Comprendre l’Italie Ă  travers ses nuances

Le blog de Eric Valmir


Silvio Berlusconi ne tombera pas

berlusconi, politique

Le dĂ©clin de la droite italienne a commencĂ©, dixit Dario Franceschini, chef de file l’opposition de gauche…La presse Ă©trangère (anglais, allemands, espagnols, amĂ©ricains et français) prĂ©dit la chute prochaine de Berlusconi qui sera Ă  court terme emportĂ© par cette nouvelle affaire (appel Ă  des rĂ©seaux de prostitutions pour les soirĂ©es privĂ©es qu’il organise dans ses villas)… Mais puis-je formuler une idĂ©e Ă  contre courant ? Silvio Berlusconi ne tombera pas.

Quand le Noemigate a Ă©clatĂ©, tout le monde hurlait au scandale… Or, Noemi, on l’a dĂ©jĂ  presqu’oubliĂ©… L’enquĂŞte du parquet de Bari qui soulève l’utilisation par le PrĂ©sident du Conseil de rĂ©seaux de prostitution pour ses besoins personnels entache la crĂ©dibilitĂ© de Silvio Berlusconi, mais il est fort Ă  parier que dans les jours qui viennent, on nous dira que les prostituĂ©es ont apportĂ© de faux tĂ©moignages, et que cette histoire n’est que manipulation… Et que vaut la parole d’une p… ? Je ne serai pas surpris qu’on entende ce refrain lĂ .

Donc pour résumer

Une semaine de tintamarre entre dĂ©clarations plus fracassantes les unes que les autres…

Et les langues se dĂ©lient…

Et les accusations diverses et variĂ©es sont portĂ©es en première page…

Et la télévision, surtout la Rai Uno est accusée de ne pas parler de cette affaire et de protéger Berlusconi

Et l’indĂ©pendance de la presse est remise en question…

Et une autre prostituĂ©e parle…

Chouette, y a des photos…

Et Berlusconi se dĂ©fend “des immondices”…

Y a des Ă©lections, un RĂ©fĂ©rendum, des municipales et des cantonnales partielles… MAIS….

ON S’EN FOUT, il y a du “cul” et mĂŞme de la drogue (cocaĂŻne), c’est autrement plus passionnant qu’une consultation populaire sur une rĂ©forme Ă©lectorale !!!!!

Et pendant ce temps lĂ … Derrière ce tintamarre de hurlements susceptibles de couvrir les dĂ©cibels de milliers de klaxons dans les embouteillages du vendredi soir, un certain Marcello Dell Utri voit sa condamnation pour collusion avec la Mafia prononcĂ©e en 1ère instance examinĂ©e par la Cour d’Appel de Palerme… Un procès des plus importants dont on ne voit aucune ligne nulle part, aucune image….  Les faits : sĂ©nateur et cofondateur de Forza Italia, il est accusĂ©, entre autres, d’avoir apportĂ© son concours aux investissements de la mafia sicilienne depuis la fin des annĂ©es 70 dans la Fininvest, holding de Silvio Berlusconi. Les magistrats l’ont qualifiĂ© durant le procès d’”ambassadeur de la Cosa Nostra Ă  Milan“.

MAIS PAS UN MOT DANS LA PRESSE…. si une petite ligne p.18.

Marcello Dell’Utri est entr’autre accusĂ© d’avoir Ă©tĂ© « l’intermĂ©diaire et l’homme providentiel intervenu pour rĂ©soudre les problèmes d’organisation de la mafia  en prĂ©parant l’arrivĂ©e sur la scène politique italienne de forces bien disposĂ©es Ă  l’Ă©gard de Cosa Nostra dans les annĂ©es 90 “, selon le rĂ©quisitoire. L’accusation s’appuie en particulier sur des dĂ©positions du mafieux repenti Nino Giuffre il y a 7 ans. Mais aussi sur des documents saisis.

Pardon, mais si ces accusations trouvent une traduction en condamnation, tout en conservant une marge d’erreur relative à la faute judiciaire, alors nous sommes en face d’un fait Ă©tabli. Et si Marcello dell Utri, un des proches de Silvio Berlusconi est le lien entre la Mafia et une nouvelle classe politique dans les annĂ©es 90, on peut s’interroger.

Evidemment, ne pas me faire dire ce que je n’Ă©cris pas. Cette condamnation ne fait pas du PrĂ©sident du Conseil un mafioso, d’ailleurs Silvio Berlusconi a toujours dĂ©noncĂ© l’archanement de juges communistes qui voulaient l’atteindre via Marcello Dell Utri…  En tout Ă©tat de cause, il y a lĂ  des zones d’ombres Ă  Ă©claircir. Sans entrer dans un processus d’accusation, au moins poser des questions… Et Ă©liminer le doute… Car ce rĂ©quisitoire contient des sous entendus nĂ©fastes Ă  la dĂ©mocratie italienne… Soit il est fondĂ© et d’autres enquĂŞtes s’imposent…Soit ce ne sont que des balivernes, et lĂ  aussi c’est tout aussi grave, il faut le dĂ©montrer plutĂ´t que de stagner dans un marĂ©cage imprĂ©cis et laisser de tels doutes planer de la sorte…

Mais la gauche n’attaque pas sur ce sujet… Et pour cause, elle qui reprĂ©sentait l’intĂ©gritĂ© judiciaire voit quelques uns de ses cadres en Campanie visĂ©s par des enquĂŞtes de collusion avec la Camorra

Le Parti DĂ©mocrate veut reprĂ©senter l’ordre et la loi, mais faute de lisibilitĂ©, voit ses thĂ©matiques lui Ă©chapper… thĂ©matiques rĂ©cuperĂ©s avec succès par la Ligue du Nord….

Alors la gauche joue les outrĂ©s devant le PrĂ©sident du Conseil volage, voit dans le système Berlusconi des relans de “fascisme”… En face, on rĂ©torque que les “communistes” aigris et revanchards montent des dossiers de toute pièce… D’un cotĂ© comme de l’autre, on n’a ni programme, ni idĂ©e, on joue la confrontation radicale et musclĂ©e d’un autre temps (fascisme/communisme), des tempĂŞtes de polĂ©miques qui retombent comme des soufflĂ©s, balayĂ©es par d’ autres, on s’arrange pour organiser un RĂ©ferendum qui demanderait au peuple de se prononcer pour une rĂ©forme Ă©lectorale. L’idĂ©e : renforcer le poids bipolaire du PDL Ă  droite (Berlusconi) et PD Ă  gauche….Le principal est de garder la main…

Les italiens fatiguĂ©s ne rĂ©pondent pas, abstention historique, le quorum non atteint, rĂ©sultat annulĂ©…  Un nouveau succès pour la Ligue du Nord, petit parti qui grossit qui grossit…

Berlusconi va tomber ? … Alors, admettons… Pour une affaire quelconque, mĂŞme judiciaire… ProtĂ©gĂ© par l’immunitĂ©, il dissout l’AssemblĂ©e et se prĂ©sente aux Ă©lections…

Et il la gagne… Parce qu’il est le leader du Centre Droit et que chez les italiens la haine de la gauche est encore plus forte… (les impĂ´ts de Prodi ont fait beaucoup de mal)… Dans cette Ă©lection qui n’aura pas lieu, on peut imaginer une abstention record et encore une progression de la Ligue du Nord… Mais le leader reste en tout Ă©tat de cause Silvio Berlusconi qui retrouverait le Palais Chigi.

Pour cette raison, Berlusconi ne tombera pas, mais ne montera peut ĂŞtre pas plus haut… Son rĂŞve d’accession au Palais Quirinal devient chaque jour un peu plus flou… PrĂ©sidence de la RĂ©publique en  Italie est une fonction hautement symbolique.  Le rĂ´le du patriarche de la Nation, sage et garant des institutions….

Vivement attaquĂ© par la presse catholique, Silvio Berlusconi voit son image se dĂ©grader jour après jour…Et mĂŞme si dans sa vie, il a toujours su sĂ©duire, jouer de son charisme,  nĂ©gocier et enlever les contrats, un Quirinal, (logiquement)  ça ne s’achète pas…

Enfin, je crois.

16 commentaires pour “Silvio Berlusconi ne tombera pas”

  1. giorgiof dit :

    Eric,
    Analyse qui me semble juste: je pense comme vous que SB ne tombera pas…
    Mais je vous trouve décidemment (un peu) trop sévère avec le Parti Démocrate:
    malgrĂ© tous ses dĂ©fauts, qui l’apparentent au PS français, il n’a pas coulĂ© aux Ă©lections passĂ©es, et Francheschini rĂ©ussit plutĂ´t mieux que Veltroni… Ă  limiter les dĂ©gâts.

  2. pin dit :

    Je crois que Eric continu Ă  ignorer la sociĂ©tĂ© civile, que malgrĂ© tout bouge plus que ailleurs, et garanti un minimum de contrĂ´le sur le territoire, les lois, les aberrations plus Ă©clatantes - mais qui n’a pas la force d’obliger le Premier Ă  dĂ©missionner et ce dernier ne le fera pas parce-que tout simplement il ne se souci pas du tout de ce que nous pensons de lui - son Ă©tique et sa morale se limitant Ă  des chiffres avec beaucoup de zĂ©ros sur de nombreux comptes en banque.

    Le drame est certes le fait que la gauche parlementaire n’affronte pas les vrais problĂ©matiques sociales, mais surtout qu’elle soit complètement coupĂ©e aussi bien des italiens que de ses potentiels militants. LĂ  je partage l’idĂ©e de Giorgio quand il fait un rapprochement avec la crise du PS en France et la distance avec sa base potentielle
    Eric je crois que vous continuez Ă  ignorer aussi l’aptitude complice de la France, aptitude un peu ambigĂĽe : le cas Mills a eu très peu d’espace dans la presse, ainsi que les agressions et homicides de l’extrĂŞme droite, ou encore pire de citoyens xĂ©nophobes qui passent Ă  l’acte sous influence de chef de partis et maire de villes. Maroni devrait donner ses dĂ©missions pour conspiration contre la RĂ©publique, alors qu’il en est un ministre, et ses rondes padanes ĂŞtre mises hors la loi. C’est le contraire qui se passe, les rondes sont devenues lĂ©gales et peuvent prendre plusieurs formes et couleurs : rondes noires, vertes, roses, jaunes. Association de citoyens qui se font justice par eux mĂŞme, et devraient se balader dans les quartiers populaires pour garantir “la sĂ©curitĂ© des italiens” - les autres Ă©tant “les ennemis” …(!)
    On construit un parti, on l’appelle PNI, partito nazionale italiano, avec un programme plus que inspirĂ© Ă  celui du Parti National-socialiste allemand de 1920. Il y a eu une dĂ©nonciation de l’ANPI (association partisans it) pour apologie de fascisme, ils ont enlevĂ©s le programme de leur site, mais peacereporter l’avais dĂ©jĂ  capturĂ©..Les premiers 10 points dans les deux programmes sont quasiment identiques.
    http://it.peacereporter.net/articolo/16227/Sparisce+il+programma+dal+sit…

    Vous pourriez me rĂ©pondre : “oui mais justement il y a une loi et d’ailleurs ils ont enlevĂ© leur programme”. Oui, ceci ne changera pas la rĂ©alitĂ© des tensions sociales que ce gouvernement alimente, qui se somment aux lois anti-raciales, aux infiltrations mafieuses dans le système Ă©conomique, aux injustices du monde du travail, ecc
    L’Europe par le biais de l’OCSE demande Ă  l’Italie de revoir son Ă©cole en rejoignant plutĂ´t la reforme Gelmini contestĂ©e Ă  raison par les Ă©tudiants. Donc l’OCSE trouve que notre Ă©cole couterait trop cher et ne serait pas assez “performante”. Performante en termes de rentabilitĂ© Ă©conomique.

    Enfin je me rĂ©pète peut-ĂŞtre mais j’ai envie de dire que si l’Europe n’Ă©tait pas seulement une organisation pour le dĂ©veloppement Ă©conomique, mais si elle remplissait son rĂ´le de garante d’une certaine Ă©tique dans la gestion de son patrimoine, un chef du gouvernement comme l’”innominabile” serait astreint de dĂ©missionner, par la cour europĂ©enne.

    Sans vouloir ĂŞtre trop dramatique, si un futur semblable Ă  la Yougoslavie attend l’Italie, nous pourrons sans doute affirmer que la communautĂ© internationale n’aura pas fait grand-chose pour l’empĂŞcher.

    Merci en tout pour vos analyses toujours très “blessantes” - (oui l’italien moyen(nement intelligent) n’est pas du tout fier de l’ĂŞtre et gĂ©nĂ©ralement est très “esterofilo”/xĂ©nophile) - mais justes, donc nĂ©cessaires…

  3. sophie dit :

    Je suis dĂ©solĂ©e pin, mais pour moi, la classe politique agit très souvent dans la droite continuitĂ© de la sociĂ©tĂ© civile italienne (et vice-versa), ce qui, dans un sens, serait la logique d’une dĂ©mocratie. Mais surtout, j’aimerais savoir (sans malice) en quoi tout bouge plus qu’ailleurs en Italie??? C’est un petit peu gratuit comme affirmation…

    Par ailleurs, attendre de l’Europe qu’elle vienne taper sur les doigts des vilains dirigeants europĂ©ens, c’est au mieux utopique (nous sommes encore bien loin de l’avènement d’une Europe politique), au pire, dĂ©missionnaire.

  4. sophie dit :

    Et pour revenir rapidement sur le sujet du post… Non seulement Berlusconi ne tombera pas, mais je pense mĂŞme que le G8 Ă  l’Aquila va venir opportunĂ©ment redorer son blason, tout comme la prĂ©sidence europĂ©enne a redorĂ© celui de Sarkozy. Tout le monde partira en vacances content, et personne ne souciera plus de savoir qui traĂ®ne en string au bord de sa piscine en Sardaigne.

  5. pin dit :

    Renseignez vous mieux sur ces trois sujets : Prisons, Psychiatrie et école, en Italie.
    Je ne sais pas si vous ĂŞtes au courant mais il y a eu en France 68 suicides depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, en prison. Le dernier avait 23 ans, mais il y a eu pas mal d’adolescents aussi.
    Pour le reste Ă©videmment que l’Europe devrait rĂ©agir face Ă  quelqu’un qui fait travailler la mafia. Le phĂ©nomène est bien Ă©tendu en Europe, pourquoi Ă  votre avis?
    Mayday, vous connaissez? Elle vient de Milan et depuis quelques annĂ©es touche Paris et d’autres villes en France. Ce n’est pas juste une manifestation mais un support lĂ©gal pour les prĂ©caires tout au long de l’annĂ©e.
    Je vous fait remarquer au passage que pour certains se révolter en Italie signifie mettre en danger sa propre vie. On le fait quand même.

  6. pin dit :

    Enfin tout ça pour dire que entre Gladio, la P2, le Vatican, les mystères (Ustica..) et toutes les mafias, sans oublier que dans l’après guerre c’est les amĂ©ricains, aussi, qui ont bien voulu mettre au pouvoir des mafieux dans le sud. Tout a Ă©tĂ© mis en Ĺ“uvre, et pas qu’en Italie, pour que “les communistes” ne gagnent pas. Nous avons nombreuses bases OTAN, bien plus que dans d’autres pays en Europe.
    Nous Ă©tions trop proche de l’Europe de l’Est pour que l’AmĂ©rique se paye le risque que l’Italie passe de l’autre cĂ´tĂ© de la barrière. Est-ce que un gouvernement communiste nous aurait donnĂ© une sociĂ©tĂ© plus juste? Sincèrement je ne sais pas. La seule certitude est qu’ils n’ont jamais gouvernĂ©.

    La situation actuelle a une raison historique et très sincèrement je ne crois pas qu’il suffit de virer Berlusconi, ce qui serait tout de mĂŞme d’un bon auspice, pour redevenir Ă  la normalitĂ©.
    Nous n’avons jamais Ă©tĂ© dans “la normalitĂ©”. Nous nous sommes reconstruits dans l’anormalitĂ© : 4500 dignitaires (gerarchi) fascistes amnistiĂ©s et qui ont rĂ©intĂ©grĂ© les mĂŞmes fonctions, dans l’administration, souvent dans la police. L’Italie Ă  la grande diffĂ©rence de l’Allemagne n’a jamais fait un vĂ©ritable processus historique au fascisme. Donc ces sursauts de retour rĂ©cents ont derrière des individus et des programmes très proche du gouvernement. La droite italienne est un peu “spĂ©ciale” dans ce sens qu’elle n’a jamais complètement reniĂ© le fascisme. Une bonne partie de la droite. Dire qu’ils sont ringards ne nous met pas Ă  l’abri de leur dangerositĂ©.
    Malheureusement la politique Ă  la rabaisse sur le sociale/santĂ© et l’Ă©ducation, ainsi que la rĂ©duction des garanties pour les travailleurs ou un rĂ©trĂ©cissement des droits des immigrĂ©s, sont bien inspirĂ© Ă  la politique de SB qui se propage aussi en France. L’extrĂŞme droite est montĂ©e dans plusieurs pays et l’abstention a Ă©tĂ© très Ă©levĂ©e aussi, ce qui nous fait bien comprendre qu’une grande partie des populations se mĂ©fient un peu de l’Europe.

    Il y a beaucoup de manifestations en Italie. Le fait qu’on n’en tient pas compte ne veut pas dire que la sociĂ©tĂ© civile ne bouge pas ou sympathise pour le Premier.

  7. ericvalmir dit :

    @ Pin

    Je n’ignore pas la sociĂ©tĂ© civile comme vous dĂ®tes. Bien au contraire, le post Ă©voque comment un système bien en place peut très bien fonctionner sans l’aval de la sociĂ©tĂ© civile.

    Les partis font leur business, les gens peuvent toujours aller voter, la rĂ©partition du pouvoir se fera ensuite entre eux. Comme un milieu d’affaire…

    Dans ce pays civique, l’abstention progresse scrutin après scrutin, justement parce que les italiens sont fatiguĂ©s de ne pas ĂŞtre considĂ©rĂ©s. Et la responsabilitĂ© de la presse Ă  ce sujet est tout aussi important…

    Le pays Ă©tait convoquĂ© aux urnes ce week end… Un RĂ©ferendum + Ă©lections municipales et cantonnales dans des fiefs dĂ©cisifs… Avez vous eu une soirĂ©e Ă©lectorale Ă  la tĂ©lĂ©vision ? RIEN !!!! Pas un rĂ©sultat, pas un dĂ©bat.

    C’est comme si tout Ă©tait fait pour dĂ©ligitimer le vote… DĂ©courager le sens civique…
    Pour dĂ©tourner l’attention des questions essentielles… On donne une importance inconsidĂ©rĂ©e Ă  de petites polĂ©miques qui rendent ainsi stĂ©riles celles qui mĂ©riteraient d’ĂŞtre dĂ©veloppĂ©es…

    Ce post ne raconte rien d’autre…

  8. pin dit :

    Eric, merci.
    Et pardon pour cette attitude un peu schizophrène envers l’Italie : d’un cĂ´tĂ© j’accuse sans pitiĂ©, de l’autre j’essaye de faire la part du feu, de sauver les meubles…parfois ça peut paraitre bizarre…

    Sophie, je crois que dernièrement je souffre d’une pathologie peu connue et que je dĂ©finirait “du militantisme aigu”, ce qui atteint mon système nerveux et n’amĂ©liore pas mes capacitĂ©s diplomatiques. Je m’excuse d’ĂŞtre un peu dur. Faut que je prenne du recul…

  9. sophie dit :

    Pin, vous me parlez des prisons parce que c’est le sujet polĂ©mique en France ces derniers temps. Très bien. Je suis dĂ©solĂ©e, je ne suis pas une experte, bien que j’habite Ă  deux pas d’une prison Ă  Milan… Mais parlons de l’Italie et laissons la France de cĂ´tĂ© si vous voulez bien.

    L’Ă©cole? J’ai appris l’italien Ă  Milan avec une prof de français (Ă  temps plein) italienne, qui cumulait deux boulots (comme tous ses collègues) + des petits boulots (du baby-sitting Ă  40 ans!!!) non dĂ©clarĂ©s. Elle m’a parlĂ© pendant des heures de la faillite du système scolaire italien (de façon très concrète, au quotidien). Par ailleurs, Ă  l’Ă©cole de ma fille, j’assiste depuis deux mois Ă  d’intenses conciliabules sur le choix de l’Ă©cole primaire (celles Ă  demander, celles Ă  Ă©viter Ă  tout prix) alors que nos enfants n’y entrent que dans deux ans…

    La psychiatrie? Vous voulez donc parler de l’hĂ´pital? Pourquoi mes amis italiens, qui travaillent tous Ă  l’hĂ´pital public ici, me conseillent de me faire soigner/opĂ©rer Ă  Milan ou Ă  Padoue, mais surtout pas au sud de Bologne?

    Et je vous renvoie la question: Quid des systèmes de garde pour la petite enfance? du travail des femmes? de l’hĂ´pital public?

    non, je ne pense pas que la société civile soit si lucide que ça et que le système fonctionne si bien que ça en Italie, même si on rencontre beaucoup de gens de bonne volonté.

    Pourtant, je ne pense pas qu’il soit forcĂ©ment nĂ©cessaire “de mettre en danger sa propre vie pour se rĂ©volter”. L’essentiel, c’est l’union et la cohĂ©sion. Et dans la sociĂ©tĂ© civile italienne, j’ai parfois bien du mal Ă  les trouver.

  10. sophie dit :

    @ pin.
    En fait, je suis assez admirative de la passion que vous et certains autres commentateurs de ce blog manifestez. Mais c’est vrai qu’elle ne permet pas toujours de prendre du recul. Et c’est dommage parce que le dĂ©bat part tellement dans tous les sens qu’on en vient très vite Ă  perdre le fil…

  11. pin dit :

    “Pin, vous me parlez des prisons parce que c’est le sujet polĂ©mique en France ces derniers temps”

    Non, juste parce-que je vis en France et ce sujet m’interesse. Je le relis au problème de l’echec scolaire qui est très Ă©levĂ© dans les quartiers populaires et très probablement en rapport avec la delinquence jouvenile dont on parle souvent, surtout quand les voitures brulent. Le sistheme scolaire n’est pas parfait en Italie. Mais Ă  l’Ă©cole maternelle vous avez deux enseignantes. Ceci permet en thĂ©orie Ă  l’institution de proposer plus d’activitĂ©s aux enfants. Oui je vous assure c’Ă©tait mon mĂ©tier. Je prenais des groupes de 10/12 enfants pendant que ma collègue en gardait d’autres dans la classe pour d’autres activitĂ©s. A’ l’ecole elementaire il y a trois enseignants sur deux classes.
    Ceci permets Ă  l’Ă©lève d’avoir diffĂ©rents points de vue et ainsi au corps enseignants d’avoir plus d’Ă©lĂ©ments pour Ă©valuer l’Ă©lève. Au collège, scuola media, les professeurs conseillent les Ă©tudes supĂ©rieurs qui seraient les mieux adaptĂ©s aux compĂ©tences du jeune en fin d’Ă©tudes. A’ ce dernier et Ă  la famille restera tout de mĂŞme la possibilitĂ© de choisir un autre parcours. Le doute qu’un enfant n’ait pas su donner le mieux de soi parce-que son enseignant n’Ă©tait pas Ă  la hauteur de sa tache, demeurant toujours comme une possibilitĂ© confirmĂ©e par faillibilitĂ© de l’humain, mĂŞme enseignant.
    Si je parle de la France ce n’est pas pour me lancer dans une compĂ©tition pour le pire et le meilleure, mais plutĂ´t pour insĂ©rer le phĂ©nomène italien Ă  l’intĂ©rieur d’un contexte plus vaste, qui justifie en partie l’existence et la survie de ce phĂ©nomène italien.

    Mais il n’y a rien d’original dans ce que j’Ă©cris, aucune dictature dans ce bas monde existerait si elle ne servait pas les intĂ©rĂŞts Ă©conomique de quelques autres pays…

  12. pin dit :

    Sophie, au master d’art-thĂ©rapie Ă  la facultĂ© de psychologie/mĂ©decine Ă  Paris V RenĂ© Descartes, c’est la prof de psychopĂ©dagogie qui a annoncĂ© Ă  toute la classe que l’Italie serait Ă  l’avant-garde en ce qui concerne la recherche en psychopĂ©dagogie et bien sur en psychiatrie. Moi et une autre fille italienne nous nous sommes regardĂ©es et nous avons souris, pensant que c’Ă©tait une bien originale affirmation. Je crois que de nos oreilles nous avions jamais entendu auparavant d’ĂŞtre Ă  l’avant-garde en quelque chose…du coup j’ai commencĂ© Ă  creuser la question.

  13. sophie dit :

    Pin… en fait, ça ne m’Ă©tonne pas (Ă  vrai dire, la semaine dernière, j’ai dĂ®nĂ© avec un psychologue milanais passionnant qui a créé plusieurs centres pour traiter les dĂ©sordres alimentaires chez les enfants de 3 Ă  15 ans)…
    Et j’ai souvent pu constater que l’Italie Ă©tait vraiment en avance en matière de pĂ©diatrie (Ă  tous les niveaux). C’est juste dommage qu’il y ait tant de disparitĂ©s. Des services de nĂ©onatalogie et d’orthopĂ©die parmi les meilleurs en Europe Ă  Milan et Ă  Padova, et des hĂ´pitaux sans aucun moyen ailleurs…

  14. Paolo dit :

    Je réagis à ce post sur plusieurs plans qui sont, à l’apparence, bien séparés entre eux.
    Le cours du procès d’appel de Dell’Utri totalement ignoré par la presse, ce qui ne fait que bien reconfirmer qui sont ceux qui dirigent l’information et qui sont ceux qui la suivent.
    L’histoire de fêtes, “escorts” et éthique douteuse sert aussi à cacher d’autres scénarios encore plus inavouables, tactique déjà plusieures fois utilisées. Le volet suivant me semble plus complexe.
    Il n’y a pas que Berlusconi en Italie et malgré sa lourdeur, il a rendu bien des services à un certain monde financier et industriel. Tout n’est pas criminalité organisée en Italie et même si certaines normes laxistes la favorise, elles ne sont pas mal vues par les sommets de l’appareil économique italien (et pas qu’italien). En un mot: déréglementation de tout.
    M.me Marcegaglia, presidente de la Confindustria (Ă©quivalente Medef), disait il y a peu, qu’elle trouvait intĂ©ressant le probable dĂ©cret favorisant la rentrĂ©e des capitaux de l’étranger. Ce dĂ©cret, comme ceux de 2001-03 (fameux “scudo fiscale”), ne prĂ©voit aucune traçabilitĂ© et garantit donc potentiellement l’éventuel blanchiment de capitaux d’origine criminelle, comme quoi on finit par ne pas ĂŞtre trop tatillon quand quelque chose est favorable Ă  nos intĂ©rĂŞts. Marcegaglia n’est pas la reprĂ©sentante de Cosa nostra, pour ĂŞtre bien clair. Pour ĂŞtre succinct au maximum, les annĂ©es Berlusconi, qu’il soit aux affaires ou pas, n’a pas Ă©tĂ© dĂ©favorable Ă  ce monde, or…
    …malgrĂ© les acrobaties de ses porte-parole, malgrĂ© un contrĂ´le important des mĂ©dias, l’équipe berlusconi ne peut arriver Ă  embellir les donnĂ©es Ă©conomiques du pays outre mesure, et il ne sont vraiment pas bons. Rien qu’une donnĂ©e: la consommation d’électricitĂ© au 1er trimestre 2009 a baissĂ© de près de 9% sur l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, la deuxième baisse la plus importante a Ă©tĂ© enregistrĂ© en Allemagne avec 6,9%. Quelle soit officielle, parallèle ou encore criminelle, c’est toute l’économie qui souffre sĂ©rieusement. Les comptes de l’état en subissent les consĂ©quences et quelques apprĂ©hensions très timides commencent Ă  Ă©merger. Aucune question de clivage gauche-droite mais uniquement la garantie de la relative stabilitĂ© Ă©conomique et sociale. Dans cette perspective on peut se demander si un personnage comme Berlusconi puisse faire passer des mesures très impopulaires dans un futur très proche.
    Je commence à penser que ce sont les mêmes milieux, qui ont fermer plus d’un œil sur bien des aspects indigestes mais qui ont tiré profit sur bien d’autres, à vouloir se construire à très courte échéance une voie de secours. Non pas une alternance au pouvoir mais une espèce d’union sacré capable de sortir le pays de la crise où il s’engouffre et dont les médias réchignent à parler.
    Giulio Tremonti, le ministre des finances, très bavard entre 2001-06 (même responsabilité) est bien peu loquace depuis un moment. La Banque d’Italie a souvent contribué positivement dans les passages difficiles du pays, je n’oublierais pas de donner un coup d’œil aussi du côté de Mario Draghi, son actuel gouverneur.

  15. pin dit :

    Mario Draghi, Giulio Tremonti, Silvio Berlusconi…qui de ces trois a permis Ă  Impregilo, condamnĂ©e, critiquĂ©, au centre de la tempĂŞte mĂ©diatique après l’Ă©croulement de l’hĂ´pital de l’Aquila, coutĂ© 9 fois le prix annoncĂ© dans le devis, et valait 1/100 du prix versĂ©.

    http://www.finanzablog.it/post/4170/impregilo-soci-a-un-passo-dallaccordo-incertezze-sullopa

    Les prochains investissements de Impregilo: en Lybie et …au fait, pourquoi ce dĂ©cret sĂ©curitĂ© Ă  l’Aquila? Pourquoi crĂ©er de la confusion avec cette clownerie de summit sur les dĂ©combres? Pourquoi ils ont interdit l’accès dans les camps, la distribution de cafĂ©, les visites extĂ©rieurs, les rĂ©unions, le tractage. Ils ont coupĂ© les aides Ă  la population….
    Juste parce-que la Protection in-Civile doit veiller sur les spéculations en cours actuellement et les gens ne doivent surtout pas y mettre le nez, comme tous ces communiste en chasse de scoop! Salauds de communistes!

    Au suivant, pour la soupe!

    (le captcha/anti-spam è : “tangente” - vous voyez, c’est un signe du ciel que je ne vous raconte pas de bĂŞtises ;)

  16. pin dit :

    La BanqueCentraleEuropéenne :

    “* arrĂŞte les orientations et prend les dĂ©cisions nĂ©cessaires Ă  l’accomplissement des missions confiĂ©es Ă  l’Eurosystème ;
    * dĂ©finit la politique monĂ©taire de la zone euro, y compris, le cas Ă©chĂ©ant, les dĂ©cisions concernant les objectifs monĂ©taires intermĂ©diaires, les taux directeurs et l’approvisionnement en rĂ©serves dans l’Eurosystème. En outre, il arrĂŞte les orientations nĂ©cessaires Ă  leur exĂ©cution.”

    La BCE n’est pas lĂ  pour dĂ©finir ce qui est Ă©tique ou morale dans les investissements. Un peu comme Berlusconi a pu devenir prĂ©sident Ă  cause du fait que la Constitution italienne ne prescrivait pas Ă  priori l’entrĂ©e en politique d’un riche industriel patron des mĂ©dias, presse et tĂ©lĂ©visions.

    Pour une personne de bon sens il apparait Ă©vident que la BCE devrait se soucier de l’honnĂŞtetĂ© et de l’Ă©tique d’une entreprise qu’elle favorise - mais le bon sens ne règne pas dans la gestion de l’Ă©conomie au niveau planĂ©taire, pourquoi l’Europe devrait procĂ©der autrement qu’en faisant travailler des pollueurs et, des assassins? Oui les gens meurent sur les chantiers parce-que ces sociĂ©tĂ©s douteuses ne respectent pas les normes de sĂ©curitĂ© (autre condamnation de Impregilo)

    Et nous tenons la comptabilité des décès chaque jour
    http://lombardia.indymedia.org/node/12229

    Au cas oĂą l’Europe dĂ©cidait de s’y pencher, nous sommes très disponibles Ă  fournir d’autres informations, enfin les mĂŞmes sans doute dĂ©jĂ  en leur possession. Ces informations qu’ils mettent dans un petit tiroir fermĂ© Ă  clef …avec la petite agenda rouge du juge Borsellino peut-ĂŞtre?

Laisser un commentaire

rayon

Recopiez le code ci-dessus afin que votre commentaire soit pris en compte.