Le shaker de la politique italienne. Buzz, photos et vidéos
 Une vidéo très remarquée en Italie
 Après le vote de confiance accordĂ© au gouvernement Berlusconi par la Chambre des dĂ©putĂ©s, Sonia Alfano, parlementaire europĂ©en (Italie des Valeurs) dĂ©nonce Ă Bruxelles l’esprit de corruption qui anime l’AssemblĂ©e italienne. Les principes Ă©lĂ©mentaires du droit humain sont bafouĂ©s dit elle, et la majoritĂ© du parlement se dessine avec des voix de l’opposition achetĂ©es.
On entend au loin la voix de Licia Ronzulli. La dĂ©putĂ© berlusconienne (PdL) conteste bruyamment ce qui est dit. Sonia Alfano s’interrompt et lui conseille de se taire en lui rĂ©torquant qu’elle n’est pas au parlement italien. Quand viendra ton tour de parler, tu t’exprimeras.
Un sévère Shut up. Puis laisse moi finir. Silenzio.
Sonia Alfano rĂ©clame l’intervention du prĂ©sident afin de poursuivre son intervention. Un prĂ©sident abasourdi devant la scène. Sonia Alfano Ă©voque ensuite les condamnations dĂ©finitives dans les affaires Mills et Mondadori. Mais Licia Ronzuli dĂ©chainĂ©e hurle debout.
A ce point, le prĂ©sident prend la parole : “Ce n’est pas un comportement appropriĂ© Ă cette chambre. Vous ne devez pas intervenir de la sorte.“
Il invite Sonia Alfano Ă poursuivre. Â
“Le 9 dĂ©cembre, le parlement europĂ©en cĂ©lebrait la journĂ©e contre la corruption, hier les dĂ©putĂ©s italiens ont lancĂ© la première journĂ©e de la corruption lĂ©galisĂ©e, ” conclut Sonia Alfano.
Licia Ronzuli continue de manifester son désaccord, de la voix et des mains.
Nouvelle intervention du prĂ©sident : “C’est la dernière fois que je vous le dis… Si vous vous levez encore une fois pour interrompre la session, je vous demanderais de quitter la chambre. Est ce assez clair ? “
La scène en images
Cette vidĂ©o enflamme le net italien mais très vite le curser de l’intĂ©rĂŞt se dĂ©place vers une photo prise par un tĂ©lĂ©phone portable dans l’enceinte du parlement italien. SurrĂ©aliste, on y voit Silvio Berlusconi en grande conversation avec… Antonio di Pietro.

© Berlusconi et Di Pietro pris en photo par un téléphone portable
Le leader de l’opposition le plus anti berlusconi qui soit… Celui qui traitait de Berlusconi de “mafieux” en pleine assemblĂ©e provoquant le dĂ©part du PrĂ©sident du Conseil qui boycottait ainsi l’intervention de l’ancien juge… Le magistrat de Mani Pulite pire ennemi du Cavaliere.
Les militants et les Ă©lecteurs de l’Italie des Valeurs ne comprennent pas et font connaitre leurs dĂ©sapprobations sur le site internet du Parti.
L’incomprĂ©hension est d’autant plus forte qu’Antonio Di Pietro, dans son intervention lors du vote de confiance, a concentrĂ© son attaque sur Pier Luigi Bersani, leader du Parti DĂ©mocrate, principale formation de centre gauche.
Antonio Di Pietro est contraint de s’exprimer Ă la tĂ©lĂ©vision pour clarifier sa position. Première question de la journaliste : de quoi avez vous parlĂ© avec Silvio Berlusconi ?
“Silvio Berlusconi s’est approchĂ© de moi. Il cherchait un leader de l’opposition pour lui faire comprendre directement que son gouvernement avait bien travaillĂ©. Je lui ai rĂ©pondu que pour le bien du pays, il devait dĂ©missionner et s’en aller“.
Ensuite Antonio Di Pietro plaide l’urgence d’un programme et d’une alternative Ă proposer aux Italiens dans deux ans.
Par ces mots, il acte le principe d’une lĂ©gislature qui arrivera Ă son terme en 2013. Il n’est plus question de rĂ©clamer la dĂ©mission de Berlusconi.
En fin stratège politique, Silvio Berlusconi sait que sa cote de popularité ne remontera pas. Il voit aussi que les primaires de la gauche aux Municipales ont resseré les rangs entre les différentes formations et le principe de la candidature unique a porté ses fruits. Une large victoire.
Alors, comme par le passĂ© avec Massimo d’Allema, Walter Veltroni, le Cavaliere cherhe Ă semer la discorde dans les rangs de la gauche. La recette a dĂ©jĂ fonctionnĂ© et Ă en juger les premières rĂ©actions, elle fonctionne encore.
Dans son édito du 23 juin, Stefano Folli écrit dans Il Sole 24 Ore :
Di Pietro a modifié sa ligne politique. Doté de bons réflexes, il perçoit le lent déclin inévitable de Berlusconi et la rapide ascension de Vendola à gauche.
A la Chambre, il a attirĂ© les projecteurs  en attaquant l’absence d’offre alternative Ă Berlusconi alors que les chefs de la gauche ressassaient leurs jĂ©rĂ©miades anti Berlusconiennes… Et il s’est offert un Ă©change en tĂŞte Ă tĂŞte avec le diable.
Que veut vraiment Di Pietro ? D’abord compter davantage, après tout, la victoire au rĂ©fĂ©rendum est la sienne, et il voit d’un mauvais oeil l’entente Bersani/Vendola, les deux autres leaders Ă gauche.
Dans ce jeu de carte, Berlusconi reste l’adversaire, mais n’est plus l’ennemi jurĂ©…/… Et au final, contre Bersani, leurs arguments se rejoignent.
Di Pietro compte être de la partie mais n’entend plus jouer un second rĂ´le.
Silvio Berlusconi l’a très bien compris.
















24 juin 2011 Ă
Parfois (souvent) j’ai honte d’ĂŞtre italienne! Compliments pour votre blog. Carmen
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26 juin 2011 Ă
Un train peut en cacher un autre…
…d’abord la pièce “politique” avec ses acteurs. Berlusconi rĂ©fĂ©rence de ces 15 dernières annĂ©es, commence-t-il Ă ĂŞtre laminer par le temps ? Dans l’article prĂ©cĂ©dent quelqu’un parle de la P4 (petite-fille de la P2, peut-ĂŞtre une P 2000 un jour?); centre d’intĂ©rĂŞt, de pouvoir camouflĂ©, de pression et lobby mais en tout cas toujours en Ă©quilibre prĂ©caire entre lĂ©galitĂ©, illegalitĂ© et criminalitĂ© et aux contours insaisissables. On pourrait donc dire qu’il y a deux Ă©tats, le second ayant besoin du premier, celui officiel, indispensable pour son existence et sa continuitĂ©. Enfin le parterre, les gouvernĂ©s qui suivent les dynamiques naĂŻvement ou d’une manière dĂ©sabusĂ©e, c’est selon. Est-ce une particularitĂ© italienne ? Les lobbies plus ou moins illicites existent partout, par contre ce qui m’a toujours frappĂ© est cette facilitĂ© Ă confondre et l’acceptation presque passive d’une bonne partie de l’opinion publique (les rĂ©fĂ©rendums rĂ©cents seraient plutĂ´t une exception et Fukushima y a jouĂ© un grand rĂ´le). Cette acceptation naĂŻve serait-elle Ă rechercher dans les bases culturelles mĂŞmes qui fondent la sociĂ©tĂ© italienne ?
2 juillet 2011 Ă
Vous avez honte d’ĂŞtre italienne? Sentiment très rĂ©pendu dans votre beau pays.
En France, nous sommes majoritairement satisfaits (voire plus) d’avoir eu Jacques Chirac comme prĂ©sident, Charles Pasqua comme ministre de l’IntĂ©rieur, Jean-Noel Guerini comme prĂ©sident du Conseil gĂ©nĂ©ral des Bouches-du RhĂ´ne…pourtant ce ne sont pas des enfants de coeur. Et la liste des personnages de ce type est longue…..
Quant Ă DSK, qui a trompĂ© sa femme avec une femme de mĂ©nage “un peu spĂ©ciale” et qui ne maĂ®trise en rien sa dĂ©bordante sexualitĂ©, il ne viendrait Ă aucun français ( ou presque) de le comparer Ă Berlusconi.
C’est ce qui fait notre force!
4 juillet 2011 Ă
je suis Ă©tonnĂ© que Monsieur Valmir ne soit pas intervenu (au moins sur France culture) pour parler des graves incidents qui ont eu lieu dans le val Susa, dans le cadre du mouvement No-Tav qui proteste depuis des annĂ©es contre la construction d’une ligne de train Ă grande vitesse entre Lyon et Turin, conformĂ©ment Ă l’accord entre les gouvernements des 2 pays.
Presque tous les problèmes de l’Italie y sont concentrĂ©s:
- un gouvernement faible et décridibilisé
-une opposition divisée
- des agitateurs tels que Monsieur Grillo soufflant sur le feu
-Un maire de Turin, rĂ©cemment Ă©lu, absent…
- des populations locales désinformées sur les vérités écologiques ( rejet de co2 par les camions) et les nécessités économiques ( activité du Piémont).
- Une Ligue du Nord qui profite de la situation et qui est la seule force politique Ă avoir une position claire sur le sujet,alors que c’est un mouvement profondĂ©ment anti-italien!
-Heureusement, il ya le PrĂ©sident Napolitano…mais il est bien seul!