Contrebande et contre-feu
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Il fallait s’y attendre : Le Hezbollah nie être le destinataire final de la cargaison d’armes saisit par Israël au large de Chypre il y a 48 heures. Selon les affirmations de la marine israélienne, des roquettes de 122 mm (Katiouchas), des obus de mortiers, des balles et des grenades, ont été découverts dans une quarantaine de containers déclarés comme contenant des articles ordinaires destinés aux civils.
Mais de Damas à Téhéran en passant par le Hezbollah Libanais, les démentis ont afflués. La cargaison saisit en haute mer par un commando israélien n’aurait aucun lien avec un trafic de munitions destiné à alimenter la branche armée du Hezbollah. L’organisation radicale chiite dément formellement les accusations israéliennes et va même jusqu’à accuser Israël d’acte de piraterie pour qualifier l’arraisonnement dans les eaux internationales de ce cargo chargée de plus de cinq cents tonnes d’armes. Syrie et Iran, principaux acteurs dans la région du soutien au Hezbollah Libanais, ont également démentis, ensemble, car les ministres iranien et syrien des Affaires Etrangères se rencontraient hier à Téhéran. Walid Mouallem, chef de la diplomatie syrienne a même ajouté que ce navire ne transportait que des marchandises fabriquées en Syrie et destinés aux consommateurs iraniens. Téhéran a toujours nié apporter un soutien logistique au Hezbollah.
Dans cette bataille des mots, Israël remporte la guerre des photos, en présentant à la presse cet arsenal déchargé sur le port d’Ashod. Depuis trois ans, depuis la fin du conflit de 34 jours de l’été 2006, de hauts responsables israéliens affirment que le Hezbollah n’a pas cessé de reconstituer son arsenal en totale contradiction avec la résolution 1701 des Nations Unies qui doit empêcher -sur le papier- le réarmement et toute vente d’armes aux milices libanaises.
Tel Aviv va probablement se servir de cette saisie d’armes de contrebande pour contrecarrer le rapport Goldstone qui accuse Israël de crime de guerre durant l’offensive dans la bande de Gaza l’hiver dernier. Ce rapport doit être examiné dans les heures qui viennent par l’assemblée générale des Nations Unies.