Comprendre l’Italie à travers ses nuances

Le blog de Eric Valmir


L’ultimo pezzo, dernier post avant fermeture définitive

internet, message perso, Italie, presse, la meglio gioventù, humeur, journalisme, jeunesse, société

Aucun correspondant de Radio France à l’étranger n’est tenu de tenir un blog. La décision appartient à chaque journaliste. Cet investissemement supplémentaire n’est pas rémunéré.  L’outil existe, à disposition.  

L’utilisent ceux qui le souhaitent !

En dépit d’une réelle surcharge de travail, cet espace m’est apparu vital et je l’ai occupé dès les élections législatives de 2008.

Ce blog n’en était pas vraiment  un dans la mesure où l’exercice dans sa définition est une forme courte et personnelle. Ici, il s’agissait souvent de dossiers multimédias avec le pari (je devrais dire le défi) de la longueur. Cet espace se voulait un “complément” du travail fourni à l’antenne.

La difficulté dans les reportages diffusés en radio réside dans la question des formats. 2 minutes au maximum sur France Info, 1mn30 sur France Culture, 1mn 15 sur France Inter. Si pour des sujets ”nationaux”, ce laps de temps est suffisant pour décrire une situation donnée, ce n’est pas le cas avec une info venue de l’étranger. 

L’actualité hors frontière doit être sans cesse contextualisée pour que l’auditeur sache de quoi il retourne. Or, ce besoin de poser les bases prend un tiers du temps octroyé… En clair, et en prenant pour métaphore la presse écrite, on fait le titre, le chapô et l’attaque, rarement l’article, faute de place. 

Et encore sur Radio France, je m’estime très chanceux car chaque chaine dispose d’un espace décryptage où des formats plus longs offrent échanges et débats dans lesquels les indispensables nuances peuvent se développer.

Souvent dans les médias généralistes, plus par souci de synthèse que par malhonnêteté intellectuelle, l’information peut être biaisée. Me revient en tête l’exemple de Laurence Ferrari sur TF1, mais elle ne fut pas la seule à être approximative. 

La présentatrice du 20h en lançant le sujet sur les résultats du référendum des 12 et 13 juin dernier a placé deux contre vérités en trois phrases : un réferendum à l’intiative du pouvoir.  FAUX. C’était un réferendum populaire réclamée par l’opposition (IDV)… l’immunité pénale de Silvio Berlusconi était en jeu. FAUX. Rien à voir avec l’immunité. La question réferendaire portait sur le texte de loi de l’empêchement légitime.

Certes, il est impossible de présenter les tenants et aboutissants de cette proposition de loi en quelques mots.  Qui plus est, résumer en quatre phrases UN référendum qui en comptait TROIS était pour les présentateurs de journaux télés un casse tête. Mais avec des raccourcis commodes, on crée une distorsion.

Si Informer demande responsabilité et précision, S’informer est aussi un réel investissement. Chacun de nous dans sa vie quotidienne a ses préoccupations et ses contraintes. (emploi, famille, santé, argent). Une information s’attrappe au vol à la radio le matin, deux trois articles entre les lignes dans la journée, quelques images à la télé le soir, et hop, on la digère selon la façon dont on l’a reçue et interprétée. Pour être bien informé, il faudrait plusieurs sources et du temps. Ce que le quotidien ne nous donne pas forcément.

Et puis, il est un autre constat qui vaut surtout pour les informations venues de l’étranger. Entre la vérité et l’idée qu’on s’en fait, des rédacteurs en chef (tous médias confondus)  préferent souvent l’idée qu’on s’en fait.  Là encore, c’est le désir de simplification qui guide ce choix, je pense pas qu’il y ait une volonté de nuisance… Mais cette paresse intellectuelle explique partiellement pourquoi le traitement de l’actualité italienne est toujours soumis à polémique. (Cette obsession sur Berlusconi et la vision d’un pays où règne un désordre d’opérette et de folklore).

Pour cet ensemble de raisons, le choix de tenir ce “blog” s’est imposé naturellement. Je me suis rendu compte au fil des mois que les lecteurs n’étaient pas forcément auditeurs, que sa notoriété dépassait le cadre de ceux qui le fréquentaient. L’audience est confidentielle (10 000 connectés réguliers ne sont rien au regard des millions d’auditeurs sur les chaines de Radio France). Mais en même temps, cet espace multimédia me donnait le sentiment d’affiner un travail commencé à l’antenne. Même si les posts ont souvent été écrits “à l’arrache“. Il n’a jamais été question de “porter” une “vérité” mais de donner des éléments factuels qui puissent permettre de saisir quelques mécanismes. Ce blog n’était qu’un espace parmi tant d’autres pour les passionnés de la Péninsule à la recherche d’informations.

 © EDITALIE

© EDITALIE

Et au terme de cinq années de correspondance, j’ai acepté la proposition des editions Editalie (je collaborais déjà avec eux dans Radici) d’en faire un livre. Un carnet de reportages entrecoupés de quelques pezzi du blog réecrits.

Ce travail, je l’ai voulu simple et direct. Ce texte n’a pas la prétention d’être juge ou de porter une analyse. Il n’y a pas l’ambition d’une démonstration. Je laisse ce soin aux “chercheurs” proclamés ou autoproclamés “spécialiste de l’Italie”. Leurs travaux précis et intéressants sont sur la place publique. Ma démarche était tout autre. Revenir sur cinq années de reportage et livrer la parole des Italiens que j’ai croisés. Raconter le pays à travers leurs tranches de vie placées en corrélation avec l’actualité.

Italie, belle pour le belpaese, la culture, les Arts, la nature, l’archéologie, les Italiens. Impossible pour le clientélisme et un niveau record de corruption qui pèse sur les finances publiques, la Mafia, les combines, un pouvoir et une classe dirigeante déconnectée du pays . Belle et impossible, ces deux visions cohabitent ensemble et font qu’on aime ce pays envers et contre tout malgré ces travers.

Tout est fait pour le fragmenter. Tout n’est pas noir, tout n’est pas rose. Le livre cherche à sortir de ce regard manichéen qui est régulièrement porté sur l’Italie.

Ora, me ne vado. Je m’en vais. C’est le jeu des mandats. A Radio France, un correspondant signe un contrat de deux ans, renouvellable une fois (total =4 ans) avec la possibilité d’une cinquième année exceptionnelle (dont j’ai bénéficié). Au 1er septembre, Anaïs Feuga, aujourd’hui journaliste à France Bleu (Metz) deviendra la nouvelle correspondante du groupe Radio France en Italie.

Même si je n’en parlerai plus dans mon travail de journaliste, la péninsule restera toujours en moi. Pour plusieurs raisons, une petite romaine, Alessandra, va naître dans les jours qui viennent (même dans les heures qui viennent).

:-)

Ensuite, je serai toujours lié à cette terre sur laquelle je reviendrai souvent, du fait d’amis qui sont réellement devenus “très proches”. Ces jours çi, la tournée des “au revoir ” est forte émotionnellement parlant mais sans tristesse. Nous savons tous que nous ne nous perdrons pas de vue. Et puis, un roman italien sera publié en février et je vais collaborer à la prochaine édition du festival du film italien d’Annecy.

Enfin, à la question, mais que feras tu en septembre Eric ? Question qui m’est posée sans cesse ces derniers temps. Je peux seulement répondre que je serai sur la grille de rentrée de France Inter et que mon travail portera sur la campagne électorale pour la présidentielle. Avec une visibilité “multimédia” importante. Mais en l’état, je ne peux en dire plus.

 Arriverderci, Ciao, e un pensiero per tutti. Le succès de cette petite expérience communautaire internaute a été un moment fort. Merci à tous…   UN ABBRACCIO

Lettre ouverte à Erri De Luca

social, années de plomb, littérature, religion, culture, société, politique

 © Erri De Luca

© Erri De Luca

Carissimo,

Très cher Erri,

Cette lettre, j’aurais pu l’écrire à Fabio, Giulia, Vito, Francesca, Orlo, Marco et tant d’autres devenus des amis au fil de mes reportages à travers la péninsule et que le jargon journalistique désigne par le mot “anonyme“.

J’ai toujours détesté l’emploi de ce mot qui revient souvient dans la bouche de présentateurs ou reporters “une foule d’anonymes, des anonymes“.  Il ne veut rien dire et je sais que tu es d’accord avec moi. Personne n’est anonyme, et surtout pas les tempéraments que l’on croise par hasard au détour d’une interview. Au contraire, s’affirment avec force des personnalités.

Et si j’ai choisi de t’écrire, à toi, rien qu’à toi, (permets moi di dare del tu), ce n’est pas en raison de ta notoriété. Bien sur, le titre de ce post est plus parlant que si je m’adressais à Luca Erri, plombier à Pescara. Mais le fait que tu sois connu n’entre pas en ligne de compte.

D’ailleurs, je te vois déjà “irrité”, comme lorsque tu refuses les applaudissements quand tu montes sur une scène. Tu n’es pas “quelqu’un“  dirais tu… Ces marques d’attention à ton égard te touchent et t’embarassent. Tu réponds d’un geste géné de la main. 

Le choix de t’écrire est éminement personnel. Nous nous sommes vus trois fois en cinq ans. Deux fois chez toi. Une fois dans une trattoria. 

Tous les Italiens croisés en reportage durant mon mandat qui s’achève à la fin de l’été, je les revois et les reverrai dans les jours qui viennent. C’est l’heure des derniers verres, des derniers éclats de rire, un abbraccio fort et émouvant, des larmes contenues ou pas, c’est l’instant où les sentiments se livrent à eux mêmes. Vifs et justes. Sans fard, effets de style, excès. Sans pudeur ou fausse pudeur. 

Bref, la relations entre les hommes telle qu’elle est racontée dans tes livres et ton regard. 

Notre première rencontre. Après le succès de Gomorra de Saviano, je devais recueillir les réactions d’intellectuels et personnalités littéraires italiennes. C’était au printemps 2008. Tu m’as proposé de venir chez toi. Une pratique courante, les auteurs reçoivent souvent à domicile.

Mais toi, tu vivais à la campagne. Loin de Rome. Sans adresse. Un navigateur GPS n’aurait pas trouvé ta demeure. Alors j’ai pris le train et tu es venu me chercher à la gare. Dans la voiture, nous ne parlions pas, ou de tout et de rien, quelques échanges brefs… le véhicule glissait au milieu des champs… Une route cahotée… Une maison dans sa plus simple expression… Pas de superflu… En un coup d’oeil, ce qui compose tes oeuvres se trouvait là…

Dans l’interview, j’ai apprécié ton parler vrai, ta réflexion, je n’étais pas toujours d’accord avec ce que tu disais, mais ce n’était pas grave. Il y avait dans tes propos une rare générosité. Dans les paroles dites au micro, tu as donné de toi. Ensuite, malgré l’urgence d’un agenda rempli, je n’ai pas pu m’en aller comme un voleur.  Face à un tracteur qui labourait, on a pris un café.

La deuxième fois, l’année suivante en 2009, je gardais un tel souvenir de notre rencontre que l’idée de te dédier un espace dans la série “Ciao Ragazzi” que je produisais sur France Inter est venue tout naturellement. Nous avons passé l’après midi chez toi , avons évoqué ton parcours, le militantisme de Lotta Continua, Fiat, l’Afrique, la Bosnie, l’engagement, l’écriture, ton amour de la nature, les Dolomites, l’escalade… et tu t’es livré avec justesse dans l’interview, évoquant les souvenirs douloureux et ceux que tu taisais. Les joies et les peines.

Beaucoup garde de toi l’image du militant de Lotta Continua au début des années 70, mais tu n’as jamais cédé à la violence des attentats. Tu ne les as pas cautionné. Tes armes sont restés les mots que tu utilisais, les discours et les manifestations. Et tu n’as jamais écrit au sujet des causes que tu défendais. La littérature, c’était autre chose. “le contrepoids d’une journée de travail” disais tu…

Ou encore ces mots “quand on me demande de signer une pétition, je refuse toujours. Si je veux m’engager, je manifeste, je m’implique, je ne signe rien“.

Dans tes yeux, il y a une sincerité.

Le plaisir des retrouvailles dans les allées du Parco della musica un soir de l’automne 2010 se lit dans nos prunelles, tu vas monter sur scène avec Giamaria Testa, le chanteur poète turinois. L’interview porte sur le spectacle et puis tu me demandes de venir partager une pasta et un verre de vin avec les tiens. On est en petit comité. Tu m’ouvres naturellement ton intimité.

Je repense souvent à ce que tu m’as dit dans l’interview que les lecteurs de ce blog peuvent écouter (ci dessous en Audio)… quand tu écris, tu n’utilises pas d’ordinateur, même pas une machine à écrire… Mais un cahier et un stylo… Il te faut la lenteur de la main…

Et en y réflechissant, cette lenteur se retrouve dans la lecture. On parcourt tes pages tranquillement en prenant soin de savourer la phrase, elles ne s’avalent pas à toute vitesse… C’est tout le contraire…

Prendre le temps de s’arrêter et regarder l’autre, voilà ce que je retiens de nos trois rencontres…

Erri, tu m’as dit “ci vediamo a Parigi“… Je t’assure que oui, nous nous verrons, et cette fois ci c’est moi qui ouvre les portes  de chez moi et débouche la bouteille.

Un abbraccio grande

 Eric 

 © Erri De Luca

© Erri De Luca

AUDIO : 30 minutes. Une interview chez lui réalisée en 2009. C’est la version brut qui est proposée ici. Les blancs qui séparent parfois les réponses des questions sont là pour favoriser les coupes au montage.

EV

L’ actualité d’Erri De Luca

En France : Le poids du papillon…

  © Gallimard

© Gallimard

Un texte court, vif et précis. Un vieux chamois en fin de règne qui domine pourtant la vallée depuis des années… Un vieux chasseur qui n’a plus l’agileté de l’alpiniste qu’il était… Tous les deux savent leur temps compté… L’homme cherchera à abattre l’animal… qui essaiera de lui échapper une fois de plus… Le décor : la montagne, les aigles, la nature, et la prose d’Erri De Luca

81 pages

En Italie : Le sante dello scandalo

 © Giuntina

© Giuntina

5 femmes dans les générations d’Abraham et Jésus.

5 portraits qui font de la grâce féminine une force de combat pour forcer les lois, confondre les hommes et imposer des exceptions.

60 pages

Toujours en Italie : Un spectacle avec Gianmaria Testa, chanteur turinois. Le premier s’appelait “Don Quichotte et les invisibles“…Il existe aujourd’hui en DVD. 

Le principe : des textes lus par Erri, entrecoupé de chansons de Gianmaria, les deux proses se complètent et se rejoignent…

La bella gente en Ombrie, la cattiva gente camorriste, Silvio for ever et Gianmaria Volontè dans nos coeurs

cinema, culture

Un mot de cinéma aujourd’hui pour les sorties DVD en France de ces dernières semaines. D’abord un applaudissement à France Télévision pour son intérêt porté au cinéma italien. 3 parutions ces dernières semaines.

D’abord, Bella Gente d’Ivano de Matteo, son deuxième long métrage après Ultimo Stadio réalisé en 2002. Monica Guerritore, actrice de théâtre renommée en Italie tient le rôle de Susanna qui travaille dans un centre social d’aide aux femmes victimes de violence. Antonio Catania incarne son mari, un homme aux idées larges et au caractère souple. Elio Germano joue leur fils.

Ce couple de quincagénaire passe ses vacances en Ombrie, près de voisins qui paraissent être leurs extrêmes opposés, grossiers et racistes. Pourtant ils partagent leurs journées, marché le matin, piscine l’après midi.

A quelques kilomètres de chez eux, sur la route du village, une jeune prostituée ukrainienne tapine. Un jour, Susanne surprend son mac en train de la frapper. Elle va tout faire pour secourir la jeune femme. La recueillir chez eux et s’en occuper. Quelques jours plus tard, le fils du couple surgit avec sa jeune fiancée.

Il y a des films qui nous tiennent en haleine tout le long et dont la fin éclate comme un pétard mouillé, laissant un gout d’inachevé. Bella Gente est l’exact contraire. Démarrant piano piano, rien ne parait tenir. A tel point que l’on redoute très vite l’accumulation de clichés et bons sentiments.

En fait, au fil des minutes, l’atmosphère s’alourdit, les personnages grandissent en nuances et s’épaissisent, les premières scènes à priori généreuses et gentilles débouchent sur une féroce étude de caractère.

Bella gente est vraiment une curiosité italienne à découvrir en DVD. Un film dérangeant et subtilement mené. A ne pas rater. 

Autre proposition de France Télévision, Videocracy, un documentaire sur le pouvoir de la télévision, mais qui pêche par un ton trop démonstratif. A regarder pour découvrir Lele Mora, un des proches de Berlusconi, impliqué dans le Rubygate et incarcéré aujourd’hui pour invasion fiscale.

Bien que n’étant pas un documentaire, Fortapàsc ne tient que par la véracité de l’bistoire qu’il raconte. Si l’oeuvre de Marco Risi, fils de Dino, était une fiction, les critiques cinéma l’auraient massacré sans états d’âme. Seulement voilà, Fortapàsc raconte une histoire vraie émouvante. Les quatre derniers mois de la vie de Giancarlo Siani, journaliste du quotidien napolitain, Il Mattino, assassiné le 23 septembre 1985 en bas de chez lui.  

Tout sonne cliché et pourtant c’est la réalité qui est ainsi tournée. D’ailleurs le réalisateur porte ce projet depuis 15 ans sans parvenir à le tourner. Et si on se montre très indulgent à l’égard de la mise en scène, c’est pour rester attaché à la valeur informative du propos. Un jeune journaliste qui grandit à Torre Annunziata, à quelques kilomètres de Naples et qui va s’attaquer au coeur du système économique et politique en collusion avec la Camorra. Ici, la guerre des gangs fait rage, d’où le nom Fortapàsc, Fort Apache en dialecte.

Dans le film, on voit les compromissions politiques, le rôle essentiel des entreprises, pivot des transactions, l’achat de vote, la corruption, le clientélisme, le role trouble de la magistrature et l’impuissance des forces de l’ordre. Personne n’a été en mesure de protéger ce gamin de 26 ans qui s’est fait massacrer de 10 balles à bout portant en bas de chez lui. Et tout le monde l’a utilisé.

Un film qui n’est pas documentaire mais qui sonne tel quel.

Le documentaire est d’ailleurs un genre très en vogue en Italie depuis une dizaine d’années et qui prend de l’ampleur de saisons en saisons.

Ce printemps 2011, l’idée de Gian Antonio Stella et Sergio Rizzo, par ailleurs auteurs du livre La casta, a bénéficié d’une grande couverture médiatique. Et pour cause le film relate la vie de Silvio Berlusconi.

 Silvio Forever, de Roberto Faeza et Filippo Macelloni

Le film n’ a pas eu un grand succès en Italie. Les défenseurs de Berlusconi savaient que l’autobiographie n’était pas autorisée par l’intéressé qu’ils soutiennent et les anti Berlusconi étaient fatigués d’entendre parler du Président du Conseil à la télé, à la radio et dans les journaux. Ils n’avaient nullement envie de retrouver le visage du Cavaliere en soirée sur les grands écrans .

De surcroit, le film est confus. Un montage d’images d’archives qui ne respecte pas un ordre chronologique. Et rien n’est daté. Autant dire que pour les novices, c’est un marécage. Emerge seulement une mégalomanie de Berlusconi. Un film non construit mais qui distille des infos.  Par exemple, des images du mausolée qui accueillera sa dépouille. Un temple egyptien façon désign milanais dans lequel reposeront aussi ses “lieutenants”. Dans les années 90, Silvio Berlusconi ouvrait les portes de ce lieu pas comme les autres aux caméras de télévision.

Et puis pêle mêle, le conflit avec la magistrature, les liens présumés avec la Mafia, les filles, le clientelisme, les affaires douteuses, la politique, l’anti communisme…

Peu d’éléments sur l’enfance… Un seul fait marquant : à l’école, alors jeune adolescent, il se faisait payer par les élèves de sa classe en difficulté scolaire. Il les aidait dans leurs devoirs et si à la fin du trimestre, la moyenne du cancre ne dépassait pas 6, Berlusconi Junior le remboursait.  

Bref, le film n’a pas su éviter les écueils du genre. Trop d’approximations. Les images d’archives tiennent l’attention du spectateur, mais ne l’informent sur rien. Ou le confortent dans l’idée que Silvio Berlusconi dit tout et son contraire, capable de changer d’opinion du jour au lendemain avec un aplomb incroyable. Il a résolu la crise des déchets, (images des poubelles toujours présentes à Naples), il s’investit à l’Aquila (rien n’est résolu), en 1995, il affirme : plus jamais d’alliance avec Umberto Bossi, le pire des traitres en qui on ne peut placer aucune confiance (c’est aujourd’hui son allié le plus important pour tenir la majorité) et qu’il n’est pas venu en politique pour s’enrichir. Son argent, il le donne au bien public. Son patrimoine personnel est passé de 1 milliard 6 $ en 1994 à 7 milliards $ aujourd’hui.

En Italie, la sortie DVD du superbe film de Claudio Cupellini “Una vita tranquilla“. Après Lezioni di cioccolato, le jeune réalisateur démontre une grande maitrise de la mise en scène et de la direction d’acteur. Le sujet ne brille pourtant pas par son originalité, mais en resserrant le propos sur les personnages, Claudio Cupellini donne une épaisseur et une atmosphère étouffante à son film.

Toni Servillo (Rosario), un des plus grands acteurs italiens, toutes générations confondues (le conseguenze dell amore, il divo, l’uomo in più) livre encore une prestation de très haute tenue. Mais les deux jeunes qui l’entourent, Marco D’Amore (Diego) et Francesco Di Leva (Edoardo) sont tout aussi justes dans l’incarnation de leurs roles. Ils décrochent depuis plusieurs mois des prix d’interprétation dans les festivals européens. Un grand film italien qui sortira sur les grands écrans français en Aout. (mais en vente en DVD en Italie depuis deux mois, ah les cohérences européennes ! )

Enfin mention spéciale à la Villa Medicisà Rome pour un hommage à Gianmaria Volonté dans le cadre de la programmation cinéma plein air dans ses jardins en juillet.

 © Gianmaria Volontè

© Gianmaria Volontè

L’acteur était célèbre pour ses roles de méchants dans les westerns spaghettis mais sa dimension allait bien au delà de ses prestations dites commerciales. Gianmaria Volonté est un des comédiens les plus en vue du cinéma politique. C’est cet angle qu’a retenu la Villa Medicis.  L’armata brancaleone de Mario Monicelli disparu cette année, le suspect de Francesco Maseli; ou encore la magnifique Enquete sur un citoyen au dessus de tout soupçon, l’acteur y est à la fois remarquable et glacial. Ne figure pas dans la programmation, l’affaire Mattei (le meurtre du patron de l’Eni dans les années 60 maquillé en accident d’avion)

Naples, de la “più bella” à la “poubelle”

actualité, social, naples, environnement, société

A Naples, la crise des déchets est majeure. A tous les sens du terme. En 2011, elle fête ses 18 ans.

Cycliquement, les poubelles débordent dans les rues, la tension monte, et l’état d’urgence est décrété.

Silvio Berlusconi n’a rien résolu en dépit des promesses formulées en 2008 (campagne pour les législatives) et rien n’indique que le nouveau maire Luigi de Magistris (IDV) obtiendra des résultats plus probants.

Sa première mesure fut d’interdire l’utilisation de récipients en plastique. Mais deux semaines après son élection, les ordures continuent à s’entasser dans les faubourgs de Naples.   Et la colère explose chez les habitants, qui comme d’habitude, finissent par bruler les barrières d’immondices. (26 juin 2011)

 © EV

© EV

La chaleur est déjà accablante. 35 degrés.

Les médecins napolitains lancent une alerte sanitaire. Bruler les déchets produit de la dioxyne, un danger pour la santé publique.

Et plus spécifiquement les pédiatres relèvent une forte augmentation des problèmes respiratoires chez les nouveaux nés et enfants en bas âge.

 © EV

© EV

Le parquet met en examen Stefano Caldoro (PdL), le président de la Région pour ” propogation d’épidémie par imprudence”.

Dans une conférence de presse, Stefano Caldoro ne veut pas payer seul 15 années d’irresponsabilité générale et dénonce le boycott de la Camorra. 

 © Caldoro

© Caldoro

En ce sens, il rejoint le point de vue du maire de gauche Luigi de Magistris qui voit dans cette énième situation de crise la main de la Mafia napolitaine. “La Camorra me souhaite la bienvenue”.

Mais c’est oublier un peu vite que les sphères politiques, économiques et mafieuses se croisent et se recroisent dans cet univers trouble. Les méchants mafieux ne sont pas les seuls à la manoeuvre.

Sans douter de la bonne volonté de Stefano Caldoro et Luigi de Magistris, les partis de gauche et de droite subissent l’infiltration camorriste. Désormais, c’est de notoriété publique et les citoyens ont compris que la politique ne résoudrait rien.

Sinon la crise n’aurait jamais duré 18 ans.

Alors, les plus jeunes décident d’orchestrer eux mêmes le ramassage des ordures et le nettoyage des rues. Comme si la réponse pouvait venir de la société civile.

 © Ansa

© Ansa

Le traffic des déchets ne se limite pas à Naples. Les environs de Palerme, les Pouilles et même Rome (avec des enquêtes ouvertes sur la gestion de Malagrotta) sont dans le collimateur de la justice et des écologistes.

Mais à Naples, la situation est plus explosive parce que les poubelles s’entassent dans les rues, se voient et se respirent. 

 Le gouvernement apparait divisé sur la question.

Berlusconi a voulu un décret qui formalise le transfert des ordures napolitaines dans d’autres régions d’Italie. La Ligue du Nord a voté contre, estimant que c’était aux Napolitains de gérer leurs problèmes.

C’est oublier un peu vite que les entreprises du nord utilisent parfois la filière mafieuse pour envoyer leurs déchets industriels dans le sud.

Le décret est approuvé, mais personne n’est content. Surtout pas les écologistes qui ne comprennent pas pour quelles raisons les parlementaires s’obstinent à parler d’évacuation des ordures.

Diminuer la production des déchets est la base de toute politique répètent en choeur Legambiente, Greenpeace, Terra Futura et WWF.

Et en circulant dans la ville, je me demande : “Comment la plus belle au monde s’est elle laissé réduite au rang de poubelle ?

Médiatiquement parlant, Naples atteint le degré zéro.  Triste représentation : “Un quart monde peuplé d’analphabètes mafieux “. C’est la nouvelle image d’Epinal. Or, la ville regorge encore de trésors.

Evidemment dans les quartiers périphériques, les immondices sont partout.

 © EricValmir

© EricValmir

Et dans certaines rues, la proximité de panneaux publicitaires devient presque cynique. Ici le visage de Vincent Cassel pour une nouvelle voiture et ce slogan : le luxe est un droit.

 © EricValmir

© EricValmir

Et puis lundi et mardi (les 27 et 28), d’un coup, sans que personne ne sache ni comment, ni pourquoi, les ordures sont ramassées.

Des tractopelles se fraient un passage dans des océans de sacs poubelles éventrés et conduisent les déchets dans une benne stationnée au bout de la rue.

Plus l’on s’approche du centre, plus les quartiers apparaissent propres.

Containers contenus devant une agence immobilière.

 © EricValmir

© EricValmir

Et comme souvent, tout devient une question de regard.

Les poubelles sont à ras du sol, mais si nos yeux se lèvent pour prendre de la hauteur, Naples redevient la più bella.

 © NicoMathias.RF

© NicoMathias.RF

Bien sur à Naples, tout regard extérieur se laisse happer par la beauté naturelle de la baie dans laquelle se dessine le Vésuve.

 © EricValmir

© EricValmir

Même plaisir dans la contemplation de la mer qui apparait toujours au détour d’une rue, ou d’un faubourg…

 © EricValmir

© EricValmir

Evidemment, Naples est aussi connu pour ses trésors culturels et architecturaux, Le Castello, le San Carlo, le Dôme…

Mais pas seulement…

Souvent, il suffit de laisser son propre regard caresser les façades napolitaines…

Avec la même langueur que le soleil qui décline…

 © EricValmir

© EricValmir

 © EricValmir

© EricValmir

 © EricValmir

© EricValmir

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 © EricValmir

© EricValmir

Un jeu d’ombres et de lumières à l’image de la ville…

 © EricValmir

© EricValmir

 © EricValmir

© EricValmir

Et à la nuit tombée, la rumeur de Naples monte… Sans pour autant affecter le calme qui règne sur les hauteurs.

 © EricValmir

© EricValmir

Le jour se lève à Capodimonte…

 © EricValmir

© EricValmir

Et les zones populaires aussi possèdent ce charme qui font ou faisaient la renommée de Naples…

 © EricValmir

© EricValmir

Une ville tentaculaire où l’on peut vivre à 100 à l’heure….

 © NicoMathias.RF

© NicoMathias.RF

Ou au ralenti….

 © NicoMathias.RF

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Et puis a-t-on déjà oublié que la pizza est née à Naples ?

Ici, dans tous les quartiers, on connait la meilleure pizz’ de la ville et ce n’est jamais la même !

Une certitude, même dans une modeste trattoria, c’est un régal !

 © NicoMathias.RF

© NicoMathias.RF

Voilà Naples dans ses contrastes… ses richesses, et sa pauvreté… ses combines et ses secrets…

Un joyau de l’humanité que le clientelisme détériore, que la Camorra pollue à tous les sens du terme.

Et l’on peut pleurer le gachis de ces dernières années causé par les magouilles politico-mafieuses.

Mais Naples en dépit de ses poubelles, ses mafias, et ses quartiers pauvres reste une des plus belles villes au monde…

 © EricValmir.RF

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Et loin de Milan, l’élégance est ici, aussi, un art de vivre.

 © NicoMathias.RF

© NicoMathias.RF

L’Italie sous le règne degli Albereschi

enfance, santé, société, culture

Les Albereschi vivent sur les arbres. (de l’italien albero = arbre). Ils ressemblent à des chiens dressés sur leurs pattes arrieres, en position debout avec une longue queue qui remonte dans leurs dos reproduisant la forme du point d’interrogation.

Les Albereschi se nourrissent seulement d’herbes et de fruits qu’ils mangent dans des plats en feuilles. Mais comme la végétation fait partie de leur alimentation, une fois leurs assiettes terminées, ils dévorent leurs couverts en guise de dessert. Une solution écologique. Les Albereschi ne produisent pas de déchets.

Le sexe des Albereschi se détermine à partir de la couleur. Les femelles sont blanches avec une tache noire autour de l’oeil, en revanche les males sont l’exact contraire, noir avec une tache blanche autour des yeux. Mais cette distinction sur le visage n’apparait qu’à l’age de 6 ans, d’abord par un petit point qui va grandir et s’affirmer à 18 ans.

Aussi bien mâles et femelles peuvent faire des enfants. L’alberesco donne la vie par la bouche.

Les Albereschi sont forts. Mais ils n’ont pas besoin d’une musculature impressionnante. Pour abattre un mur, il leur suffit de le désigner d’un doigt…de fermer les yeux… et de penser aux merveilles de la vie… un fait magnifique vient à l’esprit… et le mur s’écroule.

Je pourrai encore vous parler pendant des heures des Albereschi mais je dois concéder ne pas en avoir vu un seul.  Et pour cause, ils sont invisibles des adultes. Seuls les enfants peuvent les voir.

Et Flavia Selva, elle, les a vus. Elle apporte son témoignage dans l’Histoire vraie des Albereschi paru chez “Irradiazioni

 © irradiazioni

© irradiazioni

C’est en 2005 quand elle avait 3/4 ans que Flavia a vu pour la première fois les Albereschi. Un monde fantastique qu’elle découvrait chaque jour.

Beaucoup d’enfants à cet âge voient leurs imaginaires les porter dans un univers créatif et enchanté peuplé de personnages invisibles aux yeux des autres.

Ada passait ses journées avec Bouloul, Luna avec Yépi, etc etc.

Mais chez Flavia, ce n’était pas seulement une créature, mais tout un monde parralèlle qui évoluait sous ses yeux.

Et puis en 2007, une saloperie de tumeur canérigène. L’injustice de la maladie qui frappe l’innocence. Flavia 5/6 ans va passer deux ans dans les salles d’opérations. Entre guérison, rechute et traitement lourd. Et l’univers des Albereschi prend alors une autre dimension.

Isolée en soins intensifs à l’hopital pédiatrique Bambino Gesu de Rome, Flavia raconte à ses parents comment vivent les Albereschi. Le père l’enregistre. Ils ne parlent plus que de ça.

Et l’idée d’en faire un livre motive l’enfant qui va chercher au fond d’elle même tout un système qui régit la société des Albereschi.

Evidemment, on ne retiendra de ce livre que ses coulisses. L’histoire d’une enfant qui a surmonté la maladie en s’accrochant à l’univers qu’elle imaginait. C’est humain.

Et pourtant La storia vera degli Albereschi vaut aussi par son contenu. Toute la richesse de la pensée d’un enfant s’étale au fil des pages. La fantaisie n’a pas de limites, et les illustrations du peintre Adriano Pompa ont donné vie à ce monde enchanté.

Un résultat proche de la réalité aux yeux de Flavia qui reste la seule à les avoir vus. Son témoignage est essentiel.

 © Irradiazioni

© Irradiazioni

Les droits du livre sont reversés à l’Hopital pédiatrique Bambino Gesu de Rome qui doit traiter chaque jour les maladies rares qui frappent les enfants. Sa réputation est internationale.

En Italie, la vie selon Jovanotti

chanson, humeur, société, culture

Déjà 24 ans que Jovanotti chante et danse. Un succès incommensurable auprès de 3 générations d’italiens. Un succès inconnu en France, plus attachée aux vedettes internationales de la Péninsule… en partant d’Eros Ramazzotti et Laura Pausini à Zucchero en passant par Gianna Nannini.

Etonnant de voir que les artistes les plus en vogue peinent à passer les Alpes. Vasco Rossi, Ligabue et Jovanotti. Quand Ligabue se produit à l’étranger, les salles affichent complet. Toute la communauté italienne du lieu se retrouvent là.

Jovanotti parle aux 20/50 ans et à travers lui s’exprime une Italie qui n’est pas celle de la représentation médiatique, des vedettes de télévisions ou du Festival de San Remo. Il y a dans ses concerts une générosité qui touche le coeur de son public. Une volonté de se surpasser. Une osmose entre le chanteur et la salle venue l’applaudir.

Le post de ce samedi soir n’a aucune autre ambition que vous ouvrir les portes de son univers.

 © Lorenzo Cherubini

© Lorenzo Cherubini

Né le 27 septembre 1966 à Rome. Toute sa famille est d’origine toscane, la région d’Arezzo. Lorenzo Cherubini est d’abord un dee jay des années 80 avant de devenir un des pionners du rap italien.

Sa première audition avec un groupe I giovanotti (les jeunes hommes), sorte de boys band, tourne à son avantage. La maison de disque ne remarque que lui.

Ses premiers titres sont hip hop rap.

1988. Lorenzo a 22 ans. Gimme Five, un de ses premiers succès. La pochette du disque.

  © Gimme five

© Gimme five

Mais très vite, le répertoire du jeune Lorenzo s’élargit au funk et à la word…

Ciao Mamma appelle à la communion.

Ciao mamma, regarde comme je m’amuse, tout le monde applaudit sourit… La joie de vivre dans ce premier tube en 1990… encore repris aujourd’hui dans les concerts.

Ciao Mamma

Et cette tribu qui danse donnera le titre au cinquième album de Jovanotti. Una tribù che balla. Un style et un tempérament s’imposent. Le public de fans grandit. La musique, imprégnée des courants acid jazz de l’époque, séduit toute une génération d’italiens.

Muoviti, muoviti, premier hit single

La sauce Jovanotti prend et le jeune Lorenzo devient un monstre de travail. Concerts et albums s’enchainent tous les ans, comme si le chanteur redoutait que son succès soit éphemère.

En attendant, ne sachant ce que lui réserve l’avenir, il en profite et le Lorenzo 92, titre du 6ème album, s’estime chanceux. Jovanotti vit un rêve éveillé.  Ragazzo fortunato est un hit.

Autre succès de l’album, Io no. Toujours cette idée de garçon qui croque dans la vie en dépit des difficultés du quotidien. Une idée simple que la jeunesse italienne capte aussitôt.

1993. Penso positivo alors que l’Italie est secouée par la saison des massacres, les attentats contre Falcone et Borsellino, l’affaire Mani Pulite. Dans ses interviews, Jovanotti ne dit pas ignorer les problèmes. L’actualité il la suit de près comme tout un chacun. Mais il s’efforce de garder en lui une forme de sérénité.

1994 : Lorenzo 94. Huitième album.

La saison 94/95 est faste pour Jovanotti. Sereneta rap est un énorme tube mais n’est rien à coté de l’ombelico del mondo qui sort en 1995. Le nombril du monde dans sa version espagnole, el ombligo del mundo enflammera l’Amérique latine.

 Evidemment, l’ombelico del mondo est un hommage à l’Afrique. Et depuis quinze ans, il n’y a pas une tournée de Jovanotti qui ne reprenne ce titre. Au premier coup de batterie, tambours, tam-tam, le public devient hystérique.

A Rome, en 2006, avec en invité  l’Orchestre de Piazza Vittorio, un groupe multi ethnique célèbre en Italie, une prestation de feu. (Piazza Vittorio à Rome est une place avec un jardin public où se rassemblent de nombreux immigrés)

Pour la première fois dans sa carrière, une année passera sans que Jovanotti ne sorte un album. 1996. Mais une prestation tout de même dans un concert de Luciano Pavarotti contre le phénomène des enfants soldats.

Mais arrive déjà 1997. L’amour d’un homme pour une femme. Lorenzo et Francesca. Un texte qui en dit long, et une chanson qui fera évidemment un tube.

Bella.

Pas d’album en 1998. Rien à voir avec le mondial français, Lorenzo n’est pas foot, ça ne sonne pas italien je sais, mais dans la péninsule, ceux qui se détournent du calcio sont plus nombreux qu’on ne le pense.

Pas d’album en 1998. Et pour cause, nait le 13 décembre de cette année Teresa. Comme beaucoup d’auteurs compositeurs interprètes, Jovanotti ne résiste pas à l’envie d’écrire une chanson à sa fille.

Per te, premier single de l’album Cap Horn. 1999. Avec une image forte, la guitare au dessus de Teresa.

C’est pour toi que les arbres sont verts et que les fleurs se colorent de rose à la maternité

Jeune père avec de nouvelles responsabilités certes, mais toujours aussi enfiévré par la musique.

Le monde bascule dans le troisième millénaire, angoissé par l’explosion numérique et Lorenzo décortique une autobiographie de la fête. Un album live qui revient à ses amours d’adolescent, les standarts rap, genre Sugarhill gang.

Extrait AUDIO de Rapper’s delight, autobiografia di una festa 2000. Frissons assurés.

2001. Pour la première un album tout en espagnol. Pasaporte, une compilation. Lo mejor de. Avec en single : un rayo de sol en la mano

Jovanotti est devenu une institution. En 2002, sans surprise, Il quinto mondo déroule la machine à tube : Salvami, Ti sposero, Moriro d’amore.

Mais le chanteur recherche aussi les expériences décalées. Cette année là, il monte un projet dit alternatif avec le collectif Soleluna.

Buon sangue arrive en 2005. Avec Mi Fido di te, magnfique chanson qui ouvre une ère nouvelle pour Jovanotti. Peut être celle de la maturité.

Le mot maturité sera employé par toutes les critiques quand sort l’album Safari en 2008. Mais vrai dire, entre les deux derniers albums, le rapper est revenu à ses amours dance participant à l’expérience Extra F.U.N.K (fratelli uniti nel kaos : frères unis dans le chaos). Le jaillissement d’une fougue.

Une façon d’enterrer sa vie de garçon aussi quelques mois avant le mariage avec Francesca.

Safari, la maturité donc, Fango, un hymne à la nature, le plus grand danger de l’homme est de ne plus rien sentir dit Jovanotti. Et un moment inoubliable pour le chanteur (visiblement impressionné), une interprétation sur la scène de San Remo accompagné de Ben Harper.

Le 6 septembre 2008, Lorenzo et Francesca se disent Oui à l’Eglise Santa Maria Nuova de Cortone près d’Arezzo. Avec Teresa qui n’a pas encore 10 ans.

 © Ansa

© Ansa

Et comme en écho, le deuxième single de Safari : A te

En 2009, Jovanotti s’offre un plaisir/délire. La tournée des clubs new yorkais de mai à octobre avec ses “potes” du Soleluna NY Lab.

De cette expérience sortira un DVD intitulé Oyeah, encore disponible sur le marché et que je vous recommande.

 © Oyeah

© Oyeah

Un film de 52 minutes à travers New York et ses clubs, une visite entrecoupée d’extraits de reprise que le band joue le soir.

Exemple avec l’audio de Stayin Alive, le titre des Bee Gees, pas facile à reprendre

Pendant cette tournée, une partie de l’adolescence de Lorenzo s’en va. Le band apprend la mort de Michael Jackson et improvise un “Wanna be starting something” visible sur le DVD

 © Oyeah

© Oyeah

L’actualité de Jovanotti en 2009 à la radio, c’est le troisième extrait de Safari, Mezzogiorno et un clip qui va attirer l’attention de tous les fans.

L’idée dans sa simplicité séduit le coeur du public et très vite la maison de disque reçoit des vidéos de fans qui ont parodié à leurs façons le clip.

De la joie, des délires, et une grande générosité s’expriment à travers tous ses petits films. L’équipe de Jovanotti en mixe quelques uns et le résultat est diffusé en play list sur MTV. Une première.

En 2010. Jovanotti écrit “Ora“. Ecriture, essais en studios. 2010 : la mort de sa mère. Des tensions dans le domaine privé. Les choses de la vie, commentera-t-il d’un sourire mi triste mi radieux à la présentation de son album Ora à Milan en décembre dernier.

La vie et ses épreuves. Le lot de tout un chacun. Jovanotti préserve la lumière sur son visage. Ora est dédié à Mamma Viola et s’impose comme un des albums les plus aboutis du chanteur. Et si vous lisez ces lignes, en bas de page, cela sous entend que vous avez navigué avec plaisir dans son univers. Ora est donc pour vous.

 © Ora

© Ora

Tutto l’amore che ho était le single de l’hiver. Celui de l’été s’appelle “le plus grand spectacle après le Big bang”. Autrement dit, c’est nous. Toi et moi. Les Italiens disent Io e Te .

Jovanotti est en tournée à travers l’Italie. Un concert en 4D. Une escroquerie plaisante le chanteur, le 4D, c’est le rapport humain direct. Il se produira au stadio Olimpico de Rome les 8 et 9 juillet.

Il più grande spettacolo dopo il big bang

Ainsi s’égrènent les années au rythme des chansons de Jovanotti. Nous avons à peu près le même âge et au regard de cet album effeuillé, défilent vingt années qui ont commencé quand nous avions 20 ans.

Et encore une fois, c’est un sourire qui se dessine.

Grazie Lorenzo

Le shaker de la politique italienne. Buzz, photos et vidéos

Di Pietro, actualité, europe, berlusconi, politique

 Une vidéo très remarquée en Italie

 Après le vote de confiance accordé au gouvernement Berlusconi par la Chambre des députés, Sonia Alfano, parlementaire européen  (Italie des Valeurs)  dénonce à Bruxelles l’esprit de corruption qui anime l’Assemblée italienne. Les principes élémentaires du droit humain sont bafoués dit elle, et la majorité du parlement se dessine avec des voix de l’opposition achetées.

On entend au loin la voix de Licia Ronzulli. La député berlusconienne (PdL) conteste bruyamment ce qui est dit. Sonia Alfano s’interrompt et lui conseille de se taire en lui rétorquant qu’elle n’est pas au parlement italien. Quand viendra ton tour de parler, tu t’exprimeras.

Un sévère Shut up. Puis laisse moi finir. Silenzio.

Sonia Alfano réclame l’intervention du président afin de poursuivre son intervention. Un président abasourdi devant la scène. Sonia Alfano évoque ensuite les condamnations définitives dans les affaires Mills et Mondadori. Mais Licia Ronzuli déchainée hurle debout.

A ce point, le président prend la parole : “Ce n’est pas un comportement approprié à cette chambre. Vous ne devez pas intervenir de la sorte.

Il invite Sonia Alfano à poursuivre.  

Le 9 décembre, le parlement européen célebrait la journée contre la corruption, hier les députés italiens ont lancé la première journée de la corruption légalisée, ” conclut Sonia Alfano.

Licia Ronzuli continue de manifester son désaccord, de la voix et des mains.

Nouvelle intervention du président : “C’est la dernière fois que je vous le dis… Si vous vous levez encore une fois pour interrompre la session, je vous demanderais de quitter la chambre. Est ce assez clair ? “

La scène en images

Cette vidéo enflamme le net italien mais très vite le curser de l’intérêt se déplace vers une photo prise par un téléphone portable dans l’enceinte du parlement italien. Surréaliste, on y voit Silvio Berlusconi en grande conversation avec… Antonio di Pietro.

 © Berlusconi et Di Pietro pris en photo par un téléphone portable

© Berlusconi et Di Pietro pris en photo par un téléphone portable

Le leader de l’opposition le plus anti berlusconi qui soit… Celui qui traitait de Berlusconi de “mafieux” en pleine assemblée provoquant le départ du Président du Conseil qui boycottait ainsi l’intervention de l’ancien juge… Le magistrat de Mani Pulite pire ennemi du Cavaliere.

Les militants et les électeurs de l’Italie des Valeurs ne comprennent pas et font connaitre leurs désapprobations sur le site internet du Parti.

 © IDV

© IDV

L’incompréhension est d’autant plus forte qu’Antonio Di Pietro, dans son intervention lors du vote de confiance, a concentré son attaque sur Pier Luigi Bersani, leader du Parti Démocrate, principale formation de centre gauche.

Antonio Di Pietro est contraint de s’exprimer à la télévision pour clarifier sa position. Première question de la journaliste : de quoi avez vous parlé avec Silvio Berlusconi ?

Silvio Berlusconi s’est approché de moi. Il cherchait un leader de l’opposition pour  lui faire comprendre directement que son gouvernement avait bien travaillé. Je lui ai répondu que pour le bien du pays, il devait démissionner et s’en aller“.

Ensuite Antonio Di Pietro plaide l’urgence d’un programme et d’une alternative à proposer aux Italiens dans deux ans.

Par ces mots, il acte le principe d’une législature qui arrivera à son terme en 2013. Il n’est plus question de réclamer la démission de Berlusconi.

En fin stratège politique, Silvio Berlusconi sait que sa cote de popularité ne remontera pas. Il voit aussi que les primaires de la gauche aux Municipales ont resseré les rangs entre les différentes formations et le principe de la candidature unique a porté ses fruits. Une large victoire.

Alors, comme par le passé avec Massimo d’Allema, Walter Veltroni, le Cavaliere cherhe à semer la discorde dans les rangs de la gauche. La recette a déjà fonctionné et à en juger les premières réactions, elle fonctionne encore.

Dans son édito du 23 juin, Stefano Folli écrit dans Il Sole 24 Ore :

Di Pietro a modifié sa ligne politique. Doté de bons réflexes, il perçoit le lent déclin inévitable de Berlusconi et la rapide ascension de Vendola à gauche.

A la Chambre, il a attiré les projecteurs  en attaquant l’absence d’offre alternative à Berlusconi alors que les chefs de la gauche ressassaient leurs jérémiades anti Berlusconiennes… Et il s’est offert un échange en tête à tête avec le diable.

Que veut vraiment Di Pietro ? D’abord compter davantage, après tout, la victoire au référendum est la sienne, et il voit d’un mauvais oeil l’entente Bersani/Vendola, les deux autres leaders à gauche.

Dans ce jeu de carte, Berlusconi reste l’adversaire, mais n’est plus l’ennemi juré…/… Et au final, contre Bersani, leurs arguments se rejoignent.

Di Pietro compte être de la partie mais n’entend plus jouer un second rôle.

Silvio Berlusconi l’a très bien compris.

La verifica du 22 juin 2011, une journée ordinaire au Parlement italien (ou pourquoi Silvio Berlusconi n’est pas tombé)

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LA VERIFICA

Dans la 1ère république, elle était souvent utilisée. Si la législature était en difficulté, le chef de l’Etat, garant des institutions pouvait ordonner qu’on procède à un débat ou un vote afin de determiner la solidité de la majorité parlementaire. Souvent les gouvernements tombaient.

A l’issue de la déroute électorale aux dernières municipales, le président Napolitano a jugé important la tenue d’ un débat parlementaire qui détermine la force des blocs en présence. 

Les résultats du référendum confirme cette nécessité. Le pays tourne le dos au gouvernement. La coalition majoritaire se trouve fragilisée par les défaites et dans les rangs de la Ligue du Nord (parti allié à Berlusconi), la contestation grandit. Le pacte avec le Cavaliere est contesté.

La verifica est fixée au 22 juin. Et la Ligue du Nord orchestre son grand rassemblement à Pontida le 19.

 © Lega

© Lega

Des slogans hostiles à Berlusconi. Les militants ne veulent pas que le Cavaliere entraine le parti dans sa chute. 

Umberto Bossi le président, et Roberto Maroni actuel ministre de l’intérieur, futur président pressenti du parti autonomiste affichent la couleur très vite :

Nous restons avec Berlusconi seulement s’il respecte nos conditions : réforme fiscale, baisse des impots et un désengagement en Libye. Dans une crise économique, le pays ne peut supporter une guerre aussi chère. Déjà 1 milliard d’euros dépensé, dit Umberto Bossi.

Or Berlusconi a besoin des voix de la Ligue pour se maintenir.

 © Ansa

© Ansa

Après une nuit de négociations entre leaders de la Ligue et du Popolo della libertà, une entente semble trouvée.

Le 22 juin au matin, deux heures avant l’intervention de Berlusconi devant le parlement, Franco Frattini, ministre des affaires étrangères annonce que l’Italie demandera au Conseil européen la suspension des opérations militaires en Libye pour raisons humanitaires.

Bossi prend note mais demande que les paroles soient accompagnées des actes. Un conseil supreme de défense est programmé le 6 juillet pour redéfinir les politiques italiennes en Libye et en Afghanistan.

La Ligue du Nord votera la confiance à Berlusconi. Dans l’immédiat. Umberto Bossi affirme qu’il faut tout supporter pour ne pas provoquer d’élections qui mettraient la gauche au pouvoir.

C’est donc confiant et sur de son fait que Berlusconi attaque son discours de politique générale le 22 juin 2011 à 11h 10.

J’ai retranscris plus bas quelques interventions importantes de cette journée parlementaire très ordinaire. Rien ne change, les mêmes discours et mêmes arguments chez les uns et les autres.  Comme si le mécontentement électoral ne portait en lui même qu’une valeur très relative.

Sivio Berlusconi, président du conseil des ministres (Popolo della libertà) centre droit

 © Ansa

© Ansa

 Dans une situation de crise comme celle là, on devrait tous travailler ensemble dans l’intérêt du pays. Se déchirer serait irresponsable. Notre majorité est forte et compacte. Nous devons aller jusqu’au bout de la législature et à son terme les citoyens jugeront le travail effectué…/…

Si on élargit le regard aux grandes nations occidentales, on s’aperçoit que ni les médias, ni l’opposition, ni l’opinion ne réclament la démission d’un chef d’Etat ou premier ministre après une défaite dans des élections locales intermédiaires…/…

L’Italie doit être gouvernée par ceux qui ont été élu en 2008 et jusqu’en 2013 selon les termes de la Constitution…/… 

Les agences d’évaluation financières ont placé l’Italie sous observation… si le gouvernement tombait, le déficit public serait alourdi et nous devrions tailler les budgets de la santé, l’éducation et la culture pour remettre les comptes à flots…/…

Ce gouvernement doit continuer, parce que nous travaillons bien et qu’il n’existe pas d’alternative à cette majorité… (applaudissements nourris)…/…

Les trois quatre forces d’opposition sont divisées entre elles,  incapables de désigner un leader et de rédiger un programme… (applaudissement nourris)… Donc la seule crédibilité est l’alliance entre le Popolo della libertà et la Ligue du Nord. NOUS.

Je ne veux pas rester à vie au Palais Chigi ou être le leader du centre droit   (Des “Non”, “Bien sur que non” ironiques fusent des bancs du centre gauche)…/…

Je vous assure que c’est un grand sacrifice, énorme sacrifice  (la provocation fonctionne : sifflets, cris, appaludissements)… 

…D’ici 2013, les 5 points essentiels du programme : le fédéralisme fiscal, la réforme de la justice, l’immigration et la sécurité des citoyens, un plan extraordinaire pour le Sud…/…

Pendant cinq minutes, Silvio Berlusconi défend son bilan économique, social et institutionnel, les retraites et la réforme de l’Université. (Applaudissements à droite, protestations à gauche).

…/…Nous avons combattu la Mafia avec des résultats jamais obtenus auparavant (colère de l’opposition qui conteste ce fait, estimant que les petits caids ont été, certes, arrêtés mais les liens entre le crime organisé et la politique auraient été en revanche renforcés… Sur les bancs du centre droit, une standing ovation accompagne le commentaire de Silvio Berlusconi)…/…

Tout le monde attend la réforme fiscale. Et nous allons la mettre en oeuvre. La baisse des impôts est pour bientôt. Relançons la croissance…

En politique étrangère,  je partage les préoccupations de ceux qui redoutent une prolongation des opérations militaires en Libye. 

Le gouvernement est fier de ses succès, surtout en période de crise. Nous avons su tenir la barre et garder le cap. Je veux remercier ici les alliés du gouvernement. Et je voudrais porter toute mon affection et à Umberto Bossi et mes amis de la Ligue du Nord…/…. (protestations, hurlements)…/… Avec la Ligue, une alliance solide et loyale.

…/… mais je veux pas verser dans l’autosuffisance, un parlement doit être uni et solidaire… Et votre contribution à tous est importante, je le répète, travailler ensemble est le meilleur moyen de servir notre pays… /…. J’espère que vous nous aiderez à voter les réformes importantes… Pour le pays, la justice et la liberté…/… Vive l’Italie.

 © CaGi

© CaGi

Mais pendant que Silvio Berlusconi parle devant les députés… dehors, la situation s’envenime.

Les comités de chômeurs et syndicats d’enseignants, offusqués par les nombreuses coupes budgétaires programmées avaient planté un stand à l’entrée de la place de Montecitorio.  200 militants s’étaient rassemblés. Les forces de l’ordre le démantèlent.

Affrontements.

 © Ansa

© Ansa

A l’intérieur, les débats commencent.

La première à prendre la parole dans l’opposition est Rosy Bindi (Parti Democrate)

 © Rosy Bindi

© Rosy Bindi

 

Encore une fois, le Président du Conseil adoucit son discours et présente le visage modéré du grand rassembleur à chaque fois que sa confiance est engagée devant ce Parlement…/…

Facile de dire qu’il n’y a pas d’alternative…/… Retournons aux élections et vous verrez, Monsieur le Président du Conseil que les Italiens veulent le changement et qu’il existe une force alternative…/…

Et vous vous bercez d’illusions, vous décrivez une Italie qui n’existe ou plus exactement une Italie qui vit sous la concession du pouvoir, mais vous n’avez aucune idée de ce qu’est l’Italie des travailleurs, des familles, des étudiants et des entreprises. Vous avez perdu le contact.  

L’économie est bloquée depuis des années. Vous nous enseignez que le déficit n’encourage pas la croissance… mais vous devriez nous expliquer comment sans croissance combattre le déficit.

Vous voulez vraiment nous faire croire que la réforme fiscale et la baisse des impôts que vous promettez depuis 1994 seront enfin appliquées dans les prochains mois ? Vous n’avez pas convaincu votre propre ministre de l’économie, vous pensez convaincre ce parlement ?  

Puis Leoluca Orlando (Italie des Valeurs) Gauche

 © Leoluca Orlando

© Leoluca Orlando

Aucune perspective d’avenir dans votre programme. Les familles souffrent, les entreprises aussi. Le chomage augmente, l’éducation et la culture suffoquent et notre crédibilité internationale est au degré zéro…/…

…/… Aucune agence d’évaluation n’accorde sa confiance à l’Italie. Vous êtes un gouvernement qui produit des précaires  et ignore le désespoir de millions de concitoyens…/… Pour la énième fois, vous promettez réforme fiscale et un plan pour le sud. Mais le sud est déjà un désert…/… Et le poids du clientelisme est encore plus marqué, avec les histoires de la P4 et des affaires de corruption qui vont au coeur du Palais Chigi.

Puis Mauro Libè (Union Democrate Chrétien pour le Troisième Pôle) Centre

 © Mauro Libè UDC per il Terzo Polo

© Mauro Libè UDC per il Terzo Polo

Vous nous donnez l’impression de ne plus être en mesure de prendre le pouls du pays. Et surtout vous ne parvenez pas à écouter ce que vous disent les gens, les familles en difficulté. Vous ne les voyez pas. Au delà des problèmes, vous n’avez pas la moindre idée d’un futur…/…

Vous nous dressez une liste de mesures comme si vous êtiez neuf en politique et que vous ne portiez aucune responsabilité sur l’état dans lequel se trouve le pays. Le problème est tout autre. Vous êtes aux affaires depuis des années.  

Qui pensez vous duper avec encore un champ de promesses qui sont toujours les mêmes ?  

Le pays vous a tourné le dos, et vous vous en êtes rendus compte.

Puis Benedetto Della Vedova, (FLI pour le Troisième Pole) Centre Droit 

   © Benedetto Della Vedova

© Benedetto Della Vedova

  

Dans son allocution, Silvio Berlusconi a évoqué “les manoeuvres de palais” qui avaient cherché à l’écarter lors d’un vote de confiance le 14 décembre dernier. Le député Benedetto della Vedova (ex PdL) aujourd’hui (Fli) réfute cette présentation des faits.

Pendant cinq minutes, BDV revient sur les faits. En 2008, après que soit tombé Romano Prodi, Silvio Berlusconi lance un grand parti qui rassemble toutes les forces du centre droit. Le parti Alliance Nationale de Gianfranco Fini fusionne avec Forza Italia. Le popolo della Libertà est né.

Nous sommes venus vers vous avec notre expérience politique et nos bulletins de vote. Nous sommes venus avec l’espoir de fonder un grande formation de droite modérée directement inspiré du Parti Populaire Européen et vous avez tout gaché.

Aux yeux des centristes et des Finiens, Silvio Berlusconi est plus chevillé avec la Ligue du Nord que les modérés de son propre parti. Le camp finien demande plus d’attention et le lancement des réformes. Le Cav s’intéresse davantage à ses ennuis judiciaires et au maintien d’une coalition majoritaire. Le groupe Fil (Fini) voit le jour à l’Assemblée et demande à Berlusconi de monter un autre gouvernement élargi aux centristes.

Dans un pays aux abois qui ne croyait plus en la majorité, vous avez choisi l’épreuve de force, Monsieur le Président du conseil, plutôt que de négocier un programme avec nous…vous avez preféré le vote de confiance du 14 décembre. Et vous l’avez fait en achetant les consciences. Et vous avez gagné avec 3 voix.

Nous avons reçu des dizaines et des dizaines de coups de fil promettant monts et merveilles, des postes mirobolants en échange de nos voix…/… Dans notre groupe, certains ont cédé. Ils n’ont plus mon estime politique…/…  ”Les manoeuvres de palais” comme vous dites relèvent plus de vos agissements…/…  Votre majorité ne s’est pas construite avec une conviction politique mais avec des nominations en cascade de sous secrétaires d’Etat de pacotille.

…Plutôt que le débat d’idées dans votre mouvement, vous préferez chasser ceux qui osent penser différemment… Ce n’est pas ainsi que doit s’imaginer la conception d’un grand parti politique… La mauvaise humeur du pays grandit et vous vous préoccupez seulement de votre majorité…

Monsieur le Président du Conseil, vous dites “être resté fidèle aux électeurs qui vous ont élu en 2008″, mais vous ne l’êtes pas avec le programme que vous leur avez promis…

Et cette réforme fiscale, vous aviez trois ans pour la faire, pourquoi dire à nouveau aujourd’hui “allez cette fois çi, on y va”… Vous parlez de vous et de votre gouvernement comme un éternel adolescent…Mais vous tenez le pays depuis 2001… Vous ne pouvez pas vous exprimer comme si l’histoire allait commencer demain… Vous êtes le passé.

Pier Ferdinando Casini (UDC) leader centriste du Troisième Pole

 © Pier Ferdinando Casini

© Pier Ferdinando Casini

Nous avons indiqué le chemin : un gouvernement de responsabilité nationale. Vous refusez cette option. Or il faut une secousse, un effort pour reconstruire le pays avec des mesures impopulaires et indispensables qui sont repoussées de législature en législature…/… des choix qui, je le crains, ne seront pas retenus après vous par vos successeurs ou contradicteurs   si la logique de la politique dans ce pays ne change pas…/…  

Et en attendant dehors, se propage le malaise social, les familles glissent dans la pauvreté, et les jeunes ne voient aucun futur…/… Ainsi l’antipolitique grandit dans l’opinion…/…

Et très chers députés, le discredit général qui affecte Berlusconi et son fragile gouvernement  aujourd’hui nous balaiera tous si nous ne changeons pas notre façon de procéder…/… parce que l’opinion ne veut plus vivre de démagogie, de promesses non tenues, de déceptions et de populisme…/…

C’est le moment de vérité et j’espère que vous en avez conscience.

Italie, belle et impossible. Le livre.

Italie, autopromo

Après le blog, le livre.

 © Editalie. Contact presse : 05 62 17 50 37

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Au départ, il y avait la proposition de plusieurs éditeurs d’écrire un texte sur Berlusconi et de raconter la société italienne à travers sa figure politique et le succès de son empire médiatique. J’ai refusé cette démarche. Il existe déjà beaucoup d’ouvrages sur le Président du Conseil.

Ensuite, il était question d’aborder les 150 ans de l’unité italienne. Mais tant d’historiens ont étudié la période avec la précision du scientifique. L’incontournable Histoire de l’Italie de Pierre Milza, ou  l’Histoire de l’Italie du Risorgimento à nos jours de Sergio Romano sont des oeuvres de référence.

En revanche, donner la parole à la société civile et retranscrire dans un livre les reportages et les interviews réalisés ces cinq dernières années était un excercice qui me plaisait davantage. Aucune démonstration et jugement de valeurs. Simplement rencontrer, écouter, échanger. Mettre en relation avec les faits d’actualité et l’Histoire du pays les ressentis et sentiments d’aujourd’hui.

Et au fil des chapitres, une vision s’impose. Celle d’une société civile forte et créatrice déconnectée du pouvoir. Un décalage entre les intérêts de la classe politique dirigeante et les aspirations des citoyens. Un décalage qui inéluctablement nous amène à ce référendum des 12 et 13 juin, ce ras de marée électoral contre un système. Plus qu’un vote contre Berlusconi, c’est le rejet d’un système qui s’est exprimé.

Dans ce livre, Silvio Berlusconi, il en est très peu question. Bien évidemment, des passages lui sont consacrés. Difficile de l’ignorer surtout au vu du rôle qu’il a joué ces quinze dernières années, mais il n’est pas le protagoniste central de ce texte.

Vivre dans un pays, ce n’est pas le réduire à ses gouvernants, c’est le parcourir du nord au sud en prenant le temps de s’arrêter et de s’intéresser au quotidien des uns et des autres. A l’arrivée, il ne reste qu’une somme de nuances et de contradictions, qui additionnées forment l’âme du belpaese. Et on très loin du Bunga Bunga.

 © Editalie. Contact presse : 05 62 17 50 37

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http://www.radici-press.net/ 

Note de l’éditeur :

Installé en Italie, Eric Valmir a su cueillir l’esprit de ce pays et s’imprégner de sa façon de sentir. Une compréhension humaine et rigoureuse qu’il fait partager aux Français à travers ses reportages.

Dans ce livre, Eric Valmir propose un parcours dans l’Italie d’aujourd’hui, dans ce qu’elle a de plus beau et de plus terrible. Ni angélique, ni catastrophiste, il démêle les fils d’une histoire récente souvent méconnue et nous aide à porter un regard lucide et avisé sur l’actualité italienne.

Un voyage ponctué de rencontres, d’interviews, de sensations et de rappel des faits qui nous montre que l’Italie n’est ni explicable, ni tout à fait prévisible. Qu’elle sait encore nous étonner, pour le meilleur et pour le pire. Fascinante et insupportable. Attachante et décevante. Belle et impossible.

En Italie, Silvio Berlusconi face à la contestation des urnes

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Le quorum, enjeu de ce référendum, est largement atteint : 57 % en Italie, ce qui est une valeur historique pour une consultation de ce genre. En revanche, à l’étranger, la mobilisation des Italiens, plus faible, a pour conséquence, d’abaisser le taux global de participation à 54,8%.

 Toute la nuit, les comités pour le OUI (il fallait voter OUI pour dire NON aux projets du gouvernement sur le nucléaire, l’eau et la justice) ont donc célébré une victoire qu’aucune imagination n’avait prédit aussi large.

Les militants ont posé les drapeaux et savouré une soirée qui marquait le début d’une nouvelle ère. Pour autant, il n’y a pas d’euphorie. A s’opposer, on ne résout rien. La satisfaction vient du soulagement de ne pas laisser agir en toute impunité un pouvoir politique déconnecté du pays, disent Luca et Mariastella (31 et 36 ans)

 © EV

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Dans le détail, les résultats définitifs

Question 1. Privatisation de l’eau.

Participation: 54,81%  OUI à l’abrogation : 95,35 %  NON : 4,65%

Question 2 : Profit que les sociétés (privées ou publiques) peuvent tirer de la gestion de l’eau.

Participation : 54,82%. OUI à l’abrogation de ce principe : 95,80%. NON : 4,20%

Question 3 : La relance du nucléaire.

Participation : 54,79%. OUI à l’abrogation des projets de construction de centrales : 94,05 % NON : 5,95%

Question 4 : L’empêchement légitime qui autorise le Président du Conseil et les ministres du gouvernement à ne pas répondre aux convocations judiciaires du fait de leurs fonctions.

Participation : 54,75% OUI à l’abrogation de ce principe : 94,62%  NON : 5,38%

Dès l’annonce des résultats, des rassemblement s’organisent spontanément dans les quartiers.  A Rome, près de la Bocca della verità (la bouche de la vérité), une scène est dressée pour suivre les résultats et les dépouillements en direct.

 © Ansa

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Et les premières tendances ne laissent planer aucun doute. C’est un ras de marée. D’abord la participation est anormalement forte et le chiffres de 95% de votants pour le OUI apparait dès les premières projections.

L’inquiétude s’évanouit. Le sentiment de joie l’emporte.

 © Ansa

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Une lame de fond  de la société civile”. Elena exulte. “Comment pouvions nous y croire ? Les télévisions n’ont pas joué le jeu. Pas de spot d’information civique aux heures de grande écoute et les grandes messes du 20 h qui donnent de fausses dates, qui parlent du début de vacances, d’un week end à passer à la mer…/

/…Nous, quand on est allé dans les rues de Pescara, chez moi, on s’est rendu compte qu’une personne sur trois savait qu’il y avait un référendum. Et deux jours avant le scrutin, Silvio Berlusconi annonce qu’il n’ira pas voter, que ça ne sert à rien…/

… Et à l’arrivée, le taux de participation explose et tout le pays vote contre ce déni de démocratie. Je le répète, c’est une lame de fond de la société civile”.

Tous les grands acteurs de la campagne de mobilisation se congratulent. Vittorio Cogliati Dezza, président de Legambiente voit un coup d’arrêt porté à l’arrogance du pouvoir politique.

 © Vittorio Cogliati Dezza

© Vittorio Cogliati Dezza

Une des raisons pour laquelle on chante et on danse ce soir, c’est que le pouvoir donnait l’impression de mener ses petites affaires en toute impunité sans que le citoyen ne puisse interferer. Les municipales et ce référendum ont inversé la tendance. Désormais, l’Italie donne un autre signal : la société civile est forte et le pouvoir politique faible.  Le politique se réclame toujours des Italiens, mais est incapable d’écouter ce que lui dit la société”.

A travers ce vote, les Italiens démontrent leur détermination à être des protagonistes de l’action politique, surtout quand elle cible des thématiques de la vie quotidienne : l’énergie, l’eau, la justice.

Pour Pierluigi Bersani, un des leaders de l’opposition, ” c’était un référendum sur le divorce… un divorce entre le gouvernement et le pays. Le gouvernement évolue sur un chemin qui n’est pas celui sur lequel marche le pays.”

Tout comme au lendemain des Municipales, Silvio Berlusconi peine à analyser les raisons d’une telle déconvenue. Ses recettes tactiques d’homme de communication aguerri ne fonctionnent plus. Berlusconi est un homme des années 80, époque de l’avènement de la télévision commerciale dont il est un des empereurs à l’échelle internationale. Et cette puissance de feu au service de son action politique est devenue stérile.

Au contraire, les campagnes ”à l’ancienne”, type rencontres de quartier, forums, discussions sur les marchés, concerts et meetings, ont fait leurs preuves.  

 © Festa del Si

© Festa del Si

Sans oublier le rôle non négligeable des nouvelles technologies. Le tam-tam sur Internet, les réseaux sociaux, les blogs, twitter.

Il y a là peut être un symbole de changement générationnel. Le multimédia plutôt que la télévision. Comme si Berlusconi n’avait pas cru en cette mutation.

Des slogans, des symboles, des logos qui resteront dans la postérité.

 © EV

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Berlusconi balayé, humilié… K.O debout… La gifle, la déculottée, la baffe….  Les mots employés par la presse italienne utilisent un vocabulaire d’artillerie lourde pour mieux souligner l’ampleur de la défaite.

En revanche, la presse internationale s’étonne encore une fois que Berlusconi ne remette pas sa démission. A Shangaï, pour le site Affaritaliani (Libero), Alberto Fattori cite le désarroi des médias asiatiques qui ne comprennent pas que le président du Conseil reste en place après un tel désavoeu de sa politique.

Les observateurs s’en remettent, donc,  au vote de défiance  que subira le gouvernement au Parlement les 21 et 22 juin prochain.

Berlusconi susceptible de tomber ? 

Pierfernando Casini, le leader de l’UDC (Centre Chrétien) n’y croit pas.

 © Pierfernando Casini

© Pierfernando Casini

Il ne faut rien attendre de l’environnement parlementaire. Silvio Berlusconi dispose encore d’une majorité à l’Assemblée et chez les députés hésitants, la tentation d’un poste au gouvernement pour avoir son heure de gloire ou la simple peur de perdre son fauteuil dans une législative anticipée est trop forte. Il ne faut rien attendre des palais de l’Assemblée et du Sénat, la nouveauté et les innovations, c’est le pays qui nous les donne“.

Attention alors à ne pas paraitre trop en décalage avec la voix des urnes, tonne la gauche. Sinon, nous le paierons tous très chers. 

Si les parlementaires restent sourds aux messages de l’opinion, le ras le bol de Berlusconi peut s’étendre à tout l’excécutif et la classe politique. La fracture, déjà importante, s’élargirait .

D’un autre coté, l’alternative n’existe pas. A droite, la guerre de succession a commencé. A gauche, les leaders se regardent entre eux. Antonio di Pietro, ancien juge, leader de la formation IDV (Italie Des Valeurs), à l’origine du référendum d’initiative populaire, modère son propos. Pour la première fois , il n’a pas appelé à la démission de Berlusconi et le Parti Démocrate n’a toujours pas rédigé son fameux projet réformiste.

Qui pourra remplir le vide de la politique italienne ?  questionne Stefano Folli dans le quotidien économique, Il Sole 24 ore. La débacle de Berlusconi n’est pas un plébiscite pour la gauche.

Le pays ne veut plus de Berlusconi, certes mais QUI et QUOI à la place ?

Pour autant, les cercles du pouvoir ne baignent pas dans la sérénité.  Le PDL et la Ligue du Nord savent qu’ils sont en train de perdre le pays, écrit Massimo Franco dans le Corriere mais Bossi n’a pas le courage de rompre avec Berlusconi. On voit mal, cependant, comment cet attelage pourra tenir jusqu’à la fin de l’année.

 © Berlusconi/Bossi

© Berlusconi/Bossi

 La débacle de Berlusconi est aussi celle de Bossi.

En Vénétie, terre de prédilection de la Ligue du Nord qui détient la région, les taux de participation sont au dessus de la moyenne nationale et les scores sont aussi fleuves qu’ailleurs.

La base militante de la Ligue qui s’exprime sur les forums ou sur Radio Padania ne cesse de réclamer la rupture du pacte entre le PdL et le parti autonomiste.

Pour Francesco Bei dans la Repubblica, une question obsède Berlusconi : la guerre des colonels qui anime la Ligue du Nord… Et un Bossi qui semble perdre le controle de son parti. Or cette pseudo anarchie n’est pas sans risque pour le vote de confiance au Parlement le 22 juin.  

En attendant, Silvio Berlusconi minimise publiquement les résultats du référendum, arguant qu’il s’agit d’un vote de protestation qui parcourt l’Europe”.  Et il n’a nullement l’intention de s’en aller.

De surcroit il accélère le calendrier parlementaire pour que soit examiné au plus vite la réforme de la magistrature. Notamment le texte du procès abrégé qui allonge les délais de prescription.

OUI à l’empêchement légitime, ce texte qui permet au Président du Conseil et ses ministres de ne pas répondre aux convoncations judiciaires est un message clair : la loi est égale pour tous.

Les électeurs demandent donc à Silvio Berlusconi de se soustraire à ses obligations judiciaires. En réponse, il propose une loi qui devrait de facto annuler toutes les procédures à son encontre.  .

Les caricaturistes s’amusent avec un nouveau slogan “jouissance légitime”

 © Libero

© Libero

Silvio Berlusconi sait désormais que sa façon de procéder avec la magistrature ne plait pas au pays. Conscient que sa réforme est impopulaire, il l’accompagne d’une promesse de baisse des impôts, sujet sensible pour son électorat de centre droit, cet électorat qui lui a tourné le dos aujourd’hui.

Car si les mouvements de gauche ont célébré la victoire toute la nuit, les électeurs de centre droit ont adressé un message fort au leader de la coalition gouvernementale. Basta cosi. La gauche seule n’aurait pas été capable de provoquer un tel tsunami électoral. L’électorat de droite ne veut plus de Berlusconi et l’a fait savoir.

Reste à savoir si cette crispation sur la figure politique du Cavaliere est passagère ou si elle a déjà atteint le point de non retour ?

Autre élément qui n’est pas à négliger, le rôle de l’Eglise. Les paroles du pape contre le nucléaire prononcées trois jours avant le référendum ne sont pas anodines. Tout comme la position de la Conférence Episcopale Italienne sur l’eau qui doit rester un bien public … Ces interventions ont forcément eu un impact sur l’électorat catholique…

… Et Berlusconi doit le percevoir, lui qui au lendemain de la défaite à Milan annonce à ses électeurs qu’ils se repentiront de leurs choix mais que lui, Berlusconi, priera pour eux dans les difficultés à venir“…

Et à la question, cette déconvenue électorale ne vous chagrine t-elle pas, il répond : “Non, parce que mes enfants sont tous venus me soutenir. Ensemble, nous constituons une famille unie“.

Visiblement ce message subliminal n’a pas été entendu.