Comprendre l’Italie Ă  travers ses nuances

Le blog de Eric Valmir


Le grand Bazar, in italiano si dice “un casino”

europeennes, journalisme, politique

Et si “Il Giornale” s’appelait ainsi pour se donner parfois l’illusion d’ĂȘtre un journal ?  

C’est un article datĂ© du 19 mai 2009…”Il falso mito dei giornali stranieri” signĂ© Gianni Pennacchi, on pardonne dĂ©jà  le pseudo article qu’il a Ă©crit vu que le journalisme ne doit ĂȘtre Ă  ses yeux qu’une notion abstraite et lointaine.

Donc en substance, quelques extraits :

*   “les correspondants Ă©trangers en Italie sont un lobby proche de la gauche radicale chic. Et pour Ă©crire leur articles, ils se rĂ©fĂšrent Ă  Repubblica et Ă  l’UnitĂ . “

*   “De tous temps, ils vont manger Ă  Monserrato chez Pierluigi…/… on les a jamais vu Ă  une confĂ©rence de presse du gouvernement ou Ă  l’AssemblĂ©e…/… AprĂšs diner, on les retrouve sur les terrasses romaines l’Ă©tĂ© ou les salons l’hiver frĂ©quentĂ©s par les collĂšgues italiens de la gauche radicale chic, intellectuels et dĂ©mocrates de seconde zone…/… ils ont de somptueux appartements Ă  Trastevere ou sur le Campo di Fiori…/… ils sont tous amoureux de l’italie, de Rome et de la Toscane en particulier.”

*    “Quand travaillent ils ? C’est un mystĂšre, mais on est certain de ne pas les rencontrer dans les barques de clandestins ou sur les tremblements de terre ou Ă  la rencontre des hommes politiques !”

Et je pourrai continuer ainsi pendant des paragraphes. Je vous renvoie au site internet (www.ilgiornale.it) pour ceux qui comprennent l’italien. Pour les autres, on a dĂ©jĂ  la teneur du propos.

Deux mots de présentation du titre qui publie cet article :

Il Giornale est un quotidien milanais de centre droit, fondĂ© par un journaliste venu du Corriere della Sera Indro Montanelli en 1974.  Quatre ans plus tard, Silvio Berlusconi qui n’est pas encore en politique acquiert 30 % du capital avant de prendre le controle du titre (82%). Le quotidien a une ambition politique : s’opposer aux communistes de Berlinguer et inciter Ă  voter DĂ©mocratie ChrĂ©tienne.

Montanelli subira mĂȘme une agression des Brigades Rouges. BlessĂ© Ă  la jambe, le journaliste s’en sortira.

C’est un journal de droite et indĂ©pendant de toutes pressions politiques. En 1990 une loi (legge Mammi)  fixe de nouvelles rĂšgles entre presse audiovisuelle et Ă©crite. Silvio Berlusconi, dĂ©tenteur de MĂ©diaset, cĂšde ses actions Ă  son frĂšre Paolo. On reste en famille.  

Le vent va tourner avec la crĂ©ation de Forza Italia et l’entrĂ©e du roi de l’audiovisuel en politique. Berlusconi s’invite lui mĂȘme en salle de rĂ©daction pour donner ses directives de campagne. Montanelli claque la porte. Il ne supporte pas perdre l’ indĂ©pendance journalistique qui lui Ă©tait chĂšre. Le 12 janvier 1994, il signe mĂȘme un Ă©ditorial d’adieu.

Le journal a beau avoir une identitĂ© berlusconienne affirmĂ©e, la rĂ©daction a fait grĂšve quand le journal de la libertĂ©, organe de l’association de Michela Vittorio Brambilla, aujourd’hui ministre du Tourisme devient le supplĂ©ment de l’Ă©dition du vendredi… en 2007.

Comme toujours Ă  bas les gĂ©nĂ©ralitĂ©s. Dans la rĂ©daction, il existe de bons Ă©lĂ©ments. Je pense notamment Ă  Andrea Tornielli, certainement le meilleur vaticaniste en poste actuellement. Mais le journal peut ĂȘtre aussi un tissu ordurier.

Il Giornale s’est fait remarquer pendant la campagne Ă©lectorale avec des dĂ©lits de faciĂšs caracterisĂ©s concernant Romano Prodi. On Ă©tait plus dans l’insulte qu’autre chose. On retrouve cette teneur dans l’”article” de Gianni Pennacchi.

Bien entendu Il Giornale a le droit de revendiquer un soutien inconditionnel Ă  Silvio Berlusconi. Rien Ă  redire lĂ  dessus. La Repubblica fait bien de l’Anti-Berlu son fonds de commerce et reste Ă©troitement liĂ© au Parti DĂ©mocrate.  Mais on est en droit d’attendre des arguments, des dĂ©monstrations Ă©tayĂ©es, plutĂŽt qu’un Ă©dito Ă  deux balles dont la manoeuvre grossiĂšre n’Ă©chappe Ă  personne.

CAR

La presse Ă©trangĂšre, surtout anglaise, tape sur Silvio Berlusconi depuis des mois. A noter au passage aussi une lutte d’interĂȘt en terre italienne (Murdoch le britannique contre Berlusconi l’italien = Sky contre Mediaset, la bagarre de deux empires tĂ©lĂ©visuels).

La Repubblica et l’affaire Noemi ont Ă©tĂ© largement repris par la presse internationale. L’idĂ©e du Giornale  :  dĂ©montrer Ă  quel point ces fourbes de journalistes Ă©trangers profitent des somptueux appartements de lItalie pour en dire du mal…Ils se lient d’amitiĂ©  avec de sales communistes pour abattre le Cavaliere… Alors que Berlusconi fait tant pour le pays… Mais la haine des journalistes des Ă©trangers est trop forte..

Et la boucle est bouclée.

Parce qu’aujourd’hui il n’y a QUE la Repubblica, la gauche et la presse internationale pour penser que Berlusconi est touchĂ© par l’affaire Noemi !!! Alors qu’elle semblerait plutĂŽt lui profiter.

D’ailleurs…

Qui donne (entr’autre) du grain Ă  moudre dans cette “affaire Noemi”? Emilio Fede, patron de Rete 4… qui raconte l’histoire du press book oubliĂ© sur son bureau et  que Berlusconi trouve par hasard. Et Emilio Fede confirmerait… Allons donc, dans le staff berlusconien, on ferait de telles erreurs de communication.

Un paparazzo empĂȘchĂ© de publier des photos de fĂȘtes privĂ©es dans la villa de Sardaigne de Berlusconi. On y verrait de jeunes filles en tenue lĂ©gĂšres danser au bord de la piscine ! Allons donc (bis)….Il n’y a que la morale anglaise pour ĂȘtre Ă©prouvĂ© ! Ici, en Italie, n’importe quel septuagĂ©naire fortunĂ© organise sa boum avec les jeunes de 20 ans (ou pire rĂȘve de le faire)  !

Reste le problĂšme des avions affrĂ©ttĂ©s par l’Etat depuis que le chanteur napolitain ami de Berlusconi s’est fait photographier Ă  la descente d’un avion de l’armĂ©e de l’air qui le conduisait Ă  une fĂȘte en Sardaigne ….

MAIS… une fois les Ă©lections passĂ©es, la semaine prochaine on aura Berlusconi vainqueur, la gauche par terre.  On aura dĂ©jĂ  oubliĂ© Noemi et on parlera alors de la gauche Ă  reconstruire. D’autres dĂ©bats plus politiques arriveront…Et on regrettera peut ĂȘtre l’absence de programme pendant la campagne… Cette campagne pour les EuropĂ©ennes, c’est coup pour coup sur Noemi…. Et les italiens sont fatiguĂ©s de ces querelles… Comme l’Ă©crit Stefano Folli dans Il Sole 24 Ore, “Berlusconi tend le climat pour gagner les Ă©lections.”…Et la gauche de son cotĂ© montre son aspect le plus mĂ©diocre : soit tomber dans le piĂšge tendu ou alors se concentrer essentiellement sur l’anti berlu, au niveau de la ceinture, sans proposer d’alternative. On tourne en rond.

Et pendant ce temps lĂ , David Mills silence radio. Il est pourtant avĂ©rĂ© que Silvio Berlusconi a corrompu cet avocat (600 00  euros) pour qu’il dĂ©pose un faux tĂ©moignage dans un procĂšs intentĂ© au PrĂ©sident du Conseil.

Et pendant ce temps lĂ , la crise des dĂ©chets Ă  Palerme, silence radio. Differends entre Lombardo (PDL) et Berlusconi. L’ombre de la Mafia sur le traitement des dĂ©chets.

Et pendant ce temps lĂ , l’Aquila, le chantier de la reconstruction. L’ombre de la Mafia, les soupçons de collusion et dĂ©tournements…. remplacĂ©s par d’autres soupçons : Berlusconi est volage avec des jeunes femmes. Sans blagues. Tu parles d’une rĂ©vĂ©lation.

Son image Ă  l’Ă©tranger, Berlusconi s’en moque depuis des lunes. Ce qui l’intĂ©resse, c’est son destin italien. Et dans son pays, regardez,  il n’est que la victime combinĂ©e des communistes et des journalistes Ă©trangers… Et  l’article de Gianni Pennacchi tombe Ă  point nommĂ©.

Au fait Gianni, t’as entendu parler des pigistes qui vivent dans des chambres de bonne parce que les rĂ©dactions n’ont plus les moyens de payer des correspondants ? Il n’y a pas que CNN et Times dans la vie.

Au fait Gianni, c’est drole que tu en parles parce que j’Ă©tais Ă  Lampedusa et Ă  l’Aquila. Et toi ?

Au fait Gianni, les interviews des hommes politiques du PDL. C’est drole que tu en parles parce qu’Ă  chaque fois qu’on veut les interviewer ils veulent la listes des questions 3 jours avant. Tu me diras peut ĂȘtre que c’est un procĂ©dĂ© italien et qu’on doit s’adapter. On ne respecte dĂ©cidĂ©ment rien.

Au fait Gianni, on se connait ?

15 commentaires pour “Le grand Bazar, in italiano si dice “un casino””

  1. humanrace dit :

    bravo pour votre blog… Je vis moi-meme en Italie et je suis effarĂ©e par les arguments de la droite italienne pour se dĂ©fendre des attaques venues de l’Ă©tranger (car de l’intĂ©rieur, pas grand chose…).. Le climat est devenu ici dĂ©lĂ©tĂšre: racisme, campagnes anti-laicitĂ© (Ă  droite comme Ă  gauche)… Dans le dernier film de Bellocchio, le personnage du psychiatre dit Ă  la maitresse de Mussolini enfermĂ©e dans un asile: “nous vivons un temps oĂč il n’est pas bon de dire la vĂ©ritĂ©; soyez plus intelligente qu’eux, aujourd’hui il faut se taire, attendez et priez; ils n’ont peur que d’une chose: l’Eglise, notre mĂšre” (je cite de mĂ©moire)… C’est exactement ce que je ressens aujourd’hui…

  2. sophie dit :

    Je me souviens quand Pascale Clark travaillait encore pour France Inter. Tous les vendredis matins, elle revenait sur l’actualitĂ© avec des correspondants de la presse internationale, Italie, Allemagne, UK, US, etc… dont les commentaires et les analyses Ă©taient souvent trĂšs pertinents, car nourris par leurs cultures respectives. C’est sĂ»r, certains bons vieux clichĂ©s anti-français ressurgissaient Ă  l’occasion, mais c’Ă©tait de bonne guerre, et d’une certaine façon toujours un peu fondĂ©. Je ne partageais pas toujours leurs opinions Ă©videmment, mais elles enrichissaient le dĂ©bat, Ă©lĂ©ment essentiel de la dĂ©mocratie Ă  mon sens. Encore faut-il qu’on souhaite le dĂ©bat. C’est la vraie question au fond.
    Qui veut tuer son chien dit qu’il est enragĂ©… ou bien qu’il a un somptueux appartement sur le Campo dei Fiori.

  3. picot dit :

    Cette affaire Noemi est lamentable Ă  tout points de vues . Quant Ă  la presse Ă©trangĂšre , il ne faut pas gĂ©nĂ©raliser . Mais il ne faut pas nier que certain correspondants Ă©trangers notamment en 1994 se bornaient Ă  traduire des Ă©ditoriaux du groupe De Benedetti (Espresso et Repubblica ), le pire ennemi de Berlusconi , dont l’impartialitĂ© Ă©tait Ă©gale Ă  zĂ©ro . Il faut rappeler que l’Espresso a consacrĂ© plus de 100 couvertures consĂ©cutives ( record du monde ) Ă  Berlusconi pour le dĂ©truire , Ă  cette Ă©poque . Ces attaques , certaines justifiĂ©es , mais la plupart totalement orduriĂšres et mensongĂšres , ont blindĂ© son Ă©lectorat jusqu’Ă  aujourd’hui . Repubblica et Espresso , Ă©taient lus et apprĂ©ciĂ©s par toute la sociĂ©tĂ© italienne , de la droite Ă  la gauche avant 1994 . Malheureusement pour eux ils sont devenus autistes depuis l’arrivĂ©e de Berlusconi . C’est pourquoi toute attaque venant du groupe De Benedetti et qui est reprise par les mĂ©dias Ă©trangers ne suscite que mĂ©pris de la part des Ă©lecteurs de droite . Tout ce que pourra trouver pour salir Berlusconi le groupe De Benedetti ne dĂ©placera une seule voix au profit du centre gauche . Cet article que vous dĂ©noncez Ă  juste titre n’est qu’une des consĂšquence de la campagne infame de 1994 .
    C’est Ă  cette Ă©poque que la presse Ă©trangĂšre a perdu toute crĂ©dibilitĂ©, chacun utilisant les opinions de la presse Ă©trangĂšres , dont les italiens se foutent totalement, a des fins de lutte politique . Il est Ă©difiant Ă  ce titre de relire les articles de Marcelle Padovani Ă  l’Ă©poque ( archives du Nouvelobs ) . Les bras vous en tombent .

  4. Chiara dit :

    Alors comme ça vous ne vivez pas dans une somptueuse villa ???

    Je n’ai pas pu venir l’autre jour Ă  Paris, ça fait un peu loin de chez moi, mais ça aurait Ă©tĂ© avec plaisir. Une autre fois j’espĂšre….

    Umberto Eco avait bien analysĂ© dĂ©jĂ  le phĂ©nomĂšne, il y a quelques annĂ©es, dans “Ă  reculons comme une Ă©crevisse” ; il parlait du danger que l’anti-berlusconisme devienne une sorte de “club” auquel ne participent que ceux qui sont dĂ©jĂ  convaincus. Et il donnait aussi quelques pistes de contre attaque, d’ailleurs.

    Je suis inquiĂšte, parfois dĂ©sespĂ©rĂ©e de voir ce pays que j’aime profondĂ©ment, oĂč plongent mes racines, dont j’enseigne la langue, devenir si conforme Ă  sa propre caricature.

    Je comprends votre colĂšre ; si cela peut vous mettre un peu de baume au cƓur sachez que nous sommes nombreux parmi ces “passeurs de langue” Ă  apprĂ©cier votre travail.

    Merci

  5. Charles dit :

    Bel article, merci !

    Pour illustrer le complot gĂ©nĂ©ral (de la presse notamment) contre ce cher petit pĂšre du peuple italien, citations d’un gars sous une tente de campagne pour Berlusca, quelques jours avant son Ă©lection :
    “mais d’abord, vous les Ă©trangers, qu’est-ce que vous en savez de l’Italie et de Berlusconi ?”
    “de toute façon vous Ă  l’Ă©tranger, vous ĂȘtes victimes de la propagande communiste, vous croyez tout ce qu’on vous dit”
    “les procĂšs que Berlusconi a gagnĂ© Ă©taient parfaitement Ă©quitables. La preuve : il y avait des communistes parmi les jurĂ©s”

    Eric, attention aux communistes !! ils sont partout, et ils vont vous laver le cerveau !!
    en plus ils mangent les enfants (si, si, on m’a dit….)

  6. stefano dit :

    Ăš tornato Eric !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! complimenti !

  7. pin dit :

    Bel article, en effet
    je suis ultra pressĂ©e mais j’avais juste envie, pour ceux qui comprennent l’italien, de vous montrer comme entre l’Italie et la France derniĂšrement il y a des similitudes inquiĂ©tantes en ce qui concerne la dĂ©formation de l’information, mais aussi la montĂ©e de l’extrĂȘme droite, ou sa tentative.
    J’ai du respect pour Emilio Gentile bien sur, mais l’article publiĂ© sur ce site est malheureusement trĂšs inexacte (c’est tout de mĂȘme le seul), l’extrĂȘme droite avance et comment! Ils sont protĂ©gĂ©s par le gouvernement et par une bonne partie de la presse! Que les social dĂ©mocrates s’en soient aperçus trĂšs tard c’est trĂšs juste, qu’ils ne parlent que d’eux actuellement c’est Ă©galement vrai, mais qu’il faut revenir au plus vite aux livres d’histoire et se lancer dans l’Ă©ducation populaire (non populiste) , c’est un fait.
    Je me considĂšre d’extrĂȘme gauche (it qui correspond Ă  la gauche française..) et cette histoire des fascistes qui sont de plus en plus nombreux parce-que Ă  gauche nous sommes des radical chic, ça commence vraiment Ă  bien faire! Mais quand un historien comme Gentile montre en effet qu’il passe plus de temps sur ses livres qu’Ă  regarder par sa fenĂȘtre, on comprend vraiment qu’il y a une dichotomie Ă©norme entre les gens et les intellectuels de centre-gauche.
    Saverio Ferrari est beaucoup plus informĂ© sur l’univers de l’extrĂȘme droite telle que nous la voyons renaitre aujourd’hui.

    http://lombardia.indymedia.org/node/18397 quelqu’un trĂšs probablement du FN it a postĂ© sur ce site indĂ©pendant, nous ne l’avons pas effacĂ©, prĂ©fĂ©rant en profiter pour parler du phĂ©nomĂšne DieudonnĂ© et Soral, le commentant comme il se doit..

    Il Giornale Ă  son dernier article sur la manifestation pour les migrants, nous a traitĂ© de “mous”, puisque nous faisons des manifestations pacifiques, ils nous provoquent par tous les moyens. Le premier mai, Ă  la May day il y a eu un viol Ă  la fin de la manifestation. Un camarade a rĂ©ussi Ă  attraper le violeur et l’a consignĂ© aux RG, immĂ©diatement il y a eu une forte charge de la part de la police prĂ©cisĂ©ment sur ce camarade, ils l’ont blĂ©ssĂ© Ă  la tĂȘte…Il n’y a mĂȘme pas eu d’affrontement avec la police, le lendemain, mĂȘme dans Repubblica la version des faits a Ă©tĂ© complĂštement travisĂ©. Ils ont Ă©crit que la grande manifestation organisĂ© depuis plusieurs annĂ©es par le centres sociales (squats engagĂ©s) avait Ă©tĂ© le théùtre d’un viol qui s’Ă©tait produit dans l’indiffĂ©rence gĂ©nĂ©ral, quand on se serait aperçu de ce qui Ă©tait en train de se passer on aurait commencĂ© a poursuivre l’”immigrĂ©”, comme n’importe quel raciste . Du coup la police serait intervenue et il y aurait eu un affrontement, pendant qu’un “passant” sauvait la peau du violeur l’amenant Ă  la police. Le camarade blessĂ© a Ă©tĂ© secouru par une ambulance et, bien sur n’a pas portĂ© plainte.

    http://www.youtube.com/watch?v=WycmSuhah88
    ces gens ont pu ouvrir un lieu Ă  Milan, mĂ©daille d’or de la RĂ©sistance. L’apologie de fascisme est un crime, impuni ces derniers temps

    ouverture FN a Bergame, promoteurs Roberto Fiore ex Nar (groupe d’extrĂȘme droite, il n’a pas fait de la prison, il s’est sauvĂ© Ă  Londre a fondĂ© Easy London, avec on ne sait pas quel argent il a créé une discrĂšte fortune. Il devrait rĂ©pondre de la strage de Bologne entre autres, mais Ă©trangement il aurait bĂ©nĂ©ficiĂ© de la prescription, pas Marina Petrella en tout cas) ils ont manifestĂ© avec bĂątons, casques et bras levĂ©es, il y avait un prĂȘtre lĂ©fevrien PĂšre Tam qui a fait aussi le salut romain devant les manifestants
    http://www.youtube.com/watch?v=SCEzy0z4Em0
    les anti-fa sont Ă©tĂ© chargĂ©s et pourchassĂ©s par la police en fin de manifestation, alors qu’ils rentraient chez eux
    http://www.youtube.com/watch?v=_tYVaNnlV9U

    Je suis presque persuadĂ©e que tout ça a juste un objectif, faire monter la tension, provoquer des bagarres entre fascistes et anti-fascistes, pour cacher toutes les basses manƓuvres de notre illustre prĂ©sident.
    Et voici l’archive des agressions fascistes : http://www.ecn.org/antifa/

    Au secours!!

  8. pin dit :

    http://www.youtube.com/watch?v=whiLfabK5xk&eurl=http%3A%2F%2Flombardia.indymedia.org%2Fnode%2F18282&feature=player_embedded

    May Day - MalgrĂ© tout cette annĂ©e il y avait Ă©normĂ©ment de gens et de tout genre. J’ai observĂ© des couples de personnes ĂągĂ©s qui regardaient passer le cortĂšge en saluant et en souriant. Incroyable si on imagine le volume du bruit et certaines musiques gĂ©nĂ©ralement pas trĂšs apprĂ©ciĂ©s par cette gĂ©nĂ©ration.
    À Turin il y a eu une manifestations qui a mal tournĂ© et les gens sont descendus dans la rue pour s’interposer avec la police. Ils disaient calmez-vous qu’est ce qui se passe?

    Caro Giornale ti scrivo, cosĂŹ mi distraggo un po’, da quando i fascisti sono tornati la gente ha iniziato a sorridere a quei ragazzacci “puri e duri”, ma un po’ rumorosi e non proprio “cattolici”.
    Caro giornale continua pure a scrivere le tue vuote e insulse esternazioni da portinaia di villa Arcore. Dell’Italia si ricordano gli Italo Calvino, Pier Paolo Pasolini, Federico Fellini, Michelangelo Antonioni, Dario Fo, ne ho citati pochi ma provengono tutti dalla stessa area che, mi dispiace per voi, Ăš lontana anni luce da quello di cui vi nutrite. Non Ăš colpa vostra se ci affliggete di veritĂ  pre-masticate. È che siete completamente sprovvisti di fantasia e creativitĂ .

    http://realitylifenews.blogspot.com/2007/01/tutti-i-procedimenti-giudiziari-carico.html
    Ma nel caso vi decideste a fare il vostro lavoro, qui potreste trovare dei dati interessanti da comunicare agli italiani.
    Intanto buona fortuna, quando avrete il tempo fate un giretto al cimitero maggiore a Milano, lĂŹ vi troverete il campo X quello della decima Mas, dove ci sono i “vostri” defunti. Poi perĂČ fate un giretto anche al Campo XIV, quello col monumento ai Partigiani, Ăš molto piĂč imponente, certo ci sono piĂč morti, ma al di lĂ  di tutto il rapporto Ăš esattamente come nelle strade tra i vivi.
    Mafia, neofascismo da stadio e narcotraffico sono le attività di quelli che vorreste opporci. Noi non ci cascheremo. Non questa volta. La gente tornerà a sputarvi in faccia. Il fascismo non Ú un pensiero generato dalla ragione, ma una forma di malattia mentale, un complesso di inferiorità talmente grande da trasformarsi in furia omicida contro un nemico qualunque, purché vi dia la possibilità di sentirvi grandi. Assassini ieri, assassini oggi. Potrete fermare il nostro cuore, non ucciderete le nostre idee..

  9. Paolo dit :

    Je suis toujours surpris quand je lis que si la presse, italienne ou Ă©trangĂšre, relate simplement des faits, elle perd toute crĂ©dibilitĂ©. J’ai un peu de mal Ă  trouver autistes ceux, qui dans l’exercice de leur travail, rapportent que l’inculpĂ© est innoncentĂ© des charges qui lui sont reprochĂ©es car celles-ci ont Ă©tĂ©, entre-temps, dĂ©pĂ©nalisĂ©es par une majoritĂ© soumise; que l’inculpĂ© a Ă©tĂ© innocentĂ© car les exploits de ses avocats ont permis une prescription. Ce ne sont que des faits Ă©tablis par la magistrature (point).
    Le problĂšme serait plutĂŽt de se demander pourquoi une partie de la presse dĂ©forme ces faits mais en considĂ©rant sa propriĂ©tĂ©, c’est la moindre des choses, et pourquoi une autre encore (Corriere dellla sera, Stampa, Sole 24 ore entre autres) finit toujours ses commentaires par des: “oui, MAIS….”
    Je ne pense pas que cela soit de l’antiberlusconisme primaire, par contre cela incite Ă  se demander quelles sont les valeurs prĂ©dominantes de la collectivitĂ© italienne en ces temps-ci.
    TrĂšs inquiet sur le futur proche, mais plus que devenir sa propre caricature, le mot me semble encore assez innocent, je crains que l’Italie ne finisse par se remĂ©tamorphoser en ses pires aspects.

    Merci Pin pour les liens vidéos.

  10. Daniele dit :

    Grazie Eric per questo post. L’ho tradotto sul mio blog. Tout le monde doit le lire!
    ;)

  11. picot dit :

    L’extreme gauche en italie , et ailleurs , est une petite secte qui n’accepte pas le verdict des urnes . Sectaires , intolĂ©rants , ultras-minoritaires , violents et laches ( aprĂšs Genes 2001 , il fallait les voir ramper dĂšs qu’ils voyaient un carabinier ) , ils reprĂ©sentent le pire de chaque nation . On les voit cracher sur leur pays Ă  longueur de forum(comme ici) . En Italie tous les ratĂ©s de gauche croient qu’ils seraient devenus des gĂ©nies universels sans Berlusconi . Pauvres types . Malheureusement pour eux , en dĂ©mocratie , tout le monde a le droit de vote .

  12. Tom dit :

    Je comprends vootre demonstration Eric mais tout de meme cette Noemi est une enfant. Ne trouvez vous pas amoral voire indecent qu un chef de gouvernememt couche avec une fille de 17 ans ?

    En fait, vous etes certainement le journaliste etranger le plus tendre avec le president du conseil !!!

  13. Ma dit :

    Rappel des faits. 25 avril. DĂ©but de la campagne Ă©lectorale. On ne parle que du fait que Silvio Berlusconi ‘forme’ des jeunes et jolies jeunes filles du showbiz Ă  faire de la politique en vue des Ă©lections europĂ©ennes. (Au passage, qu’on approuve ou non les mĂ©thodes, de lĂ  Ă  les appeler « soubrettes », mĂȘme dans la presse/radio/tĂ©lĂ© internationale est scandaleux. Est-ce qu’on appelle des jeunes hommes qui font de la tĂ©lĂ© des « valets » ou mieux, des « laquais »?)

    Donc le contexte est celui lĂ , quand une journaliste, spĂ©cialisĂ©e dans l’investigation sur la Camorra Ă  Naples, se retrouve par hasard avec un scoop entre les mains : le prĂ©sident du conseil, Silvio Berlusconi, a passĂ© plusieurs heures Ă  la fĂȘte d’anniversaire de Noemi Letizia, une jeune napolitaine, illustre inconnue. L’arrivĂ©e de Silvio Berlusconi et de toute son escorte Ă  la salle des fĂȘtes est suffisamment incongrue pour attirer l’attention. RĂ©flexe lĂ©gitime d’un journaliste dont la qualitĂ© premiĂšre est la curiositĂ©, le lendemain, Conchita Sannino va rencontrer Noemi, qui lui raconte tout : que le prĂ©sident du Conseil est un ami de famille, qu’il lui a offert un collier, qu’elle l’appelle « Papi ». L’article et les photos de la fĂȘte sont publiĂ©s et provoquent au dĂ©but juste un haussement d’épaules de la part de tout le monde. Sauf, d’une femme, Veronica Lario. Epouse du prĂ©sident du Conseil, Silvio Berlusconi. Elle demande le divorce et en son nom propre, accuse Silvio Berlusconi de frĂ©quenter des mineures.

    Buzz mĂ©diatique. Berlusconi s’invite/est invitĂ© Ă  Porta Porta (cf les posts d’Eric Ă©voquant Bruno Vespa). Sans contradicteur, il raconte sa version des faits, expliquant ses liens avec le pĂšre de Noemi. Un rĂ©cit diffusĂ© en direct, enregistrĂ© aussi, regardĂ© par plein de gens. Il raconte tout, les yeux dans les yeux avec la camĂ©ra. Un rĂ©cit truffĂ© « d’incongruitĂ©s ». Berlusconi explique qu’il passait dans le coin et qu’il a appelĂ© le pĂšre de Noemi, un vieux socialiste qui a Ă©tĂ© chauffeur de Craxi.
    ProblĂšme : le lendemain, l’information est dĂ©mentie par le fils de Craxi.

    A partir de là Noemi devient un prétexte.

    Pretexte. Que Berlusconi ait ou non couchĂ© avec Noemi avant sa majoritĂ©, il le nie. Et il y a lieu de le croire, sachant qu’en 1997 il aurait Ă©tĂ© opĂ©rĂ© d’un cancer de la prostate, maladie dont une des consĂ©quences est la perte de la virilitĂ©. Le problĂšme ce n’est pas vraiment ses histoires privĂ©es avec des jeunes filles, aprĂšs tout si c’est avec son argent et qu’elles sont consentantes, personne n’a rien Ă  dire.

    Le problùme, c’est le mensonge. Pourquoi a-t-il menti sur ses liens avec Noemi ? Pourquoi a-t-il menti devant tous les italiens, et devant tous les autres qui regardaient Porta Porta ? Pourquoi ne clarifie t il pas tout simplement les choses ? Pourquoi fait il durer l’affaire ?
    Et ça forcĂ©ment ça attise la curiositĂ© des journalistes. Et en cela le travail des reporters de Repubblica qui cherchent Ă  reconstituer la rĂ©alitĂ©, la vĂ©ritĂ© des faits est lĂ©gitime et devrait ĂȘtre saluĂ©e par tout citoyen. Un travail de transparence. Noemi est un prĂ©texte, une ficelle, pour dĂ©rouler la pelote de contradictions de l’actuel chef du gouvernement.

    Mais un prĂ©texte aussi, parce que l’affaire arrange tout le monde.
    Elle arrange les affaires de Berlusconi. Sinon il l’aurait dĂ©jĂ  enterrĂ©e depuis longtemps : soit en rappelant l’histoire de sa prostate, ce qui aurait coupĂ© court Ă  toutes les Ă©lucubrations sur une possible relation sexuelle avec une mineure. Soit en ordonnant Ă  ses organes de presse et tĂ©lĂ©s d’ignorer l’affaire : meilleur moyen pour faire retomber le soufflĂ©. Si Il Giornale ne rĂ©pondait pas avec une contre propagande tirĂ©e par les cheveux Ă  toutes les rĂ©vĂ©lations documentĂ©es de Repubblica, l’affaire serait terminĂ©e depuis longtemps. Ca l’arrange parce que ça dĂ©tourne l’attention des problĂšmes comme la crise, la non reconstruction Ă  l’Aquila, le rĂ©fĂ©rendum pour la modification de la loi Ă©lectorale, et ça Ă©vite toutes les questions embarrassantes et les enquĂȘtes des journalistes sur l’utilisation des fonds europĂ©ens dans le sud de l’Italie aussi.

    L’affaire Noemi, ça arrange le centre gauche, qui voit une belle occasion de tenter d’avoir la tĂȘte de Berlusconi. MĂȘme si elle sait que c’est en vain, il ne lui reste que ça.

    Ca arrange le goupe Repubblica-l’Espresso qui a des comptes a rĂ©gler avec Silvio Berlusconi. Ultime Ă©pisode d’une vieille guerre qui dure depuis plus de 20 ans.

    L’affaire Noemi, enfin ça arrange la presse internationale qui se voyait dĂ©jĂ  « faire tomber » Berlusconi. Combien d’éditorialistes anglo-saxons dĂ©clarent en ce moment : « chez nous il aurait dĂ©jĂ  dĂ©missionnĂ© ». Oui, en Grande Bretagne, peut ĂȘtre. Aux Etats-Unis, peut ĂȘtre. Mais en Italie, sa lĂ©gitimitĂ©, Silvio Berlusconi la fonde sur sa popularitĂ©, sur le vote des italiens, il ne cesse de le rĂ©pĂ©ter. Si les gens votent pour lui, pourquoi devrait-il dĂ©missionner ? Et tiens justement, voilĂ  qu’arrive un scrutin ! EuropĂ©en encore mieux ! Il va pouvoir montrer Ă  ses 26 collĂšgues combien il est populaire, mĂȘme s’il fait et dit tout et son contraire ! Et dimanche soir, tous les journalistes qui avaient nourri des espoirs les plus fous sur les effets de ce scandale vont devoir Ă©crire les dents serrĂ©es « Berlusconi plĂ©biscitĂ©. Seul chef de gouvernement des 27 Ă  se prĂ©senter aux Ă©lections europĂ©ennes il recueille plus de 40% des suffrages ».

    VoilĂ . Avec Noemi, Berlusconi a au moins rĂ©ussi un tour de force : rendre une campagne des europĂ©ennes sexy. MĂȘme si on voit pas trop le rapport entre les deux. Et il n’y a pas un responsable de tout ce bruit pour rien. Ni Berlusconi, ni l’opposition, ni Noemi, ni la presse internationale. La responsabilitĂ© est collective : celle des italiens. Qui seuls ont le pouvoir de voter ou non pour les personnes en qui ils ont confiance ou pas.

  14. ericvalmir dit :

    @ Tom,
    Sauf votre respect, d’oĂč tenez vous que Silvio Berlusconi a couchĂ© avec Noemi ? Avez vous une preuve ? On peut Ă©ventuellement s’Ă©tonner qu’un septuagĂ©naire joue les joli coeurs avec les jeunes filles, mais est ce vraiment un sujet qui doit apparaitre avec autant d’Ă©clat ?

    Vous me jugez tendre avec Berlusconi, d’autres commentaires m’ont dit le contraire sur ce post, je ne suis ni pro ni anti berlusconi, je cherche simplement Ă  relater la rĂ©alitĂ© de la scĂšne politique italienne… Une rĂ©alitĂ© compliquĂ©e et passionnĂ©e avec deux positions radicales qui s’affrontent et dĂšs qu’il s’agit de neutralitĂ©, les deux camps attaquent cette position, ne supportant pas la non prise de position.

    La presse d’opinion existe et elle doit exister. Je ne crois pas que ce soit le role d’un correspondant Ă  l’Ă©tranger.

    @Ma,

    brillant commentaire, vous devez vivre en italie pour saisir toutes ces subtilités.

  15. Celio dit :

    Mi dispiace MA……mais un cancer de la prostate n a jamais empeche les vieillards lubriques de faire leurs cochonneries. Surtout pas ceux qui se croient encore jeunes

    CELIO

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