Comprendre l’Italie Ă  travers ses nuances

Le blog de Eric Valmir


Non si ferma mai

berlusconi

Obama, beau, jeune et bronzĂ©…..Le sourire satisfait, fier de son effet…

Une amie italienne qui a votĂ© Berlusconi me disait rĂ©cemment que parfois elle avait honte de ses mauvaises blagues, qu’il Ă©tait aujourd’hui comme un grand père en bout de table qui radote et sort des bĂŞtises pour se rendre intĂ©ressant et toute la famille faisait alors ”chut pappy” en Ă©tant un peu gĂ©nĂ©e…

Un autre ami de gauche rĂ©torque : le problème c’est qu’il n’y a personne pour lui dire chut.

Faux. Cette fois ci, la rĂ©action n’a pas tardĂ© Ă  se faire entendre et pas seulement en italie.

Premier reflexe de Berlusconi hier sur Sky TG 24 : ceux qui ne comprennent pas mon humour sont des imbéciles.

Ce matin Ă  Bruxelles, confĂ©rence de presse, un journaliste de Bloomberg le questionne sur la tonitruante rĂ©action internationale…(des milliers d’italiens Ă©crivent au New York Times pour se dĂ©solidariser des propos de Silvio Berlusconi)… A la question du journaliste amĂ©ricain, lĂ  Silvio perd son sens de l’humour. : tu veux que je te mette sur la liste de ceux dont j’ai dĂ©jĂ  parlĂ© hier, rĂ©fĂ©rence explicite aux “imbĂ©ciles”. 

Le journaliste essaie de protester je m’excuse mais, et Silvio l’interrompt  oui s’il te plait, s’il te plait prĂ©sente tes excuses Ă  toute l’italie.

Polemique ridicule fustige Berlusconi, instrumentalisation de la gauche italienne qui n’a rien d’autre Ă  faire.  Mais c’est ingorer un peu vite le tonnerre de protestation qui anime la planète  web et les journaux du monde entier.  MĂŞme si à l’heure oĂą j’Ă©cris ces lignes, aucune rĂ©action gouvernementale officielle.

Veltroni Ă  la tĂŞte de l’opposition italienne demande au SĂ©nat et Ă  la Chambre de condamner ses paroles qui nuisent considĂ©rablement la dignitĂ© de notre pays

Réaction de la majorité par le ministre de la défense Ignazio La Russa : les plus scandalisés sont les italiens pas les américains.

A gauche : Ă©videmment, la parole italienne est tellement bouffone et discrĂ©ditĂ©e que plus personne ne l’entend.

Il n’empĂŞche. Barak Obama a remerciĂ© par tĂ©lĂ©phone tous les leaders europĂ©ens pour leurs messages de fĂ©licitations. Tous sauf… Berlusconi qui minimise cet oubli. pas besoin de se telĂ©phoner, on se connait.

Au passage, Veltroni se fait traiter de couillon. Veltroni qui s’Ă©trangle mais vous voyez ça en France, Sarkozy dire Ă  la presse que SĂ©golène Royal est une conne. Ici, il n’y a plus d’affrontements politique, c’est insulte et vulgaritĂ©.

Pendant ce temps sur le net, grossit le front anti berlusconi, inspirĂ© par ce petit air sifflĂ© par Spike Lee aujourd’hui,  Obama oui oui oui, Berlusconi, non, non, non

12 commentaires pour “Non si ferma mai”

  1. sophie dit :

    Mercredi, TG1, Berlusconi se fĂ©licite de l’Ă©lection d’Obama, sourire figĂ© et… jaune. La “gaffe” (ou faudrait-il plutĂ´t parler de pique vĂ©nĂ©neuse…) est dĂ©jĂ  dans l’oeuf. DĂ©rapage calculĂ© et incontrĂ´lĂ© d’un bouffon… Les Italiens, dans leur majoritĂ©, ont honte. Je vis en Italie, et je compatis…

  2. Paolo dit :

    Nel bene o nel male purchè di me si parli” je crois que c’est de Cagliostro, un aventurier et imposteur de la fin du XVIII ème siècle. Il termina ses jours dans un cachot d’une forteresse. C’est ce que me fait penser la dernière c… de ce personnage inqualifiable. A son age la sagesse devrait s’etre frayĂ©e un passage et pourtant, imperturbable, il continue Ă  polluer l’air. Sans espoir…
    Dites Ă  cette amie, Eric, qu’il est un peu tard pour avoir honte. Tout Ă©tait Ă©crit, Ă©talĂ©, affichĂ©, dites-lui aussi, SVP, que les yeux servent pour regarder et le cerveau pour rĂ©flĂ©chir.
    Mon post est-il un peu trop indĂ©licat? le doute me vient, tant pis, je l’envois!

  3. ve dit :

    On peut l’entendre ce “petit air sifflĂ© par Spike Lee aujourd’hui, Obama oui oui oui, Berlusconi, non, non, non” ?

    baci

  4. ericvalmir dit :

    malheureusement, l’air sifflĂ© par Spike Lee, je l’ai vu par hasard sur BBC world, rien d’italien, et aucun youtube ne l’a repris.
    En revanche, le cineaste l’a refait pour des camĂ©ras postĂ©s dans le sillage d’Obama, ça va très vite mais c’est la seule trace visible sur le net (source repubblica tv), pour le coup italien

    http://tv.repubblica.it/home_page.php?playmode=player&cont_id=26122&ref=search

  5. sophie dit :

    Hier soir, dĂ®ner en ville avec des amis Ă  Milan. Arrive la soeur d’une amie et son mari. Après quelques verres, ce dernier se lance dans un numĂ©ro comique sur Obama et son chien. “Il a dit qu’il voulait un bâtard comme lui!”, “c’est lui-mĂŞme qui dit qu’il est un chien! C’est pas moi”… “Obama Bin Laden”!!! Warf warf warf… Nos amis sont gĂŞnĂ©s mais laissent dire. Certains convives rient de bon coeur… Scène de racisme ordinaire en Italie… Mais, sans doute que je suis une imbĂ©cile et je n’ai pas d’humour.

  6. marco dit :

    Scusami Sophie, mais comment tu peux appeler des gens qui tiennent ce discours tes “amis”. Moi, en pleine soirĂ©e, je vais via et ils n’entendent plus parler de moi.

  7. sophie dit :

    Relis mon message Marco, ce ne sont pas mes amis, mais le mari de la soeur d’une amie , que je n’avais jamais vu de ma vie. Avant son arrivĂ©e (avec une heure de retard), nous avions eu une conversation sur Obama, durant laquelle toutes les personnes prĂ©sentes avaient exprimĂ© leur satisfaction suite Ă  son Ă©lection et leur consternation après les propos de Berlusconi. Je suis prĂŞte Ă  mener tous les combats quand ils me semblent utiles, mais entrer dans le dĂ©bat avec cet imbĂ©cile n’avait en l’occurrence aucun intĂ©rĂŞt (en plus, il n’attendait que ça), et ça aurait Ă©tĂ© pĂ©nible pour tout le monde.

  8. marco dit :

    Pardon Sophie, je me suis emportĂ© mais pour ma dĂ©fense, je ne supporte plus tous ces diners qui parlent de Berlusconi. Je rĂŞve d’un monde sans berlusconi ou alors qu’il soit lĂ  mais qu’il arrĂŞte de s’inviter dans nos repas entre amis. Il divise l’Italie et ça lui plait. Basta. Berlusconi fuori.

  9. Geraldine dit :

    Je rĂ©agis au Berlusconi fuori de Marco. “Berlusconi dehors”. Qui voulez vous mettre Ă  la place ? Veltroni tout aussi dĂ©magogue ? Je suis arrivĂ© sur ce blog par hasard pendant les Ă©lections italiennes, je jugeais l’analyse d’Eric Valmir pertinente quand il disait Ă  la radio que l’anti berlusconi servait Berlusconi lui mĂŞme. Tant qu’une attaque ne vise qu’Ă  dĂ©truire sans un idĂ©al Ă  construire derrière, on est inoffensif et on renforce celui qui est visĂ©. C’est une vĂ©ritĂ© première. ArrĂŞtez de rĂ©agir Ă  toutes les provocations de Berlusconi.

    Bonne journée à tous.

  10. ericvalmir dit :

    Pour info, le baromètre mensuel IPRMarketing/La Repubblica qui révèlait ces derniers mois une hausse permanente de la popularité de Silvio Berlusconi.

    En novembre, Silvio Berlusconi accuse son premier recul dans les sondages depuis son Ă©lection en avril dernier. Moins 4 points. Il conserve tout de mĂŞme 58% d’opinions favorables.
    - 5 pour l’action gouvernementale.

    Tous les ministres du gouvernement accusent une baisse. Sauf ceux de la ligue du nord. La baisse la plus importante concerne Mariestella Gelmini (auteur du dĂ©cret qui rĂ©forme l’Ă©ducation) -5 .

    Le ministre le plus populaire : Roberto Maroni (Ligue du Nord) : 62 %.

  11. sophie dit :

    Chère Géraldine,
    Il ne s’agit pas stigmatiser la droite italienne, mais d’exprimer une envie profonde de voir Ă©voluer la scène politique italienne (et j’ai le mĂŞme sentiment en France… En ces temps de congrès du parti socialiste, je dis (et je ne suis pas la seule) dehors sĂ©go et les Ă©lĂ©phants, bonjour Valls, Peillon, Boutih…). Un peu d’air, quoi…. Berlusconi me sort par les yeux, je le reconnais… mais je trouve bien plus inquiĂ©tant d’apprendre que c’est la ligue nord qui recueille le plus d’opinions favorables chez les italiens. Guère rĂ©jouissant sur la rupture nord-sud et sur les problèmes d’immigration…
    Merci Eric, autant pour les reportages Ă  l’antenne que pour les coulisses sur le blog. De très loin la meilleure analyse de la sociĂ©tĂ© italienne sur les ondes et les Ă©crans français en ce moment…

  12. Paolo dit :

    Au risque de me répéter jusqu’à devenir ennuyeux; ce n’est pas Berlusconi en lui-même à analyser voire à critiquer mais toute la frange sociale dont il est le représentant. Ce phénomène de société ne se limite pas qu’ à un personnage mais au système qui a permi l’émersion d’un pouvoir qui se joue allègrement de toutes les règles démocratiques plus ou moins acquises des sociétés européennes et qui permet à ce qu’au sens large est défini “criminalité des collets blancs” de légiférer, car ses représentants ont la majorité au parlement. Et cela, je tiens à le souligner, n’a rien à voir avec une définition classique gauche-droite.
    Je crois qu’on ne peut se passer (hĂ©las) de Berlusconi en voulant parler de l’Italie actuelle et que l’antiberlusconisme n’est qu’une voix, souvent Ă©touffĂ©e par des mĂ©dias pas trop impartiaux (et ce n’est pas un hasard) mais dĂ©cidĂ©ment indispensable pour pouvoir espĂ©rer de sortir ce pays du pĂ©trin oĂą il s’est volontairement empĂŞtrĂ©. Quant Ă  Veltroni…excusez-moi, il peut avoir tous les dĂ©fauts mais c’est un compliment indirect que l’on fait Ă  Berlusconi en le mettant sur le mĂŞme plan que ce dernier.

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