Comprendre l’Italie Ă  travers ses nuances

Le blog de Eric Valmir


Article(s) du 3 mars 2009

Da noi (le 100ème post de ce blog pour sourire)

Mardi 3 mars 2009

Da noi, chez nous, ici en Italie. Quelques traits dans la lignée de la première gorgée de grappa et autres plaisirs minuscules, un autre post de ce blog écrit il y a plusieurs semaines.

Les garçons aux sourcils Ă©pilĂ©s. Le phĂ©nomène prend de l’ampleur chez les 15/35 ans. Il suffit aussi de regarder un simple match de foot du championnat italien pour s’en apercevoir.  La plupart des joueurs succombent Ă  la pratique. Au dĂ©but, dans les rues de Rome, j’ai cru qu’on tournait un remake de Star Trek et que je ne croisais que des figurants de la production.  Mais non, il s’agit bien d’une mode masculine. Les garçons s’Ă©pilent les sourcils.

Qui a dit que tĂ©lĂ©phoner au volant Ă©tait une pratique italienne ? C’est dĂ©passĂ©. Beaucoup plus dans le coup aujourd’hui :  envoyer un sms en conduisant. De prĂ©fĂ©rance Ă  150 km/h sur l’autoroute.

A propos d’autoroute, plus ça va, plus la file de droite sur une 3 voies s’apparente Ă  la bande d’arrĂŞt d’urgence. Personne ne veut rouler dessus.

Les doudounes qui brillent. Un peu partout en Europe, certes, mais surtout Ă  Naples. Plus ça scintille, mieux c’est. VĂ©ritable phĂ©nomène de mode de cet hiver. Le must aperçu : toute une famille, de la petite de 3 ans au grand père en doudoune qui brille.

On ne fume toujours pas dans les cafĂ©s et restaurants, la loi est respectĂ©e pour le bonheur de tous. En revanche, mon toubib fume dans son cabinet entre deux consultations. Il a beau ouvrir la fenĂŞtre, (mieux vaut ne pas venir grippĂ©), l’odeur du tabac est tenace. Il en rigole.

Ne plus se compliquer la vie vu que tout le monde cherche Ă  la compliquer. A partir de ce postulat, des formes d’invidualisme peuvent s’expliquer; mĂŞme des modes de fonctionnement : la poste par exemple. Une lettre arrivĂ©e le lundi Ă  Rome ne trouve la boite aux lettres que le vendredi. Mon facteur m’a tout expliquĂ©. Il attend d’avoir un tas consĂ©quent de colis et courrier avant de me le remettre. Il ne va pas charger inutilement son sac et se dĂ©ranger pour une enveloppe. En clair, Ă  chacun son tour. Un ami italien, abonnĂ© au Corriere della Sera me disait qu’il Ă©tait obligĂ© de hausser le ton rĂ©gulièrement, parce que sinon ses journaux du lundi, du mardi et du mercredi arrivent avec celui du jeudi. Il faut attendre que le tas soit consĂ©quent.

Les italiens cĂ©libataires. La caricature qui les dit sous la coupe de la madre, incapables de cuisiner. VRAI, tant qu’ils sont chez papa et maman, et ça peut durer longtemps, vu qu’il est difficile pour un jeune avec des salaires de misère de s’offrir un appartement. FAUX, dès qu’ils ont leur chez soi. Autant un cĂ©libataire français, la plupart du temps, va avoir recours au surgelĂ©, autant le garçon italien passe du temps dans sa cuisine pour se prĂ©parer un bon repas, et c’est dans la normalitĂ© des choses.

Une question d’honneur la cuisine. Il pranzo della domenica, non si scherza piĂą. Le dĂ©jeuner du dimanche, on ne rigole pas avec ça.

Une soirĂ©e au cinĂ©ma. A cinq minutes du dĂ©but de la sĂ©ance, vous ĂŞtes seuls. A 5 minutes du film, disons que la salle s’est remplie au tiers.  Et tout le monde arrive pendant les dix premières minutes du film. En plus si c’est un week end où l’on a pour habitude de se retrouver en famille; c’est donc par paquet de douze que les groupes arrivent dans le noir Ă  la recherche de leurs fauteuils. Contrairement Ă  la France, dans beaucoup de salles, les places sont numĂ©rotĂ©es.

Enfin, le cinĂ©ma puisqu’on en parle. Rien Ă  faire, les comĂ©dies italiennes, mĂŞme les pires continuent Ă  attirer un public. Surtout les mièvreries sentimentales caricaturales. La dernière en date : Ex. Je me suis fait piĂ©ger. Je suis allĂ© le voir et c’est une accumulation de poncifs et de clichĂ©s. Une seule rĂ©plique m’a fait sourire. A Paris, le patron français d’une compagnie de bateaux mouches dit Ă  ses guides : “aujourd’hui, vous avez un groupe d’italiens, attention au vol“. Le regard des italiens sur la perception qu’ont les français des italiens. Un miroir Ă  plusieurs reflets.

Les italiens voient les français comme les français imaginent les allemands : sĂ©rieux, organisĂ©s, austère et aucun sens de l’humour. Les caricatures s’arrĂŞtent toujours aux frontières. Mais avant d’y arriver, le chemin est long. Surtout qu’en Italie, règne toujours le particularisme rĂ©gional. Francesca, une amie romaine, 100% romaine,  ouverte d’esprit et rĂ©flĂ©chie. “Naples, c’est le tiers monde, les napolitains  sont malĂ©duquĂ©s.” De la mĂŞme veine, Caterina, pourtant très tolĂ©rante et intelligente. 100% vĂ©nitienne. “Impossible d’avoir un ami  turinois, ils sont trop bornĂ©s sur tout. C’est impossible de parler avec eux“.

Pour finir dans ce post dispersĂ©, (hĂ© c’est la centième, c’est la fĂŞte, on peut se passer d’un post construit), je voudrais hurler mon enthousiasme pour un DVD. La ragazza del lago. Le film avait obtenu un beau succès en Italie, je ne crois pas qu’il soit sorti en France, mais le dvd italien comporte des sous titres français. AssurĂ©ment un des meilleurs films de la PĂ©ninsule de ces dernières annĂ©es. Subtil, juste et Ă©laborĂ©. Avec Toni Servillo (Gomorra, Il Divo), Valeria Golino (Respiro) et Fabrizio Gifuni (Nos meilleures annĂ©es).

Allez, un verre de vin à votre santé et merci de votre confiance qui fait que vous êtes de plus en plus nombreux à fréquenter ce blog.