moi, même en temps de paix, et avec ou sans couverture juridique, c’est une torture !

Have a nice day.

Obamaisme

Obama saison 1, 100 jours

Avant d’aller chercher le sommeil, je voudrais juste livrer à votre réflexion le moment le plus interessant à mon sens de la conférence de presse d’Obama, après le sommet des Amériques de Tobago.

Si vous avez suivi, vous savez que le président Américain a fait son numéro de charme désormais habituel aux dirigeants d’Amérique Latine. Comme en Europe 10 jours avant, il s’est présenté comme l’antithèse de Bush; il a calmement proné le dialogue et les relations de confiance.

Pour résumer le type d’approche de Barack Obama, quel que soit le pays qu’il a en face de lui, un journaliste de NBC lui a posé la question de la “doctrine Obama”. Et à mon sens, c’est la première fois que ce mot “doctrine” est employé. Je n’ai pas besoin de vous rappeler que la “doctrine Bush”, apparue en 2002, juste avant l’invasion d’Irak, était celle de la “guerre préventive”.

Je vous laisse lire la réponse d’Obama à cette question sur sa doctrine. Si vous n’avez pas le courage d’aller jusqu’au bout, ne vous tracassez pas, c’est la première phrase qui compte et même le premier mot: l’ Obamaïsme. Une sorte de nouvel art de la séduction…  Et ça aussi, c’est un mot inédit. C’est d’ailleurs Obama qui le prononce lui même…

Q What should — a lot of people are going to start trying to write about the “Obama doctrine.” What should be the — what are the pillars of that that you think people should be taking away — after observing you on the world stage the last three weeks, what are the pillars of the Obama doctrine?
THE PRESIDENT: Well, you know, I will leave it up to you, Chuck, to write the definitive statement on Obamaism. But there are a couple of principles that I’ve tried to apply across the board: Number one, that the United States remains the most powerful, wealthiest nation on Earth, but we’re only one nation, and that the problems that we confront, whether it’s drug cartels, climate change, terrorism, you name it, can’t be solved just by one country. And I think if you start with that approach, then you are inclined to listen and not just talk.
And so in all these meetings what I’ve said is, we have some very clear ideas in terms of where the international community should be moving; we have some very specific national interests, starting with safety and security that we have to attend to; but we recognize that other countries have good ideas, too, and we want to hear them. And the fact that a good idea comes from a small country like a Costa Rica should not somehow diminish the fact that it’s a good idea. I think people appreciate that. So that’s number one.
Number two, I think that — I feel very strongly that when we are at our best, the United States represents a set of universal values and ideals — the idea of democratic practices, the idea of freedom of speech and religion, the idea of a civil society where people are free to pursue their dreams and not be imposed upon constantly by their government. So we’ve got a set of ideas that I think have broad applicability. But what I also believe is that other countries have different cultures, different perspectives, and are coming out of different histories, and that we do our best to promote our ideals and our values by our example.
And so if we are practicing what we preach and if we occasionally confess to having strayed from our values and our ideals, that strengthens our hand; that allows us to speak with greater moral force and clarity around these issues.
And again, I think people around the world appreciate that we’re not suggesting we are holding ourselves to one set of standards and we’re going to hold you to another set of standards; that we’re not simply going to lecture you, but we’re rather going to show through how we operate the benefits of these values and ideals.
And the — as a consequence of listening, believing that there aren’t junior partners and senior partners in the international stage, I don’t think that we suddenly transform every foreign policy item that’s on the agenda. I know that in each of these meetings the question has been, well, did you get something specific? What happened here? What happened there?
Countries are going to have interests, and changes in foreign policy approaches by my administration aren’t suddenly going to make all those interests that may diverge from ours disappear. What it does mean, though, is, at the margins, they are more likely to want to cooperate than not cooperate. It means that where there is resistance to a particular set of policies that we’re pursuing, that resistance may turn out just to be based on old preconceptions or ideological dogmas that, when they’re cleared away, it turns out that we can actually solve a problem.
And so we’re still going to have very tough negotiations on a whole host of issues. In Europe, people believe in our plan for Afghanistan, but their politics are still such that it’s hard for leaders to want to send more troops into Afghanistan. That’s not going to change because I’m popular in Europe or leaders think that I’ve been respectful towards them. On the other hand, by having established those better relations, it means that among the population there’s more confidence that working with the United States is beneficial, and they are going to try to do more than they might otherwise have done.
And here in this hemisphere, I think as a consequence of a summit like this, it becomes much easier for our friends — countries like Mexico or Colombia, that are stalwart partners with us on issues like drug trafficking — it becomes much easier for them to work with us because their neighbors and their populations see us as a force for good or at least not a force for ill.

On en reparle très vite. Les 100 jours approchent.

Have a nice day.

Bulle à Tobago

100 jours

Une journée au Mexique. Et 3 jours à Tobago. Je vous entends d’ici dire “quand même, quelle chance !”. Certes. Loin de moi l’idée de me faire plaindre. Un petit coup de chaleur humide des Caraïbes, ça fait rebiquer les cheveux mais c’est toujours agréable…  Laissez moi quand même vous emmener une minute dans la bulle d’un voyage officiel avec la maison blanche.

D’abord, de Tobago (qui est dit-on très moche par rapport à sa soeur Trinidad), j’ai vu surtout ceci:

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Magnifique bosquet en face de la porte de mon hôtel.

Le sommet des Amériques se tenait juste en face. Il suffisait de traverser la rue. Sauf que comme c’est le cas à peu près à chaque fois dans ce genre de réunion, personne n’a le droit de sortir des clous en essayant de franchir une porte ou 2. Nous ne sommes pas là pour couvrir un sommet d’ailleurs, mais Obama au sommet, ce qui fait une sévère différence.

Notre quotidien DOIT donc être réduit à la salle de presse montée rien que pour nous. Il y a de quoi se nourrir à toute heure du jour et de la nuit. Et 2 briefings quotidiens des officiels de la Maison Blanche pour alimenter nos papiers.

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Mais comment savoir alors ce qui se passe à l’intérieur ? Qui a tapé dans le dos d’Obama ? Où est assis le président ? Est-ce qu’il a dit quelque chose en serrant la main de Chavez ? Pour ça il y a le “pool” . Des journalistes accrédités-Maison-Blanche comme on dit, qui à tour de rôle ont le droit d’approcher le saint des saints et envoient dans la foulée par mail, les faits et gestes du président à toute la troupe des sans-grade que nous sommes en très grande majorité. Le “pool” du jour peut être un gars du New York Times, d’AP ou de n’importe quel autre très gros média. A priori, il n’a pas le droit de garder la moindre info glanée pour lui même. Il doit partager tout ce qu’il voit et entend.

Pour vous donner une idée, voici le “pool report” de la première soirée, signé d’un journaliste du “Washington Post”.

A few things:

POTUS got big applause as he paraded in. Some people stood, some hooted in support. No one else got this reception.

During the wait before the singing of the T&T national anthem, POTUS walked over to Evo Morales and shook his hand, the only one he did that to. Morales was not in the Jade Room, where the heads of state gathered before the parade.

A senior administration official said Obama shook Chavez’s hand as the leaders were gathering to parade in. When POTUS arrived,  there were about 25 heads of government in the waiting area. In the ensuing 50 or so minutes, POTUS talked to many colleagues from the region. He was particularly interested in catching up with PM Harper of Canada, President Uribe of Colombia, and tlaked about economic crisis with Caribbean leaders.

As they were lining up in reverse alpahbetical order by last name, Chavez was first. At this point, Obama walked across the room and introduced himself to Chavez, they chatted for a short time, and returned to line. When he returned to line he talkedwith President Bachelet of Chile and with President Luis Inacio Lula da Silva. Then Ortega walked into the room, past POTUS, and he stopped to introduce himself to POTUS. POTUS said it was is “gusto” - ie, pleasure - to meet him.

Chaque détail compte, voici un autre extrait, cette fois au moment du dîner officiel du samedi soir. Le “pool report” du soir nous parle d’un président Américain en “mode boy-scout intégral” devant Michelle Bachelet.

Chivalry is not dead
 
This we can report after witnessing President Obama in full boy-scout mode, pulling out a chair for Chile’s Michelle Bachelet as they arrived for the dinner this evening. Mr. Obama carefully slid the chair toward the table with the Chilean leader in it. She wore a bright aqua suit and once they were seated they appeared deep in conversation.

Le seul moment, finalement, où nous nous sommes déplacés dans Tobago, c’était pour aller à la conférence de presse de cloture. Pas de journalistes Latino-Américains dans la salle. Seule la Bulle Accréditée pour le voyage a eu le droit de suivre. Obama, comme lors de ses conférences de presse à la maison blanche a une liste de journalistes sous la main, donc inutile d’essayer de lever la votre… Ceci dit, c’est pareil chez nous autant que je sache. Et a-priori, il ne semble pas que les questions aient été connues à l’avance. Mais je ne peux pas le jurer.

Ensuite, retour à l’hôtel pour laisser aux télévisions le temps de travailler. Aux télévisions seulement. C’est avec elles que l’équipe d’organisation de la Maison Blanche décide de l’heure à laquelle le charter-presidentiel va partir. Dès que les networks plient leurs affaires, tout le monde suit. J’ai envoyé mon dernier papier dans le bus qui nous emenait vers l’aéroport. Je ne suis pas la seule.

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Chercher une liaison Internet pendant qu’on roule, ça n’a pas l’air de trop tracasser mon confrère de Reuters. Moi ça m’aurait rendue dingue.

Ca doit être une question d’habitude. La Bulle rend zen.

Have a nice day.