007 au pas de la porte
Le port d’arme aux Etats-Unis dans notre jargon on appelle ça un « marronnier ». Le sujet qui revient tout le temps. La différence avec un marronnier classique cependant, c’est qu’on y a  droit en toutes saisons. Et que même si nous avons du mal à le comprendre vu d’Europe, nous parlons là d’une question entièrement mêlée à l’identité Américaine. La cour suprême depuis ce mardi se penche à nouveau sur la question. Nous aurons l’occasion d’y revenir plus à fond en juin quand elle aura pris sa décision, mais notez le sur vos tablettes, parce que le dossier est le plus sensible et le plus attendu de l’année.
Voici. Un habitant de Chicago, Otis Donald, veut pouvoir posséder une arme à feu pour se défendre dans son quartier. Or à Chicago, le port d’arme est intégralement prohibé.
Les réglementations varient d’un Etat à l’autre. Dans le Tennessee depuis quelques mois, on peut porter son arme dans les débits de boisson (!). En Arizona, le projet en discussion se demande s’il est vraiment indispensable d’avoir un permis pour porter une arme (!!) ailleurs encore on peut acheter désormais plus d’une arme par mois (et par personne). Depuis à peine plus d’un an vous pouvez être armé dans les parcs nationaux. Ou dans les trains.
Bref alors que ces dernières décennies certaines villes (comme Chicago) et certains états, ont essayé de limiter le port d’arme pour luter contre la criminalité, on cherche aujourd’hui à déréglementer. Ca n’est pas neuf. C’est cyclique.
Cette attitude n’est pas sans rapport avec l’élection de Barack Obama. Je me souviens d’un reportage fait en Virginie avant même l’investiture dans lequel il ne m’a pas été difficile de trouver des gens qui achetaient furieusement des armes de poing (30% d’augmentation à partir d’octobre 2008) de peur de les voir interdire.
Le président s’est cependant bien gardé de toucher au 2ème amendement. Y compris concernant les armes militaires.
L’action lancée par Otis McDonald pourrait avoir des conséquences énormes.
Il se base sur une discision de la cour suprême qui date de 2008. A l’époque c’est la ville de Washington qui avait saisi les 9 sages. Ils avaient répondu que « chaque citoyen Américain était autorisé à posséder une arme chez lui, pour son auto-défense ».
Washington, la capitale Américaine, n’étant pas un Etat en tant que tel et étant régie par les lois fédérales, la décision de la cour n’a pas passé les frontières du District of Columbia.
Or c’est exactement ce que demande Otis McDonald. Que ce qui est valable pour Washington le soit partout ailleurs. Le port d’arme serait alors étendu à tous les Etats sans exception. Et les interdictions par villes seraient désormais nulles et non avenues.
Sur les 9 juges de la cour suprême 4 sont vus comme des conservateurs. 4 sont considérés comme plus progressistes. Et 1 autre est entre les 2.
Have a nice day.














