Bienvenue Ă  Beyrouth

Le blog de Christophe Lurie


Article(s) du 17 juin 2009

La Syrie libère deux opposants

Mercredi 17 juin 2009

La libération de l’opposant Mahmoud Issa intervient trois semaines après celle de l’écrivain Michel Kilo. Les deux intellectuels avaient été arrêtés il y a trois ans et condamnés après avoir signé une déclaration appelant à la normalisation des relations entre la Syrie et le Liban, appelant la Syrie à accorder la pleine souveraineté au Liban qui sortait tout juste de 28 années d’occupation et de tutelle syrienne.

En fait, l’histoire récente a donné raison à ces opposants au régime de Damas. La Syrie et la Liban ont établit il y a huit mois des relations diplomatiques pour la première fois depuis la proclamation de leur indépendance il y a soixante ans.

Ironie de l’histoire, ces deux opposants n’ont pas été libérés en raison de l’évolution politique entre Damas et Beyrouth, mais tout simplement en application d’une loi qui permet une réduction de peine après avoir purgé les trois-quarts de la condamnation.

A aucun moment le régime de Damas ne reconnait la clairvoyance des deux hommes. Cette double libération est d’ailleurs passée presque inaperçue et n’est sans doute pas un recul du pouvoir dans sa perception globale des 300 intellectuels syriens et libanais signataires en 2006 de la déclaration de « Beyrouth-Damas, Damas-Beyrouth » qui appelait la Syrie à reconnaître le Pays du Cèdre.

Le Liban, un nid d’espions du Mossad

Mercredi 17 juin 2009

Il ne se passe pas une semaine au Liban sans nouvelles arrestations de personnes suspectées d’appartenir à une cellule d’agents du Mossad. La Cour Militaire Libanaise a inculpé 71 personnes. Aujourd’hui 43 suspects sont derrière les barreaux et 28 autres sont activement recherchés. En début de semaine, pour la première fois dans l’histoire de l’armée libanaise, deux gradés en exercice ont été inculpés pour espionnage au profit d’Israël et ont été placés en détention. Il s’agit de deux colonels qui sont poursuivis pour avoir donné des indications précises à l’ennemi sur des positions civiles et militaires.  

En deux mois, le réseau d’espion, organisé en cellules sans lien entre elles, s’est effondré comme un château de carte. L’histoire n’est d’ailleurs pas terminée car selon le contre-espionnage libanais, c’est un détail technique, qui pour l’heure demeure secret, qui a permis d’identifier les suspects. D’autres arrestations sont probables avec l’exploitation de ce qui pourrait être une liste de numéros de téléphones portables que le Mossad aurait « égaré ».  

Le contre-espionnage libanais et les forces de sécurité intérieure n’ont pas pu rattraper certains espions qui ont pris la fuite dans des conditions rocambolesques. C’est ainsi qu’un professeur de Mathématiques paraplégique a réussit son exfiltration vers Israël en passant les barbelés avec son fauteuil roulant ! Il était attendu de l’autre coté par des soldats israéliens. Les membres de sa famille, sa femme et ses trois enfants, demeurent également introuvables.  

Quand au Mossad, le service de renseignements israĂ©lien, il reste bouche bĂ©e ou plutĂ´t bouche cousue et ne commente pas ces arrestations. Ce qui n’étonne personne !Â