Comprendre l’Italie à travers ses nuances

Le blog de Eric Valmir


Une plongée dans les archives secrètes du Vatican

vatican, littérature

Plus qu’un livre, c’est vraiment une oeuvre d’art, une véritable promenade au sein des archives… Une collaboration entre les services d’archives du Vatican et la maison d’édition belge VdH/Book.

 © VdH/book

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Ces archives traduisent le développement de l’église romaine à travers textes et correspondances. Les papes conservaient leurs écrits qui étaient gardés dans le Scrinium Sanctae Romanae Ecclesiae. Mais la fragilité du papyrus utilisé dans la chancellerie pontificale jusqu’au milieu du XIème siècle et les bouleversements politiques font que tout le matériel archivistique antérieur à cette période aurait été perdu.

A partir du XIème siècle, le rôle de la Curie et du Pontife romain s’amplifie. Et le nombre des archives grandit en parallèle.

Au XVème siècle, les documents sont déposés au Chateau Saint Ange.

C’est avec Paul V au début du XVIIeme que les archives centrales de l’Eglise sont installées dans les salles paulines qui vont devenir la Bibliothèque Secrète. Ici, seront conservés tous les écrits. Un lieu de mystère.

En préface, à noter un texte de Mgr Sergio Pagano qui apporte des notations historiques précises et intéressantes. (notamment sur le sens du mot “secret”) 

Ensuite, c’est vraiment l’émotion qui submerge au fil des pages. C’est un très beau travail qui donne une réelle impression de visite dans le temps, dans l’Histoire et surtout dans les allées de la Bibliothèque du Vatican.

Autant avec un post précédent, nous étions plongés dans une visite virtuelle de la chapelle sixtine, autant là, le contact tactile avec le papier glacé et ses représentations photographiques archivistiques, typographiques, donnent le sentiment non seulement de consulter des correspondances historiques mais aussi d’être sur place. Comme si nous étions dans la bilbliothèque secrète.

Ce livre, dans sa conception (alternance de photos de lieux, d’étagères, de parchemins) réussit ce tour de force.

A peine de la poussière…  qu’on peut essuyer d’un revers de la main….

Archives secrètes du Vatican

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On pousse la porte derrière laquelle tant de mystères sont conservés.

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L’ancienne salle de la Pinacothèque, située sur le coté ouest de la Cour du Belvédère, aménagée en dépôt avec plus de 13 000 mètres linéaires d’étages en fer

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Les greniers qu’on appelle les soffitoni, au dessus de la galerie des cartes géographiques du musée du Vatican

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Mais aussi des souterrains. Dans les années 70, le poids des archives grandissant avec le temps qui passe, les locaux doivent s’aggrandir. Le sous sol de la Cour de la Pigne est inauguré au début des années 80 par Jean-Paul II

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Une fois un ouvrage, une période, un écrit sélectionné,

on peut s’isoler avec…

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Pour mieux découvrir les écrits, les parchemins, bref le coeur des archives.

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Dans une atmosphère où le temps est suspendu…

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Ces photos sont toutes des extraits du livre qui est une vraie promenade dans les archives.

Une source inépuisable pour les historiens, même si évidemment, les écrits les plus sensibles ne figurent pas dans l’ouvrage. Qu’on ne s’attende pas à trouver les correspondances de Pie XII pendant la Shoah.

D’ailleurs sur le XXème siècle, les documents sont peu nombreux. Seulement deux/trois correspondances de Pie X et Benoit XV au début de 14/18… Une lettre de l’Empereur du Japon à Pie XIIen 1939 et quelques autres documents, le dernier présenté par l’ouvrage est néanmoins un fait d’histoire dans la vie de l’Eglise. La bulle “Humanae Salutis” de Jean XXIII pour la convocation du concile oecuménique Vatican II.

Plus qu’un livre, les archives secrètes du Vatican une fois chez soi se révèle être une nouvelle pièce de la maison qu’on visite régulièrement pour y passer un moment. Une méditation dans le temps, l’histoire et les greniers du Vatican.

L’Aquila en 5 tableaux, un an après le tremblement de terre. Les images (1/5)

actualité, L'Aquila, catastrophe naturelle, société

  © Ansa

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Cette nuit était blanche à l’Aquila.

 Une nuit de veillée à la lueur des flambeaux, un fleuve de feu qui descendait de la Place du Dôme pour se souvenir du 6 avril 2009 quand à 3.32 le tremblement de terre allait détruire et profondément bouleverser l’existence de ses habitants.

Quelques heures plus tard, le soleil se lève sur l’Aquila.

Et le spectacle de ce 6 avril 2010 est à peine différent de celui découvert à l’aube l’an dernier.

Les ruines et les gravats sont toujours là.

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Ici, c’est le centre historique de l’Aquila.  Ce secteur baptisé la zone rouge est bouclé par l’armée, interdit d’accès. Même pour les habitants il est difficile d’avoir un “pass”.

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L’Eglise Santa Maria Paganica est un des édifices les plus touchés. Plus de toits, plus de Dôme. Une équipe d’archéologues et d’architecte planchent sur la question depuis plusieurs mois.

LUCIANO MARCHETTI, Commissaire aux Biens et aux Affaires Culturelles, chargé de la restauration des monuments (AUDIO : 2mns17s). Dans le Centre Historique, on a d’abord cherché à mettre en sécurité tous les bâtiments. Certains se sont affaissés et bougent encore tout seul. Cet été, peut être qu’on pourra lancer la reconstruction des monuments. Mais il faut 3 milliards d’euros.

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Cette église S.M del Carmine a plus de chances. Elle dispose d’un toit. Mais ne tient pas toute seule. Strictement interdit de franchir le portail.

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La Basilique de Collemagio, fierté de l’Aquila a vu son toit refait. Mais avec une matière à base de plexiglas. Pour permettre la célébration des fêtes de Noël.

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Depuis c’est ainsi …

…avec des échaffaudages à l’intérieur pour consolider…

….  et aucune échéance de travaux.

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Retour dans le Centre Historique…

… Avec encore ces gravas dont on ne sait que faire…

3 millions de mètres cube au total…

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Par l’embrasure de la fenêtre,  un coin de ciel bleu…

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 … qui ne correspond pas à l’humeur des habitants…

Le Conseil Muncipal extraordinaire qui s’est tenu hier soir sous une tente a été l’occasion d’extérioriser une colère et une douleur…

Ville morte, ville privée de ses habitants…

Ville au même point que l’an dernier

Les élus protestent : il a fallu gérer l’urgence.

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Dans ce spectacle de désolation…

… des motifs de satisfaction… réouverture de quelques administrations publiques et services sociaux…

la réouverture des écoles… mais quand les parents sont hébergés à 100 kms, une difficulté logistique se pose pour les familles…

La réouverture de l’université, mais le foyer étudiant entièrement détruit n’a pas été reconstruit et la ville ne dispose pas de logements pour les universitaires : impasse et l’amertume du recteur qui se souvient d’une ville jeune dans un centre médévial artistique et culturel.

Un lointain souvenir, en effet

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La mise en sécurité des bâtiments impose

qu’on ficelle les immeubles et palais…

Ici avec de simples barres de métal…

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Ici avec des supports plus lourds

aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur…

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En dehors du Centre historique…

… des rues entières aux trottoirs impraticables pour raisons de sécurité.

Et partout des échaffaudages…

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Les immeubles et les maisons reconstruites…

Dans des noman’s land… Excentrés… protestent les habitants.

Ceux qui ont bénéficié des maisons (voir modèle dans le chapitre 3) citent Silvio Berlusconi comme un héro.

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Près de 18 000 personnes relogées…

54 000 encore hébergés selon les critères de la protection civile (hôtels, caserne)…

Et au moins 20 000 dans la nature…

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Avec le retour des beaux jours…

… la solution camping va se développer à nouveau…

D’autant qu’à L’Aquila, même les agences immobilières sont à vendre…

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Et l’activité commerciale peine à redemarrer..

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Et pourtant,

les arbres bourgeonnent,

les oiseaux chantent,

et cette nature grondante et meurtrière l’an dernière est si belle aujourd’hui…

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C’est aussi pour cette raison que beaucoup n’abdiquent pas…et ne s’en vont pas.

Un lien à la terre, à la région.

Nés près du Grand Sasso et déterminés à poursuivre leurs existences près de ces pentes enneigées.

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L’Aquila en 5 tableaux, un an après le tremblement de terre. Les faits (2/5)

actualité, L'Aquila

Près de 75 000 personnes encore dans les hôtels, les casernes ou logés par leurs propres moyens.

18 000 personnes relogées par le plan Casa du gouvernement considèrent Silvio Berlusconi et Guido Bertolaso, le chef de la protection civile comme des héros.

2 300 maisons en bois construites pour reloger autant de familles (sur le modèle des maisons d’Onna, voir les photos dans le chapitre consacré à Onna)

Les écoles reconstruites et ouvertes : satisfaction générale.

Mais sur le plan de la reconstruction, tout reste à faire. Même les relogés espèrent retourner dans leurs maisons initiales. Ces citoyens formulent la critique d’avoir été relogés dans des immeubles excentrés dans des noman’s land dépourvus de toute infrastructure et redoutent que la solution présentée comme provisoire s’éternise dans le temps. D’autant qu’ils n’ont pas été associés au projet de construction des sites en question.

Guido Bertolaso le chef de la protection civile est visé par une enquête judiciaire. Impliqué dans un scandale de corruption. Des malversations lors de l’octroi des marchés publics pour les chantiers prioritaires de L’Aquila. Il n’y a pas eu d’appels d’offre et deux entreprises soupçonnées de collusion avec la Mafia ont obtenu des contrats.

Les travaux ont couté 4 fois plus chers que prévu. 18 000 personnes ont été relogées. 

Au 1er février, la Protection Civile s’est retirée de L’Aquila, passant le relai au Président de Région. Giovanni Chiodi (Popolo della libertà).

Mais ce passage de témoin apparait surréaliste aux yeux de la population. Il n’y a pas de continuité. La Protection Civile a travaillé 9 mois, a construit les logements cités et s’en est allée.

Les pouvoirs publics qui arrivent derrière se lancent dans des études, semblent découvrir les dossiers, se demandent ce qui est reconstructible et comment le reconstruire. On repart à zéro. A l’Aquila les sinistrés ont dépassé le stade de la crise de nerfs.

D’autant que les élus locaux sont associés aux prises de décisions et que les divergences politiques prennent parfois le pas sur l’intérêt général.

On parle sans cesse des fonds qui doivent arriver. Mais on ne connait ni le montant, ni la provenance. Argent public ? Privé ? Fonds humanitaires ?  Le manque d’information conjugué aux incertitudes et à la précarité de la vie quotidienne provoquent des tensions.

Et puis les ruines sont toujours là comme au premier jour. 3 millions de mètres cubes à évacuer. Les autorités pointent un problème bureaucratique. On ne trouve pas le lieu, la décharge pour entreposer ces tonnes de gravats.

Excédés, des dizaines d’habitants ont lancé la révolte des brouettes. Tous les dimanches, ils viennent déblayer une partie du centre historique. Cette initiative a attiré l’attention de la presse et forcé les autorités à accelérer le processus.

La commémoration du premier anniversaire donne un effet de loupe sur les problèmes rencontrés par l’Aquila mais le 7 avril, demain, le monde aura braqué son regard ailleurs et rien n’aura changé.

D’ailleurs, ni Silvio Berlusconi, président du Conseil, ni Giorgio Napolitano, président de la République n’ont prévu de se rendre sur place. 

L’an dernier, le tremblement de terre a tué 308 personnes.

L’Aquila en 5 tableaux, un an après le tremblement de terre. Giustino Parisse à Onna (3/5).

tragédie, actualité, L'Aquila

Un drame dans le drame. Giustino Parisse à Onna.

Onna surnommé le village martyr, entièrement détruit. 40 morts.

Giustino Parisse, un des habitants les plus sévèrement touchés. A perdu ses deux enfants et son père. A fouillé dans l’obscurité complète, à la lueur de son téléphone portable les ruines pour essayer de sauver son fils Domenico 17 ans et sa fille Maria Paola 15 ans … En vain.

Il perd aussi son père, Domenico 75 ans. Sa mère sera gravement blessé.

Quand le jour se lève, les premiers journalistes qui arrivent témoignent. Giustino est prostré dans les décombres de sa maison et tient Dina sa femme dans ses bras. 

Ils entendent à coté les histoires de voisins qui dans les premières heures parlent parlent parlent. Benedetta et son fiancé enlacés à jamais dans les gravats, cet enfant de 8 mois qui pleure, on ne le trouve pas et de toute façon les pleurs sont arrêtés.

Tout est dévasté autour de Giustino Parisse. Un champ de pierres en ruines, un champ de fêlures humaines.  

Giustino Parisse est journaliste. Sa douleur il va la combattre par l’écriture. Dans les premiers mois, il  racontera le tremblement de terre à travers son épreuve personnelle.

Quand je l’ai rencontré avant hier, je n’ai pas voulu revenir sur la nuit du 6 avril. Déjà l’an dernier, j’avais expliqué sur ce blog ma difficulté à tendre mon micro pour recueillir les témoignages de sinistrés qui avaient tout perdu. Arrivé avec mon micro et repartir en remerciant, je n’y arrivais pas.

C’est le même sentiment que j’ai éprouvé en arrivant chez Giustino. Au téléphone, je lui ai expliqué 3 fois que je ne voulais pas aborder la tragédie qu’il avait vécue, ne pas le déranger avec cette plaie encore à vif, surtout à l’approche de la date anniversaire. Lui, il m’a gentiment répondu qu’il n’y avait aucun problème, qu’on pouvait parler de tout.

Mais le sujet qui m’intéressait était justement sa façon d’aborder son métier aujourd’hui. Je vais souvent à l’Aquila et je suis toujours surpris par la masse d’informations qui se trouvent dans la presse locale. Tout est dit ici. Les grands titres nationaux italiens, quand il parlent de l’Aquila se contentent de faits médiatiques ou pour reprendre l’expression de Giustino ” des demi vérités instrumentalisées” parce qu’un journal ou une télé en Italie a forcément son point de vue politique.

La presse locale sert l’intérêt général de la population, mais en dehors des Abruzzes, personne ne la lit.

GIUSTINO PARISSE, rédacteur en chef du quotidien Il Centro, rédaction de l’Aquila.(AUDIO : 8 mns)

EV.RF

Giustino Parisse est d’une grande douceur, très apprécié dans la région. Il est cité en exemple pour son courage. Lui répète qu’il n’est rien. Je ne conteste pas. C’est la faute du vocabulaire. Quand on perd un parent, on est orphelin, quand on perd son mari ou sa femme, on est veuf ou veuve,  quand on perd son enfant, il n’existe pas de mot. Alors on dit qu’on est rien pour tout résumer.

Les ruines de leurs maisons sont là à quelques pas. A Onna, tout est resté en l’état. Et Giustino veut reconstruire le vieux bourg

A Onna, les ruines n’ont pas bougé d’un mètre.

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Les habitants assistent, impuissants, au ballet des voitures le week end qui viennent photographier les ruines…

Le tourisme moderne… soupirent-ils dans un sourire…

On vient à Onna comme si on venait à Pompei.

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Et puis en symbole, et pour marquer les consciences

on expose à l’entrée du village deux ou trois voitures

évidemment irrécupérables.

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La Croix Rouge a financé la construction de nouveaux pavillons…

Tous les habitants du village ont été relogés dans ces maisons.

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Giustino Parisse vit ici… Et les habitants ont été associés au projet urbanistique.

Les mêmes voisins qu’avant…Une configuration respectée pour garder quelques repères

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Giustino Parisse raconte son drame ( mais pas seulement) dans un livre (écrit en italien)… “Quant’era bella la mia Onna”.

Le chant d’amour pour son village. L’énergie dépensée pour rénover sa maison, vivre en harmonie avec les siens, ici au pied du Grand Sasso et puis le tremblement de terre, et puis le grand vide.

  © Il Centro

© Il Centro

 © Editrice Graphitype

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De la fenêtre des pavillons, on voit de l’autre coté de la rue, les ruines du vieux bourg.

Et au milieu, les chevaux.

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L’Aquila en 5 tableaux, un an après le tremblement de terre. Luca en périphérie. (4/5)

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Spectaculaire, le centre historique en ruines…

Mais le reste de la ville tient debout…

Guère spectaculaire, simplement glacial…

4 maisons sur 5 sont inhabitables. Un fait invisible de l’ extérieur.

Prenons cette façade inondée de soleil par exemple…

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Mais en s’approchant, on découvre les fissures….

….  et à l’intérieur des murs porteurs se sont écroulés.

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Ce bâtiment abritait les bureaux de la société de Luca. Aucune prévision. En périphérie, tout est laissé à l’abandon. On verra plus tard.

Il ne peut plus travailler, mais de toute façon, l’activité est au point mort. On attend le chantier de la reconstruction pour esperer retourner chez soi, mais aussi pour qu’il génère une reprise économique.

Les grandes entreprises et usines résistent tant bien que mal.

Ce qui n’est pas le cas des petits entrepreneurs.

Les nombreuses PME, professions indépendantes, les artisans aussi, déjà frappés par la crise, ne se relèvent pas du tremblement de terre.

Avec ce paradoxe, le décret urgence avec les aides et les suspensions de remboursement de crédit a pris fin en décembre. Mais pour les petites entreprises, problème, le travail n’avait pas repris. 

Vu le contexte, les banques n’ont pas accordé de crédits, les faillites se sont multipliées et les plus petits ont déménagé pour trouver du travail ailleurs…

Luca ne s’y résigne pas. Ici, c’est sa terre. Il a toujours vécu dans ce pays des Abruzzes. Il ne le quittera pas. Comme beaucoup d’autres, son compte est bloqué et ses cartes de crédit supprimées.

Sur le plan immobilier, la maison de Luca est inhabitable.

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Luca, sa femme et son fils de 5 ans ont dormi dans une caravane.

Et il a construit tout seul une maison en bois sur un terrain familial. Une grande cabane en fait. Il passe chez lui régulièrement pour prendre des affaires. Pas assez de place dans le logement de fortune

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La caravane où la famille de Luca a passé l’hiver.

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LUCA ne quittera jamais l’Aquila, même si un an après le tremblement de terre, le constat est cruel. Les promesses n’ont pas été tenues et les certitudes inexistantes. (AUDIO : 6mns27s)

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Luca, je l’avais déjà rencontré en octobre. A l’époque, il militait dans un comité citoyen. Il essayait d’unir les gens entre eux. Il a abandonné. “Chacun a ses problèmes et reste centré sur soi. C’est difficile de mobiliser les gens sur une idée générale.”

Luca dit très sérieusement qu’il ne sera “jamais riche et qu’il vivra dans sa région dévastée jusqu’à ses derniers jours. Si l’Aquila reprend, alors il reprendra avec.”

Impossible de quitter ce pays qu’il connait comme sa poche. Il s’émerveille du moindre réveil de la nature, les bourgeons de son figuier par exemple…  et me confie que ce serait chouette que je revienne  sans mon micro pour qu’on aille marcher tous les deux dans la montagne.

A coup sur, je le ferai.

A presto, Luca.

L’Aquila en 5 tableaux, un an après le tremblement de terre. Adreani dans le centre historique (5/5)

L'Aquila, catastrophe naturelle, société

Comme déjà vu dans notre promenade photographique du premier chapitre, le centre historique est entièrement détruit.

Ici, c’est la Piazza San Pietro. (ce qui est terrible quand on regarde la photo, c’est l’esthétisme qui s’en dégage)

Ce palais orange abritait un restaurant attenant au teatro stabile de l’Aquila. C’est ici que les artistes venaient se restaurer et répèter leurs textes. C’était il y a un an, une éternité,un autre monde

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Donc la piazza San Pietro évidemment en travaux…

Il y a les maisons effondrées

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Et celles qui à première vue paraissent intactes.

Encore une fois à première vue.

Adreani m’a donné rendez vous. Une fois par semaine, elle vient voir sa maison. Un vieux palais du XVIeme siècle

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La nuit du 6 avril, toute la famille a survécu et elle mesure sa chance. Tout le monde a pu descendre par les escaliers, même sa mère de 86 ans, victime d’une fracture du crâne et sortir par la porte…

Mais à l’intérieur les dégâts sont considérables. Le bâtiment s’est affaissé de 15 cms et bouge encore.

7 millions d’euros sont nécessaires pour reconstruire. Le prix de la facture augmente tous les mois.

En attendant, la famille d’Adreani a décidé de louer un appartement dans un village à 10 kilomètres de l’Aquila. Mais comme déjà vu avec Luca, la solidarité des premières heures n’est qu’un lointain souvenir. Le loyer coute le double du prix normal. La mode à l’Aquila, ces temps ci, c’est la spéculation immobilière.

 ADREANI  témoigne devant sa maison et nous entraine à l’intérieur (AUDIO : 7mns30s)

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Ici dans le patio, des échaffaudages pour soutenir les murs, les bâtiments mitoyens bougent encore.

 © EricValmir.

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Adreani vient une fois par semaine pour passer un coup de balai dans les gravats.

C’est plus psychologique qu’autre chose reconnait elle…

Mais dans sa maison dévastée, où chose incroyable, est toujours suspendu un lustre de Murano, ses yeux voient une pièce rénovée. Elle imagine comme sera restaurée sa maison.

Mais le problème n’est pas de savoir COMMENT elle sera reconstruite.

Mais QUAND et avec QUEL argent !

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Visiter la chapelle Sixtine… Sans bouger de chez soi

vatican, internet

Cliquez sur ce lien… Fermez les yeux… Ouvez… Et vous voilà seul (e) dans la chapelle Sixtine du musée du Vatican. Un prvilège. Surtout un week end de Pâques !!!!    :-)

http://www.vatican.va/various/cappelle/sistina_vr/index.html

Le téléchargement peut prendre un peu de temps, en raison du nombre important de visiteurs… Mais…

 Merveilleuse idée des internautes du Vatican qui propose cette visite en 3 D. 

On peut déjà regarder le sol en marbre polychrome, quasiment invisible dans la réalité sous les pieds de la foule. Puis très vite lever son regard vers les oeuvres.

Simple rappel, la chapelle Sixtine doit son nom au pape Sixte IV qui l’a fait construire en 1477. Fin des travaux 1483.

Maintenant quand on se place face à l’autel, à la fresque du jugement dernier, on trouve coté sud (à gauche) les épisodes de la vie de Moïse : meurtre du soldat égyptien, la protection des filles de Jethro, le passage de la Mer Rouge, la remise des tables de la loi, le châtiment de Corée, la dispute autour du corps de Moïse.

Au Nord (à droite), le Christ, ses tentations au désert (les fresques de Boticelli), la vocation des apôtres (fresques de Ghirlandaio), le sermon sur la montagne (fresques de Rosselli), la remise des clés de Jésus à Pierre (fresque du Perugin), la Cène (fresques de Ghirlandaio), la résurrection (fresques de Paludano) .

Au dessus des fresques, les 24 portraits des premiers papes.

Et au dessus, le célébrissime plafond.

C’est le point fort de cette visite en 3 D. La chapelle haute de 21 mètres et l’impossibilité d’arriver sur place avec son échelle font que certains détails peuvent nous échapper. D’un click de souris, nous voilà collé à l’oeuvre dans ses moindres détails.

Au début du XVIème, la construction de la Basilique et de la Tour Borgia ont provoqué de longues fissures qui ont endommagé les hauteurs de la chapelle. Le pape Jules II demande à Michel Ange de revoir la décoration du plafond.

Au départ, on pense aux 12 apôtres.

C’est mal connaitre le sens du défi de Michel Ange qui préfère se lancer dans la narration de 9 histoires représentant les épisodes de la Genèse. La séparation de la lumière des ténèbres et la création d’Adam (Dieu effleure la main tendue d’Adam pour lui donner la vie)… On est tenté à notre tour de tendre notre main vers l’écran de l’ordinateur…. On voit rarement avec autant de détails L’INTEGRALITE de ce tableau célébrissime.

Evidemment, le virtuel ne vaudra jamais  le réel.

Etre imprégné du lieu et de son caractère mystique est une émotion unique, à condition d’éviter les périodes de forte affluence. Arriver au milieu de touristes qui trainent les pieds et entendre des voix françaises geindre “Hé ben, putain… 3 heures de queue pour voir ça. Jacky, tu m’y reprendras !!!” 

Avec un peu plus de chance, et moins de monde, on peut essayer de se représenter un conclave. C’est ici que sont élus les papes.

Chaque cardinal avance vers l’autel pour se prononcer. Il avance lentement face au Jugement dernier. Aux dires de chacun, c’est un moment fort, une sensation unique.

Quand on est sur place, on peut l’éprouver ou essayer de le ressentir.

Le problème de cette visite en 3D est la sensibilité de la souris.  On peut faire le tour de la chapelle Sixtine avec la sensation d’être une mouche. Et si on veut reproduire un processus de lenteur, la démarche du cardinal qui avance vers l’autel par exemple, c’est impossible. On est propulsé façon Carl Lewis sur la fresque de Michel Ange.

A Venise, le phénomène de la Lega alta

Ligue du Nord, venise, politique

A la montée des eaux, s’ajoute un autre phénomène, la montée de la Ligue du Nord dans la ville de Venise. Tout comme l’acqua alta, la mécanique obéit à la loi des marées, avec flux et reflux. En hausse continuelle depuis 10 ans, 4% puis 10 puis 15… Les sondages tablaient sur 20% mais aux dernières municipales (hier), le parti d’Umberto Bossi recule : 11,4 %

Un résultat à prendre avec précaution, la Ligue n’avait pas de tête de liste et apportait son soutien à Renato Brunetta, le ministre de la fonction publique de Silvio Berlusconi. Un échange de bons procédés. Le PDL derrière la Ligue aux régionales, la Ligue derrière le PDL aux municipales, mais la formation leghista n’aurait pas joué le jeu clame haut et fort Brunetta pour expliquer sa lourde défaite.

Car après une campagne tonitruante composée de promesses mirobolantes, le ministre était convaincu de l’emporter. Non seulement il est battu, mais en plus très largement et dès le premier tour.

En détail.

Giorgio Orsoni. (Parti Démocrate/Italie des Valeurs/Union des centristes : une large coalition de la gauche et du centre) obtient 51,13 %

Renato Brunetta (Popolo della libertà/Ligue Du Nord/formations de centre droit/Liste civique/Parti des retraités) recueille 42,60% de voix. Dans le découpage, 22,7 au PDL. 11,4 à la Ligue.

Marco Gavagnin (Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo) 3,12%

Giorgio Orsoni succède au maire philosophe Massimo Cacciari. Giorgio Orsoni n’a jamais milité dans aucun parti. Sa campagne fut sobre et modérée. Un avocat de 63 ans, marié 3 enfants ,catholique.

Et voilà la Ligue vénitienne pointée du doigt par Renato Brunetta. “Je pensais gagner. J’ai perdu. Ils sont responsables de cette défaite

Une chose est sure. Les militants vénitiens de la Ligue se distinguent de Silvio Berlusconi et du PDL. Dans leur campagne, ils n’ont cessé de se présenter comme la seule voie possible de changement, accusant “l’opposition de droite de travailler main dans la main avec la majorité de gauche“. (En audio, + bas,  avec le son d’Alberto Mazzoneto)

 Pour Alberto Mazzoneto, chef de file de la Ligue du Nord au conseil municipal de Venise, la proximité de terrain est la clé du succès. Dans cette campagne électorale, les thèmes sociaux et locaux ont été abordés. La technique de la Ligue repose sur une notion enseignée dans toutes les écoles de journalisme : l’interlocuteur/lecteur/auditeur/téléspectateurs est d’abord intéressé par ce qui se réfère à son environnement propre. Quand le fait rapporté s’éloigne de son champ d’action et de ses préoccupations, son attention fléchit.

Aux citoyens, le candidat leghista évoque les problèmes concrets de la vie quotidienne.

Quand la victoire de la Ligue aux Régionales a été rapportée par la presse étrangère, les télés ont sorti les images où l’on voit Umberto Bossi ou Luca Zaia actuel ministre de l’agriculture, nouveau président du Veneto vociférer des propos racistes. Le ton était virulent. Viril mais correct disent les militants. La virilité, c’est une marque de fabrique du parti dès sa création. Slogan de base : La lega, ce l’ha dura (la Ligue, elle l’a dure).

Et donc on a revu à la télé des images de meetings avec un public de chasseurs qui brandit le poing. Réaction immédiate du télépectateur : mais les vénitiens sont devenus fachos et racistes ?

A la vérité, un parti qui se limiterait à des considérations racistes et xénophobes n’irait pas bien loin. Le thème du fédéralisme économique et fiscal, je paye des impôts qui subventionneront des projets pour MON territoire et n’iront pas éponger les dettes du sud générées par les mafias et des administrations publiques dépensières, séduit un électorat grandissant au fil des années.

D’abord formation marginale, la Ligue a gagné des communes, s’est allié avec Berlusconi dans les années 90, mais la coalition a éclaté, et les sondages ont baissé. Retour en force avec les années 2000. Montée progressive. Après les communes, les villes plus grandes, après Trevise, Verone, puis les provinces (13 aujourd’hui) puis les régions (2). Entre temps, Umberto Bossi n’a pas répété les erreurs des années 90 et a refusé d’intégrer le PDL de Berlusconi l’année dernière. La Ligue garde son indépendance tout en assurant être aux cotés de la majorité.  

Résultat : 5 ministères.

Et l’indépendance permet de jouer le tableau de force d’opposition. Le seul changement possible, c’est avec la Ligue. La défense du territoire est la marque de fabrique…

Au sujet de l’immigration, il y a deux discours. La version raciste et provocante, dérapages bien contrôlés pour satisfaire les radicaux de la première heure, et une version politiquement correct : l’immigration clandestine ne peut être toléré, elle réduit à l’esclavage ces populations qui sont les victimes de la Mafia (traite d’êtres humains). Il faut donc l’empêcher. Discours de Roberto Maroni, le ministre de l’Intérieur.

L’immigration est un thème porteur à Venise et dans le Veneto. Riche région, un besoin de main d’oeuvre constant, la proximité de la frontière et l’ouverture sur l’Adriatique avec le 5ème port d’Italie, le Veneto attire et Venise est facile d’accès. Et dans ces populations extracommunautaires en quête de l’El Dorado, il n’y a pas que des gentils. Une minorité délinquante et criminelle mais une minorité trop visible.

Enfin à Venise, tous les commerces du centre historique ont été rachetés par des négociants chinois. Même les masques du Carnaval ne sont plus réalisés par les artisans, place au made in Taiwan.

Donc le discours de la Ligue trouve un écho.

Alberto Mazzoneto dit se battre au Conseil Municipal pour une politique différente en matière de logement. (AUDIO) 

EV

Et cette affiche électorale lombarde illustre ce propos vénitien.

Logement, emploi, santé, droits. Devine qui est le dernier ! Vote Ligue du Nord pour redevenir le patron chez toi

 © Lega

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La rivalité Nord/Sud.

La majorité des richesses du pays récupérées par le Sud, le Mezzogiorno, mais aussi l’Etat. Rome la technocrate, Rome la voleuse. Reveillez vous peuple de Padanie. (Padanie, terme générique pour désigner les régions de la plaine du Pô)

 © EV.RF

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 En période de crise économique, la défense du territoire (économiquement parlant) frappe les esprits.

Sur l’île de Murano, Lidia toujours voté Ligue du Nord et cette trentenaire active a décidé d’adhérer. Devenue militante, elle mène le combat de sa vie pour son île qu’elle ne veut pas voir dépérir. L’île de Murano a vu ses coopératives fermées, les verriers victimes de la contrefaçon. Lidia veut défense sa terre. Elle en a presque les larmes aux yeux quand elle me répond au micro. Et surtout elle est excédée par les accusations de racistes proférées à l’encontre de son parti (AUDIO)

Lidia

EV.RF

Et tous les militants interviewés le répètent.

Nous ne sommes pas contre l’immigration. Nous sommes pour une immigration contrôlée.

Ci dessous, l’affiche historique.

Les indiens n’ont pas su fixer des règles pour l’immigration, maintenant ils vivent dans des réserves. Pensez y.

 © Lega

© Lega

Comme tout parti qui élargit son audience, des courants se créent. D’un coté les Bossi agressifs, son fils Renzo qui avait lancé sur le site de La Ligue un jeu vidéo pour repousser à la mer et couler les barques de clandestins, est aujourd’hui conseiller régional en Lombardie… donc les historiques avec une caractéristique conforme aux origines du parti… et…  les nouveaux venus, pas vraiment en adéquation avec ce ton là mais convaincus par le programme économique du fédéralisme.

Christian Sottana, par exemple. Jeune entrepreneur élégant, 36 ans, diplômé en économie et qui a fait campagne sur 3 thèmes.

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C’est donc sur un programme économique que la Ligue a gagné les élections régionales. Non pas avec des slogans racistes. Elle a inséré le fait que l’immigration pouvait présenter un problème dans un moment de récession où le chômage augmentait. Carton plein.

Lendemain d’élections : Le poing tendu d’un vote protestaire, la satisfaction fatiguée des modérés

regionales, politique

C’est un message clair lancé par les électeurs. Ils m’ont donné la victoire” dit Silvio Berlusconi.

Une phase de transition a commencé. Le changement est en route” dit Pierluigi Bersani.

 Les deux leaders des 2 blocs revendiquent chacun de leur coté un résultat positif pour leurs camps.

Sur un plan purement comptable, la gauche l’emporte 7 régions à 6. Elle se maintient dans des zones définies comme ses bastions : La Toscane, l’Ombrie, la Ligurie, l’Emilie Romagne, les Pouilles, la Basilicate, les Marches. Mais elle perd 4 régions : la Campanie, la Calabre, le Latium et le Piemont.

Le Latium et le Piémont étant considérés comme des symboles de ce scrutin font que la joie était beaucoup plus visible dans les rangs de la droite. D’autant que l’issue du vote est restée incertaine tout au long de la journée et la soirée.

 Comme le souligne Paolo Franchi, éditorialiste du Corriere della Sera, le résultat est difficile à analyser. Si l’on se réfère aux sondages d’il y a 6 semaines, on annonçait comme certitude une victoire éclatante de la droite qui aurait sonné le glas du Parti Démocrate. Une vague bleue sur l’Italie. Mais à l’opposé, ces derniers jours, les prévisions avaient basculé dans l’effet inverse en raison d’un chômage galopant. Un vote contre Berlusconi qui favoriserait le réveil de la gauche. 

Au final Berlusconi ne voit pas de vote sanction et la gauche n’est pas morte comme on le disait il y six semaines. Les deux auraient gagné.

Ou plutot les deux ont perdu pour reprendre la réflexion de Federico Geremicca dans la Stampa. Même si Berlusconi en raison des victoires sur l’axe Rome/Naples/Reggio trouve des motifs de satisfaction légitimes. Mais dans les faits, remarque l’édito du journal turinois, le PD et le PDL s’écroulent.

Une tendance qu’avaient déjà dessiné les Européennes et que ces régionales partielles confirment.

26,7 % pour le popolo della libertà. -6 par rapport aux législatives de 2008.

26 % pour le Parti Démocrate. -8 par rapport aux législatives de 2008.

Il faut tenir compte des listes qui n’ont pas reçu l’homologation des deux blocs, des listes dites civiques mais qui représentaient la gauche ou la droite (la victoire de Polverini à Rome n’est pas comptabilisée comme vote PDL et pourtant elle portait les couleurs de Berlusconi). Quoiqu’il en soit, plus qu’une érosion, le phénomène de défiance à l’égard des deux partis majeurs est une réalité. La courbe d’audience descend, une ligne régulière qui croise celle de l’abstention en progression constante.

64,7% ,  -8 points par rapport aux dernières élections. Plus rien n’enraye la croissance de cette désaffection envers la politique.

Et de fait, ceux qui peuvent réellement crier victoire sont les faux amis du PD et du PDL. 

Le gagnant incontestable de ce scrutin est la Ligue du Nord. Formation marginale il y a 20 ans, le parti autonomiste d’Umberto Bossi a d’abord gagné des communes, puis des villes, puis des provinces et maintenant fait historique : des régions. 2.

1. La Vénétie, c’était prévisible, l’influence de la Lega était telle dans cette région que le gouverneur sortant PDL a cédé sa place à un candidat de la Ligue. Logique, la Ligue est le premier parti dans cette région et augmente son score en Lombardie, dans le Piémont mais aussi dans les régions détenues par la gauche.

Un symbole lourd de sens. En Emilie Romagne, dans la ville natale de Pierluigi Bersani, secrétaire général du Parti Démocrate, la Ligue du Nord arrive en tête du scrutin.

Caractérisée par un discours fermé sur l’immigration, un ton qui alterne la provocation raciste pour satisfaire les électeurs de la première heure et le politiquement correct pour élargir l’audience (les clandestins sont traités comme des esclaves par les mafias, il faut les renvoyer pour les protéger), la Ligue a fait campagne durant toutes ces années sur les thématiques sociales abandonnées par la gauche : chômage, crise, culture de la légalité. Ils ont su attiré un électorat populaire traditionnellement à gauche.

Mais désormais le discours sur le fédéralisme s’est affiné et  le programme économique aussi. On parle de détaxation fiscale des entreprises pour donner un peu d’air et résister à la crise. Ce message séduit la myriade de PME italiennes, les travailleurs indépendants, les professions libérales qui constituent le socle de l’électorat berlusconien et qui commencent à se déplacer vers le vote Lega.

C’est tout le double jeu ambigu de la Ligue qui fait sa force. Farouchement anti gauche, allié du PDL pour obtenir des concessions (le PDL même affaiblie reste la première force politique du pays) et dans le même temps une prise de distance. Pour avoir suivi les élus de la Lega faire campagne, je peux affirmer qu’ ils tapent sur Berlusconi et le PDL “ des vieux qui font de la politique comme avant, qui ne sont pas toujours proche des gens, qui ont sous estimé la crise et puis il y a ces affaires de corruption bien embêtantes quand même, etc etc.

Etre avec la majorité mais donner l’impression d’être une force d’opposition et la seule voie possible pour un changement.  Une stratégie gagnante.

2. Gagnante aussi dans le Piémont. La Ligue l’emporte in extremis devant la liste Centre Gauche conduite par Mercedes Bresso. Historique victoire de Roberto Cota. Avec les deux régions enlevées, la Ligue réclame un ministère clé supplémentaire et Umberto Bossi demande à Berlusconi de lui céder la mairie de Milan. Mais la victoire de Roberto Cotta très longue à se dessiner, photofinish, nourrit bien des amertumes à gauche. L’humoriste Beppe Grillo en maintenant sa liste a pris près de 4 points au Parti Démocrate. Ces 4 petits points font la différence au final.

Les listes du Mouvement 5 étoiles réalisent un score surprise. Jusqu’à 7% en Emilie Romagne, sans bénéficier de la moindre couverture médiatique : seulement un livre, des meetings et Internet.

Beppe Grillo explique son succès en affirmant que “la politique façon vieux parti est révolue, on est entré dans une nouvelle ère“. C’est aussi le discours de la Ligue et c’était celui de Berlusconi il y a 15 ans.

Berlusconi qui pendant cette campagne affirmait que les magistrats menaçaient la démocratie.

La gauche répondait que le régime mise en place par Berlusconi menaçait la démocratie.

Mais la démocratie est en péril quand les citoyens ne vont plus voter et cèdent aux sirènes du populisme et de la sécurité.

Les élections régionales en Italie

élections

On vote depuis hier dans 13 régions, 462 communes, 4 provinces. (Régionales, municipales et cantonales partielles) . 41 millions d’électeurs appelés aux urnes.

A 22h ce dimanche 28 mars. Le taux de participation était de 47%.  Moins 9 points au regard des dernières régionales. Les bureaux de vote ouverts  à 7 h  ce lundi matin pour être définitivement fermés dans l’après midi à 15h.

Dans la foulée, premier sondage des sorties des urnes mais il faudra attendre la soirée pour voir les tendances officielles se dessiner.

Enormément sollicité par vos mails qui me demandent un pronostic, je ne me lancerai pas dans une démarche aussi hasardeurse. Je peux seulement resituer les enjeux de ces élections et les grandes lignes qui les entourent.

Sur les 13 régions, 11 sont à gauche, 2 à droite. Mais les compteurs sont remis à zéro. Jusqu’à il y a 3 mois, toutes les enquêtes d’opinions prévoyaient une très large victoire du centre droit, un ras de marée bleu sur toute l’Italie.

Puis, comme expliqué dans le post précédent, Silvio Berlusconi a chuté dans les sondages. Une érosion constatée au sein de son électorat. Un électorat déçu par le fait qu’aucune réforme économique n’ait été menée, un électorat déçu de voir les effets de la crise économique sous estimée par le Président du Conseil.

Un électorat déçu ne veut pas dire un électorat qui votera à gauche. Non. Les sondages sont clairs. L’électorat désortienté de Berlusconi grossira le bastion des abstentionnistes ou se reportera sur les listes de Pierfernandino Casini (Union des Centristes).

Donc dans ce contexte l’objectif du Centre Droit consiste à conserver la Lombardie et la Vénétie. Enlever la Campanie (Naples) et la Calabre à la gauche… et gagner deux scrutins symboliques pour les Etats-Majors, le Piémont (Turin) et le Latium (Rome).

Le Centre Gauche a quasiment victoire assurée en Emilie Romagne, Toscane, Ombrie, Marche et Basilicate.

Ligurie et Pouilles sont les deux dernières régions où le duel peut être serré.

Quels enseignements pourrons-nous tirer de ce scrutin ?

Silvio Berlusconi a voulu personnaliser la campagne autour de sa figure politique et son nom. Une sorte de bras de fer électoral pour démontrer à l’opposition et au monde entier que le peuple italien est derrière lui en dépit des affaires.

Un calcul risqué compte tenu de l’érosion de son propre électorat qu’il a cherché à mobiliser en haussant le ton. Mais hier, le Président du Conseil affirmait que “les résultats ne changeraient rien”. Même” en cas de défaite, il poursuivrait sa législature “et qu’”on ne pouvait tirer aucun enseignement d’un scrutin qui ne concernait que 13 régions sur 20“.

Si la gauche perd, on entendra le même argument. Et Silvio Berlusconi considère qu’il aura scrutin gagné s’il enlève 4 régions sur 11.

L’Italie connait sa plus grande récession économique depuis l’après guerre, des thèmes absents de la campagne électorale uniquement centré sur la Réforme de la justice, les histoires de la Rai, les écoutes téléphoniques… Des affaires qui ont pour dénominateur commun Silvio Berlusconi.

Et le résultat de ces élections demain soir sera l’occasion de mesurer les rapports de force. Même au sein des blocs. A gauche, les sondages prédisent que le Parti démocrate prendra des voix à son allié l’Italie des Valeurs. Le parti du juge Antonio Di Pietro serait en perte de vitesse. Un parti qui base toute son action sur l’anti Berlusconisme.

Tout comme le PDL marquerait le pas et la Ligue du Nord se renforcerait dans la coalition de Centre Droit. Une Ligue du Nord qui a mené campagne sur les grands thèmes économiques : le fédéralisme pour résister à la crise.

Une ligue du Nord qui après avoir enlevé les villes de Verone et Trevise pourrait pour la première fois de son histoire détenir une région (La Vénetie) et peut être deux (le Piemont). Et peut être 3 aux dires d’Umberto Bossi (la Lombardie). Un tel scénario agrandirait l’appétit de la Ligue qui pourrait revendiquer un ministère important de plus. Et la municipalité de Milan.

Un Centre Droit qui pourrait se trouver morcelé. Gianfranco Fini a déjà annoncé la création de son mouvement Generazione Italia (le 1er mai). Le Président de la Chambre a souvent manifesté son désaccord avec les attitudes de Silvio Berlusconi, dont on annonce le crépuscule politique.

Mais en général, c’est toujours quand est prédit sa fin que Silvio Berlusconi enlève la partie. Réponse demain soir. 

Quoiqu’il en soit,  tous ces calculs relèvent de l’arithmétique politicienne. En aucun cas, on ne parle de l’importance des Régions dans la vie quotidienne des citoyens. UN SEUL QUOTIDIEN a posé la question juste. LA STAMPA lundi dernier. Quand Repubblica, Giornale, Corriere, Unità s’étripaient sur les chiffres du nombre de manifestants venus soutenir Berlusconi à Rome samedi dernier, la une de la Stampa était barrée d’un point d’interrogation. Mais pour quelles raisons allons nous voter ? Et dans ce numéro étaient détaillées toutes les responsabilités inhérentes à une Région, et ses influences sur la vie quotidienne des citoyens.

Des thèmes totalement absents de la campagne. C’est un scrutin de tifo. Et c’est pour cette raison que les observateurs redoutent une forte abstention. Tenant compte aussi qu’en Italie, les taux de participation sont beaucoup plus élevés qu’ailleurs. Pour les instituts, la barre symbolique sera fixée à 70%.