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Le blog de Christophe Lurie


Article(s) du 20 juin 2009

L’Iran et ses dĂ©sordres vont-ils servir les rĂ©gimes autoritaires voisins?

Samedi 20 juin 2009

Personne ne peut prétendre savoir comment la situation va évoluer en Iran et les pays arabes voisins ne sont pas très loquaces dans leurs commentaires. L’influence grandissante de Téhéran dans cette région pourrait perdre de son élan. Les pays arabes pourraient prendre l’exemple de la République Islamiste d’Iran et de ses désordres dans le but de conforter les pouvoirs en place. 

La classe politique libanaise reste prudente sur les évènements qui secouent l’Iran. Dans un discours fleuve du leader emblématique du Hezbollah, allié naturel de Téhéran et d’ailleurs ouvertement soutenue financièrement par l’Iran, Hassan Nasrallah n’a eut qu’une phrase pour commenter les manifestations et les contre-manifestations. L’Iran va se sortir d’affaire, c’est la volonté de Dieu a-t-il dit. Cette prudence d’Hassan Nasrallah peut s’expliquer par le résultat des élections législatives libanaises qui se sont déroulées cinq jours avant l’élection présidentielle en Iran. Le Hezbollah qui conduisait la coalition d’opposition, soutenue par la Syrie et l’Iran ne les a pas remportées. La majorité pro-occidentale n’en est pas ressortie pour autant renforcée ce qui a permis à Hassan Nasrallah d’inviter ses rivaux à ne pas commenter les évènements d’Iran car je le cite vous n’êtes pas en mesure de les comprendre.   Force est de constater que les déclarations des acteurs politiques libanais sur l’Iran sont rares même si certains ont salué la réélection du Président Ahmadinejad  peu après le résultat aujourd’hui contesté. Les commentaires restent donc prudents ici à Beyrouth pour une autre bonne raison. C’est que le Liban, un confetti dans le monde arabe, subit les influences de ses voisins et au-delà. Les Etats-Unis et l’Iran ne sont jamais loin pour peser dans un certain nombre de décisions. Et ce n’est vraiment pas le moment de s’exprimer au moment où les Libanais tentent de s’entendre sur la constitution du futur gouvernement d’union nationale. 

Le monde arabe plus globalement en est encore à la phase d’observation des évènements. On ne trouve pas de déclaration tonitruante quelle que soit la proximité ou l’éloignement politique des pays arabes envers l’Iran. Chacun y va de son communiqué somme toute prudent, chacun s’inquiète de la situation sans pour autant la commenter et y trouver un avantage ou un inconvénient. Une chose est sûre c’est qu’il est probable que certains pays comme l’Arabie Saoudite ou l’Egypte qui ne sont pas en amitiés avec l’Iran se serviront de ces évènements à des fins de politique intérieure dans le but de faire reculer les islamistes. On pense notamment aux Frères Musulmans en Egypte.

C’est ce qui circule en ce moment dans la blogosphère arabe qui rappelle que ces deux pays entretiennent des relations très tendues avec le pouvoir islamiste de TĂ©hĂ©ran. L’agitation de la rue iranienne aura de toute façon des consĂ©quences sur l’influence de TĂ©hĂ©ran dans la rĂ©gion et au-delĂ . On se souvient du Maroc qui en Mars dernier a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran en raison de tentatives rĂ©pĂ©tĂ©s de convertir des musulmans sunnites du Royaume en musulman chiite. Bref sur ce fond de lutte interreligieuse, il faut s’attendre Ă  une confirmation de la poursuite de la guerre froide entre les rĂ©gimes dictatoriaux et celui des Mollahs. Â