Un gouvernement mort-né
La formation d’un gouvernement au Liban ressemble à une formule chimique dans laquelle sont assemblées des éléments hautement instables. Depuis deux mois, le Premier Ministre désigné Saad Hariri expérimente cette équation comme d’autres l’ont fait avant lui avec plus ou moins de bonheur. Certaines formules sont si instables que le risque d’explosion n’est pas écarté. Le Liban est un peu dans cette situation depuis hier soir avec un projet de gouvernement qui ne convient pas au Hezbollah.
Le dosage de Saad Hariri paraissait pourtant judicieux. L’équilibre était respecté entre les forces majoritaires et l’opposition dans ce projet de gouvernement d’union nationale. Le partage du pouvoir est une question cruciale au Liban. Chaque communauté revendique un portefeuille, c’est pourquoi le gouvernement libanais est composé de trente ministres. 15 pour la majorité, 10 pour l’opposition, et cinq autres qui sont désignés par le Président de la République qui joue les arbitres. Une formule qui lui donne un poids décisif sur les décisions du futur cabinet.
Les deux camps sont d’accord sur cette répartition. C’est sur les noms placés en face de certains ministères comme celui de l’Intérieur que les blocages s’éternisent. Les tractations au Pays du Cèdre sont donc relancées. Mais la solution aux tensions politiques qui persistent ne se trouve peut-être pas au Liban mais surement en Arabie Saoudite qui soutient la majorité, et en Syrie et en Iran, qui soutiennent l’opposition. Si ces acteurs régionaux sont d’accord entre eux alors le gouvernement prendra forme. Quand ? Personne ne peut le dire !














