actualité, littérature, culture
Publié le 3 mai 2010
On peut mesurer la vitalité de la littérature italienne, au nombre des parutions publiées à l’étranger…
Depuis quelques années, les textes traduits en français par les principales maisons d’éditions étoffent les bibliothèques des libraires… De passage à Bordeaux, j’avais été surpris par la richesse du rayon italien de la librairie Mollat…
Pour les parisiens, la librairie italienne dans le quartier Saint Paul est aussi une petite salle aux trésors. Nul doute qu’il existe mille et uns lieux méconnus et dignes d’intérêt en Province, l’espace commentaire est à votre disposition pour les signaler.
Avant de délaisser ce blog quelques mois, deux mots des derniers livres parus ce printemps… Deux mots au sujet d’auteurs italiens qui méritent le détour… Ce n’est pas une page conseil, il y a forcément des oublis et encore une fois l’espace commentaire vous permet de donner vos coups de coeur personnels et de jouer la carte interactive…
Avant l’été, chacun peut proposer sa sélection , il est toujours agréable de disposer d’une palette assez large… à condition de rester évidemment dans le champ de la littérature italienne.
 Ces derniers temps, dans la presse, il est surtout question du dernier Saviano publié chez Robert Laffont…je n’y reviens pas. Â

© Seuil
Roberto Ferrucci : journaliste, reporter, chroniqueur de littérature et de cinéma, traducteur italien des livres de Jean-Philippe Toussaint… et surtout un auteur…
Déjà  3 romans à son actif, dont le surprenant « Jouant au ballon sur l’eau » les péripéties de l’équipe de foot de Venise. Roberto Ferrucci écrit aussi pour le théâtre et le cinéma… Les histoires de Roberto Ferrucci sont toujours ancrées dans le réel… La base est journalistique, sens du détail dans l’observation, le développement est littéraire… la mise en perspective se fait avec la fiction…Â
On retrouve cette caracteristique dans “ça change quoi“, titre original Cosa Cambia.  Roberto Ferrucci était à Gênes en 2001. Il couvrait le G8 en tant que journaliste.Â
Horrifié par toutes les scènes de violence, ces coups portés sur les plus innocents. Ce chaos total, les gaz lacrymo, les matraques, le sang, les cris, les détonations…Là où le journaliste ne peut rapporter que du factuel, Roberto Ferrucci élargit le champ à la manière d’un cinéaste qui refuse le plan serré. Ce livre aurait pu s’intituler « et qu’est ce qu’on fait de tout ça »… De cette violence inouïe irrationnelle, de ces blessures pas vraiment refermées, l’histoire ne retiendra rien et ceux qui l’ont vécu sont encore questionnés par ce cauchemar éveillé.
ça change quoi, c’est l’histoire d’un journaliste dans une chambre d’hotel de Genes qui se souvient du G8 qu’il a couvert quelques années plus tôt après avoir quitté sans raisons apparentes Angela, la femme qu’il aimait … Il plonge dans le tourbillon du G8 sans savoir qu’il va côtoyer un enfer. C’est la trame habituelle de l’histoire personnelle dans un épisode de l’histoire. Un individu dans un destin collectif…L’Italie de 2010 qui se raconte ainsi.

© Roberto Ferrucci
Un extrait du livre. A Gênes, un magasin musée dédié à l’oeuvre de Fabrizio de Andre, via del campo. Y figurent même ses guitares. Fabrizio de Andre est le poète de Gênes, le Brassens italien.
Le protagoniste du roman se trouve en ce lieu quand entre un personnage hors du commun. La scène est réelle. Vécue par Roberto Ferrucci lui-même. Il la raconte lui même dans la séquence audio qui suit. (Audio : 1′44)
EV.RF
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© Flammarion
Dix comme les dix commandements (les titres de chapitres)  Mais surtout comme dix histoires courtes, dix tranches de vie qui composent un tableau truculent du Naples d’aujourd’hui. Ici, la Camorra n’est pas mise en avant. Elle est la toile de fond, celle qui comprime l’ascenceur social et profite de la misère ambiante pour empoisonner les âmes.
Quand on se promène dans les faubourgs de Naples, il n’y a pas les mitraillettes de Gomorra, on ne voit pas de mafieux en descendre un autre, rien n’est visible à l’oeil nu. Tout ce que l’on perçoit, c’est la beauté de la baie. Mais y vivre est une autre condition.
D’une écriture courte, ciselée, précise, strangulée à l’extrême pour mieux souligner l’oppression, Andrej Logo raconte un quotidien éprouvant où chacun cherche à s’en sortir avec sa conscience, avec l’espoir de meilleurs lendemains.
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© Seuil
Toujours à Naples, Valeria Parrella. Ecrit pour le théâtre (Comité artistique du théâtre Mercadante de Naples). Le ventre de Naples publié l’an dernier en France était la combinaison de deux recueils de nouvelles parues en Italie en 2003 et 2005. Le ventre de Naples, dans un style différent de Longo, partait du même principe : évoquer le quotidien de personnages napolitains étranglés dans un étau aux contours difficilement définissables.
Par la culture et l’écriture, par les métaphores de la littérature, Valeria Parrella dénonce un univers qui nie l’individu et l’empêche de se développer en broyant les valeurs auxquelles il se rattache.
Dans Lo spazio Bianco, Le temps suspendu, le style est encore plus fort parce qu’élargi à l’échelle d’un roman. Une femme accouche d’un prématuré, et pendant deux mois, elle va passer ses journées à épier les signes de vie de son enfant…
Va-t-il enfin naître ou au contraire mourrir avant de naître ? C’est tout un univers en sursis qui se constitue au fil des pages… Avec l’espoir toujours là , un espoir vibrant tellement il est fort et représente à lui seul l’unique note positive qui émerge…
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© Métailié
Encore un napolitain, Francesco De Filippo, mais une histoire qui n’a rien à voir avec sa région d’origine.
Le Naufrageur est une “épopée”, le terme n’est pas lyrique, d’un jeune albanais Pjota qui dès son plus jeune âge se retrouve pris dans les rouages de la mafia albanaise. Ce n’est pas le romantisme du gosse pris en affection par un parrain (l’image cinématographique de la mafia sicilienne par les productions américaines), mais au contraire un adolescent en prise directe avec la violence d’un monde qui ne connait que la brutalité des rapports humains. La drogue, la traite de femmes soumises à la prostitution…
Deux échappatoires : ses livres qu’il cache et qui sont son refuge… et puis la mer à l’espace infini qui révèle des horizons lointains, figure paradisiaque pour échapper à cet enfer vivant.
Un jour, Pjota, fou d’espoir voguera sur ces flots, et un jour il accostera en face, en Italie pour connaitre tout un monde de désillusions. Aucune intégration possible. Il est toléré seulement  à la condition de rester un citoyen de seconde zone. Le mépris et l’humiliation. Le déracinement et la peur. Les bagarres et moments de tendresse rappelent Pasolini et le grand thème de la littérature “les idéaux confrontés au concret de la vie réelle” sont ici magnifiquement traités.
Mention aussi à la traduction de Serge Quadruppani (traducteur de Camillieri )
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© Robert Laffont
7 ans pour écrire ce roman, véritable pavé, mais à l’architecture saisissante. Margaret Mazzantini, épouse du réalisateur acteur Sergio Castellito (du grand bleu au sourire de ma mère), s’affirme comme une des pointures de la littérature italienne. Née à Dublin en 61, de père italien, elle a été remarquée par un premier roman âpre et époustouflant “Ecoutes moi” aussi chez Robert Laffont.
7 ans pour écrire “Venir au monde“… L’histoire de Gemma une romaine très cultivée qui emmène son fils de 13 ans à Sarajevo, ville où il est né, et où son père est mort… Une structure intelligente et subtile dont je ne dis rien pour laisser la découverte au lecteur, mais avant tout l’histoire d’un couple Gemma et d’un jeune photographe tout fou Diego quasi condamnés à ne pas avoir d’enfants (stérilité), mais 10% de chances qu’ils vont exploiter au maximum. Une quête comme un chemin de croix.
Partis couvrir le conflit à Sarajevo, voilà que leur désir aboslu d’un enfant comme fruit de leur amour prend forme. Gemma tombe enceinte, vit sa maternité dans la violence, la faim et l’effroi de l’ex yougoslavie. Et Diego son homme va mourir.
La complexcité des sentiments. Les pires ténèbres, mais aussi la solidarité, l’espoir et le désir de vivre.
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© Grasset
Sandro Veronesi, lui aussi, un auteur les plus remarqués de sa génération. 50 ans. Co-fondateur de la maison d’éditions Fandango Libri, chroniqueur littéraire pour la radio et la télévision, écrit aussi pour les revues littéraires. Originaire de Prato en Toscane.
Terrain vague “Bruccia Troia” est son dernier roman. Unité de lieux, territoire restreint. Un quartier misérable où vivent populations immigrés et marginaux de la société. De l’autre coté de la rue, l’orphelinat des chérubins dirigés par le père Spartacus, ancien missionnaire intégriste fantasque. On va d’un coté de la rue à l’autre. Et une véritable comédie humaine nait sous les yeux du lecteur, une comédie où l’instinct de survie guide les choix existentiels. L’obscurantisme, une histoire crue mais écrite dans une langue élaborée et sophistique

© le livre de poche
Sandro Veronesi avait écrit l’an dernier un best seller. Chaos calme qui s’est vendu à des centaines de milliers d’exemplaires en Europe et qui vient de sortir en poche en France.
L’histoire d’un homme qui vient de perdre sa femme. Mais ce n’est pas un roman larmoyant sur la condition de deuil; c’est beaucoup plus nuancé et beaucoup plus riche. Si le livre est à recommander, le film qui en a été tiré est à fuir. Un ratage intégral avec Nani Moretti dans le rôle principal.
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© Liana Levi
Milena Agus, il y a encore 3 ans était un auteur inconnu de par le monde. Aujourd’hui traduites dans 21 langues, les parutions de la jeune sarde sont attendues par un public d’avertis qui avait adoré l’hsitoire de la nonna dans “Mal de pierres“….
Alors Liana Levi, l’éditeur français a décidé de revenir au premier roman qui n’avait pas été traduit jusqu’ici… Quand le requin dort, une jeune fille dans une famille qui lui ressemble, introvertie et délurée, qui sort avec un mec bien plus vieux qu’elle, la passion l’amènera sur les sentiers du SM et elle se demandera pour quelles raisons elle s’est laissée embarquer sur ce chemin là …
Pour ceux qui apprécie Milena Agus, tous les composants qui font la personnalité de l’auteur sont déjà là …
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© Actes Sud
Encore un journaliste écrivain. De Bologne cette fois ci. Stefano Benni a écrit pour Il Manifesto et la Repubblica. Son premier roman est publié en 1976.
La grammaire de Dieu, la grammatica di Dio, est un recueil de nouvelles. Des histoires de solitude et d’allegresse. Comme tous les livres cités ici, on y retrouve les ressorts inhérents à la comédie dramatique italienne. Passer du rire aux larmes. Des situations émouvantes, mais dépeintes avec un humour désespéré. Et surtout un questionnement permanent sur l’état de la société…
De Plus jamais seul, un jeune garçon timide qui n’a pas d’amis et ne sait pas comment se comporter en public. Alors grace à deux téléphones portables, un qu’il cache dans sa veste et l’autre qu’il exhibe, il va s’appeler en permanence pour donner l’impression qu’il est occupé et sollicité. Et mimer ainsi de fausses conversations téléphoniques….
à La solution civile, le Duce modéré voit son régime vaciller et chacun se demande quelles stratégies adopter pour remonter dans les sondages. Une solution sera trouvée avec le concours de l’opposition qui veut garder son statut d’opposition et les fauteuils dont elle se satisfait….
Tout un tourbillon de sentiments et de situations qui composent un tableau réaliste de la société d’aujourd’hui.
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© Belfond
Bien sur il y a Alberto Moravia, Natalia Ginzburg, Primo Levi, Elsa Morante, Cesare Pavese, Italo Calvino, Mario Soldati…..
…. mais aussi Giovanni Arpino. Auteur Turinois (1927/1987) à qui l’on doit “Parfum de femmes” (merveilleuse adaptation cinématographique de Dino Risi avec Vittorio Gassman et la troublante Agostina Belli).
Giovanni Arpino est injustement inconnu en France. Tour à tour, journaliste à La Stampa, chroniqueur sportif, auteur de scénarios pour le cinéma, d’essais littéraires et de romans… Laureat des prix Strega et Campiello, une mention à la maison d’édition Belfond qui publie avec une traduction de Nathalie Bauer Une âme perdue, Un anima persa…
Une chronique d’adolescence avec un secret de famille caché dans le Turin des années 60 sous un été caniculaire.
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© Les éditions du Sonneur
Arroigo Boito n’est pas un contemporain. Il est né en 1842 à Padoue, à l’époque, on disait le royaume lombard vénitien, l’unité italienne ne s’est faite que 19 ans plus tard. A l’origine, ce n’est pas un écrivain mais un compositeur mais en évoluant dans le cercle milanais de mouvements culturels ecclectiques (la scapigliatura), il s’adonna très vite à l’écriture de livrets d’opéras pour Verdi et Ponchielli.
Ce qui me parait intéressant dans cette parution ovni, c’est qu’elle raconte les premiers temps de l’unité italienne (cérémonie du 150ème anniversaire l’année prochaine) mais sans en dire un mot. Rien de Garibaldi et consorts. C’est un voyage en Espagne, en Pologne, un voyage à travers l’Europe à travers des contes, presque des fables, où les personnages s’enrichissent de l’autre et de sa différence, alors que jusque là , leurs consciences étaient emprisonnées par des idées fixes, trop fixes. Le salut par la culture, la musique, l’opéra, le théâtre, la rencontre…Â
150 ans après, tout a changé ?
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© Metaillie
Une belle petite surprise qui sort chez Métailié ces jours-çi. J’ai confiance en toi (mi fido di te).
L’histoire d’un type écoeurant, Gigi Vianello, dépourvu d’humanité et qui ne pense qu’à faire du fric. Gigi se lance dans le trafic lucratif des aliments avariés.
Après avoir lu ce livre, on ne fait plus  ses courses comme avant. Les yeux rivés sur les étiquettes et sans aucune confiance pour les discounts et produits industriels.
Mais ce trafic n’est que la colonne vertebrale d’un monde pourri où les honnêtes finissent pauvres et subissent la loi d’une minorité qui s’enrichit toujours plus. Ecrit à quatre mains dans un style qui rappelle celui de l’américain Bret Easton Ellis et les univers développés dans American Psycho et Moins que Zéro.
Les auteurs sont Francesco Abate, journaliste DJ en Sardaigne et surtout Massimo Carlotto au centre d’une chronique judiciaire qui a duré des années.
Ancien militant de Lotta Continua (mouvement contestaire pacifiste étudiant), il découvre à l’âge de 19 ans le corps d’une jeune femme de 25 ans Margherita Magello. Elle a été tuée de 59 coups de couteaux. Elle previent les carabiniers mais ces derniers en font le suspect numéro 1. Condamné à 18 années de réclusion (1982). Fuite au Mexique. Rattrappé. Rapatrié. Procès révisé. Débats sans fins sur l’insuffisance de preuves. Finalement gracié par le président Scalfaro (1993).  Depuis dans les milieux de l’édition.
On doit à Massimo Carlotto Arrivederci Amore, (très belle adaptation ciné de Michele Soavi)… L’histoire d’un ancien terroriste dont les attentats répondaient à une conviction politique et qui dans une époque totalement révolue se retrouve mercenaire perdu, sans valeurs et sans humanité.
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© Metaillé
Giancarlo de Cataldo, juge et auteur romain. On lui doit  Romanzo Criminale.
La Saison des massacres est cet instant entre parenthèses où l’Italie bascule dans la violence. La classe politique s’effondre avec les histoires de corruption et de collusion avec la mafia (affaire mains propres), les attentats se multiplient, attentats mafieux. Un bras de fer s’instaure entre vieux système criminel et classe politique émergente pour désigner de nouveaux rapports de force ou alors définir un nouvel équilibre.
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© Rivages Noir
Un autre magistrat : Gianrico Carofiglio (Bari) entraîne le lecteur dans la vie de Guido Guerrieri, avocat de 38 ans plaqué par sa femme mais en proie à une affaire perdue d’avance. La défense d’Abdou Thiam, accusé du meurtre d’un petit garçon avec un témoin visuel, le patron du bar du coin.
Ce premier opus de la série est magistral. A peine 8 euros. Une fois lu, on a envie de retrouver l’univers de l’avocat et de suivre son quotidien entre vie privée et difficultés judiciaires, la vie au tribunal n’étant que la traduction d’une société en mouvements.

© Rivages
Deuxième aventure : les yeux fermés. Attention, ces aventures sont à lire dans l’ordre chronologique de parution. Si les affaires judiciaires et enquêtes sont distinctes d’un livre à l’autre, en revanche, la vie de Guido Guerrieri suit son cours avec ses propres rebondissements .
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© Métailié
Après les juges qui écrivent, les flics qui écrivent.
Piergiorgio di Cara, 43 ans, policier anti-mafia, et écrivain. Et les histoires qu’il raconte sont des histoires policières en Sicile. Son dernier succès en librairie est Hollywood Palerme, mais je préfère le précédent, peut être plus original et plus profond. Son titre “Ile noire“…
Une toute petite île imaginaire au large de la Sicile (plages noires) (iles éoliennes ?) coupée du monde et où le protagoniste va se retirer pour se remettre d’une grave blessure par balles.Â
On est très loin de l’univers Montalbano de Camilieri… Mais Camilieri nous montre un décor imaginé par son oeil de sicilien, Di Cara invente un monde à partir de son expérience de policier.
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© Seuil
A chaque littérature sa surprise. Pour les italiens, voici Paolo Giordano, 28 ans. (Turin). Tout en préparant un doctorat en physique théorique, il a écrit son premier roman “La solitude des nombres premiers“.
Publié par Mondadori, Paolo rentre dans l’histoire en devenant le lauréat le plus jeune du prestigieux prix Strega (il avait 26 ans). Traduit en français et sorti en poche chez Point, c’est déjà une des merveilles ventes du printemps en France.
4ème de couv : elle aime la photo, il est passionné par les maths. Elle se sent exclue du monde, il refuse d’en faire partie. Chacun se reconnait dans la solitude de l’autre.
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© Métailié
Enfin beaucoup plus léger, le dernier roman de Gaetano Capelli, l’irresistible ascension du vin Aglianico à travers le monde. Un livre idéal pour les après midi d’été.
Gaetano Capelli, amateur de rock et auteur, originaire de Potenza (Basilicate) réussit le tour de force de présenter une histoire de prime abord décousue mais parfaitement construite, prétexte à des situations rocambolesques qui questionnent le sens de la vie, l’orgueil, l’ambition, l’amour, la quête de la réussite….
Et ce à travers la vie de Riccardo Fusco, qui rêve de publier une thèse sur les oies, marié à une directrice de théâtre qui le trompe avec des acteurs se prenant pour des jeunes premiers. Riccardo va retrouver des amis d’enfance qui ont fait fortune et se verra confier une mission haut de gamme : commercialiser un vin en devenir.
L’argument vinicole n’est ici qu’un prétexte, même si le cépage Aglianico bénéficie d’une publicité inattendue grâce à ce roman, un cépage qui mérite il est vrai une considération…Mais bref, les amateurs de vins ne doivent pas s’attendre à une histoire autour des vignes… Le roman s’attarde sur des tranches de vie, des existences parfois fantasques relevant d’un imaginaire délirant… Une galerie de personnages en errance… où tout est possible…
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© Albin Michel
Pile le roman de plage. Giuseppe Culicchia, jeune auteur turinois à la mode écrit l’histoire d’un couple nombriliste à peine marié. Lui dépressif et hypocondriaque, elle obsédée par l’idée d’avoir un enfant. Il l’emmène en voyage de noces en Sicile, les environs de Trapani, endroit où il a grandi et où il n’est jamais revenu. Une sorte de pélerinage.
Un roman léger de prime abord mais incisif et qui en dit long sur les lâchetés et les égoimes.
Bonne lecture… A bientôt.