Comprendre l’Italie Ă  travers ses nuances

Le blog de Eric Valmir


Le permis de sĂ©jour Ă  point pour immigrĂ©s n’est pas un projet

securité, immigration, politique

IntĂ©grĂ© au “Dossier SĂ©curitĂ©” approuvĂ© l’an dernier, aux dires du ministre de l’IntĂ©rieur Roberto Maroni, le decret d’application de la loi sera publiĂ© dans les jours qui viennent.

 Tous les Ă©ditoriaux politiques s’entendent pour juger le “timing opportuniste” d’une telle annonce Ă  7 semaines des Ă©lections rĂ©gionales. Un signal fort pour l’Ă©lectorat de la Ligue du Nord.

Que dit le texte ?

Les immigrĂ©s demandeurs d’un permis de sĂ©jour disposeront de deux ans pour remplir les conditions suivantes : avoir un contrat de travail, fournir une attestation de logement en Italie, la maitrise de l’italien Ă  l’oral et une parfaite connaissance de la Constitution.

Une fois ces documents fournis et le test de controle (langue et constitution) rĂ©ussi, l’immigrĂ© obtiendra un permis de sĂ©jour dotĂ© de 30 points.

Chaque infraction ou dĂ©lit commis, outre une sanction pĂ©nale, entrainera de facto une perte de points. Les points peuvent aussi ĂŞtre perdu si l’immigrĂ© grille un Stop. Autant pousser la mĂ©taphore avec le le permis de conduire Ă  point jusqu’au bout.

Dans un cafĂ© oĂą se rĂ©unissent des Ă©lecteurs de la Lega, cette parole bien à propos : “Nous on est emmerdĂ© au quotidien par la bureaucratie, pourquoi les immigrĂ©s ne connaitraient pas cette contrainte aussi ? LĂ , ils vont voir ce que c’est de vivre en Italie. Ils veulent s’intĂ©grer. Bienvenus

Tonnerre d’Ă©clats de rire.

Les commentaires autour de la publication de ce décret :

Roberto Maroni : Ce permis Ă  point est une aide Ă  l’intĂ©gration pour les immigrĂ©s qui viennent travailler ici.

CommuniquĂ© du Parti DĂ©mocrate : On instaure une pression. Ces complications administratives vont dĂ©courager l’immigrĂ© qui va prĂ©fĂ©rer la voie de la clandestinitĂ©.

Roberto Cota, dĂ©putĂ© de la Ligue du Nord, prĂ©sident du groupe de la Ligue du Nord Ă  l’AssemblĂ©e : “Au Canada, ces mesures sont dĂ©jĂ  adoptĂ©es”

Livia Turco, responsable du PĂ´le “Immigration” au Parti DĂ©mocrate : “Dans un pays oĂą il faut un an pour renouveler son permis de sĂ©jour et oĂą les cours de langue sont gĂ©rĂ©s par des bĂ©nĂ©voles et les paroisses, on ne peut pas faire comme si on Ă©tait au Canada. il manque les structures.

Pour l’Eglise italienne et les associations de dĂ©fense de droits de l’Homme, “cette loi est une entorse au processus d’intĂ©gration”.

En toile de fond de cette loi plane un message subdiminal qui se diffuse dans l’opinion publique. Un permis Ă  points pour immigrĂ© sous entend qu’il commettra Ă  coup sur une faute. 30 points accordĂ©s reprĂ©sente une gĂ©nĂ©rositĂ©.

Dans la presse italienne, une perplexitĂ© : Jusqu’Ă  prĂ©sent, un immigrĂ© criminel Ă©tait expulsĂ©. Pourquoi ne pas continuer ainsi ? Il y a Ă©videmment des vandales, des mafieux et des criminels dans la population immigrĂ©e, mais ceux lĂ  ne sont guère intĂ©ressĂ©s par un processus d’intĂ©gration. On va pĂ©naliser les bonnes volontĂ©s.

Sur la toile, les bloggers aussi reprennent l’annonce de la publication de ce dĂ©cret. Avec ironie. Beaucoup se demandent combien d’italiens connaissent la Constitution de leur pays sur le bout des doigts

Pananini imagine une loi pour italiens s’appuyant sur les mĂŞmes principes : Ceux qui s’expriment seulement en dialecte ne pourront pas compter sur une sĂ©curitĂ© sociale et ceux qui ne sont pas capables de citer au moins 4 ou 5 articles de leur constitution n’auront pas accès aux bulletins de vote.

Daniele Sensi qui dans son blog dĂ©cortique les mĂ©canismes de la Lega, voit dans cette politique d’immigration une pratique sadique et s’appuie sur une dĂ©finition apportĂ©e par le portail Wikipedia :

Traditionnellement combinĂ©e au masochisme le sadisme comme le disait le philosophe français Gilles Deleuze est pourtant  incompatible. Le sadique est impliquĂ© dans un processus de destruction par le pouvoir, Ă©liminant de facto tout accord possible, pendant que le masochiste cherche Ă  institutionnaliser sa soumission dans un cadre formel. Pourtant le sadique va au delĂ  de ce cadre…/… Le sadique impose la torture sans le consentement de sa victime, jusqu’Ă  dĂ©passser les limites de la lĂ©galitĂ© tout en rendant responsable de cet acte prĂ©judiciable celui ou celle qui la subit“.

Quant aux bloggers de la Ligue du Nord, personne ne relève. Est seulement Ă©voquĂ©e “une question de bon sens. Cette loi est juste et bien fondĂ©e.

Les 3 coups du Carnaval de Venise 2010

Week-end, venise, société, culture

 © EricValmir.RF

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La première fois que je suis allĂ© Ă  Venise, c’Ă©tait en 1993. Un reportage sur le Carnaval.

Je dĂ©marrais Ă  peine dans le journalisme et celui qui devait couvrir le sujet est tombĂ© malade. Logiquement, un autre reporter aurait du y aller, mais il avait prĂ©vu de tondre sa pelouse le samedi et ça ne l’arrangeait pas.

L’argument m’avait glacĂ© d’effroi, je ne l’oublierai jamais. D’un ton morne, on m’a demandĂ© si ça me branchait. Tu parles !!!!  un rĂŞve Ă©veillĂ© !!!  Venise et de surcroĂ®t le carnaval. J’ai foncĂ©.

Nous voilĂ  quasiment 20 ans plus tard, le carnaval dĂ©marre aujourd’hui, je n’ai aucune envie d’y aller. Je n’ai pourtant pas de pelouse Ă  tondre.

Je ne reviens pas sur le phĂ©nomène “tourisme de masse” Ă©voquĂ© Ă  plusieurs reprises sur ce blog. MĂŞme si la foule altère le plaisir,  Venise doit rester accessible Ă  tous.

Mais comme le disent les VĂ©nitiens, le Carnaval n’est pas un spectacle, c’est une fĂŞte. Le visiteur ne pense qu’aux dĂ©guisements qu’il va photographier, il ne pense pas Ă  se costumer lui mĂŞme.

Paroles de vĂ©nitiens : “Le vĂ©nitien dĂ©guisĂ© devient malgrĂ© lui une bĂŞte de foire, un produit touristique prĂŞt Ă  ĂŞtre consommer, on perd l’envie de porter un masque en sortant de chez soi. “

Le vrai Carnaval se trouve dans les fĂŞtes privĂ©es des palais vĂ©nitiens. Et ces dix dernières annĂ©es, les touristes moribonds trainaient les pieds emportĂ©s par la foule qui entraine, Ă©crasĂ©s l’un Ă  l’autre, oĂą l’on ne forme qu’un seul corps, poussĂ©s par un flot sans efforts dans la mĂŞme direction. Une dĂ©ambulation pachydermique et Ă©touffante.

Peu de spectacles de rue, des mendiants, des vendeurs de contrefaçon, une fĂŞte foraine. L’âme du Carnaval vantĂ© par le dĂ©pliant touristique est très Ă©loignĂ© du dĂ©cor ambiant.

On voudrait acheter son masque Ă  un vieil artisan vĂ©nitien qui pourrait parler de la Venise d’autrefois, les stands sont Ă  80% tenus par des asiatiques qui proposent du made in china. DĂ©ceptions et frustrations en sĂ©rie.

Alors il y a 3 ans, la ville a confiĂ© l’organisation du festival Ă  une agence spĂ©cialisĂ©e dans l’Ă©vènementiel.

Venezia Marketing & Eventi a mis sur pied un programme de spectacles et d’animation qui s’enrichit chaque annĂ©e. Les visiteurs venus du monde entier trouvent alors leurs comptes.

Les organisateurs ont voulu rester fidèle à la tradition : le carnaval des enfants, les concours des plus beaux masques, des festivités dans le Rio Cannareggio, la comedia dell arte, des jardins fantastiques inspirés par les contes de fées, des installations avec sentiers en verre,  jeux de miroir et sculptures végétales.

La tradition est respectĂ©e avec le premier dimanche de chaque carnaval, le vol de l’ange… Qui s’Ă©lance du Campanile 

En 2010, programmé le dimanche 7 à midi.

Enfin, dans le dĂ©sormais rituel, un spectacle de théâtre ouvre le Carnaval. L’an dernier, c’Ă©tait Dario Fo, on parle pour l’an prochain d’un Pinocchio jouĂ© par Roberto Begnini.

Ce soir, Ă  21 heures, Ferruccio Soleri, illustre acteur de théâtre milanais, montera sur la scène de la Piazza San Marco pour jouer “Arlequin, serviteur de 2 maĂ®tres” de Carlo Goldoni, sur une mise en scène de son compère et ami Giorgio Strehler. La première mise en scène du Piccolo Teatro de Milan remonte Ă  1960. Ce spectacle est une rĂ©fĂ©rence du théâtre italien contemporain.

 © FerruccioSoleri

© FerruccioSoleri

Mais Ă  cotĂ© de ces temps forts…

… surtout concentrĂ©s ce week end et la semaine prochaine du 13 jusqu’au mardi gras…

… Des surprises féériques ne sont jamais Ă  exclure…

Comme ces voltiges vénitiennes.

Et puisque le Carnaval porte en lui des notions exentriques…

l’an dernier, les drag queen ont dĂ©filĂ©…

 … et reviennent cette annĂ©e, vendredi prochain, piazza San Marco.

 

Au sujet de ce carnaval à la programmation dense, les avis vénitiens sont partagés.

Pourquoi faire un show qui ressemble Ă  un spectacle tĂ©lĂ©visuel alors qu’il serait judicieux de revenir Ă  des notions plus simples et moins gigantesques ?

L’Association de quadra (40 pour Venise) croit au contraire que les vĂ©nitiens doivent s’impliquer dans l’organisation pour se rĂ©approprier le Carnaval, ce qu’il reprĂ©sente en terme de patrimoine, et le rĂ©intĂ©grer dans la vie d’une citĂ©.

Que Venise reste une ville et non pas le dĂ©cor d’un spectacle.

Je continue d’adorer Venise, mais elle est trop occupĂ©e en pĂ©riode de Carnaval. Je ne veux plus la dĂ©ranger… Je viendrai plus tard, peut ĂŞtre mĂŞme juste après, vers le 20 fĂ©vrier, quand fatiguĂ©e, elle se remettra doucement, se dĂ©tendra pour redevenir elle mĂŞme.

Venezia est un joyau de l’humanitĂ© VIVANT, un project architectural sublime et fou, mais avant tout une VILLE alors que trop souvent on la considĂ©re comme un parc d’attraction, un musĂ©e Ă  ciel ouvert, quand ce n’est pas un centre commercial de l’amour et de l’art.

Mais Venise et son carnaval, ce sont encore les vénitiens qui en parlent le mieux.

Je ne me lasserai jamais de vous conseiller le blog de Lorenzo. Tramezzinimag. La seule rĂ©fĂ©rence possible sur Venise. Lorenzo avec sensibilitĂ© nous entraine dans l’histoire, dans le temps, dans les vies de quartier d’hier et d’aujourd’hui.  Avec ce qu’il faut d’humeur pour rendre le blog encore plus vivant.  Chaque post recèle mille dĂ©tails et invite chaque jour Ă  la dĂ©couverte.

Suivre Lorenzo, c’est dĂ©jĂ  apercevoir la lagune au loin quand l’avion descend sur Marco Polo. Venise Ă  domicile.

http://tramezzinimag.blogspot.com/2010/01/voici-que-revient-enfin-le-temps-des.html

Bavards comme des pies, ces mafieux repentis

mafia, justice, politique

C’est le monde à l’envers.

Autrefois, il fallait des instruments de torture pour desserer les dents des mafieux repentis. La loi du silence régnait, implacable. La moindre syllabe ou sonorité émise était analysée, décortiquée.

Aujourd’hui rebaptisĂ©s “collaborateurs de justice”, ces repentis Ă©numèrent des faits prĂ©cis, des dates, des chiffres et citent mĂŞme des noms. Mais personne ne semble les entendre et quand un tĂ©moignage s’affiche dans un journal ou fait les gros titres, sa crĂ©dibilitĂ© est tout de suite remise en cause.

Ces derniers jours, les paroles de Massimo Ciancimino, fils de Vito, ex-maire mafieux de Palerme a affirmé que son père condamné pour collusion avec la Mafia avait été remplacé en 1992 par Marcello Dell Utri (bras droit de Silvio Berlusconi) devenu principal interlocuteur de Casa Nostra.

Massimo Ciancimino n’est pas un mafieux repenti. Il est simplement le fils d’un ex mafieux politique. Ciancimino affirme aussi Ă  la barre quela fortune d’origine criminelle gĂ©nĂ©rĂ©e par son père fut investie dans la construction du projet immobilier de Silvio Berlusconi Milano 2″.

Les avocats du PrĂ©sident du Conseil dĂ©mentent et annoncent qu’ils vont porter plainte.

Ces accusations et tĂ©moignages se font toujours en marge du procès en appel de Marcello Dell Utri, ancien sĂ©nateur et condamnĂ© Ă  9 ans de rĂ©clusion criminelle en première instance. Au centre des dĂ©bats : un pacte signĂ© entre la Mafia et la nouvelle classe dirigeante politique au lendemain de l’Affaire Mains Propres.

Pour l’accusation qui s’appuie sur des documents saisis et le tĂ©moignage de repentis, Forza Italia aurait Ă©tĂ© fondĂ© en 1994 après un accord passĂ© avec Cosa Nostra. Et Marcello Dell Utri serait le principal artisan de cette alliance.

En dĂ©cembre, les dĂ©clarations fracassantes d’un pentito Gaspare Spatuzza mettent  en cause Silvio Berlusconi qui aurait conclut un pacte avec la Mafia pour gouverner le pays.

Le tĂ©moignage de Spatuzza s’appuie sur une conversation rapportĂ©e par son boss Giuseppe Graviano, lui mĂŞme “signataire” du pacte.

InterrogĂ© une semaine plus tard par la Cour d’Appel de Palerme, (il est incarcĂ©rĂ© depuis 1994), le dĂ©nommĂ© Graviano rĂ©torque que des problèmes de santĂ© ne lui permettent pas de rĂ©pondre aux questions. (on revient enfin aux bonnes vieilles mĂ©thodes oĂą les mafieux sont malades, amnĂ©siques et ne savent rien).

ConsĂ©quence, les dĂ©clarations de Spatuzza ne valent rien et c’est toutes les paroles de repentis qui sont alors frappĂ©s par un sentiment de dĂ©fiance.

Que peuvent valoir des tĂ©moignages qui se contredisent les uns les autres ? D’autant que ces gens lĂ  ont du sang sur leurs mains. Ils ont menti, trahi, tuĂ©.

Toujours en dĂ©cembre, la chambre rejette la levĂ©e de l’immunitĂ© parlementaire du sous secrĂ©taire d’Etat Ă  l’Ă©conomie Nicola Consentino. Au terme d’une enquĂŞte longue de deux ans, le magistrat napolitain Rafaelle Piricillo avait dĂ©posĂ© une demande d’interpellation. Au moins 8 repentis impliquaient Nicola Cosentino dans le trafic illĂ©gal de dĂ©chets, corruption, blanchiment d’argent et le dĂ©signaient mĂŞme comme chef camorriste.

L’accusation n’ira pas au delĂ . Le Parlement a dĂ©cidĂ© de ne pas donner une suite favorable arguant qu’il Ă©tait difficile d’accorder un crĂ©dit aux tĂ©moignages de mafieux repentis.

Mais en janvier, la Cour de Cassation (elle intervient rarement) publie un communiquĂ© : les motifs de l’accusation pour interpeller Nicola Consentino Ă©taient fondĂ©s.

Mais le secrĂ©taire d’Etat ne dĂ©missionera pas, bientĂ´t protĂ©gĂ© par la loi votĂ© epar le Parlement hier (qui doit ĂŞtre ratifiĂ©e par le SĂ©nat avant d’ĂŞtre approuvĂ©e), la loi de l’”empĂŞchement lĂ©gitime“. En clair, les ministres sont trop occupĂ©s Ă  gouverner le pays et n’ont pas le temps de rĂ©pondre aux convocations judiciaires. Ils ont donc le pouvoir de reporter et suspendre un procès pendant 18 mois (maximum).

Autre Ă©clat, hier alors que je me trouvais Ă  Montecitorio pour les dĂ©bats autour de ce projet de loi, des dĂ©putĂ©s de gauche et de l’UDC m’ont affirmĂ© que certains des leurs avaient rejettĂ© la demande du Parquet de Naples, de peur que Berlusconi provoque des Ă©lections anticipĂ©es (la menace Ă©tait sĂ©rieuse Ă  ce moment lĂ , c’Ă©tait avant l’incident du DĂ´me et Berlusconi rĂ©flĂ©chissait Ă  cette Ă©ventualitĂ©).

Et avec des Ă©lections, comme ces chers dĂ©putĂ©s n’Ă©taient pas surs de retrouver leurs fauteuils, ils ont prĂ©fĂ©rĂ© dĂ©cliner la levĂ©e de l’immunitĂ© penale de Cosentino plutot que de courir le risque.  Et la justice s’est arrĂŞtĂ©e aux portes du Parlement. 

De surcroĂ®t, hier, Ă©tait annoncĂ©e une intiative d’un parlementaire du Popolo della libertĂ , un projet de loi contre les pentiti.

Roberto Saviano, l’auteur de Gomorra Ă©crivait en dĂ©cembre dans L’Espresso : “les paroles de repentis sont essentielles dans les enquĂŞtes sur les relations entre mafia et politique, mais la parole ne suffit pas, elle doit ĂŞtre accompagnĂ©e de preuves“.

Silvio Berlusconi, souvent visĂ© par des accusations, la plupart du temps indirectement, de collusion avec la Mafia parle lui d’”un coup bas des mafieux en rĂ©ponse d’une politique rĂ©pressive Ă  leur encontre.” Berlusconi affirme que “son gouvernement n’a jamais autant  arrĂŞtĂ© de boss mafieux dans l’histoire politique du pays. “

C’est vrai.

Mais Roberto Maroni , le ministre de l’IntĂ©rieur dĂ©clare que  c’est grâce Ă  “la collaboration des repentis”.  Maroni qui d’ailleurs rejette sans concessions l’idĂ©e d’une loi anti pentiti.

Pourquoi les pentiti seraient ils crĂ©dibles quand il s’agit de dĂ©noncer des caids et des chefs mafieux et manipulateurs menteurs quands ils Ă©voquent les liens avec le monde politique qu’il soit de gauche ou de droite ?

Dans un de ses tĂ©moignages, Massimo Ciancimino qui dĂ©posait contre le gĂ©nĂ©ral des carabiniers Mario Mori accusĂ© de complicitĂ© avec la Mafia raconte que “les deux parrains de Cosa Nostra (Provenzano/Riina)  étaient en guerre, et qu’il fallait Ă©liminer celui qui Ă©tait le plus sanguinaire. Provenzano s’est entendu avec des Ă©lus et la police pour procĂ©der Ă  l’arrestation de Riina en Ă©change d’une impunitĂ©“.

Provenzano serait restĂ© ensuite dans une bergerie sans ĂŞtre inquiĂ©tĂ©, et un beau matin, 14 ans plus tard en 2006, la police l’a arrĂŞtĂ©. Il avait Ă©tĂ© grillĂ© par un autre.

Idem pour le procès Spartacus, les parrains  de la Camorra ont vu leurs peines de prison confirmĂ©es par la Cour. Saviano affirme que cette dĂ©cision de justice est Ă  saluer mais ces mafieux ne jouent plus aucun rĂ´le depuis 15 ans dans l’organigramme camorriste.

Les vraies tĂŞtes pensantes sont dans l’ombre, les caids sont interchangeables.

 C’est la raison pour laquelle les enquĂŞtes en cours sont dĂ©terminantes. L’Italie a-t-elle connue une vraie transition Ă  l’issue de l’affaire Mains propres et de cette crise ou au contraire, les nouveaux venus politiques ont repris le modèle existant ?

Tant que cette question restera sans réponses, le soupçon, le doute et la calomnie gangrèneront institutions et consciences.

Benito Mussolini sur l’i-phone

histoire, fascisme, société, politique

Une initiative d’un napolitain de 25 ans, Luigi Marino.

L’application s’appelle I Mussolini (Les Mussolini) sous entendu les discours et les vidĂ©os ou i-Mussolini comme i-phone.

Discours et vidĂ©os prĂ©sentĂ©s sous le titre gĂ©nĂ©rique “L’homme qui a changĂ© l’Histoire de l’Italie“.

 © Apple

© Apple

LancĂ©e la semaine dernière, l’application a dĂ©jĂ  reçu 6000 visites. 6000 tĂ©lĂ©chargements.

Ce qui choque les associations de victimes du fascisme, c’est le portail. Les nostalgiques du Duce ont une visibilitĂ© dans le pays. On peut trouver de temps Ă  autre, dans quelques boutiques un buste ou d’autres objets jouant la fibre nostalgique… Mais ces Ă©choppes ou magasins ne reçoivent pas en gĂ©nĂ©ral la visite du grand public.

LĂ , il s’agit d’Apple, d’i-phone et d’un moyen de diffusion très vaste.

The American Gathering of Holocaust Survivors (les survicants amĂ©ricains de l’Holocauste) ont dĂ©jĂ  rĂ©pliquĂ©. “”Une insulte Ă  la mĂ©moire de toutes les victimes juives et non juives du nazisme et du fascisme.”

 En Italie, la nièce, Alessandra Mussolini sĂ©natrice au Popolo della LibertĂ  (PDL) dĂ©fend la mĂ©moire de son oncle. “Que ça plaise ou non, ces discours font partie de l’Histoire”.

C’est d’ailleurs l’argument repris par Luigi Marino : “J’ai voulu faire un travail de documentariste avec les archives de l’Histoire”.

Le jeune napolitain semble plus enclin Ă  flairer les opportunitĂ©s qu’Ă  jouer les historiens ou les idĂ©ologues. DĂ©jĂ  crĂ©ateur d’une application sur Haiti et sur l’Ă©quipe de foot de Naples, Apple lui verse 70% des sommes gĂ©nĂ©rĂ©es par chaque tĂ©lĂ©chargement. (79 centimes d’euros le tĂ©lĂ©chargement).

C’est la raison pour laquelle la communautĂ© juive italienne refuse d’entrer dans le dĂ©bat : “polĂ©miquer serait faire de la pub. A chaque fois qu’on dit du mal de quelque chose ou quelqu’un , on le renforce. On fait sa publicitĂ©. Ignorons l’application, et personne ne la visitera“.  

Des mouvements Ă©tudiants rĂ©clament l’intervention du ministre de l’IntĂ©rieur Roberto Maroni. La loi italienne interdit toute forme de propagande du fascisme. Des associations exigent d’Apple la suppression de ces discours et vidĂ©os?

Roberto Maroni ne commente pas.

Apple non plus, la firme amĂ©ricaine dit vĂ©rifier les donnĂ©es mises en ligne, mais vient d’assurer Ă  Luigi Marino que son application restait en vente.

Et pour cause, le dĂ©bat ne tourne pas autour de valeurs morales et historiques. Il ne s’agit pas d’opposer le travail de mĂ©moire Ă  la nostalgie du fascisme.

On es très loin de toutes questions Ă©thiques, idĂ©ologiques…

L’Histoire n’est qu’un prĂ©texte. Ici, il s’agit seulement de faire du fric. Et ça marche, l’application est numĂ©ro 1 au hit des tĂ©lĂ©chargements en Italie sur i-phone et i-pod Touch.  

Enfin dernière minute (3fĂ©vrier 15h30) . Apple retire l’application, effrayĂ© par la menace de poursuites en pĂ©nal au sujet de droits d’auteurs.

Le smog plus fort que le fog

environnement, politique

Dans les plaines du Pô et du Bacchiglione, le brouillard est tenace. Mais les brumes causées par les pollutions atmosphériques sont encore plus fortes ces derniers jours.

Le maire de Vicenza a pris ses responsabilitĂ©s. Un dimanche fermĂ© Ă  la circulation automobile. Idem Ă  Pordenone et Porcia. En Emilie Romagne existe les “jeudi du poumon” pour sensibiliser aux dangers du smog.

Mais en l’absence de politique nationale, il s’agit d’actions dispersĂ©es qui dĂ©pendent de pouvoirs locaux.

“Milan a hurlĂ© et suffoquĂ© pendant 18 jours Ă©crit l’Ă©crivain Antonio Scurati dans le journal La Stampa datĂ© du 31 janvier. On respire du poison mais personne ne s’indigne. Ainsi s’Ă©teint l’humanitĂ©. Rebellons nous !”

800 personnes se sont retrouvées à Milan samedi dernier devant la Mairie avec des masques à gaz pour réclamer un conseil municipal extraordinaire.

Dans son Ă©dito qu’il rebaptise “L’appel”, Antonio Scurati fustige les irresponsabilitĂ©s politiques et mĂ©diatiques. “D’abord, rien. Puis les journaux ont commencĂ© Ă  en parler un peu…/… Dans les hopitaux, nette augmentation des admissions pour bronchites, pneumonies, crises respiratoires graves, infarctus. Le maire dĂ©clare qu’il n’y a pas d’urgence Ă  intervenir parce que l’an dernier l’alarme Ă©tait encore plus forte…/… Les quelques uns qui actionnent l’alerte se voient aussitĂ´t repousser avec l’accusation de “catastrophisme”…/… La fin des temps a pourtant dĂ©jĂ  eu lieu plusieurs fois…/… l’histoire de la vie est une sĂ©rie d’extinctions…/…. et ce comportement nous conduit droit Ă  l’apocalypse.”

Dans les couloirs de Legambiente, (association nationale de dĂ©fense de l’Environnement), on Ă©voque le dĂ©sinterĂŞt de la politique pour le long terme : “Sur l’Ă©cologie, il faut des plans sur 20 Ă  30 ans, mais on n’est pas capable de voir plus loin que le bout de son nez. Le smog provoquera l’apocalypse, et alors ? de toute façon on ne sera plus lĂ  quand viendra l’Apocalypse… voilĂ …  en gros c’est la mentalitĂ©”.

Les verts et la gauche attaquent. Letizia Morratti (maire de Milan) ne bouge pas. Mais  dans les rangs de la majoritĂ©, des voix s’Ă©lèvent. Barbara CiaboNous ne pouvons plus laisser le thème de la pollution Ă  la gauche. Il nous faut du courage. Les citoyens nous suivront si nous sommes proches de leurs prĂ©occupations et si on ne donne pas l’impression de cĂ©der au pouvoir des lobbys.”

 D’après un classement Ă©tabli par Legambiente, le constat est plus qu’alarmant. En se basant sur les relevĂ©s quotidiens de la qualitĂ© de l’air, l’association a calculĂ© le nombre de jours dĂ©clarĂ©s irrespirables en 2009.  Source Mal’aria de Legambiente

Naples en tête avec 156 jours. (1 jour sur 3) devant Turin 151. Ancone 129. Ravenne 126. Milan 108. 

57 villes déclarées hors la loi

Tous les chefs lieux de Lombardie et d’Emilie Romagne ont des taux nettement supĂ©rieurs aux quotas minimums fixĂ©s par la lĂ©gislation. Le Veneto n’est pas très bien non plus. Et Bruxelles multiplie les rappels Ă  l’ordre.

On ne sera plus lĂ  pour voir l’Apocalypse, mais en attendant, les plus vulnĂ©rables succombent. Le smog est un facteur aggravant pour les malades (troubles cardio vasculaires, problèmes respiratoires et pulmonaires).

Et la semaine prochaine Ă  Florence, le PrĂ©sident de la RĂ©gion Toscane Claudio Martini, l’ancien maire de Florence Leonardo Domenici, son adjoint Ă  l’Environnement membre des Verts Marino Artusa comparaissent pour ne pas avoir appliquĂ© la lĂ©gislation en vigueur quand les taux de pollution atmosphĂ©rique dĂ©passaient le seuil d’alerte. 25 personnes seraient mortes en raison du smog.

Le procès est d’ailleurs procès du smog et les prĂ©venus risquent jusqu’Ă  2 ans de prison ferme. Stefania Prestigiacomo, ministre de l’Environnement dĂ©posera en qualitĂ© de tĂ©moin le 11 fĂ©vrier prochain.

Y a quelqu’un qui m’a dit que Carla Bruni ne venait plus Ă  San Remo…

Carla Bruni, actualité, presse

Partout dans la presse italienne, la photo de Carla Bruni-Sarkozy….

Initialement programmĂ©e dans les soirĂ©es du Festival de San Remo pour interprĂ©ter un titre en duo avec Gino Paoli, Carla Bruni AURAIT dĂ©clinĂ© l’invitation.

En cause, le texte d’une chanson en compĂ©tition “Meno Male“, interprĂ©tĂ©e par Simone Cristicchi.

Et la presse italienne de ce lundi 1er fĂ©vrier donne de l’ampleur Ă  la polĂ©mique.

“Sarkozy contre San Remo, Forfait de Carla Bruni” titre la Repubblica (Centre Gauche).

“Carla Bruni : Non au festival qui se moque de Sarkozy” Ă  la une de la Stampa…

“Carla Bruni offensĂ©e, non Ă  San Remo, peut ĂŞtre le vĂ©to de Sarkozy” dans le Corriere della Sera.

“Derrière la diatribe de San Remo, il y a quelque chose de plus sĂ©rieux : le risque d’un dĂ©sagrĂ©able incident diplomatique entre la France et l’Italie” Ă©crit Matteo Buffolo dans Il giornale, journal Berlusconien.

 Pour Leandro Palestini dans La Repubblica, “Carla Bruni voulait Ă©viter d’être exposĂ©e devant une critique du couple prĂ©sidentiel français“.

 

Mais quel est ce texte responsable de tant d’Ă©moi ?

 

Meno Male, extrait. La chanson sera présentée le 16 février prochain en direct sur la Rai. Aucune diffusion audio ou vidéo avant.

 

Le refrain : ” Heureusement qu’il y a Carla… Nous sommes faits ainsi de Sarko-no, de Sarko-si… qu’elle est belle Carla Bruni… si on parle de toi, il n’y a plus de problèmes“.

 

L’entourage du chanteur se dĂ©fend d’avoir Ă©crit un texte satyrique. “Aucune moquerie Ă  l’Ă©gard du couple prĂ©sidentiel français, simplement l’intention de parodier que le fait que l’info people prend le pas sur la politique.

 

D’ailleurs la chanson commence ainsi “les gens n’ont pas envie de penser aux choses nĂ©gatives et veulent se rĂ©jouir des vacances estivales, on n’en peut plus d’entendre que tout va mal et d’ĂŞtre enseveli sous une avalanche de mauvaises nouvelles au journal tĂ©lĂ©visĂ© alors qu’il est si bon de penser Ă  comment s’habille Carla Bruni, ce que mange Carla Bruni, quand sortira le nouveau disque de Carla Bruni, comment marche Carla Bruni, comment se maquille-t-elle… Nous tous plus heureux avec Carla Bruni. “

 

Ironique, satyrique, irréverencieux, faussement gentil ?

 

Et ce texte serait susceptible de créer des tensions diplomatiques entre les deux pays ?

 

Mais oĂą est le communiquĂ© de l’ElysĂ©e ? Il n’y en a pas.

 

Une dĂ©claration de Carla Bruni ? Il n’y en a pas.

 

Comment se fait il que tous les journaux italiens reprennent alors en choeur cette information ?

 

La source vient d’un journaliste de la Rai, le prĂ©sentateur de L”Arène” le dimanche soir sur la Rai Uno. Hier soir en direct, Massimo Gileti a annoncĂ© : “Carla Bruni a dĂ©cidĂ© de ne pas participer au festival de San Remo. Parmi les hypothèses retenues, elle pourrait avoir reçu le vĂ©to de l’ElysĂ©e peut ĂŞtre indignĂ© par la chanson “Meno Male“.

 

Il y a lĂ  beaucoup de conditionnel et de “peut ĂŞtre” qui disparaissent au fil des reprises.

 

MĂŞme si Massimo Gileti affirme ensuiteje n’invente pas une chose de ce genre, il existe un mail qui annonce le dĂ©sistement de Carla Bruni”.

 

Mais pour quelles raisons ? Seulement des suppositions.

 

Comme dĂ©jĂ  Ă©crit sur ce blog, dès qu’il s’agit de Carla Bruni, il y a de la part de la presse italienne, une rĂ©action Ă©pidermique. Une hostilitĂ© irrationnelle.

 

Finalement, ce sera un joli coup de pub pour la chanson, en attendant les réactions officielles.

 

Y a quelqu’un qui m’a dit que Carla Bruni ne venait plus Ă  San Remo mais Carla Bruni, elle, elle n’a rien dit.

 

 

 

 

De la télé aux webTV, un formulaire pour payer, un formulaire pour diffuser.

internet, television, société

31 janvier. Minuit une. Trop tard pour payer le canone Rai. Et pourtant, pendant des jours, surtout dans les 72 dernières heures, les 3 Rai ne cessaient de rappeler l’Ă©chĂ©ance.

 Il Canone Rai est l’Ă©quivalent de la redevance audiovisuelle. C’est comme si sur France 2 et France 3, tous les prĂ©sentateurs (journaux, magazines) animateurs (jeux, variĂ©tĂ©s, divertissement, humour) concluaient leurs apparitions par : “et n’oubliez pas de payer la redevance. Dimanche soir au plus tard.”

Un véritable matraquage.

 Vite remplir le formulaire reçu par voie postale et vite le retourner avec son mode de paiement.

Evidemment, les contestations sont nombreuses.

Les électeurs de centre droit ne veulent plus payer une Rai de communistes, faisant référence aux émissions Annozero, Parla con me et Ballaro

Les électeurs de centre gauche ne veulent plus payer une Rai soumise au pouvoir du monarque Berlusconi et devenu pâle copie des chaines commerciales du même Berlusconi.

Et voilĂ  que se profile Ă  l’horizon un canone Rai qui s’appliquerait aussi aux dĂ©tenteurs de PC. Ceux qui regardent la tĂ©lĂ©vision sur leurs ordinateurs.

Ce qui nous amène d’ailleurs dans l’univers des WebTV et du projet de loi Romani, (Paolo Romani) qui vise Ă  contrĂ´ler les vidĂ©os mises en ligne. Un projet bien avancĂ© puisque dĂ©jĂ  approuvĂ© par le SĂ©nat et la Chambre et en passe de devenir une loi adoptĂ©e par le prochain Conseil des Ministres: En jeu, notamment,  le contrĂ´le des videos mises en ligne.

DĂ©sormais, il faudra rĂ©clamer une licence, disons une autorisation prĂ©alable avant de diffuser une vidĂ©o. Remplir un formulaire, l’envoyer au ministère de la Communication et attendre son accord pour intervenir sur Youtube et Dailymotion.

Quand on connait les joies de la bureaucratie italienne, bonne chance mon gars.

Les images concernĂ©es par le texte sont celles  tournĂ©es soit avec sa propre webcam, soit des extraits d’Ă©missions de tĂ©lĂ©visions qu’on aimerait partager avec des amis.

Il ne sera plus possible de publier sans une autorisation de tutelle ce genre de montage . Le soir du dĂ©saveu de Romano Prodi au SĂ©nat….  Prodi tombe et de nouvelles Ă©lections s’annonce, le prĂ©sentateur du TG 4 Emilio Fede croit avoir en direct au tĂ©lĂ©phone le sĂ©nateur Renato Schiffani qui deviendra plus tard PrĂ©sident du SĂ©nat. En fait, c’est Silvio Berlusconi qui a pris le tĂ©lĂ©phone et surprend ainsi le journaliste. Emilio Fede (panico (panique)) puis (gaudio : joie, fĂ©licitĂ©) ne sait plus quoi dire, quelles questions poser… et Berlusconi parle pour lui. “Il n’ y a pas de questions ni de reponses, il faut simplement etre heureux que le vote du SĂ©nat corresponde au vote des italiens“.

Impossible donc de reproduire des extraits de TV comme celui là sur Youtube, ou même simplement des extraits du Grande Fratello (émission de télé réalité) repris en grande quantité sur Youtube.

Mais impossible de reproduire aussi des images qui tĂ©moignent d’une rĂ©alitĂ© que les camĂ©ras de journalistes n’ont pas tournĂ© pour x raisons.

La semaine dernière Ă  Ischia, le Parquet de Naples ordonne la dĂ©molition de maisons construites abusivement…  et dans un premier temps l’Ă©vacuation de leurs habitants.

La population locale se mobilise pour empĂŞcher l”expulsion, arguant que “c’est toujours les plus faibles qui payent. Des villas et des complexes hĂ´teliers construits aussi abusivement ne sont pas inquiĂ©tĂ©s mais les familles modestes, oui.”

Les habitants du quartier font barrage, la police arrive, renvoie journalistes et appareils photos. Les uniques images tournĂ©es sont celles faites avec les moyens du bord, une webcam, un tĂ©lĂ©phone portable. Ce sont des images qui n’ont aucune valeur journalistique mais dont la seule finalitĂ© est de  porter un tĂ©moignage sur la toile. (vu que les moyens traditionnels d’info n’y ont pas accès)

LĂ  aussi, prière de remplir le formulaire pour demander l’autorisation au ministère de la Communication.

Articolo 21, association qui dĂ©fend la libertĂ© d’expression visĂ© par l’article 21 de la Constitution voit “disparaitre sous cette loi des milliers de tĂ©moignages directs de la vraie vie quotidienne des italiens

Les responsables italiens de Google et Youtube s’entretiendront cette semaine avec les membres du gouvernement pour mettre au point les modalitĂ©s techniques.

Le Parti DĂ©mocrate (centre gauche) a tenu une confĂ©rence de presse. “Assujettir la retransmission d’images sur le web aux mĂŞmes règles spĂ©cifiques Ă  la tĂ©lĂ©vision, c’est une limitation incroyable de l’outil Internet“.

Les bloggers italiens hurlent au scandale. “La concurrence des webTV doit ĂŞtre Ă©crasĂ©e, Ă©crit Alessandro Gilioli journaliste de L’Espresso sur son blog , c’est la mĂ©thode Berlusconi, Ă©craser la concurrence indĂ©pendante tant qu’elle est embryonnaire. Berlusconi se souvient comment a dĂ©marrĂ© son aventure audiovisuelle dans les annĂ©es 80. Le petit était devenu grand. Alors aucune pitiĂ© pour les WebTV qui dĂ©marrent aussi dans des garages de fortune. Se dresse en obstacle une multitude de barrières administratives“.

CotĂ© gouvernement, le rapporteur de la loi Paolo Romani proteste : “Cette loi n’est que l’application d’une directive europĂ©enne. Le reste n’est que polĂ©mique stĂ©rile“.

Etrange intervention en revanche de Nicola d’Angelo, conseilleur juridique, commissaire de l’AutoritĂ© des Communication directement reliĂ©e au Ministère. Nicola D’Angelo dont la parole ne peut apparaitre partisane  : “Cette loi est contraire Ă  la directive europĂ©enne qu’elle est censĂ©e dĂ©cliner. L’Italie sera le seul pays occidental dans lequel une autorisation sera obligatoire pour un tel service. C’est un risque pour la dĂ©mocratie“.

Enfin, l’ancien ministre des communications, Paolo Gentiloni (Parti DĂ©mocrate) sur son blog fustige la suppression de l’enveloppe budgĂ©taire qui devait ĂŞtre allouĂ©e au dĂ©veloppement du net italien. Sur son blog, il Ă©crit : “la raison invoquĂ©e est la crise Ă©conomique alors que pendant des mois, ce gouvernement nous a dit que la crise Ă©tait exagĂ©rĂ©e et que nous Ă©tions Ă©pargnĂ©s“.

Quoiqu’il en soit, ce dĂ©bat sera clos (ou pas) par l’adoption de la loi. Un fait est certain : il ne faut pas surĂ©valuer l’importance du web italien. C’est un phĂ©nomène encore marginal. On s’informe avant tout avec la tĂ©lĂ©vision aujourd’hui.

La loi Romani ne concerne pas seulement le contrôle des vidéos mises en ligne sur Internet. Le texte comprend aussi plusieurs articles établissant un plafond  sur les quotas publicitaires imposés aux groupes satellites.

Et entre Mediaset (Berlusconi) et Sky (Murdoch), devinez qui sera pénalisé par ces nouvelles contraintes.

Une île sarde paradisiaque à vendre

Week-end

L’Ă®le de Serpentara, au Sud Est de la Sardaigne… au large de Villasimius.

A vendre.

Prix à débattre : 600 000 euros.

 © Unione Sarda

© Unione Sarda

Le topo du vendeur :

l’Ă®le s’appelle ainsi en raison de sa forme qui rappelle celle d’un serpent.

Au large de la plage de Villasimius et Ă  3kms de Cala Pira. On peut rejoindre l’ile avec de petites embarcations. L’approche la plus facile est la pointe nord ouest, la plage Caletta.

Un paradis de roche granitique avec un peu de végétation et des lapins. Une superficie de 134 hectare  dans une zone maritime protégée.

Avec un peu de chance, de ses rochers, on aperçoit entre deux vagues quelques bancs de dauphins.

 © S.Spagno

© S.Spagno

Un de ses points forts…

… Ses piscines naturelles le long de ses cĂ´tes.

 © S.Spagno

© S.Spagno

Mais aussi…

Cette tour de granit naturelle surprenante…

 © B.Parozzi

© B.Parozzi

Une merveille de la nature…

Prix : 600 000 euros…

Et…

… aucun acheteur…

La raison en est simple : aucun permis de construire ne sera tolĂ©rĂ© dans cette zone protĂ©gĂ©e. Au pays de l’abusivismo, ce dĂ©tail prĂŞte Ă  sourire. Mais ici, la règle est stricte. L’acquereur ne pourra entreprendre aucun travaux…MĂŞme pas planter un clou.

Le tribunal de Cagliari a proposé cette aquisition pour la 3ème fois mardi dernier.

Personne ne s ‘est prĂ©sentĂ©.

A l’origine, l’Ă®le appartenait Ă  un fond d’investissement immobilier qui a fait faillite. C’est donc la justice qui a rĂ©cupĂ©rĂ© le bien et le vend pour Ă©ponger les dettes.

La commune de Villasimius est intĂ©ressĂ©e… Cette Ă®le pourrait enrichir son patrimoine naturel, on en dĂ©bat au Conseil Muncipal…Mais personne ne veut sortir un centime d’euro… Pour le moment…

Le maire a bien une idĂ©e… Tore Sanna pense que la rĂ©gion pourrait l’acquĂ©rir par le biais du Conservatoire maritime et en ceder la gestion aux autoritĂ©s locales, donc lui.

Quoiqu’il en soit, Villasimius pourrait intervenir dans le prochain appel d’offre.

Le Conservatoire maritime et la RĂ©gion attendent de leurs cotĂ©s que le prix baisse, vu qu’aucun acquĂ©reur privĂ© ne s’est fait connaĂ®tre.

 © Fabry

© Fabry

En attendant, l’Ă®le reste orpheline, offerte au regard de la cĂ´te sarde.

Samedi dernier, la tour de granit de Serpentara a Ă©tĂ© occupĂ©e par les indĂ©pendantistes opposĂ©s Ă  cette mise en vente. Leur leader Doddore Meloni s’est autoproclamĂ© President de la Republique de l’ile de Serpentara, rĂ©affirmant un principe irrĂ©vocable : cette terre sarde doit rester sarde, et son âme n’est pas Ă  vendre.

Entre l’impossibilitĂ© de construire et la possibilitĂ© d’ĂŞtre ennuyĂ© par les indĂ©pendantistes, on comprend que les acheteurs ne se bousculent pas aux portes du tribunal de Cagliari.

En direct de Turin…

justice, europe, actualité, social, santé, environnement, transports, calcio, société

Cento ore a Torino… 4 jours Ă  Turin… 4 facettes de l’actualitĂ© turinoise.

LE MAXI PROCES DE L’AMIANTE

“J’ai perdu mon mari, mes deux enfants n’ont pas eu le temps de devenir quincagĂ©naire, ma soeur est partie dans des souffrances indescriptibles, et ma cousine est morte l’annĂ©e dernière…”

On la surnomme dans les couloirs du tribunal de Turin : La Mamma.

79 ans aujourd’hui et plus aucune larmes qui coulent de son aveu. La douleur s’est solidifiĂ©e Ă  l’intĂ©rieur. 

Mais elle ne manquera aucune audience du maxi procès Ethernit. Elle réclame la justice, sans aucun esprit revanchard.  

Tout comme cette enseignante qui a accompagnĂ© son mari jusqu’Ă  son dernier souffle. 

L’amiante, l’usine Ethernit, dans les Ă©coles de Casale Monferrato, on en parle beaucoup. MĂŞme entr’ Ă©lèves. Aucune famille n’est Ă©pargnĂ©e. On a toujours un parent, parfois plusieurs, qui ont succombĂ© Ă  la maladie.  

 © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

Aux fenĂŞtres de Casale, le drapeau italien “Ethernit, Justice” pour symboliser l’ouverture du procès.

La justice italienne est montrĂ©e en exemple. Pour la première fois, des dirigeants actionnaires, pas de simples directeurs d’usine, sont accusĂ©s d’avoir consciemment provoquĂ© la mort de 2800 personnes pour ne pas avoir respectĂ© les rĂ©gles de sĂ©curitĂ© Ă©lĂ©mentaires face aux dangers provoquĂ©s par l’amiante. (Manipulations Ă  l’air libre et Ă  mains nues).

Les victimes ne sont pas seulement les salariés mais aussi les habitants de cette ville ouvrière de la plaine du Pô entre Turin et Milan.

Un des reportages rĂ©alisĂ©s sur place. Son. Audio. 1′50

 ev.rf

Les premières audiences sont techniques et tournent autour des questions de procĂ©dure. L’animation gagne plutĂ´t les couloirs du tribunal. 2200 parties civiles constituĂ©es et des centaines de personnes venues de l’Europe entière pour assister aux dĂ©bats. On s’Ă©change des cartes de visite et l’on Ă©voque les situations vĂ©cues.

L’ amiante ne provoque pas une simple maladie professionnelle, mais tue sans compter, et Ă  l’Ă©chelle europĂ©enne, “le bilan des victimes approche celui d’un massacre” disent les organisations de la santĂ©.

Un scandale mondial de santé publique. Le pic de mortalité en Europe est annoncé en 2018 avec des prévisions qui dépasseraient les 100 000 morts. 

L’Italie apparait comme une pionnière. Le travail de la justice italienne au sujet de ce dossier est montrĂ© en exemple sur toute la planète et les avancĂ©es de ce maxi procès seront suivies de  près Ă  travers le monde. Les prochaines audiences devraient ĂŞtre diffusĂ©es en direct sur le web.

L’enjeu est simple : Que l’amiante ne soit plus utilisĂ©e sur les chantiers ou dans les usines, comme c’est encore le cas en Russie et dans certains pays de l’ancien bloc de l’Est, en Chine, en AmĂ©rique du Sud.

Dernière précision, le dossier Ethernit ne sera pas menacé par le projet de loi de la Réforme de la Magistrature. Le texte a été modifié en ce sens.

Les débats peuvent commencer sereinement.

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Le débat autour du TGV Lyon-Turin et une nouvelle manifestation des opposants. LE NO TAV (treno alta velocità) train à grande vitesse.

Tout Ă©tait Ă©crit. Le TGV Lyon/Turin allait voir le jour. Français et italiens Ă©taient d’accord, d’autant plus que l’essentiel du coĂ»t des travaux est supportĂ© par l’Union EuropĂ©enne.

Mais c’Ă©tait oublier un peu vite les habitants de la VallĂ©e de Suse, entre Turin et la frontière, fortement opposĂ©s au projet.

 © EV.RF

© EV.RF

Ils étaient 25 000 à manifester samedi dernier. Avec 21 maires sur les 24 communes de la vallée.

C’est dans leur vallĂ©e que le TGV doit surgir de la roche alpine. VallĂ©e trop Ă©troite disent les opposants. Nuisances et dĂ©gats sur l’environnement importants confirment les experts contactĂ©s et qui soutiennent l’opposition Ă  ce tracĂ©.

Depuis 17 ans, la polĂ©mique n’a jamais connu de trĂŞve. Les français et Bruxelles attendent. Les travaux doivent dĂ©marrer en 2013 avec une livraison prĂ©vue en 2022…

Les opposants mettent aussi sur la table un autre débat : des prévisions de voyageurs surévaluées.

Pour répondre à la nouvelle manifestation du samedi 23 janvier, élus de la Province de Turin et de la Région du Piemont ont organisé au Lingotto (centre des congrès quartier Fiat) un rassemblement avec des commerçants et des industriels.

Le goupe Fiat attache une importance considĂ©rable au dossier. Le TGV mettra Paris Ă  4 h de Milan au lieu de 7 aujourd’hui.

Ils Ă©taient un millier le dimanche 24 janvier Ă  rĂ©pondre Ă  l’appel du maire de Turin (centre gauche). Sergio Chiamparino dĂ©crete “ce chantier prioritaire pour Turin et sa rĂ©gion.

Au terme de cette rencontre, les Ă©lus ont laissĂ© entendre qu’ils se passeraient de l’avis des opposants. Ce n’est pas un petit nombre d’irrĂ©ductibles qui va bloquer un projet pour la collectivitĂ©“.

En prononçant le mot irrĂ©ductible, on pense au petit village gaulois qui rĂ©siste Ă  l’envahisseur. Et pour avoir rencontrĂ© Alberto Perino, leader historique de la contestation, c’est vrai qu’on est assez proche de l’univers d’Asterix. Et Alberto, il en a dĂ©jĂ  distibuĂ© des tartes aux lĂ©gionnaires romains.

En 2005, les forces de l’ordre encadrent des ouvriers qui viennent prendre des mesures. Les habitants de la vallĂ©e de Suse arrivent avec des fourches. La police recule.

La voix d’Alberto

ev.rf

Pour l’heure, une situation de bloquage, les habitants de la VallĂ©e de Suse affirment qu’aucun projet europĂ©en ne peut se faire sans le contentement de la population et le dossier devient sensible en  raison des RĂ©gionales de mars.

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 Un evènement culturel unique. 36 HEURES de MOZART NON STOP AU BARETTI. Nuit blanche dans le quartier San Salvario

Une initiative baptisĂ©e Le Marathon de Mozart… Pour cĂ©lĂ©brer l’anniversaire du compositeur… Inclue dans la programmation du Cineteatro Baretti avec la collaboration  des paroisses S.S Pietro e Paolo….

 

Pendant 36 heures, du dimanche 24 janvier à 10H30 jusqu’au lundi 25 à 23 h, la scène est restée vivante…

 

Avec évidemment des concerts donnés par les Conservatoires de Turin, Alessandria, Novara et Foggia, des solos, des rencontres débats, des lectures et la projection de films…

Au milieu des flocons de neige virevoltants, des silhouettes emmitouflées glissaient sur le pavé de San Salvario pour participer à cette aventure… L’entrée était libre avec 150 litres de vin chaud…

 

On pouvait penser que par cette nuit d’hiver turinoise, la salle ne soit qu’un repère de SDF venus chercher un peu chaleur…Vers 2 heures du mat, il y a effectivement quelques sans abris mais aux cotés de passionnés, de musicologues, de curieux… des couvertures chauffantes sont sorties, on communie avec Mozart…

 

Un pari réussi que le quartier San Salvario réputé pour son aspect multiculturel s’apprête à répéter l’an prochain avec encore plus de moyens déployés.

 © CTBaretti

© CTBaretti

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LA JUVE IN CRISI ET L’HYSTERIE COLLECTIVE AUTOUR DU DESTIN DU CLUB

Certainement l’info la plus rĂ©pandue. Rien ne va plus Ă  la Juventus de Turin. Et le 23 janvier Ă  22h35, la vieille dame touche le fond. Battue Ă  domicile par l’AS Roma 2 buts Ă  1.

La colère des supporters… Ils brulent des sièges… Affrontement Ă  l’extĂ©rieur du stade, Corso Agnelli avec les forces de l’ordre. Ils rĂ©clament l’Ă©viction des dirigeants et de l’entraineur Ciro Ferrara.

Je ne reviens pas sur cette info qui est donnĂ©e en temps rĂ©el par un nombre important de sites internet et journaux… en revanche ce qui est frappant dans le stade, pendant le match, c’est l’ambiance Ă©lectrique qui y règne.

Tout le monde est hystĂ©rique. MĂŞme en tribune de presse… Quand Riise marque le but de la victoire de Rome, les journalistes romains se lèvent d’un bond et exultent.

Les journalistes turinois les insultent alors, une partie de public avoisinant aussi, les stewarts de la sĂ©curitĂ© doivent s’interposer pour qu’ils ne se battent pas entre eux…

Le stadio Olimpico de Turin n’a rien de d’olympique. Ce n’est pas le San Siro de Milan ou le stade de Rome. C’est le stade communal… L’avantage est qu’on perçoit mieux ce qui se passe sur la pelouse. Les juges de ligne sont sans cesse insultĂ©s par les joueurs et par le public. C’est ainsi pendant 90 minutes.

Ai lieu d’une belle soirĂ©e de foot, le stade propose un groupe Ă©lectrogène humain, prĂŞt Ă  exploser et tout griller.

Juve/Roma, ce n’est pas que du foot, et après le match dans les vestiaires, les propos tenus relèvent du psychodrame. Il y a de la souffrance (rĂ©elle) et des cas de dĂ©pression.

ev.rf

En revanche, cotĂ© romains….

Pour sourire un peu…

Carlo Zampa de Mediaset ne se controle plus…

C’est une autre forme d’hystĂ©rie, mais plus drole

Week end Ă  Riace (Calabre)

Week-end, immigration

 A la demande gĂ©nĂ©rale, retour Ă  Riace…

 J’entends souvent parler encore aujourd’hui du reportage rĂ©alisĂ© Ă  Riace il y a 3 ans avec la complicitĂ© de Didier Sudre.

 Un village calabrais de 5 000 habitants qui a connu l’exode rural, la dĂ©sertification, et qui agonisait tranquillement… Sauf qu’un jour, un de ses habitants fait le pari de l’immigration… Ceux qui dĂ©barquent d’Afrique, du Proche Orient ou de l’Est auront une maison Ă  condition qu’ils se fixent dans le village pour relancer l’Ă©conomie.

A une grande Ă©chelle, ce dĂ©fi singulier serait impossible, mais Ă  hauteur d’une commune, pourquoi ne pas tenter l’expĂ©rience ?

 © Calabria

© Calabria

Vendesi (« À vendre »). La pancarte qui se balance au gré des vents est devenue rare dans Riace. Pourtant, il y a encore douze ans, c’est tout le village qui était à vendre. Rien à faire ici.

Un vieux bourg calabrais à flanc de colline entre les oliviers, loin de tout. Les jeunes qui ont grandi ici sont tous partis vers le Nord pour chercher du travail et les commerces ont fermé les uns après les autres.

Il a fallu qu’une barque de clandestins kurdes échoue sur une plage en 1998 pour que le destin bascule. Des marmites se jettent sur le feu. Des couvertures enlacent les épaules. Les portes des maisons s’ouvrent.

Cet élan de solidarité éclaire Domenico Lucano. Il n’est pas encore maire de Riace, mais l’épisode kurde anime sa volonté de sortir le village de l’ombre. « C’était simple, se souvient-il, notre terre d’émigration allait devenir une terre d’immigration. »

Une dizaine de courageux fonde l’association Città Futura et obtient un prêt pour un programme de développement. La fabrique d’huile d’olive relancée, la vieille presse réactivée, le genêt se cueille et se tisse, une production de commerce équitable s’organise et les propriétaires acceptent de louer à l’année, pour 1 000 euros, leurs maisons entièrement retapées par les bénévoles.

Le projet repose entièrement sur les ressources humaines. Les familles immigrées accueillies se fixent dans le village à condition de participer à une activité et d’apprendre l’italien. En échange, les voilà logées, nourries.

Deuxième pilier, le tourisme solidaire. L’argent des vacanciers finance les frais de fonctionnement et ressuscite une activité commerciale : café, épiceries. D’avril à octobre, les touristes du Nord louent une maison et croisent dans les ruelles escarpées les immigrés du Sud qui n’en reviennent pas d’être ici. « Pour moi, c’est comme un rêve », confie Moham, un électricien de Beyrouth qui a tout perdu dans les bombardements israéliens.

Près du restaurant kurde, Assan, un Afghan, a ouvert un atelier de céramique qui ne désemplit pas.

Aujourd’hui, Riace est un centre d’accueil qui a reçu l’agrément du ministère de l’Intérieur et une subvention régionale pour aide à la réhabilitation.

Riace a même acceuilli quelques africains blessés à Rosarno et évacués dans les différents centres. Bari, Crotone, mais aussi Riace.

D’oĂą aujourd’hui la proposition de visiter ce village pas comme les autres en quelques photos !

 © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

 © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

C’est au bout de 8 kilomètres, sur une petite route sinueuse, qu’on arrive Ă  Riace …

…accrochĂ© sur une colline… mais on ne peut pas y venir Ă  pied

A l’entrĂ©e du village, un parking…

… parce qu’on ne peut pas y entrer en voiture…..

… Et le nouvel arrivant

ne peut Ă©chapper au regard des habituĂ©s…

 © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

… Les brumes matinales se sont dĂ©jĂ  dissipĂ©es…

… Le cafĂ© rĂ©chauffe…

Et les vieux du village reconnaissent que le projet a aidĂ© Riace Ă  survivre mais “les “immigrĂ©s”, que ce soit clair, on fait rien de spĂ©cial avec eux… C’est  ”bonjour/ au revoir”… Basta

En fait, ce sont les plus jeunes du village et les commercants qui sympathisent avec les habitants venus d’ailleurs…

… Ces habitants qui dĂ©couvrent leur terre d’acceuil…

 © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

 © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

Le projet a permis la restauration de maisons en ruine dans le centre du village… …

Main d’oeuvre gratuite….

… maison/nourriture contre travail…

Un système de troc avec la solidaritĂ© en toile de fond… chacun s’y retrouve…

… un joli conte de fĂ©es… en apparence parce qu’en rĂ©alitĂ©, un système Ă  flux tendu qui doit composer avec la nature humaine, les esprits chagrins et les humeurs changeantes…

… mais un système qui fonctionne et porte ses fruits…

 © EricValmir.RF

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LĂ , on est dans l’ultra centre…

Un peu partout, des maisons Ă  vendre…

Les premières partaient Ă  5 000 euros… Si , si

Aujourd’hui, les prix ont grimpĂ©, mais des Ă©trangers achètent encore pour y venir aux beaux jours…

A combien, celle Ă  vendre ci dessous ?

 © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

Ici, un vieux palais rĂ©novĂ© sert de siège Ă  l’association CittĂ  futura qui gère toutes les activitĂ©s liĂ©es au “plan maison”, hĂ©bergement, tourisme solidaire, immigration…

 © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

Quant aux maisons Ă  vendre en question, elles n’ont pas de terrain… (pour la plupart)

Ce sont des maisons de village, souvent en hauteur…

Avec en revanche un toit terrasse…

 © EricValmir.RF

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Et une vue sur le reste du village…

 © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

… Sur le relief accidentĂ© voisin…

 © EricValmir.RF

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Et de l’autre cotĂ©….

… la mer qu’on voit danser au delĂ  de la roche blanche…

… et des oliviers…

 © EricValmir.RF

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Le problème du village me confie un père de famille palestinien, c’est qu’il est coupĂ© de tout… Il n’y a que deux bus la journĂ©e… A 7 h du mat et Ă  18h….

Sans voiture que faire ?

Adiame, l’Ă©rythrenne s’en satisfait. Elle a connu la guerre civile, la mort, sa barque a chavirĂ© pendant la traversĂ©e, tous les autres clandestins sont morts… Elle a Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ© par des pecheurs tunisiens… Elle Ă©tait enceinte…

Aujourd’hui, elle travaille comme aide cuisinière Ă  l’Ă©cole oĂą est inscrit son petit garçon qui ne parle que l’italien et le parle mieux qu’elle…

Pas de voiture, elle s’en fout… Elle a connu l’enfer et goĂ»te un petit paradis.

… Elle regarde son enfant jouer au foot sur ce terrain Ă  la sortie de l’Ă©cole…

 © EricValmir.RF

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… Et s’allonge sous un citronnier…

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….

Et puis parfois, une voiture descend Ă  la plage… Ă  la mer…

… on fait de la place, on s’entasse…

Et on descend Ă  Riace Marina…

On ne peut pas dire que les plages soient amĂ©nagĂ©es…

Nature sauvage, le souvenir de Federica,

 © EricValmir.RF

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Et une plage dĂ©serte Ă  perte de vue…

… l’hiver, rien, pas âme qui vive.. Le premier magasin est Ă  Rocella, Ă  15 kilomètres…

 © EricValmir.RF

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.. Le soir tombe…

Et le front de mer invite Ă  la mĂ©ditation dans le nuancĂ© de bleu qu’offrent le spectacle du jour finissant…

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… Et en remontant Ă  Riace pour diner “calabrais”, la nuit est dĂ©jĂ  presque tombĂ©e…

 © EricValmir.RF

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Pour rire, ou peut être très sérieusement, sur Facebook, un groupe a décidé de proposer la candidature de Domenico au  prochain prix Nobel de la paix !

E come  no !?

Extrait du reportage “Renaitre Ă  Riace” diffusĂ© le 1er avril 2007.

L’extrait choisi, un entretien de Domenico Lucano qui reçoit deux jeunes femmes d’un village calabrais voisin tentĂ© par l’expĂ©rience. Elles sont venus chercher conseil et des informations sur les dĂ©tails de de la mise en application du projet.  DurĂ©e 6′40

ev.RF