Le petit Madoff Libanais
Le Bernard Madoff Libanais, Salah Ezzedine refuse de se dĂ©clarer en faillite mais reconnaĂ®t qu’il se trouve dans une situation financière dĂ©licate et passagère. Lors de l’une de ses dernières auditions, il a promis pouvoir rembourser ses victimes. Il n’en reste pas moins incarcĂ©rĂ© et inculpĂ© de dĂ©tournement de fonds et de fraude. L’homme d’affaires affirme que ses placements porteront leurs fruits dans un an. Paroles, paroles.Â
Les autoritĂ©s libanaises poursuivent l’enquĂŞte mais ne sont pas en mesure de dĂ©voiler les pertes rĂ©elles occasionnĂ©es par cette escroquerie.Â
Salah Ezzedine avait promis Ă des centaines d’investisseurs des rendements de 30 Ă 40% et jusqu’à 60% selon certains petits investisseurs particulièrement naĂŻfs. Les pertes se situeraient aujourd’hui entre 500 millions et 1.1 milliards d’euros. La clĂ© du succès de cette escroquerie, qui consistait Ă rembourser les Ă©pargnants avec l’argent des nouveaux investisseurs, tient surtout dans la personnalitĂ© de Salah Ezzedine. L’homme d’affaires Ă©tait très impliquĂ© dans les Ĺ“uvres caritatives. Il Ă©tait perçu comme un bienfaiteur, construisant des mosquĂ©es, finançant la scolaritĂ© des enfants de familles dans le besoin, payant les mĂ©dicaments ou les frais d’hospitalisation des plus dĂ©munis. Bref, Salah Ezzedine ne suscitait d’aucune façon la mĂ©fiance. Â
D’autant plus qu’il était considéré comme un proche du Hezbollah, l’organisation chiite avec qui rien ne peut se faire dans le sud du pays sans son assentiment. Un grand nombre de victimes sont justement issu de ce mouvement politique et il semble que cela soit même un des députés du Hezbollah qui ait porté plainte, après un placement malheureux. Le Hezbollah de son coté dément tout lien avec l’homme d’affaires véreux mais son secrétaire général Hassan Nasrallah a reconnu que cette escroquerie était une catastrophe. L’organisation chiite a d’ailleurs mis en place une cellule de crise destinée à informer les plaignants.














