Comprendre l’Italie à travers ses nuances

Le blog de Eric Valmir


Je suis vieille, salie, trahie et je vais bientôt mourir.

politique

Mes souvenirs de jeunesse.

Je souris.

Quand on est jeune, on a toujours l’innocence et l’insouciance. Et comme ma conception repose sur la noblesse, j’ai toujours pensé que je pourrais servir l’Humanité à progresser et à mieux s’organiser.

J’ai traversé les époques en étant évidemment courtisée et instrumentalisée. Des sophistes grecs aux populistes d’aujourd’hui, les discours vides, creux et opportunistes ont toujours cherché à me prendre pour alibi.

En Italie, j’ai vécu des moments forts et terribles. Le fascisme et le communisme dans une de ses expressions radicales, mais au lendemain de la guerre, les groupuscules des deux camps ont continué à se battre. Encore une fois en mon nom.

Dans les années 70, les années de plomb, des attentats, des morts, des violences. Avec toujours moi exposée en alibi.

Ce n’était pas une nouveauté. Je l’ai déjà connu à plusieurs reprises à travers les siècles, surtout avec ma cousine “Religion“. Les hommes se battaient en son honneur, ils se tuaient même souvent pour le défendre disaient ils.

D’ailleurs quand ma cousine a cherché à s’approcher de moi et elle le fait souvent en Italie, j’ai toujours pris garde à m’en démarquer, persuadée que mon indépendance est garante de ma crédibilité et ma survie.

Le temps ne m’a jamais guéri de la naîveté, ou peut être, est-ce dans mes gênes ? Je veux dire, quoiqu’il arrive, je dois incarner l’espoir.

Même quand les mafieux, les entrepreneurs véreux pactisent avec ceux qui me représentent et m’utilisent pour garder une parcelle de pouvoir, j’ai la force de croire en des lendemains meilleurs.

Mais ces costumes cravates machiaveliques ne prennaient même plus la peine de me gratifier de paroles généreuses et honorifiques. Ils m’ont sali et le peuple m’a détesté. Jusqu’à l’explosion de leur système pourri il y a près de 20 ans.

Et là, un petit monsieur qui rigole tout le temps est arrivé. Il m’a vu telle que j’étais : salie, traînée dans la boue, désavouée. Silvio m’a alors pris par la main et m’a conduit dans une magnifique salle de bains.  Là, il a pris soin d’enlever la poussière qui recouvrait mon corps. Et ses acolytes ont dansé avec moi. J’étais la plus belle.

En public, ils disaient tous qu’ils m’avaient rajeuni et redonné un sens à ma vie. J’étais pleine d’espoir et surtout, je m’attendais à une opération chirurgicale en profondeur, j’en avais besoin, mes organes vitaux avaient été atteints. Mais ils n’ont rien fait, ils m’ont simplement offert de belles toilettes et m’ont outrageusement maquillé pour m’exhiber.

Le petit monsieur qui rigole tout le temps et ceux qui ne l’aiment pas ont continué à se servir de moi. Comme les autres avant. Rien n’ a changé. Ils m’ont simplement offert de beaux habits.

Mais jamais ne sont énoncées les grandes idées pour améliorer la société. Ils ne me font exister qu’à travers le mot “élection”. Et encore je devrais dire “referendum”. Tous les scrutins posent une seule question : pour ou contre le peit monsieur qui rigole tout le temps.

Alors le peuple m’a à nouveau houspillé. Je n’étais qu’une pourriture. Tout le contraire de mes ambitions : moi, je voulais m’élever.

Et la campagne des régionales, c’est comme si on préparait mon cercueil.

D’abord, il n’ a été question que d’alliances et de constitutions de listes. Quand la gauche a réussi a contenté tous ses courants, elle est allée chanter au Festival de San Remo. A droite, c’est tellement la zizanie pour respecter les équilibres que la liste dans le Latium n’a pu être présentée en temps et en heure.

Depuis, ça hurle dans tous les sens. En mon nom, a été présenté un décret loi pour permettre à la liste du PDL Lazio de se présenter, mais les hautes instances l’ont rejeté.

La campagne se résume à des notions déquilibres, d’alliances, et de respect des règles.

On vote dans 15 jours, on n’a pas entendu un seul programme alors que les problèmes de tous genre pleuvent sur le pays et que les Régions ont un rôle à jouer fondamental.

Je suis vieille, fatiguée, salie, trahie et je vais bientôt mourir. Je devrais accepter de changer. L’idéologie est une antiquité, le temps impose les technologies et la communication.

Ou peut être que je devrais repenser à mon vieil ami Platon quand il énoncait les différents systèmes.” L’oligarchie fondée sur les richesses, la timocratie sur l’honneur (on en est loin), la démocratie sur l’égalité (on s’en éloigne) et la tyrannie qui repose sur les désirs puisque ce principe abolit les lois. “

Etrange  de voir que tout est écrit depuis des siècles et que je n’ai rien vu venir. J’ai cru en moi, en mon étoile. Peut être que dans un dernier souffle, je reprendrais vie, mais au fond de moi je n’y crois plus.

Je m’appelle Politique et je ne veux plus rien dire.

Etre une femme italienne en 2010

société

 5 adolescentes italiennes (mineures) sur 100 optent pour une prothèse mammaire.

Record du monde absolu.

Face à ce phénomène, le gouvernement italien a adopté une proposition de loi de la sous secrétaire d’Etat à la santé Francesca Martini. “On ne peut laisser ces jeunes filles dans le Far West du bistouri. “

La ministre de la jeunesse Giorgia Meloni déplore “l’influence néfaste des modèles esthétiques de la mode et de la presse people“.

Mais le texte qui voulait interdire toute poitrine artificielle aux jeunes mineures a vu plusieurs amendements assouplir la règle, au nom de la vie privée.

Conséquence : avec l’ordonnance d’un psychiatre, ces jeunes filles peuvent se présenter devant le chirurgien esthétique et s’offrir des seins en forme d’obus pour soigner une dépression, ou une difficulté de vie due à un complexe.

Marco Gasparotti, un des plus grands chirurgiens esthétiques au monde, qui a opéré les stars de la télé et du cinéma, (30 000 interventions à son actif) est favorable à une loi restrictive. Mais comme il le dit lui même, les règles se contournent. Il faut partir d’une éducation.

Interrogé par le quotidien La Stampa, le chirugien de Brescia affirme que ce sont les mères qui poussent leurs filles à se faire opérer. Pour avoir un physique qui attire et avoir une chance de s’en sortir dans la vie. Les plus convaincues sont les mères. Conséquence, les gamines grandissent avec cette idée en tête.” 

Ajouté à cela, le mal être de l’adolescence, les rêves roses où à cet âge une carrière d’actrice fait beaucoup plus rêver que l’univers d’un cabinet d’expert comptable… Et puis, les mères et les grands mères qui ont recours au bistouri et au botox…la publicité alléchante des charlatans qui prospèrent dans ce business… Contexte défavorable.  

Publicité, mode et télévisions ont dicté indirectement cette dictature de l’esthétique féminine pour réussir dans la vie.

Bien avant le cas de Patrizia d’Addario, la jeune Noemi et les autres filles du Palais Grazioli, Silvio Berlusconi avait fait les gros titres avec Elena Russo.

Dans une écoute téléphonique, on entendait clairement la voix de Silvio Berlusconi suggerer le nom d’Elena Russo au directeur de Rai fiction (dégoulinant de “bien entendu” et “ça va de soi”) pour le rôle titre d’un sitcom de la Rai, L’onore e il rispetto (l’honneur et le respect).  

Fait important : ce directeur, Agostino Saccà va céder alors que Silvio Berlusconi n’est pas le Président du Conseil. A cet époque, c’est Romano Prodi. Berlusconi n’est que le chef de l’opposition mais son pouvoir dans l’audiovisuel public reste important.

Reaction d’Elena Russo : “c’est mon travail qui a été reconnu“.

L’actrice reconnait que Silvio Berlusconi en la recommandant lui a ouvert les portes. “Tout le monde a cru que j’avais couché avec lui mais c’est faux. Depuis gamine, je rêve de devenir actrice, j’ai galéré dans des théâtres locaux, dans des télés locales privées de Naples. Durant toutes ces années, on n’a jamais écrit une ligne sur moi, même dans les gazettes du coin. Je tournais dans des petites productions, et Silvio Berlusconi m’a vu dans Adesso sesso (le sexe maintenant), une comédie légère (non érotique).

Dans une soirée, il m’a adressé ses compliments et m’a invité à diner chez lui.  Il y avait plein d’autres personnes à ce repas. A table, Silvio Berlusconi a vanté mes talents d’actrice comique, un véritable don disait il.

Je voyais bien qu’il me mangeait des yeux mais il ne m’a jamais dragué, ni formulé une proposition indécente. Il a cette force de vous faire sentir belle et importante. Et je suis sur qu’il s’est passé la même chose avec la jeune Noemi”.

Je n’ai aucune raison de douter de la sincérité de ce témoignage. Les faits ont du se dérouler tels que racontés par Elena Russo. Qu’elle ait ou pas couché avec Silvio Berlusconi, là n’est pas le problème. Le récit corrobore la puissance d’un système où beauté et recommandations sont les seules voies possibles offertes aux femmes pour émerger.

Aucun signal n’est envoyé à la jeunesse (garçons/filles). Chomage, travail sous rémunéré, pratique du piston, toujours l’importance du parti politique et des recommandations. Et dans cette jungle, les filles sont défavorisées.

Quand le colonel Khadafi a organisé des soirées avec 200 beautés tous les soirs en marge du sommet de la FAO (il leur récitait un monologue égocentrique), les jeunes femmes italiennes qui se sont présentées n’étaient pas des “cruches”. Des diplomées qui ne trouvaient pas de boulot ou alors du saisonnier (hotellerie/restauration) et du secrétariat ( 500 euros/mois). Alors quand 60 euros sont proposées pour aller faire la belle potiche devant Khadafi pendant deux heures, on ne réflechit pas longtemps.

La condition féminine italienne régresse ces dernières années. Coincée entre “soubrette” et “mère de famille”. Le cinéma ne propose d’ailleurs ces dernières années que des films véhiculant cette notion. Des hommes lâches et des femmes qui essaient de trouver une place dans une société qui lui laisse peu d’espace.

Scandale bureaucratique au Pantheon : la vidéo la plus regardée en Italie.

société, culture

Le Panthéon ferme à 18 heures le dimanche, même quand dans le cadre de ses animations, un concert n’est pas terminé.

Le quintette russe Bach Consort qui se produisait dans le Pantheon n’a pu interpréter le dernier mouvement de son concert de Vivaldi (durée approximative : 4 minutes) car les gardiens voulaient fermer leur Panthéon. On ferme à 18h. Basta. Pas 18h05.

 Sur la vidéo, on aperçoit une femme qui vient demander à l’orchestre d’arrêter, le public proteste et le quintet décide de faire ses 4 minutes.

Mais la femme aidé du gardien qui frappe dans ses mains (comme s’il voulait faire peur à des chats errants)  menace de faire intervenir les vigiles pour les faire sortir de force. Le quintet abandonne.

Le public hurle “Vergogna” (honte) à l’encontre des responsables du Panthéon romain.

Le ministre de la culture a ordonné une enquête devant cet excès de zèle. Sandro Bondi se dit “abasourdi“.

Francesco Giro, sous secrétaire d’Etat à la Culture : des dommages incalculables sur le plan économique pour la ville de Rome et ses monuments.

Les Jeux 2020 à Venise : le rêve olympique de la Cité des Doges

société, sport, culture

 © Venezia 2020

© Venezia 2020

C’est une première. Venise candidate pour organiser les Jeux Olympiques d’été en 2020.

L’équipe a remis son dossier de candidature ce matin au Coni (le comité olympique italien) qui devra trancher d’ici fin avril.

Venise trouve sur sa route la candidature de Rome.

Le projet vénitien de prime abord peut prêter à sourire. La Sérenissime a déjà tant de problèmes à gérer qu’on la voit mal organiser la grande messe olympique.

Et pourtant, le projet apparait très solide. Quand on pense “Venise”, il faut dépasser le seuil du centre historique sur la lagune et ne pas oublier que l’entité représente un ensemble de communes.

Que ce n’est pas seulement Venise mais aussi le Veneto, une des régions les plus riches d’Europe qui appuie le projet (milieux politique et milieux d’affaire).

Mais assurément, le point fort du dossier vénitien réside dans sa dimension humaine.

Venise veut proposer au CIO une pause. Fini le gigantisme, revenons à des proportions plus apaisantes. Des jeux dans un cadre exceptionnel, des Jeux plus économiques, moins couteux et respectueux de l’Environnement.

Le rail, l’eau et la route pour se déplacer dans un périmètre restreint mais non congestionné. Venise a l’habitude de la foule et des grands évènements. Venise s’appuie aussi sur des infrastructures ou des chantiers déjà existants.

Une des chevilles ouvrières du Comité de candidature, Federico Fantini.

 © Federico Fantini

© Federico Fantini

 EV.RF

Et comme l’indique le plan ci-dessous, le projet olympique se décline ainsi.

Le foot à Verone, Udine, Vicenza et Trieste.

 Le badminton, l’équitation, le rugby à Padoue

Le canoe, le rugby et le cyclisme sur piste à Trevise

Le hockey, le tir à l’arc et le Tennis au Parc San Giuliano de Venise (terre ferme)

Le marathon et le beach volley à Jesolo

 Au village olympique dressé à Tessera près de l’aéroport Marco Polo : l’athlétisme, le judo, la boxe, la nage synchronisée.

La gymnastique au Vega Park de Venise (terre ferme)

Et sur l’île du Lido : natation, golf, voile, cyclisme sur piste.

 © Venezia 2020

© Venezia 2020

Marées noires contre passions vertes. Part 3. La passion verte de Francesca Santolini.

environnement, société, politique

Depuis 35 jours, le Président des Verts fait une grève de la faim pour dénoncer la censure par la presse de tous les sujets liés à l’environnement. Angelo Bonelli qui a perdu 15 kilos a été admis d’urgence à l’hopital.

En Italie, les Verts ne sont plus représentés au Parlement depuis 2008, et la semaine dernière, la presse n’a guère donné l’occasion au mouvement de s’exprimer sur le scandale de la marée noire sur le Pô. La parole écologiste étant portée par les associations comme Legambiente ou encore WWF. Angelo Bonelli proteste à sa façon.

La lutte contre la pollution, la santé du cotoyen, l’urgence climatique, les energies renouvellables, le retour du nucléaire, ces grandes questions environnementales ne sont pas traitées par les médias de la Péninsule.

Et les Verts italiens véhiculent l’image d’un parti d’extreme gauche.

C’est dans ce contexte qu’est publié un livre brillantissime. Passion Verte écrit par Francesca Santolini. Un défi écologiste lancé à la politique.

 © i Grilli

© i Grilli

Ce livre mérite le détour, non seulement parce qu’il pose la question environnementale au centre du débat politique, mais surtout parce qu’il navigue entre passé (l’historique des mouvements écologistes italiens, autocritique des verts où l’on comprend pourquoi ils sont assimilés à l’extreme gauche)…

… et futur ( le véritable changement passe par le developpement durable avec l’exemple de pays européens qui ont déjà actionné ce mécanisme).

Francesca Santolini  32 ans, une solide formation de droit environnemental à l’université parisienne de la Sorbonne, adjointe à l’environnement de la mairie de Rome ecrit dans un style qui évite la langue de bois et ignore la démonstration facile à coups de slogans et d’idées reçus.

Cet équilibre maitrisé et ce savant dosage entre convictions, énumération et respect des faits font que ces 135 pages dépassent la problématique écologique.

Ou mieux en se concentrant sur le défi des questions environnementales, Francesca Santolini dépeint mieux que n’importe quel autre essai les systèmes qui paralysent la vie politique italienne.

C’est court. Précis. Incisif. Et cette “passion verte” mériterait des traductions à l’étranger.

  © i Grilli Marsilio

© i Grilli Marsilio

Au fil des pages, les grandes lignes du livre

Altero Matteoli choisi par Silvio Berlusconi en 2001 comme ministre de l’Environnement. Ce vieux parlementaire du MSI et Alliance Nationale “adore chasser sur les collines de la Maremma“. Si la chasse lui plait, ça doit être le bon casting pour le ministère de l’Environnement affirment les têtes pensantes de Forza Italia à l’époque

Mais répondant à une interview dans la presse écrite, Altero Matteoli concédait “ ne pas vouloir le ministère de l’Environnement et lui préferer celui des transports, mais bon valait mieux ça que rien.”

 Et de conclure : “C’est comme quand tu as un enfant et qu’à la naissance tu découvres une fille plutôt qu’un garçon“.

Autant dire que la question environnementale ne l’effleure même pas.

Le livre refait un bref historique des mouvements écologistes qui apparaissent dans les années 50 à travers des cercles associatifs et citoyens : Italia nostra, groupe d’intello dans les années 50…  WWF Italia en 66…   Et premières représentations dans le corps politique avec les évènements de 68 (qui n’ont pas eu la même portée qu’en France).

La ligue pour l’Environnement dans les années 80 deviendra Legambiente (ligue environnement tout attaché) avec une visibilité maximale après la catastrophe de Tchernobyl….Enorme retentissement….

Emotion dans opinion publique qui oblige la classe politique à élever le débat…La vague anti nucléaire devient la mère de toutes les batailles politiques menés par les écologistes à partir de 1987…

Et les verts italiens vont profiter de cet aubaine pour formaliser une nouvelle proposition politique …Les centrales nucléaires ne sont ni de gauche ni de droite.

 Roberto della Setta un des fondateurs de Legambiente aujourd’hui sénateur PD a toujours refusé cette quadrature du cercle. Les politiques environnementales doivent échapper au clivage gauche/droite, même si depuis 1968, l’idée écolo se situe toujours à gauche de l’échiquier.

La pensée des Verts et de Legambiente en 1988 :

Les politiques environnementales posent le problème des ressources énergétiques, du développement durable, de l’aménagement du territoire.. 

Repenser un modèle de developpement et arrêter la dégradation des ressources naturelles que l’Italie industrielle a pratiqué pendant des décennies avec le consensus des communistes et de la gauche.  

A la fin des années 80, ce parti naissant et plein d’énergie possedait en lui des réponses politiques concrètes en phase avec le besoin de changement exprimé par la société. Si il était resté fidèle à ses convictions d’origine, peut être aurait il consolidé ses positions ?

Mais dans les années 90, le parti (les Verts) intégre des politiciens de profession, dont les expériences ont mal tourné, des échecs personnels, des déroutes politiques, tous issus d’une gauche, voire une extrême gauche en crise. Et dans les verts en vogue, ces ex militants de la démocratie prolétaire, des pseudos révolutionnaires fascinés par les mécanismes du pouvoir trouvent une reconversion inespérée…

Ces individus n’ont pas la moindre intention de susciter un élan politique nouveau à travers des actions concrètes, parce que parfaitement conscient que dans un système different, ils perdraient leurs espaces et leurs raisons d’être. Pour eux, un parti à 1% n’est pas une défaite mais un parfait abri. On est écologiste par convenance et non par vocation…

Les deux gouvernements Prodi ont été décevants.  Edo Ronchi et Alfonso Pecoraro Scanio, 2 ministres verts qui n’ont pas eu le courage de lancer une politique innovante… Seul souci : préserver ses propres intérêts en prenant garde à ne pas marcher sur le pied des alliés…  

Les Verts, c’est parait il “Le deuxième parti le plus aimé des italiens mais pour qui l’on ne vote pas parce qu’il s’occupe de choses importantes mais pas nécessaires“.

Même si la pensée écologique est une idée perpétuellement à la mode, elle est sans cesse récupéree sur la scène politique. 

“Il y a un problème de connaissance… Incultes… Plutôt que d’argumenter un discours avec des données précises, les politiques (verts y compris, Peccaro par exemple)  préfèrent prendre quelques statistiques au vol pour appuyer un discours opportuniste qui servira leurs propres intérêts… Alors que la démarche devrait obéir à un mécanisme inverse”…

“Le monde politique” et celui “des connaissances scientifiques” ne naviguent pas dans les mêmes univers… Il ne reste que la superficialité dans la présentation des faits…

Plus déconcertant encore lors de débats au Sénat dans l’hiver 2009 au sujet du niveau de dangerosité du réchauffement climatique…Les sénateurs de la majorité berlusconienne affirment dans leurs conclusions que le phénomène est en réalité modeste, qu’il ne faut pas en chercher les causes dans l’émission de gazs à effets de serre émises par les activités de l’Homme, et que dans tous les cas, même si la température monte un peu, on se sentirait tous un peu mieux.

Déconcertant parce qu’à travers cet exemple on replonge dans les temps obscurs où la vérité était érigée par des lois et décrets, et non par une argumentation à partir de faits et une recherche scientifique.

“Et comme les verts n’échappent à cette tendance, pas étonnant qu’ils aient connu un déclin électoral, culturel et moral.”

L’aspiration écologiste nait d’une expérience qui n’a rien à voir avec l’extreme gauche d’où sont issus les rouges-verts qui ont conduit le parti à la catastrophe. La pensée écolo est pragmatique et concrète, prête à dialoguer sur tout, tandis que la culture extremiste des groupes extraparlementaires est sectaire et chaotique

 Francesca Santolini est d’autant plus amère qu’elle se souvient de la créativité des entreprises italiennes et des chercheurs.

Il y a 20 ans, leur savoir faire engendre une production industrielle avant gardistes de générateurs solaires et d’éoliennes…L’Enea (Agence pour les nouvelles technologies, l’energie et l’environnement) avaient développé des concepts nouveaux et les avaient breveté. Mais beaucoup de ces entreprises privé de soutien politique ont été vendu à l’étranger.

Les italiens ne sont pas forcément en retard dans le domaine de l’énergie renouvellable. Manque seulement la volonté politique comme le disait déjà ce post écrit peu avant Copenhague

  http://radiofrance-blogs.com/eric-valmir/2009/12/09/le-sommet-de-copenhague-selon-silvio-berlusconi/

La réduction de la pollution, la sauvegarde du territoire, le réchauffement climatique, le développement durable, les ressources naturelles, l’énergie avec en dénominateur commun un pilier pour un développement économique, des concepts porteurs émergents en Europe.

Francesca Santolini revient sur les efforts de Nicolas Hulot pendant la campagne électorale de 2007, la thématique de l’écologie porteuse auprès de l’électorat français oblige Nicolas Sarkozy à prendre en considération les questions environnementales… aux dernières Européennes, le triomphe d’Europe Ecologie…

Un voyage dans les années anglaises qui partent du Blairisme avec la publication du Climate Change Programm et des efforts réels pour réduire les émissions de gaz carbonique…

En Allemagne le modèle “Grunen” a mis en synergie citoyens et pensées vertes, suscitant l’admiration des écologistes du monde entier

Francesca Santolini dresse même une comparaison cruelle entre l’Allemagne et l’Italie… l’Allemagne en pointe dans le recyclage des déchets, notamment dans la province de Lünen. C’est qu’ici qu’arrivent entr’autre les ordures de la région napolitaine, recyclée en matériaux pour l’industrie du bâtiment ou agricole, en biodiesel ou carburant, voire en énergie électrique.

Sans ironie et dégoutée, Francesca Santolini constate que l’Italie paye l’Allemagne pour récupérer ses déchets et qu’avec les déchets italiens, les allemands construisent leurs autoroutes. Double bénéf germanique. Double défaite pour l’économie italienne.

.. Enfin l’Espagne, autre pays latin est un des partenaires européens les plus en pointe dans la production d’énergie alternative.  500 parcs éoliens ont crée 30 000 emplois.

De prime abord ingénue sur les exemples à l’étranger, Francesca Santolini n’est pas dupe. L’opportunisme politique existe aussi ailleurs sur les questions environnementales.  Ce voyage en Europe ne sert qu’à mettre en lumière les divergences avec l’Italie. En Europe, partout, on en parle, on projette, en revanche la classe politique italienne, elle,  ne formule même pas une intention.

Le développement durable est une question d’investissement politique à long terme. La classe parlementaire italienne ne voit jamais au delà des prochaines élections. Le principe est de rester vissé à son fauteuil.

L’Italie n’est pas un pays de jeunes, mais l’Italie n’est pas non plus un pays pour les jeunes. C’est la conclusion de ce livre qui n’abdique jamais quand il s’agit de formuler l’espoir.

La pensée environnementale comme support d’une relance économique qui ignore les clivages gauche/droite…. une pensée formulée par une jeune et jolie femme, dans un pays où ces deux notions ne semblent vouées qu’à l’activité de show girl, animatrices ou danseuses télés… Féminine et non féministe… Ambitieuse mais pas opportuniste… Francesca Santolini a peut être oublié un chapitre Mafia (le trafic des déchets, l’aménagement du territoire etc) mais personne ne lui en tiendra rigueur.

Avec ce livre, c’est déjà toute la classe politique qui va lui tomber dessus… puis l’ignorer.

Et elle devra surmonter cet obstacle pour poursuivre son chemin vert, le seul qui soit à ses yeux parce que déjà empruntés par des millions de personnes et des systèmes économiques à travers le monde.  

 © Francesca Santolini

© Francesca Santolini

Marées noires contre passions vertes. Part 2. Suivre la marée noire au fil du Pô (photos)

securité, environnement, société

Les premiers barrages posés sur le Lambro cherchaient à contenir les nappes d’hydrocarbures pour les empêcher de dériver…

 © EV.RF

© EV.RF

Mais pompiers, protection civile, et militants écologistes n’ont pas de chances.

Les conditions météorologiques sont défavorables. Pluies torrentielles et courants forts.

Le pétrole court vers le Pô à 4 km/h.

 © Ansa

© Ansa

Milan est déjà derrière…

Sant’Angedio Logidano…

Mazout noir et huiles combustibles  frappent les rives.

 © Ansa

© Ansa

Tout va trop vite…

La deferlante continue (détails dans post Part 1 ).

le Pô et la ville de Piacenza…

La marée noire est encore nettement visible… Malgré les courants et tourbillons du fleuve…

Et ce que ne révèlent pas les photos : il règne une odeur pestilentielle.  

 © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

Le Lambro a pris, lui, une teinte noire uniforme

 © AP

© AP

Le temps passe…

72 heures que le pétrole a été déversé dans l’eau.

Les plus optimistes disent que les polluants s’évaporent et que le fleuve le digère

Les écologistes s’étanglent de rage… Il faudra des dizaines d’années pour que l’éco système retrouve un équilibre… Arrêtons de croire que la nature avale tout…

 © EV.RF

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Et comme il pleut beaucoup,

 le Pô sort de son lit…

La crainte des riverains est de voir les boulettes de pétrole se fixer sur les arbres et les terres…

 © EricValmir.RF

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Les militaires sont à l’oeuvre de la Lombardie à l’Emilie Romagne…

Du Landro au Pô…

 © Ansa

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Mais une stratégie valide sur des eaux statiques ne fonctionne pas sur les rapides fluviaux.

 C’est une course contre la montre….

Freiner la dérive, la stopper…

nettoyer….

 © EV.RF

© EV.RF

Et

secourir

les oiseaux canards  et cygnes  qui peuvent être secourus

 © Ansa

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Par chance,

entre Piacenza et Cremona,

Il y a le barrage de la centrale Enel sur l’Ile Serafini…

La digue en béton

La forme compacte de la marée noire se bloque là… Mais se fige encore cinq jours plus tard dans les branches mortes, près du rivage.

 © EricValmir.RF

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De l’autre coté du barrage,

 Plus de traces en surface…

 © EricValmir.RF

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Le Pô

continue sa route

débarassé de son encombrant inquisiteur…

Problème, les autorités rèvèlent que 10% minimum de la pollution n’a pu être bloqué par la digue Enel…

Toutes les formes liquides ou semi liquides, notamment les huiles combustibles diluées dans les courants, voyagent avec les profondeurs…

 © EricValmir.RF

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D’autant que le Pô

n’a pas de chance…

Il traverse une plaine industrielle

Qui ne l’éparne pas…

Des usines, des usines et des usines sur ses rivages…

 © EricValmir.RF

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On vient de passer Ostiglia…

Ferrara n’est plus très loin…

Deux craintes majeures. La ville puise son eau dans le Pô.

Et le Delta abrite une réserve naturelle…

Vite à Guarda Veneta, on met en place un barrage…

Mais il cède sous la pression des courants.

 © L.Basioli

© L.Basioli

Dans la nuit, on surveille

et les bateaux essaient d’aspirer ce qui peut l’être.

 © L.Basioli

© L.Basioli

A Polisella,

C’est le barrage de la dernière chance….

 On le consolide à partir du pont

 © EricValmir.RF

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Et là aussi aussi

tous les moyens sont bons

pour aspirer et pomper…

Sur l’eau © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

Et 

sur terre

à partir des rives.

 © EricValmir.RF

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L’enjeu est grand…

Derrière,

commence la zone humide la plus importante d’Europe avec une faune et une flore d’une grande richesse…

 © EricValmir.RF

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Et puis le Pô ne se jette pas directement dans l’Adriatique…

Ce sont des dizaines de canaux qui se séparent…

Et dans le Delta,

fruits de mer et poissons

donnent à la région une activité économique  importante…

 © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

Mais à propos d’activité,

tout reste au point mort…

 © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

Inutile de courir des risques inutiles…

On prie seulement que les hydrocarbures ne passent pas par ici.

 © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

Déjà l’Adriatique…

Les plages sont scrutées par les journalistes allemands… polluées ou pas ?

 © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

Et de ce banc, comme un fauteuil de théatre…

Devant une scène immuable :  l’un des enfants du fleuve se jette à la mer…

…. personne n’a le coeur aujourd’hui de venir admirer cette aventure de la nature…

 © EricValmir.RF

© EricValmir.RF

Post à venir : Part 3 : La passion verte de Francesca Santolini

Marées noires contre passions vertes. Part 1. La marée noire sur le Pô

astronomie, environnement, société

Pourquoi depuis le début disent- ils que tout est sous contrôle, alors que les hydrocarbures se sont installés dans le fleuve ? 

Lanfranco Berrio, 68 ans, un des “amis du Pô”, une association de citoyens, écologistes et pêcheurs secouent la tête d’un air navré. 

Depuis le début, c’est connerie sur connerie. D’abord on nous dit que la pollution est maitrisée dans le Lambro. Après on se rend compte que ce n’est pas le cas mais on nous assure que le pétrole n’atteindra jamais le Pô. Mais à l’instant où ce communiqué est publié, le Pô prend une forme compacte noire, tristement reconnaissable, pile à l’endroit où se jette le Landro. Après on nous assure que les nappes d’hydrocarbures ne passeront pas la ville de Piacenza, mais les barrages mis en place cèdent sous la pression des courants. Les pluies torrentielles n’arrangent rien. Heureusement, sur l’ile Serafin, il y a une centrale Enel avec une digue en béton. La masse noirâtre est bloquée. Alors ces messieurs nous disent que tout est fini. Les opérations de prélèvements peuvent commencer. Et c’est vrai pour la partie solide, mais les huiles combustibles et les polluants immiscés dans les courants passent tous les barrages et continuent leur route vers l’Adriatique. » 

Francesco, un autre bénévole de l’association prend la relève de son ami. Il m’entraine au bord de l’eau et m’indique quelques taches stagnantes sur la rive. 

«  Voilà comment ici notre fleuve prend une teinte parfois métallisée, grisâtre, mazoutée. Ici même à Polisella, à quelques kilomètres de l’entrée du parc, une des plus belles réserves naturelles d’Europe. On ne peut pas dire que tout est sous contrôle pour dédramatiser. Le catastrophisme, c’est nul, mais l’attitude contraire est irresponsable. Et le Pô qui fournit la ville de Ferrara en eau potable, qu’est ce qu’on fait avec ça ? On la boit ?  On nous déconseille de manger les poissons pêchés dedans. Pourquoi ? A votre avis ? » 

A l’entrée du Delta du Pô, un peu après Ferrara, la Protection civile, les pompiers et les militants de WWF Italie posent les barrages de la dernière chance pour préserver la réserve naturelle.  Le Delta du Pô, patrimoine de l’Humanité… La zone la plus humide d’Europe…Une flore unique, un millier d’espèces… Une faune composée de 400 mammifères, reptiles, amphibiens et poissons…Une zone ornithologique rare (nidification, hibernation)… Des salines… De nombreux fruits de mers et coquillages… 

Comme les barrages se révèlent impuissants face à la pression des courants, la nouvelle stratégie consiste à conduire les polluants directement à l’Adriatique. Le Pô se disperse dans des dizaines d’affluents qui composent le Delta et la réserve naturelle. Objectif, droit devant, le canal direct pour que les taches grisâtres ne se dispersent pas dans ce temple de la nature. En mer, deux navires militaires de la Marine sont chargés de superviser les opérations.  

Aux yeux de la protection civile, dans deux jours, c’est une affaire conclue.  

Evidemment répliquent les responsables de WWF à Polesella, leur boulot sera accompli. Mais qu’en est-il des dégâts causés et la nature exacte de la pollution ? On ne peut rien affirmer tant que les études et les analyses de l’eau n’ont pas donné de résultats probants.  

Les doutes sont nombreux. Et l’obsession de la protection civile à multiplier les messages rassurants produisent l’effet inverse de celui escompté. On finit par ne pas y croire et l’on cède aux sirènes du « On nous cache tout, on nous dit rien ».  

Les images sont nettes. Des dizaines d’oiseaux morts mazoutés sur les rives du Lambro. 3250 mètres cube d’hydrocarbures, ce qui représente à peu près deux millions et demi de litres ont descendu l’affluent mais toutes les opérations mises en place n’ont pas été vaines. Se serait jetée dans le Pô une quantité évaluée à 1000 mètres cubes.  

Pour les écologistes de Legambiente, c’est un désastre écologique majeur, la pire crise jamais connue et sous évaluée. Cette marée noire n’a pas occupé les unes de la presse italienne. Seuls la Stampa et le Corriere della Sera ont fait un point quotidien complet mais en page 16/17 ou 18. Les télés se sont concentrées sur l’enquête judiciaire, l’aspect « pollution » étant à peine retenu.  Le fleuve est déjà la poubelle d’une plaine industrielle, alors un peu plus ou un peu moins… C’est l’argument fataliste qu’on entend assez souvent.  

Reste que les autorités n’auraient pas réagi assez rapidement face à l’urgence d’une telle situation.  

Les robinets de l’ancienne raffinerie Lombardi Petroli ont été ouvert à , l’acte criminel a été découvert à et les premières équipes spécialisées sont intervenues à peu après l’alerte.  

Pour le Président de la Province de Monza, la faute revient aux dirigeants du site. Ils ont constaté que quelqu’un qui connaît très bien les lieux a provoqué intentionnellement cette fuite. Plutôt que de donner l’alerte, ils ont cru pouvoir tout nettoyer tout seul dans leur coin sans prendre conscience qu’on était dans une course contre la montre où chaque minute est déterminante.   

Mais le pétrole, ça pue et c’est visible, surtout quand il se mesure en tonnes dans une petite rivière, et les riverains ont alors hurlé… Des hurlements qui ont trouvé un écho sur les rives du Pô.  

Demain. Part 2. La marée noire au fil du Pô (reportage photo)  

 

 

La mode italienne ne veut pas être une victime de la crise

mode, economie

Les défilés milanais du Prêt à Porter Femmes représentent la plus belle vitrine médiatique du Made in Italy.

Les collections présentées sur les podiums depuis mercredi dernier vont connaitre une révolution en septembre prochain.

“Les défilés de ces jours ci sont une espèce en voie de disparition. En septembre, tout va changer, les défilés milanais vont prendre une nouvelle envergure”, promet Mario Boselli, le président de la Chambre de la Mode.

Un argument marketing ? Peut être pas.

Une véritable politique de transition s’opère dans le champ de la mode italienne. Le même Mario Boselli admet que “le bas de gamme est hors de portée. Les Chinatowns qui ont poussé dans la Péninsule, les suedois d’Hennes&Mauritz (H&M), les espagnols de Zara sont entrés dans une concurrence où chacun essaie de tirer vers le haut. Une sorte de moyenne gamme où la concurrence est rude. Le Made in Italy souffre dans cette bataille.”

Mario Boselli veut situer le made in Italy dans le haut de gamme. Partie supérieure de la classe moyenne et tout ce qui concerne le luxe. C’est ici que le Made in Italy peut survivre, car curieusement en période de crise, la mode doit porter des valeurs sures qualitatives. C’est en tout cas le défi de la chambre italienne.

Conséquence, le Made in Italy rapatrie ses ateliers. Finies les confections au Bangladesh, en Turquie et en Roumanie.

Giorgio Armani a montré le chemin du retour ces dernières années. Petit à petit, les autres enseignes l’imitent. La qualité de la confection doit primer. Non pas que les couturiers roumains ou asiatiques déméritent, mais il faut réduire les intermédiaires et travailler au plus près des ateliers.

Les artisans de Naples condamnés par la féroce concurrence chinoise retrouvent un peu le sourire. (le savoir faire des ateliers napolitains est un des plus réputés au monde). Problème, ces derniers temps, les grandes marques comme D&G produisaient eux même avec les chinois leur propre contrefaçon, afin de contrôler ce marché, marmonne Andrea qui travaille depuis 40 ans dans la mode à Naples. Ils ont pris leur habitude avec eux.”  

Mais le sourire se fige vite. Aujourd’hui, les couturiers ne sont plus que des exécutants, toutes les maisons ont un département design et les contrats sont moins interessants pour les ateliers.

Et personne n’arrêtera la contrefaçon. N’en déplaise à D&G. (L’autre jour, à Bari, j’ai vu un Damiana&Gilberto ).

Donc toutes les études confirment que le consommateur du Made in Italy recherche avant tout la qualité. La dernière en date émane du groupe Intesa Sanpaolo. Giovanni Foresti explique : “en temps de crise, les attitudes se polarisent. Deux réflexes : aller vers le très bas prix ou une qualité absolue quitte à dépenser plus pour des quantités moins importantes“.

Là, le Made in Italy peut trouver sa voie.

Marco Bizzari, le PDG de Bottega Veneta en est persuadé : pendant trop longtemps, le made in italy a souffert de sa délocalisation. On confectionnait en Corée, et on a ajouté l’étiquette “Made in Italy” une fois le produit débarqué chez nous. C’était pire qu’une hypocrisie, quasiment une escroquerie

Bottega Veneta dont la spécialité reste la maroquinerie en cuir, (même si le groupe passé dans le giron Gucci a du se diversifier en entrant dans le Pret à Porter), n’a jamais délocalisé ses ateliers.

Comme à l’ancienne, les artisans hommes ont une blouse marron foncée, les artisans femmes sont en marron clair.

Bottega Veneta veut dire l’Atelier Vénitien et le site de production de la marque se trouve dans le Veneto à Vicenza.

Marco Bizzari a tremblé. La crise ne l’a pas épargné mais comme le laissaient entendre les études, le luxe a plutôt bien résisté.

Les sacs et cabas se vendent ici de 2 000 euros pour les premiers prix jusqu’à 40 000 euros (l’unité)

Pour que la couture italienne survive, le choix du luxe et de la qualité supérieure sera-t-elle  une stratégie payante pour le secteur ? Les premières études l’affirment.

Mais l’heure de vérité sonnera aux prochains défilés de Septembre/Octobre.

Douleurs Siciliennes

mafia, sicile, société, politique

  

AGRIGENTO/FAVARA

Favara, dans la province d’Agrigento au sud de la Sicile.

Le 23 janvier dernier, une maison du centre historique s’écroule sur elle même. Chiara 3 ans et sa soeur Marianna 14 ans sont tuées. Leur frère Giovanni est miraculeusement sauvé des décombres.

Ce drame a secoué l’Italie pendant deux journées.

Deux journées de direct et de polémiques sous le titre : “une tragédie annoncée”. Annoncée parce que des maisons vétustes s’écroulent régulièrement, les maires des environs chiffraient à 400 le nombre de bâtisses qui dans la zone d’Agrigento menacent de s’effondrer.

Des subventions avaient pourtant été débloquées ces dernières années pour la rénovation des centres historiques, les habitations étant également considérées comme un symbole du patrimoine culturel. L’argent a été détourné et on a entassé les familles les plus pauvres dans ces maisons à risques.

Dans les larmes explosent la colère et la polémique : “on le savait mais personne n’a rien fait. Maintenant que le fait est porté à la connaissance publique, engageons des travaux pour qu’une telle tragedie ne se reproduise plus.”

Il y a un mois, je n’ai pas évoqué cette affaire. Il y a  un mois, je me suis dit “attendons et allons sur place plus tard pour voir si une fois l’émotion passée, on entreprend des travaux de restructuration”.

L’aspect “tragédie annoncée” a tendance à se répèter un peu trop souvent. Qu’il s’agisse d’une coulée de boue, de l’écroulement d’une maison ou d’une catastrophe ferroviaire. Prévention Zéro.

D’ailleurs Monseigneur Francesco Montenegro, l’archevêque d’Agrigento a refusé de célébrer les funérailles des deux enfants. Dans une lettre écrite à Guido Bertolaso, le chef de la Protection Civile, Mgr Montenegro affirme que “sa place sera dans l’église aux cotés des parents et qu’il se réfugiera dans la prière mais qu’il ne peut officier, la mort de ces 2 enfants aurait pu être évitée.”

Les funérailles seront célébrées par le père Mimi Zambito. Durant la cérémonie, il fustigera les spéculateurs, les esprits optus, les profiteurs, les mafieux qui volent et détruisent leurs prochains tout en dénigrant la justice. A la sortie de l’église, les témoignages recueillis par tous les reportages de télévisions évoquent  une grande douleur, d’autant qu’”on savait tous que ça devait arriver un jour“. C’è la rabbia.

 

Un mois après…

… Nous voilà à Agrigento, province célèbre à travers le monde pour sa vallée des temples…

 © NicoMathias.RF

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 © NicoMathias.RF

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Et dans le centre historique…

Sur les hauteurs d’Agrigento, si la nuit offre un spectacle féerique…

 © EricValmir.RF

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En revanche, la journée, en contrebas de l’église, des zones entières habitées menacent de s’écrouler…

 © EricValmir.RF

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Mon ami Gianjosef qui habite à deux pas de cette masure me disait que l’an dernier une dizaine de maisons s’était écroulée dans le semestre…

Sans faire de victimes…

“Mais qu’attendons nous  ? Qu’il y ait des morts ? Ils bloquent la rue, nettoient les gravas et puis plus rien jusqu’au prochain éboulement”.

Et des morts à Favara, cette fois-ci, il y en a.

Pire, deux enfants, deux filles 14 et 3 ans. Deux innocentes.

L’écroulement à Favara

 © Sicilia

© Sicilia

 © Sicilia

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Un mois après, le constat est triste et sans surprise.

Rien n’a été entrepris.

Les mêmes maisons en ruines. Et les promesses du “plus jamais ça ” formulées sous le coup de l’émotion…  envolées.

 © EricValmir.RF

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La seule voie que semblent suivre les décideurs est la destruction de ces maisons.

Ben voyons, marmonne Giovanni, septuagénaire qui a toujours vécu ici. Mettre notre patrimoine en l’air pour construire des baraques neuves dehors et s’en mettre plein les poches au passage. La Mafia ne tue plus physiquement, elle détruit nos biens. Elle n’essaie plus de prendre la couleur du peuple, elle est ouvertement maintenant du coté des puissants et brule sa propre terre, la notre, au nom du fric.

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MESSINA/ GIAMPILLIERI

Une histoire qui se répète tristement sur les cotes Est de l’ile dans la province de Messine.

Le 1er octobre 2009, une coulée de boue emporte tout sur son passage et frappe plusieurs communes. La plus touchée Giampilieri. Bilan : 28 morts. Avec une figure martyre Simone Neri qui sauvera la vie à 7 personnes avant d’être lui même écrasé. (cf post du 6 octobre dans rubrique Sicile)

 © Ansa

© Ansa

Encore une fois, les reportages titrent tous :  ”un désastre annoncé”.

Comme ce diaporama de YouReport.

Désastre annoncé en raison de constructions abusives.

Mais quelles constructions abusives hurlent les habitants exédés. Giampilieri existe depuis des siècles. Les autorités ont décrété que notre malheur relevait de notre seule faute. Mais ce sont eux les irresponsables. Depuis 11 ans, on réclame que les rivières et torrents soient nettoyés, les terrains en amont défrichés, les terres ne sont plus cultivés et la topographie des lieux a changé ces dernières années,  on écrit aux autorités compétentes mais tout le monde s’en fout” dit Gabriele Avigliani du Comité 25 Octobre.

Même le maire de Scaletta Zanclea, Mario Briguglio reconnait qu’il “n’y a jamais d’argent investi dans la prévention, les budgets sont débloqués toujours pour les secours, quand il est trop tard”.

Et encore, on ne voit pas la couleur de l’argent soupire Gianfranco Fasciana, un commerçant. Il y a deux ans, il y a eu une coulée de boue de la même nature. Les fonds octroyés pour la relance ont été envoyés. A qui ? Je me le demande. J’ai retapé mon magasin tout seul avec les moyens du bord. Avec deux trois économies en bossant tous les jours. Aujourd’hui, je ne peux plus. Je ferme. Et je n’aurais pas d’indemnités. Pourquoi sommes nous ainsi abandonnés ?

Stupéfiant de passer ici un ou trois  mois après les catastrophes. Les promesses faites dans la lumière des téléobjectifs se sont envolées une fois que la caravane presse a quitté les lieux.

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VAMPOLIERI/CATANIA

Un peu plus au sud : la province de Catania. Et la colline de Vampollieri.

C’est désormais officiel, même si tout le monde le pressentait depuis des années. Les 4000 habitants vivent sur une faille sismique. Les nombreuses fissures dans les habitations en témoignent.

Ici, l’on peut vraiment parler de constructions abusives. La colline est soumise à de nombreux risques hydrogéologiques. Qu’importe, avec une vue panoramique sur la mer, les constructions de centre résidentiel continuent. On parle là de villas avec piscine. Occupés par des notables, voire quelques personnalités du coin, quelques footballers de l’équipe de Catania.

Le béton prolifère, la végétation recule. Et 7 cours d’eaux sur 10 ont un lit irrégulier. Le risque coulée de boue est réel indique le Génie Civil. Sans que personne ne réponde.

Des comités techniques citoyens formés par des ingénieurs géologue de profession ou de formation, et des écologistes se réunissent régulièrement. Et écrivent à la Protection civile et au Président de Région sans jamais recevoir de réponses.

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 BAGHERIA/ESTdePALERME

Les plus grands succès cinématographique sur la Sicile dépeignent tous un univers en crise. La trilogie du Parrain, i Cento passi, 100 jours à Palerme, etc.

Avec Baari, Giuseppe Tornatore (Cinema Paradiso, Il camorrista, Malèna) a cherché à transposer à l’écran les couleurs de sa Sicile natale en donnant une image positive de l’île. L’intention est louable. La Sicile d’un point de vue culturel, paysager, archéologique et gastronomique est une merveille. Le problème est qu’il est difficile d’y vivre à cause d’une Mafia qui comprime l’ascenceur social et détruit l’environnement.

Mais dans fond, Tornatore a tous les droits de vouloir retrouver ses souvenirs d’enfance avec un esprit positif. Tout comme les moyens mirobolants apportés à Berlusconi n’ont pas à entrer en ligne de compte dans le jugement d’un film.

Aux yeux des critiques, le film est mauvais. Cette saga de Bagheria des années 20 aux années 80 ne prend pas.

Bande annonce

Difficile de reconnaitre les lieux quand on rentre dans la ville. Et pour cause, le film a été tourné en Tunisie avec des décors reconstitués.

Evidemment explique Gianfranco, loueur de DVD/Video, il a filé en Afrique du Nord parce qu’ici avec les constructions en ciment qui ont proliféré sans aucune cohérence urbanistique, c’est moche et dénaturé. Baaria ne correspondra jamais à la réalité, sauf à celle qui est restée dans la tête de Tornatore

Mais autre caractéristique, la ville croule sous les déchets. Et l’on revoit les images des poubelles de Naples qui avaient fait le tour du monde cette fois ci  dans une cinquantaine de commune des environs de Palerme, de Misilmeri à Ficarazzi.

 © EV.RF

© EV.RF

Depuis mars 2009, régulièrement, les immondices s’accumulent pendant des semaines, et puis sont ramassés un beau matin… avant qu’à nouveau la puanteur ne se réinstalle.

Fin novembre, l’air était tellement irrespirable en ville avec des déchets partout que les écoles ont été fermées.

Crise financière et faillite des sociétés qui gèrent les décharges, désengagement de celles qui doivent veiller au respect de l’environnement, Franco Lo Piparo, prof de philo, un intello de Bagheria ne connait pas la langue de bois : Les ordures représentent bien la classe dirigeante de la ville, parce qu’ici, la collecte des déchets répond à des besoins précis qui consiste à détourner l’argent public”.

Le maire lui se désole seulement du fait que sa ville soit sous les poubelles au moment où le monde entier apprendra par le film de Tornatore qu’elle existe.”

Il devrait se demander si cette coincidence est le fait du hasard !

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CAPACI/NORD-OUESTdePALERME

Ici, les voitures passent à 130 kilomètres/heures.

Capaci, à mi chemin entre l’aéroport et Palerme.

Et si on n’y prête pas garde. On voit à peine ce monument rouge.

 © EricValmir.RF

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Et pourtant, c’est ici que 5 tonnes d’explosifs ont soulevé l’asphalte…

le 23 mai 1992

… Et détruit le convoi auto du juge Giovanni Falcone.

La mémoire impose qu’on ralentisse et stoppe la voiture pour se recueillir quelques minutes devant ce monument, plus visible à l’arrêt.

 © EricValmir.RF

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Eux se sont battus

pour que la Sicile ne soit plus une somme de douleurs.

Deux jours à Palerme

Week-end, sicile

 Avant d’évoquer les “plaies ouvertes de la Sicile” dans le prochain post…

…Les quelques photos qui suivent invitent à la flanerie,

… descendons en bas de la serviette

 © NicoMathias.RF

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Pour nous arrêter sur son point Nord Ouest…

… Palerme….

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… Et puis…

Oublions les photos des lieux touristiques évidents que l’on peut facilement trouver sur le net…

… Et laissons aller le pas au gré des humeurs et des odeurs…

… Palerme est une ville que j’adore…

Tous mes amis palermitains me répondent en souriant qu’il est difficile d’y vivre parce que difficile d’y travailler… La méritocratie est une utopie

La première fois que j’étais allé à Palerme, le nombre important de parcs et jardins m’avaient surpris…

Véritable lieu de quiétude et méditation.

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Lieu de méditation pendant que les gamins sont à l’école…

… Ensuite c’est la foire au chahut…

Allez…

Un caffè pris en lisant le journal sicilien…

Et on plonge dans le centre historique…

 © NicoMathias.RF

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Un des centres historisque les plus importants d’Europe…

… En terme de superficie…

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Un centre historique qui affiche plusieurs visages…

… Et qui malgré des blessures béantes dues à la vétusté…

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… ne ternit pas le plaisir de la déambulation…

… Dans les zones populaires…

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Il y a encore 20 ans…

… Tout le centre historique ressemblait un peu à ça…

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… on le laissait tomber en ruines…

… on préferait investir sur des complexes résidentiels dans les quartiers périphériques…

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Mais au mileu des années 80, la défense du Patrimoine culturel  lance un chantier qui passe par la rénovation du Centre Historique.

… D’autant que les habitants apportent une touche personnelle colorée…

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Tous les quartiers n’ont pas été restructurés…

… Et l’on peut passer en trente mètres d’une zone où sont entassées des populations immigrées dans des immeubles vétustes… à des façades rénovées…

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… La beauté et le charme du centre historique de Palerme,

… Ce sont aussi ses 4 marchés…

… De la couleur, du bruit, de l’atmosphère…

… Mais mieux que le marché, il y a le vendeur ambulant…

Pas le camion qui klaxone dans les campagnes…

Non , le type qui hurle dans la rue, avec une clochette quand l’extinction de voix menace…

… Et alors si le commerçant ambulant nous plait…  on amène son panier au balcon et à l’aide d’une corde…  © NicoMathias.RF

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…on le descend aux pieds du vendeur…

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Panier rempli…

… Et hop, il repart vers les sommets…

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L’autre sur le balcon n’est pas content…

Hé mec, t’as oublié un truc !

Et le panier redescend. Tu ne crois pas que je vais déplacer aussi, non ?

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Toutes ces émotions…

Ces odeurs…

ont creusé mon ami Nico

qui ne choisit jamais les formules les plus light pour combler l’appel de son estomac.

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Un petit passage anodin qui nous rappele à quel point nous sommes sur une terre de religion….

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… Déjà les dernières lumières du jour…

Un regard vers le ciel bleu pur palermitain…

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Et le programme de la soirée pas décidé…

Un opéra au théâtre…

Ce théâtre et ses escaliers où a été tournée la scène finale et monumentale du Parrain III.

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… Oublions le ciné..

… Il est évident désormais que les cinémas de quartiers ne sont plus que des antiquités du XXème siècle…

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Qui n’existent plus qu’à travers un sentiment nostalgique…

Non…

Pour la soirée..

Rien de tel que la découverte de lieux incongrus dans le sillage d’un ami palermitain…

Par exemple qui pourrait soupçonner que derrière cette façade…

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… Se cache une église à ciel ouvert…

Où sont jouées des représentations de théâtre aux beaux jours…

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Notte.

:-)