A la montagne, l’air est pur, l’eau un peu moins…
Si un professeur de chimie, un simple habitant de la rĂ©gion ne s’était pas inquiĂ©tĂ© pour la santĂ© de sa famille…
Si l’organisation de protection de l’environnement, WWF, l’antenne de la rĂ©gion des Abbruzzes n’avait pas rendu ce dossier public… Â
On peut rĂ©torquer : Ă quoi bon le savoir puisque le mal est fait, et l’eau du robinet aujourd’hui est la plus pure qui soit ?  Et si on en parlait justement parce le laxisme des autoritĂ©s locales et le crime contre l’environnement commis par des entrepreneurs, voire des mafieux ont reprĂ©sentĂ© un danger pour la santĂ© publique … surtout quand les faits avĂ©rĂ©s font l’objet d’une instruction judiciaire toujours en cours… Â
Pendant 20 Ă 25 ans… on situe le dĂ©but de cette histoire au milieu des annĂ©es 80, un terrain attenant Ă une usine de traitement chimique s’est transformĂ© en dĂ©charge de dĂ©chets toxiques. IllĂ©gale Ă©videmment. Peut ĂŞtre la plus grande d’Europe prĂ©cise un rapport de police. Problème, la nappe phrĂ©atique du site approvisionne en eau potable les communes de la vallĂ©e de Pescara… Une eau très vite contaminĂ©e en substances toxiques et cancĂ©rigènes… Â
Les autoritĂ©s dĂ©couvrent le problème en 2004 et posent des barrages filtrants sans prĂ©venir la population pour Ă©viter la panique. Cout des travaux : 900 000 euros. Ces filtres ne fonctionnent pas. On les remplace Ă l’étĂ© 2007 en coupant l’eau de toute la vallĂ©e sans prĂ©venir personne. RĂ©novation du rĂ©seau dit-on. Au final, les pouvoirs publics, vont prĂ©lever l’eau en amont avant le site polluĂ©. LĂ oĂą sa puretĂ© ne fait aucun doute. Fin de l’histoire. Â
MAIS… encore des zones d’ombres… les gardes forestiers dĂ©couvrent la dĂ©charge de dĂ©chets toxiques en fĂ©vrier 2007 et posent les sĂ©questres…. Pourquoi ne pas l’avoir fait en 2004 quand les autoritĂ©s ont dĂ©couvert la contamination ? laxisme, lĂ©gèretĂ©, inconscience, conflits d’intĂ©rĂŞts ? Â
La presse italienne n’a pas Ă©tĂ© très Ă©loquente sur le sujet. Seule la 7, la Rai 3, le journal La Stampa, et les journaux locaux en ont parlĂ©. Ces mĂŞmes journaux locaux qui ont suscitĂ© l’inquiĂ©tude de Fausto, l’enseignant universitaire de Chieti. (le SON Ă Ă©couter. Toute l’histoire en 9 minutes). Sans les analyses qu’il a lui-mĂŞme effectuĂ©, on ne saurait rien de cette affaire. MĂŞme si les mĂ©decins de la rĂ©gion ces dernières annĂ©es ne comprenaient pas  la hausse inexpliquĂ©e du nombre de cancers. Mais chutt !!! Aucune statistique officielle n’existe.  Â
Au paesino Ă©videmment on en parle et on est indignĂ©. Mais maintenant le mal est fait. Les coupables, seront-ils dĂ©signĂ©s un jour ? SoupçonnĂ©es, l’usine mais aussi la Camorra (tiens donc, le clan casalesi encore lui est dĂ©jĂ accusĂ© d’avoir dĂ©versĂ© les dĂ©chets toxiques sur 3 terrains dans une autre rĂ©gion des Abbruzzes)  Un fatalisme prend corps. Il y a la peur de tomber malade mais surtout l’envie de taire cette histoire qui pourrait ĂŞtre prĂ©judiciable Ă la rĂ©gion… que ce soit pour le tourisme ou la cotation immobilière de la vallĂ©e. Â















31 octobre 2008 Ă
Uffa !!!! Par contre je n’ai pas compris dans quelle rĂ©gion c’Ă©tait ? Les abbruzzes mais quel pays exactement ?
31 octobre 2008 Ă
Ce que je ne comprends pas, c’est qu’en Italie, ça doit ĂŞtre comme en France, il ya des agences gouvernementales de l’environnement qui supervisent, qui contrĂ´lent. Elles existent ces agences ou pas ?
31 octobre 2008 Ă
Pour Marco. C’est la vallĂ©e de Pescara sur l’adriatique. Le site contaminĂ© se trouvait sur le territoire de la commune de Bussi, Ă une vingtaine de kilomètres de la ville de Chieti. Sous l’autoroute Rome/Pescara
Pour Blitz, justement, c’est ce que dĂ©nonce l’organisation WWF : la dĂ©faillance de tous les systèmes de controle. Comment dĂ©poser des 500 000 tonnes de dĂ©chets toxiques Ă deux pas de zones habitĂ©es sans que personne ne s’en aperçoive ? Que l’eau soit contaminĂ©e ainsi pendant si longtemps sans aucun controle ?
Oui les autoritĂ©s compĂ©tentes ne manquent pas : l’Asl (agence sanitaire locale) en première ligne sur ce dossier puisque censĂ© vĂ©rifier l’eau potable, l’Arta (autoritĂ© rĂ©gionale sur l’environnement) censĂ©e faire les analyses en labo, l’Ato qui coordine tous les services en rapport avec la gestion de l’eau sans oublier le commissaire extraordinaire du gouvernement sur la question des dĂ©chets, et une quarantaine de communes.
Tous se sont mis d’accord Ă en croire Ă un document publiĂ© par “La Stampa”, un document Ă©manant de la RĂ©gion Abbruzze, tous se sont entendus pour garder le silence, soit disant pour ne pas affoler la population.
3 novembre 2008 Ă
Monsieur Valmir,
Ce blog et les sujets que vous traitez donnent vraiment une belle allure au service public français. Continuez sur cette voie. Et merci. Je suis sure en plus qu’en Italie des dizaines d’histoires comme celle que vous racontez aujourd’hui dans les Abruzzes existent. Je ne veux pas dire qu’elles soient toutes scandaleuses, mais le citoyen italien est mĂ©prisĂ© et très mal informĂ©. Je ne sais pas si ça changera un jour.
6 novembre 2008 Ă
EH ERIC ,
J”ai travaille au noir aux Etats_Unis pendant six ans et demi , je ne suis pas noire ni latino et ca fait une grosse difference d’etre blanc meme ici Colin Powell et Condi Rice sont une goutte d’eau mais pas la realite de la majorite des minorites aux States et surtout les noirs ( c’est degueulasse que l’on en soit encore a juger les gens par leur couleur , je l’ai vu ici comme ailleurs c’est toujours present )
Mais et je vis sur la Cote Ouest des Etats Unis depuis seize maintenant et c’est quand meme un grand pas que Obama ai ete elu , t’aurais vu les fetes qu’ils y avait ici , meme si honetement je m’attends pas a des miracles de lui ( c’est cent fois mieux que Mc Cain Pallin ) . Pas d’accord avec toi y’a quand meme des tas de gens ici qui ouvertement avoue ne pouvoir voter pour lui simplement a cause de sa couleur . Bonne chance pour ta quete de papiers en Italie , une vraie galere cette bureaucratie mondiale qui veux regir le mouvement des gens sur la planete et leur droit au travail et a la survie . Dis moi si je peux faire quoi que ce soit .
Je t’envie quand meme de vivre en Italie , mange une Sfogliatella pour moi .
Ciao
Anouck
8 novembre 2008 Ă
Bonjour,
D’abord merci pour cette information. Nous vivons depuis Ă peine trois mois Ă Pescara (avec enfants en bas âge), et bien entendu, faute de trouver l’information sur place, ma question concerne les prĂ©cautions Ă prendre pour Ă©viter une contamination au jour d’aujourd’hui. Je serais vraiment très rassurĂ©e d’entendre qu’elle n’est plus Ă redouter, mais j’en doute… Et notamment en ce qui concerne les cultures locales (que je cherche toujours Ă privilĂ©gier dans mon panier oĂą que l’on habite): peut-on manger sans risque tomates, courgettes et autres verdures sans s’intoxiquer?
Merci pour votre aide.
11 novembre 2008 Ă
Bonjour Eric,
J’ai lu votre article a propos du site contamine’ a Pescara. Je l’ai trouve’ tres interessant et je crois que la presse etrangere rend un grand service aux italiens en ce moment de black out de l’info libre.
Bientot les elections regionales auront lieu en Abruzzo. J’ai envoye’ un link de votre article a un des candidats (IdV). Je lui ai demande’ quelle serons ses positions politiques a propos de cet affaire et quoi il compte faire si elu.
J’attends toujours une reponse. Si les electeurs abruzzesi poussent les candidats a s’engager maintenant qu’ils cherchent de gagner leur votes, on pourra peut etre faire un petit pas en avant sur cela.
Resister Resister Resister.
12 novembre 2008 Ă
Bonjour Laure,
D’abord pour ĂŞtre tout Ă fait honnĂŞte, je ne suis pas le seul journaliste Ă avoir traitĂ© ce dossier. Les italiens l’ont Ă©voquĂ©. Sans un premier reportage dans un magazine sur la Rai 3 (certes en fin de soirĂ©e) et un article assez fourni dans le quotidien la Stampa, je n’en aurai jamais entendu parler. Ensuite, la 7, mais aussi la presse rĂ©gionale des Abbruzzes ont travaillĂ© sur le dossier. Mais nous sommes d’accord, l’ensemble reste assez frileux.
Quant Ă solliciter les Ă©lus en campagne sur le sujet, je crains malheureusement (mais rien ne le prouve tant que l’enquĂŞte est en cours) quĂ gauche comme Ă droite, on ait choisi de se taire pour Ă©viter la panique tout en pensant rĂ©soudre le problème en silence pendant ce temps lĂ . C’est en tout cas l’opinion de WWF qui travaille dans les Abbruzze et qui s’est procurĂ© des notes internes Ă©crites Conseil RĂ©gional.