L’Amérique par les chemins de traverse

Le blog de Fabienne Sintes


Bye Bye blues

En ville

Comment résister à vous faire partager les remarques et parfois les jubilations de la presse Américaine après les performances de l’équipe de France de football. Si vous lisez l’anglais, allez cliquer, ça ne manque pas de sel.

Le Wall Street Journal ne nous aime déjà pas beaucoup. Même Sarkozy est un dangereux gauchiste pour ce journal, alors imaginez ce qu’on prend (là) “D’ordinaire, une grève chez les Français, pas de quoi s’émouvoir” lit-on, “cette fois oui“. “Même les français haïssent les Français“ (clic) s’amuse le journal qui nous place champions dans la catégorie de “l’incompétence grossière“. Le New York Times s’amuse à rappeler que Domenech aime à sélectionner ses joueurs par leur signe astrologique (ici et là); quand au Time (l’hebdo), il nous résume assez bien le suicide collectif de cette équipe de France (clic) et se régale de la “tentative de purge McCathyist” pour aller chercher le “traître“.

Tout cela est en général très juste et très bien visé. Quand on pense que c’est la première fois que la presse Américaine s’intéresse de si près à la coupe du monde, il a fallu que ça tombe sur nos meilleurs moment…

M’en fiche, “Allez les bleus” ça marche toujours. L’équipe Américaine joue en bleu nuit. Et puisqu’il y a une justice quand l’équipe de France qui méritait si peu d’honneur est renvoyée à la maison, les Américains doivent se qualifier pour s’être fait voler un but la semaine dernière. ;)

Have a nice day.

Impayable Joe Barton

Barack Obama saison 2

  Le sénateur républicain Joe Barton est l’homme politique le plus loyal des Etats-Unis. Fort des 100 000 dollars qu’il a reçus de l’industrie pétrolière lors de sa dernière campagne ; et les précédentes probablement, il a ouvert les auditions du PDG de BP hier devant le sénat… en s’excusant !S’il voulait se faire remarquer d’entrée, c’est bien joué : Les auditions ont duré quasiment toute la journée et on ne parle que de ces 10 premières minutes.

Devant un Tony Hawyard qui essaie de garder un visage de marbre, Barton parle de sa honte, de la « tragédie de première ordre » qui a eu lieu à la maison blanche la veille quand la compagnie pétrolière a été obligée d’accepter d’ouvrir un fond de 20 milliards pour payer les indemnisations de la marée noire. Il parle d’ « extorsion ».

Au-delà de la sortie de Barton, dont vous avez bien noté qu’il parlait en son nom propre et prenait toutes les précautions du monde pour ne pas impliquer son parti, cette affaire montre combien les hommes politiques américains en général et les républicains en particulier sont gênés aux entournures. L’industrie pétrolière a été bonne pour eux toutes ces dernières années, ça n’est pas un secret. Barton est le plus culoté, il est d’ailleurs en partie revenu sur ces propos. Mais il n’est pas tout seul. Michelle Bachmann dans le Minnesota, qui est l’une des égéries du Tea Party, a parlé de « redistribution de richesses » (un gros mot comme chacun sait), et Tom Price en Géorgie a parlé de « politiques d’extorsion de style Chicago » (Chicago est aussi un gros mot).

(Clic pour les anglophones).

Si Obama avance en eaux troubles, sans mauvais jeux de mots, en essayant de faire de cette catastrophe le tremplin de sa politique énergétique dans un pays si attaché à son mode de vie, sa clim’ à 15° et sa voiture ; les Républicains tentent un terrain qui n’est pas moins glissant : Tout en reprochant à BP ses légèreté avec la sécurité, leur défense de l’industrie pétrolière est d’abord celle de la libre entreprise « no matter what ».

Après les banques, l’industrie automobile, les assurances, ce fond de 20 milliards géré par un tiers est un nouvel argument pour illustrer la mainmise du gouvernement sur les affaires privées. Un argument avancé par ceux là même qui ont tapé sur Obama ces 2 derniers mois parce qu’il n’était pas assez actif dans la lutte contre la marée noire. Mais un argument qui a de l’écho dans ce pays. Y compris en Louisiane.  

Have a nice day

Le mystère Alvin Greene

En ville

 Alvin Greene, un chômeur de 32 ans, ancien militaire, a remporté les primaires démocrates de Caroline du Sud. Une victoire écrasante à 60% des suffrages. Il est donc officiellement face au républicain Jim DeMint pour les sénatoriales de Novembre prochain.

Sauf qu’Alvin Greene n’a jamais fait campagne. Jamais prononcé un discours (et quand vous aurez vu la vidéo en dessous, vous comprendrez pourquoi), il n’a jamais collecté de fonds ; on cherche en vain le moindre site internet le concernant, il n’a ni ordinateur ni téléphone portable. Il vit chez ses parents et a 114 dollars sur son compte en banque, quand toute candidature coûte 10 400 dollars.

Pour arranger le CV du candidat mystère, on le retrouve en passe de comparaitre devant un juge pour avoir montré des photos pornos à une étudiante avant de lui faire des propositions que la loi et la morale réprouvent…

Comment cet homme s’est il retrouvé sur les bulletins de vote ? Avec le peu de mots qu’il a dans son vocabulaire, Greene explique qu’il a eu l’idée de se présenter en 2008 alors qu’il était en poste en Corée. Il a compris affirme t  il, « que le pays allait mal ». Jeanne d’Arc n’aurait pas dit mieux.

Les Démocrates s’étranglent de fureur, ils cherchent ce qui a bien pu « bugger » autant dans le système électoral. Les républicains se sont vite retrouvés soupçonnés d’avoir payé Green pour qu’il se présente et sabote les élections. Les primaires de Caroline du Sud étant « ouvertes », ils ont pu en masse aller voter pour un candidat de l’autre bord. L’hypothèse aurait un sens si la bataille de Novembre s’annonçait serrée. Or le candidat républicain a toujours été largement en tête des sondages. A quoi aurait servi la manÅ“uvre sinon à ridiculiser le parti adverse ? Le vieux Sud a certes parfois la tentation de ressortir de vielles effluves, mais qui est assez stupide pour revenir 2 fois sur les lieux de son crime ? En 1990, le parti républicain avait donné 900 dollars à un pêcheur noir pour qu’il se présente au poste de gouverneur adjoint et fasse peur aux électeurs blancs.

L’autre hypothèse est presque plus effrayante (et n’explique pas plus pourquoi le monsieur a décidé de se présenter): Greene était en tête de la liste alphabétique sur les bulletins de vote. Les électeurs n’y connaissant pas grand-chose et ignorant qui est qui auraient voté au pif pour le premier nom.

Voici un extrait de l’émission de Keith Olbermann sur MSNBC. Edifiante interview d’Alvin Green.

Les démocrates cherchent encore le moyen de faire annuler cette élection. Ils regardent du côté des machines à voter, ils cherchent à savoir comment un type qui risque 5 ans de prison a pu se retrouver sur les listes et d’où viennent les 10 400 dollars qu’il a déboursés quand il n’a pas même les moyens de s’offrir un avocat pour son affaire de photos pornos. Devant leur comité hier, ils ont demandé en vain un nouveau vote. Aucune preuve de fraude n’ayant été avérée la réponse a été logiquement non.

Pour l’heure, la démocratie a parlé.

Have a nice day 

Jour de foot

En passant...

Chers zamis supporters zaméricains,

Faut vraiment tout vous apprendre !! Vous faites semblant de ne pas savoir que ce sport que vous appelez « soccer » fait vibrer tout le reste de la planète, mais tous les 4 ans, vous vous souvenez que vous avez une équipe nationale. Certes, vous savez qu’elle ne joue pas encore tout à fait dans la cour des grands. Mais vous sentez qu’on y est y presque. Et toutes les occasions étant bonnes pour sortir votre drapeau, cette année, vous ne faites pas les choses à moitié.

Même ici à Washington, la ville bonnet de nuit, vous êtes à fond. Tous les bars ou presque, ont mis leurs écrans plats sur ESPN ou ABC pour que vous puissiez suivre les matchs. C’est la première fois que la couverture du « soccer » est aussi importante. Et sur Dupont Circle, qui est le centre de la capitale Américaine, un écran géant retransmet pour la première fois cette année, tous les matchs à partir de 7h du matin, décalage horaire oblige. Aujourd”hui vous étiez des centaines.

Ainsi, vous êtes capables de regarder au moins pour les grandes occasions, un sport que vous reconnaissez ne pas avoir inventé. Ainsi vous réalisez que ce que vous avez le culot d’appeler vos « world cups », en baseball comme en football Américain, ne concernent que vos voisins immédiats ou presque. Celle-ci de « world cup », est globale, un mot qui d’ordinaire vous laisse indifférent.

Ce n’est pas faute de jouer au foot dans la cour de récré ou plus loin. Vous êtes 6 millions à taper dans un ballon dans votre pays. Mais 6 millions qui en général ont moins de 15 ans. Dès que vous entrez au lycée, et encore plus à la fac, vous troquez vos crampons pour une batte ou une carapace à coller sous votre maillot.

Comme me le disait un de vos compatriotes pendant le match d’hier, « moi j’ai toujours joué au « soccer », et arrivé à l’université j’ai été recruté par le coach d’une équipe de football pour être « kicker ». Et j’ai dit oui, parce que c’est mieux pour draguer et qu’on peut se faire nettement plus d’argent ».

Allez, je vous charrie, parce que très franchement, vous voir cette après midi encourager votre équipe contre les Anglais avait quelque chose de charmant. Après le « noyau dur » des vrais supporters, qui savent vraiment de quoi ils parlent, vous étiez tous avec vos casquettes de Baseball. Et parfois des maillots des « Yankee » de New-York parce que leur couleur est la plus approchante du bleu nuit de vos footballeurs. L’important c’est que  vous ne rechignez jamais à encourager vos Américains où qu’ils soient avec la même ferveur ; Et peu importe si vous êtes un certain nombre à ne pas repérer un « Hors-jeu », y’a pas de honte ; moi-même qui suis pourtant dotée d’un frère et d’un père qui ont tout fait pour mon éducation, je demande à voir le ralenti.

Au moins, en étant si jeunes dans votre encouragement du foot, vous n’avez pas tous les travers que nous avons en Europe. Vous n’avez vu de « hooligans » qu’à la télévision ; vous ne cassez pas tout quand vous avez perdu ; et vous ne criez pas « enculé » (pardon my french) à chaque remise en jeu.

Au contraire, vous y allez comme une partie de campagne. Avec vos chaises pliantes. Et « votre manger » bien préparé dans la glacière. Faudrait pas se laisser mourir de faim. En plus vous m’engueulez personnes quand vous ne voyez plus l’écran. D’ailleurs c’est quoi le score ?

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En revanche, les nappes par terre, faudra essayer de ne pas les sortir la prochaine fois si vous voulez éviter qu’on marche sur vos salades de tomates.

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Pour le reste, surtout ne changez rien. Même pas les slogans qui ont déjà fait leurs preuves…

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Have a nice day.

 (Les sujets World Cup, côté pelouse et côté rue, sur France Info c’est ici. Et sur France Inter c’est là )

Bp se paye des mots

Barack Obama saison 2, En ville

 

Pendant qu’Obama s’apprête à botter des fesses, Bp qui espère ne pas avoir trop de mal à s’asseoir, achète des mots.

La compagnie pétrolière s’est offert “Oil spill”, “oil”, “gulf”, “gulf of mexico”, “deepwater Horizon” et quelques autres. Elle a fait ses courses dans tout le vocabulaire qui touche de près à la marée noire, sur les moteurs de recherche les plus utilisés: Google, Yahoo! et Bing.

Faites un essai, vous verrez à quoi ça sert: la page qui s’affiche est remplie évidemment d’articles de presse ou de photos sur la marée noire, mais le tout premier bandeau, tout en haut, le rectangle un peu jaune, est un lien sponsorisé vers le site web de Bp. La page consacrée aux efforts déployés pour stopper la catastrophe (clic)

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On a bien compris que l’idée était de se refaire une image. En plus du spot télé que vous avez déjà vu ici, et de la pleine page en dernière de couverture que je trouve tous les jours dans mon Washington-Post. Les publicités ont déjà coûté 50 millions de dollars. Ce qui a d’ailleurs beaucoup agacé le président Américain.

Je ne sais pas combien ça coûte un mot. Mais quand on a fini, est-ce qu’on peut le revendre sur ebay ?

Have a nice day

Qui est Helen Thomas ?

Barack Obama saison 2, En ville

C’est ce qui s’appelle sortir par la petite porte, et même se la prendre de plein fouet.

Helen Thomas, à la Maison Blanche, était un meuble depuis 1960. La seule à avoir une chaise à son nom (c’est dire !) dans la salle du briefing. La seule à avoir couvert les mandats de 10 présidents. De Kennedy à Obama. Elle avait une carte de presse depuis 1943. Elle avait travaillé pour l’agence UPI jusqu’en 2000, avant de signer des éditos pour “Hearst”. A 89 ans, elle ressemblait à une mamie qui pique quand on l’embrasse.  

 

L’année dernière Obama himself a fêté les 89 ans de la dame en plantant une bougie sur un cupcake. Les 2 ont d’ailleurs en commun d’être nés le même jour, à 41 ans près.

A Helen Thomas il était beaucoup pardonné. Le Président et son porte-parole Robert Gibbs savaient qu’ils allaient se prendre un scud à chaque fois qu’elle intervenait; c’était la tradition. Sur l’Afghanistan, sur la politique étrangère en général, régulièrement sur Israël en particulier. Et tout le monde souriait.

Depuis ce week-end, on ne pardonne plus à Helen Thomas. Elle a dépassé les limites supportables du 1er amendement en expliquant devant une caméra que les “juifs devaient foutre le camp de Palestine“.

Avec une preuve évidente de tact, Helen Thomas a lâché sa vision de la Paix au proche orient devant un micro tendu par le rabbin David Nesenoff, le jour de la “célébration de l’héritage juif”. Carton plein.

Ce matin, elle n’était pas au Briefing. Et avant la fin de la jounrée, alors que cette video a tourné tout le week end et qu’elle a fait les choux gras du site conservateur Drudge Report, Helen Thomas elle a annoncé sa démission et présenté ses excuses.

La presse présidentielle est un peu gênée aux entournures. Là. Elle condamne avec force évidemment les propos, mais avait jusque là toléré des questions parfois limites qui prennent aujourd’hui un autre sens. 

Si elle avait pris sa retraite à 60 ans, elle aurait fait la bise à Reagan le jour de son départ et on n’en aurait plus entendu parler. Au lieu de cela elle laisse en héritage une vidéo nauséabonde.

Et personne n’a encore osé occuper sa chaise.

Have a nice day.

Jour de sérénade

En passant...

56 secondes de douceur dans ce monde de brutes. (Inutile de vous infliger le reste de la video)

Le Beatle-en-chef Sir Paul McCartney a reçu des mains du Président Américain le prix Gershwin de la chanson pupulaire. Et a permis à Obama d’oublier le temps d’un concert privé qu’il avait les bottes pleines de pétrole.

Petite séance de “susurage” de mots doux dans l’oreille de la First Lady.

Si vous êtes curieux vous irez voir sur YouTube le final sur “Hey Jude”, mais les “na na na na na na na” sont nettement moins romantiques.

Have de nice day

I’m Tony Hayward and I’m sorry

Barack Obama saison 2, En ville

 © Charlie Riedel Ap

© Charlie Riedel Ap

Pour le 2eme jour consécutif, pleine page de Bp dans les quotidiens nationaux. La compagnie pétrolière essaie de soigner son image, et son patron, l’homme le plus détesté de la planète, essaie de faire oublier qu’il a commencé par dire que “Cette marée noire est bien petite face à l’immensité de l’Océan“; et “qu’il n’a qu’une envie, c’est retourner à sa vie d’avant“.

Le voici dans la Pub prévue pour les télés. Même texte que dans les journaux. Le paysage est nettement plus riant que l’image qui précède… Je me dois d’ajouter que j’ai eu le nez devant mon poste toute la journée, et que je n’ai vu le spot nulle part encore sur les chaînes d’info continue. Difficile d’imaginer en effet une pub pareille entre 2 images de Bayou souillé.

Il dit pardon le patron de Bp. Et s’il y a parmi vous des spécialistes en communication d’Entreprise, votre avis m’intéresse: Est-ce que ce genre de Pub est vraiment susceptible d’aider British Petroleum à refaire son image ? Les commentaires que l’on a entendus immédiatement aux Etats-Unis sont lapidaires: ils feraient mieux d’utiliser leur argent à indemniser les victimes.

Ce qui suit a probablement coûté nettement moins cher. Le Net se moque et parodie, ça fait partie de son rôle; Tant qu’il reste encore des plages dans le sud des Etats-Unis…

Have a nice day

Robin des bois et le Titanic au secours de Bp

Barack Obama saison 2, En ville

La semaine dernière on a appris que Kevin Costner était dans le golfe du Mexique pour présenter un projet mis au point avec son frère Dan, qui est scientifique. Ils ont inventé depuis le film “Waterworld”, un système qui filtre l’eau et le pétrole.

Aujourd’hui c’est James Cameron, qui s’y connaît en catastrophe depuis “Titanic” et en Eaux profondes depuis “Abyss” que l’Agence de Protection de l’Environnement a écouté sagement. Il a des idées pour arrêter la fuite.

Franchement, au point où on en est, Costner ou Cameron, ça ne peut pas faire de mal . Et prouve jusqu’à quel point les autorités pétrolières et gouvernementales sont désespérées. A ce rythme, Bp et les autres vont finir pas puiser leurs idées dans Harry Potter.

Stupefix !!!

Dans la boite à idée ouverte par Bp plus de 20 000 emails suggèrent des choses aussi variées que répartir une sorte de rideau de douche géant sur le pétrole ou lancer une bombe atomique sur la nappe. Il parait que la tourbe marche aussi. Ou les cheveux.

Je suggère de lancer l’idée: que tous les hauts dirigeants de Bp se rasent la tête et mettent leurs cheveux dans des barrages flottants.

Have a nice day

Beurk

Barack Obama saison 2, En ville

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L’image qui m’est venue en voyant ces hommes en blanc aligner des sacs en plastique sur la plage, est celle d’un alignement de cadavres après une catastrophe aérienne.

Ici à Grand Isle, nous sommes dans le seul endroit où on peut voir les ravages de l’explosion du puits de pétrole sans avoir à prendre un bateau. Le spectacle est aussi affligeant dans les roseaux des bayous, mais plus difficile à voir. Et à nettoyer.

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Pour avoir le droit d’être là et prendre quelques photos, il faut d’abord passer par le Sheriff local à l’entrée du village, qui vous envoie vers une « responsable », la seule à avoir le privilège de poser sa signature sur une carte et vous autoriser donc à marcher sur le sable. Et à croiser des militaires.

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Les gars en blanc sont encadrés par des soldats. Assis dans leurs voitures pendant que les autres remplissent leurs sacs.

Interdit de parler aux journalistes. Interdit comme interdit. Je n’ai pas arraché un prénom. Et ma consÅ“ur de Libé qui était là a réussi l’exploit de faire dire à l’un d’eux qu’il avait chaud dans sa combinaison. On a cru d’ailleurs du coup que ces « volontaires » étaient des prisonniers. Il semble que non…

«Volontaire » en tout cas, ne veut pas dire que tous ceux qui le souhaitent peuvent venir aider. Tous ceux qui travaillent sont payés 120 dollars par jour. Pour 6h de travail. Ce qui est plutôt un bon tarif. Chacun a été formé pendant 4h par BP et sait en sortant de là qu’il ne faut pas toucher et encore moins manger ce qui échoue sur les plages.

Voilà à quoi ça ressemble.

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Des flaques épaisses et gluantes que j’ai qualifiées à l’antenne de « Mousses au chocolat mal cuites ». Inutile d’envoyer des e-mails, j’ai déjà été inondée, je sais qu’on ne CUIT PAS la mousse au Chocolat (ooops).

Il y a des mots qu’on a pas le droit d’infliger aux auditeurs à l’heure du petit dej’. Mais ce « truc » ignoble marron-orange ressemble à de la diarrhée. Voilà, c’est dit. Y’a pas à …

Have a nice day.