L’ultimo pezzo, dernier post avant fermeture définitive
Aucun correspondant de Radio France à l’étranger n’est tenu de tenir un blog. La décision appartient à chaque journaliste. Cet investissemement supplémentaire n’est pas rémunéré. L’outil existe, à disposition. Â
L’utilisent ceux qui le souhaitent !
En dépit d’une réelle surcharge de travail, cet espace m’est apparu vital et je l’ai occupé dès les élections législatives de 2008.
Ce blog n’en était pas vraiment  un dans la mesure où l’exercice dans sa définition est une forme courte et personnelle. Ici, il s’agissait souvent de dossiers multimédias avec le pari (je devrais dire le défi) de la longueur. Cet espace se voulait un “complément” du travail fourni à l’antenne.
La difficulté dans les reportages diffusés en radio réside dans la question des formats. 2 minutes au maximum sur France Info, 1mn30 sur France Culture, 1mn 15 sur France Inter. Si pour des sujets ”nationaux”, ce laps de temps est suffisant pour décrire une situation donnée, ce n’est pas le cas avec une info venue de l’étranger.Â
L’actualité hors frontière doit être sans cesse contextualisée pour que l’auditeur sache de quoi il retourne. Or, ce besoin de poser les bases prend un tiers du temps octroyé… En clair, et en prenant pour métaphore la presse écrite, on fait le titre, le chapô et l’attaque, rarement l’article, faute de place.Â
Et encore sur Radio France, je m’estime très chanceux car chaque chaine dispose d’un espace décryptage où des formats plus longs offrent échanges et débats dans lesquels les indispensables nuances peuvent se développer.
Souvent dans les médias généralistes, plus par souci de synthèse que par malhonnêteté intellectuelle, l’information peut être biaisée. Me revient en tête l’exemple de Laurence Ferrari sur TF1, mais elle ne fut pas la seule à être approximative.Â
La présentatrice du 20h en lançant le sujet sur les résultats du référendum des 12 et 13 juin dernier a placé deux contre vérités en trois phrases : un réferendum à l’intiative du pouvoir.  FAUX. C’était un réferendum populaire réclamée par l’opposition (IDV)… l’immunité pénale de Silvio Berlusconi était en jeu. FAUX. Rien à voir avec l’immunité. La question réferendaire portait sur le texte de loi de l’empêchement légitime.
Certes, il est impossible de présenter les tenants et aboutissants de cette proposition de loi en quelques mots.  Qui plus est, résumer en quatre phrases UN référendum qui en comptait TROIS était pour les présentateurs de journaux télés un casse tête. Mais avec des raccourcis commodes, on crée une distorsion.
Si Informer demande responsabilité et précision, S’informer est aussi un réel investissement. Chacun de nous dans sa vie quotidienne a ses préoccupations et ses contraintes. (emploi, famille, santé, argent). Une information s’attrappe au vol à la radio le matin, deux trois articles entre les lignes dans la journée, quelques images à la télé le soir, et hop, on la digère selon la façon dont on l’a reçue et interprétée. Pour être bien informé, il faudrait plusieurs sources et du temps. Ce que le quotidien ne nous donne pas forcément.
Et puis, il est un autre constat qui vaut surtout pour les informations venues de l’étranger. Entre la vérité et l’idée qu’on s’en fait, des rédacteurs en chef (tous médias confondus)  préferent souvent l’idée qu’on s’en fait. Là encore, c’est le désir de simplification qui guide ce choix, je pense pas qu’il y ait une volonté de nuisance… Mais cette paresse intellectuelle explique partiellement pourquoi le traitement de l’actualité italienne est toujours soumis à polémique. (Cette obsession sur Berlusconi et la vision d’un pays où règne un désordre d’opérette et de folklore).
Pour cet ensemble de raisons, le choix de tenir ce “blog” s’est imposé naturellement. Je me suis rendu compte au fil des mois que les lecteurs n’étaient pas forcément auditeurs, que sa notoriété dépassait le cadre de ceux qui le fréquentaient. L’audience est confidentielle (10 000 connectés réguliers ne sont rien au regard des millions d’auditeurs sur les chaines de Radio France). Mais en même temps, cet espace multimédia me donnait le sentiment d’affiner un travail commencé à l’antenne. Même si les posts ont souvent été écrits “à l’arrache“. Il n’a jamais été question de “porter” une “vérité” mais de donner des éléments factuels qui puissent permettre de saisir quelques mécanismes. Ce blog n’était qu’un espace parmi tant d’autres pour les passionnés de la Péninsule à la recherche d’informations.
Et au terme de cinq années de correspondance, j’ai acepté la proposition des editions Editalie (je collaborais déjà avec eux dans Radici) d’en faire un livre. Un carnet de reportages entrecoupés de quelques pezzi du blog réecrits.
Ce travail, je l’ai voulu simple et direct. Ce texte n’a pas la prétention d’être juge ou de porter une analyse. Il n’y a pas l’ambition d’une démonstration. Je laisse ce soin aux “chercheurs” proclamés ou autoproclamés “spécialiste de l’Italie”. Leurs travaux précis et intéressants sont sur la place publique. Ma démarche était tout autre. Revenir sur cinq années de reportage et livrer la parole des Italiens que j’ai croisés. Raconter le pays à travers leurs tranches de vie placées en corrélation avec l’actualité.
Italie, belle pour le belpaese, la culture, les Arts, la nature, l’archéologie, les Italiens. Impossible pour le clientélisme et un niveau record de corruption qui pèse sur les finances publiques, la Mafia, les combines, un pouvoir et une classe dirigeante déconnectée du pays . Belle et impossible, ces deux visions cohabitent ensemble et font qu’on aime ce pays envers et contre tout malgré ces travers.
Tout est fait pour le fragmenter. Tout n’est pas noir, tout n’est pas rose. Le livre cherche à sortir de ce regard manichéen qui est régulièrement porté sur l’Italie.
Ora, me ne vado. Je m’en vais. C’est le jeu des mandats. A Radio France, un correspondant signe un contrat de deux ans, renouvellable une fois (total =4 ans) avec la possibilité d’une cinquième année exceptionnelle (dont j’ai bénéficié). Au 1er septembre, Anaïs Feuga, aujourd’hui journaliste à France Bleu (Metz) deviendra la nouvelle correspondante du groupe Radio France en Italie.
Même si je n’en parlerai plus dans mon travail de journaliste, la péninsule restera toujours en moi. Pour plusieurs raisons, une petite romaine, Alessandra, va naître dans les jours qui viennent (même dans les heures qui viennent).
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Ensuite, je serai toujours lié à cette terre sur laquelle je reviendrai souvent, du fait d’amis qui sont réellement devenus “très proches”. Ces jours çi, la tournée des “au revoir ” est forte émotionnellement parlant mais sans tristesse. Nous savons tous que nous ne nous perdrons pas de vue. Et puis, un roman italien sera publié en février et je vais collaborer à la prochaine édition du festival du film italien d’Annecy.
Enfin, à la question, mais que feras tu en septembre Eric ? Question qui m’est posée sans cesse ces derniers temps. Je peux seulement répondre que je serai sur la grille de rentrée de France Inter et que mon travail portera sur la campagne électorale pour la présidentielle. Avec une visibilité “multimédia” importante. Mais en l’état, je ne peux en dire plus.
 Arriverderci, Ciao, e un pensiero per tutti. Le succès de cette petite expérience communautaire internaute a été un moment fort. Merci à tous…  UN ABBRACCIO






















































