Bienvenue Ă  Beyrouth

Le blog de Christophe Lurie


Le Tara Océans mouille à Beyrouth

Environnement

 © christophe lurie / rf

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Tara OcĂ©ans est un navire d’expĂ©dition scientifique internationale. Le voilier a jetĂ© l’ancre au port de Beyrouth, l’une des escales en mĂ©diterranĂ©e de cette aventure partie de Lorient en Bretagne il y a trois mois. Un pĂ©riple autour du globe de 150.000 km et de trois annĂ©es attend le voilier Tara pour Ă©tudier l’impact du rĂ©chauffement climatique sur les Ă©cosystĂšmes marins.

L’équipage de Tara a pour mission de prĂ©lever des milliers d’échantillons d’eau, d’algues, de planctons et de micro-organismes unicellulaires. A chaque escale, ces Ă©chantillons sont envoyĂ©s dans les laboratoires pour analyses. Emmanuel RĂ©naud, est l’un des scientifiques embarquĂ©s. Il a souvent les yeux rivĂ©s sur son microscope, installĂ© Ă  bord du voilier, avec cet objectif en tĂȘte : comprendre le fonctionnement de cette biomasse constituĂ©s de virus, de diatomĂ©es, d’organismes unicellulaires, ou encore de mĂ©duses microscopiques ou de coccolithophores (les spĂ©cialistes apprĂ©cieront !).

Tous ces organismes sont en fait Ă  la base de la chaine alimentaire marine. « 98% de la vie dans la mer est unicellulaire et on ne sait pas vraiment comment fonctionnent ces Ă©lĂ©ments explique Emmanuel RĂ©naud, on ne sait pas si ces organismes seront capables d’absorber un surplus de COÂČ et de l’amener au fond des ocĂ©ans comme ils l’ont fait pour crĂ©er le pĂ©trole ou si ils vont tous mourir Ă  cause de ça ? Pour comprendre toute cette mĂ©canique ocĂ©anique, nous avons besoin de comprendre toute cette biodiversité ».

Cette mission Tara OcĂ©ans mobilise en mer comme Ă  terre des dizaines de chercheurs, des biologistes, des physiciens et des ocĂ©anographes. Elle devrait permettre de mieux connaĂźtre l’impact du rĂ©chauffement climatique sur les ocĂ©ans et son impact sur le cycle du carbone et de l’oxygĂšne. Au fil des escales, plusieurs Ă©quipes scientifiques vont se succĂ©der sur ce voilier de 36 mĂštres un petit format comparĂ© aux bateaux ocĂ©anographes de plus de 50 mĂštres.

Et il faudra compter une dizaine d’annĂ©e d’études et de recherches pour connaĂźtre les rĂ©sultats de cette quĂȘte scientifique autour du globe qui se terminera question prĂ©lĂšvements en septembre 2012 Ă  New York. 

Le ciel Libanais appartient-il Ă  tout le monde ?

Espionnage

 © christophelurie/RF

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L’image date d’hier. Le ciel au dessus de Beyrouth Ă©tait d’un bleu immaculĂ©. Mais Ă  trĂšs haute altitude, des rĂ©acteurs libĂšrent des vapeurs d’eau, signatures habituelles de ce type d’engin volant. Il ne s’agissait pas d’avions commerciaux mais de deux avions de chasse, sans aucun doute israĂ©lien. Pendant un quart d’heure, les deux appareils se sont livrĂ©s Ă  une forme de course-poursuite au dessus de la capitale libanaise, enchainant virage sur virage avant de disparaĂźtre plein Ouest au large.Impossible de dĂ©terminer s’il s’agissait de F15 ou de F16, mais on distingue nĂ©anmoins une silhouette trĂšs floue Ă  l’avant du dĂ©gagement de vapeur. Cette image vient illustrer le viol quotidien de l’espace aĂ©rien libanais par l’aviation israĂ©lienne.  

Aujourd’hui, des avions de chasse on Ă©tĂ© signalĂ©s dans le ciel de Jezzine dans le sud du pays. Et avant-hier, jour de la fĂȘte de l’IndĂ©pendance du Liban, sept soldats israĂ©liens n’ont rien trouvĂ© de mieux Ă  faire que de descendre de leur vĂ©hicule de patrouille et de provoquer leurs homologues libanais de l’autre cotĂ© de la frontiĂšre en leur adressant quelques gestes de la main sans Ă©quivoque. Tout aussi inconsĂ©quent, les soldats libanais ont fait de mĂȘme faisant grimper d’un cran la tension. Il a fallu l’intervention rapide d’une patrouille des casques bleus de la FINUL pour mettre un terme Ă  cette scĂšne imbĂ©cile.  

Les tensions au sud du Liban sont quasi-quotidiennes à tel point que la défense aérienne libanaise a donné de la voix samedi dernier en tirant sur un avion sans pilote qui volait à basse altitude. Le drone espion a rapidement repris de la hauteur avant de repasser derriÚre la frontiÚre.  

L’envoyĂ© spĂ©cial de l’ONU pour le Liban, Michael Williams, a dĂ©clarĂ© il y a quelques jours « A ma connaissance, et pourrai-je avoir tort, aucun pays du monde ne fait probablement l’objet d’une telle surveillance aĂ©rienne intrusive ». Pour les Nations Unies, ces intrusions aĂ©riennes constituent une violation de la rĂ©solution 1701 (rĂ©solution qui a permis de stopper le conflit de l’étĂ© 2006 entre IsraĂ«l et le Hezbollah).  

La rénovation du cimetiÚre juif de Beyrouth

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 © ChristopheLurie/RF

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Cela faisait des annĂ©es, peut-ĂȘtre des dĂ©cennies, que ce cimetiĂšre oubliĂ© de presque tous, n’avait vu autant d’ouvrier d’entretien. Depuis Dimanche matin, ils sont une dizaine, sans doute de la main d’Ɠuvre syrienne, munit de cisailles, de tronçonneuses et de sĂ©cateurs, Ă  s’activer entre les tombes.

Des pierres tombales presque entiÚrement recouvertes de végétation sont peu à peu à nouveau visible et révÚlent leurs inscriptions en Hébreu.Certaines sont trÚs abimées par le temps, mais aussi par les dégradations causées par la guerre civile.

Le cimetiĂšre est situĂ© Square Sodeco, sur la rue de Damas, qui marquait pendant la guerre de quinze ans la sĂ©paration entre Beyrouth Est et Beyrouth Ouest. Aucune des pierres tombales n’a Ă©tĂ© profanĂ©e. Les dĂ©gĂąts proviennent des chutes de mortiers ou des impacts de balles.

Le cimetiĂšre fut pendant un moment une zone minĂ©e puis sĂ©curisĂ©e plus tard par l’armĂ©e libanaise.

Ces travaux d’entretien marquent-ils le dĂ©but d’une rĂ©novation plus complĂšte ? Certainement. La Synagogue de Beyrouth, Magen Abraham, elle aussi envahit par la vĂ©gĂ©tation a Ă©tĂ© rĂ©cemment nettoyĂ©e cet Ă©tĂ©. Les travaux dureront plus d’un an pour la rĂ©nover selon le Conseil communal Juif de Beyrouth qui a lancĂ© un appel aux dons.

Contrebande et contre-feu

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Il fallait s’y attendre : Le Hezbollah nie ĂȘtre le destinataire final de la cargaison d’armes saisit par IsraĂ«l au large de Chypre il y a 48 heures. Selon les affirmations de la marine israĂ©lienne, des roquettes de 122 mm (Katiouchas), des obus de mortiers, des balles et des grenades, ont Ă©tĂ© dĂ©couverts dans une quarantaine de containers dĂ©clarĂ©s comme contenant des articles ordinaires destinĂ©s aux civils.

 

Mais de Damas Ă  TĂ©hĂ©ran en passant par le Hezbollah Libanais, les dĂ©mentis ont affluĂ©s. La cargaison saisit en haute mer par un commando israĂ©lien n’aurait aucun lien avec un trafic de munitions destinĂ© Ă  alimenter la branche armĂ©e du Hezbollah. L’organisation radicale chiite dĂ©ment formellement les accusations israĂ©liennes et va mĂȘme jusqu’à accuser IsraĂ«l d’acte de piraterie pour qualifier l’arraisonnement dans les eaux internationales de ce cargo chargĂ©e de plus de cinq cents tonnes d’armes. Syrie et Iran, principaux acteurs dans la rĂ©gion du soutien au Hezbollah Libanais, ont Ă©galement dĂ©mentis, ensemble, car les ministres iranien et syrien des Affaires EtrangĂšres se rencontraient hier Ă  TĂ©hĂ©ran. Walid Mouallem, chef de la diplomatie syrienne a mĂȘme ajoutĂ© que ce navire ne transportait que des marchandises fabriquĂ©es en Syrie et destinĂ©s aux consommateurs iraniens. TĂ©hĂ©ran a toujours niĂ© apporter un soutien logistique au Hezbollah.

 

Dans cette bataille des mots, IsraĂ«l remporte la guerre des photos, en prĂ©sentant Ă  la presse cet arsenal dĂ©chargĂ© sur le port d’Ashod. Depuis trois ans, depuis la fin du conflit de 34 jours de l’étĂ© 2006, de hauts responsables israĂ©liens affirment que le Hezbollah n’a pas cessĂ© de reconstituer son arsenal en totale contradiction avec la rĂ©solution 1701 des Nations Unies qui doit empĂȘcher -sur le papier- le rĂ©armement et toute vente d’armes aux milices libanaises.

 

Tel Aviv va probablement se servir de cette saisie d’armes de contrebande pour contrecarrer le rapport Goldstone qui accuse IsraĂ«l de crime de guerre durant l’offensive dans la bande de Gaza l’hiver dernier. Ce rapport doit ĂȘtre examinĂ© dans les heures qui viennent par l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies.

Espionnite explosive

Espionnage

Que s’est-il rĂ©ellement passĂ© ce dernier week-end dans la vallĂ©e du village d’Houla frontalier avec IsraĂ«l ? Le saura-t-on un jour d’ailleurs ?  Tout a commencĂ© dans la nuit de samedi Ă  dimanche par une dĂ©flagration qui a surpris les habitants, suivit d’une autre dans la matinĂ©e. La FINUL, la Force IntĂ©rimaire des Nations Unies au Liban est d’abord restĂ© silencieuse sur ces explosions. Comme d’habitude, l’état-major des Casques Bleus a Ă©rigĂ© un mur de silence autour de l’incident. Puis dans un communiquĂ© laconique qui a finit par tomber, elle indique que « ces explosions ont Ă©tĂ© causĂ©es par des charges explosives contenues dans des capteurs souterrains autonomes qui ont Ă©tĂ© placĂ©s dans cette zone par les forces de dĂ©fense israĂ©liennes, apparemment durant la guerre de 2006 ». Fin de citation. Circulez, y’a rien Ă  voir.

Des charges explosives ? Des capteurs ?

Voila que s’ouvre un nouvel Ă©pisode dans notre feuilleton sur l’espionnage mĂ©thodique que mĂšnerait IsraĂ«l sur le sol libanais. Ces capteurs (dont la nature exacte n’a pas Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e) auraient Ă©tĂ© reliĂ©s au rĂ©seau de tĂ©lĂ©communications du Hezbollah. Selon des sources libanaises, ces capteurs, posĂ©s vraisemblablement durant le conflit de l’étĂ© 2006, Ă©taient en passe d’ĂȘtre dĂ©couverts par l’organisation radicale chiite et ont Ă©tĂ© dĂ©truit Ă  distance avec le passage Ă  la verticale de drones israĂ©liens. L’armĂ©e libanaise a usĂ© de ses armements anti-aĂ©riens dĂ©suets et a tirĂ© sur ces avions sans pilote sans toutefois les atteindre alors qu’ils survolaient les villages de Houla et de MaĂŻss el Jabal . Un troisiĂšme capteur dĂ©couvert par l’armĂ©e libanaise a Ă©tĂ© neutralisĂ© sur place.

Le coordinateur spĂ©cial des Nations Unies pour le Liban, Michael Williams fait aussi mine de s’énerver en indiquant qu’IsraĂ«l vient de violer par deux fois la rĂ©solution 1701 : une premiĂšre fois en ayant installĂ© des capteurs Ă  deux kilomĂštres derriĂšre sa frontiĂšre et une deuxiĂšme fois avec l’utilisation de drones dans l’espace aĂ©rien libanais.

Ces incidents ne font qu’accentuer les tensions de plus en plus fortes au sud du Liban. L’armĂ©e libanaise s’est dĂ©ployĂ©e et une enquĂȘte approfondie a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©e dans le but de dĂ©terminer si d’autres « capteurs » sont dissimulĂ©s dans la rĂ©gion frontaliĂšre.

Les dĂ©pĂŽts d’armes fleurissent et … explosent au sud du Liban

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Une nouvelle explosion suspecte s’est produite dans la nuit de lundi Ă  mardi dans le sous sol d’une villa en construction appartenant Ă  un membre du Hezbollah. Selon l’armĂ©e libanaise, l’accident a fait un blessĂ©. Les forces de sĂ©curitĂ© avaient annoncĂ© dans un premier temps que l’explosion accidentelle de munitions avait fait cinq morts dont un responsable de l’organisation radicale chiite, propriĂ©taire de la maison. Un dĂ©putĂ© du Hezbollah a affirmĂ© que son mouvement cherchait Ă  connaĂźtre l’origine de cette explosion.

Une chose est sĂ»re, cet Ă©vĂšnement fait ressurgir immĂ©diatement la polĂ©mique sur l’armement du Hezbollah. IsraĂ«l s’est immĂ©diatement emparĂ© de l’affaire en rĂ©affirmant que cette nouvelle explosion venait prouver que le Hezbollah accumule toujours des munitions en violation de la rĂ©solution 1701 des Nations Unies qui Ă  mis fin aux hostilitĂ©s de â€˜Ă©tĂ© 2006. Michael Williams, le coordinateur spĂ©cial de l’Onu pour le Liban s’est dit “trĂšs prĂ©occupĂ©” par cette derniĂšre explosion. “Nous suivons cette affaire de prĂšs parce qu’elle concerne la RĂ©solution 1701″, a-t-il dit Ă  l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre libanais dĂ©signĂ©, Saad Hariri.

TrĂšs rĂ©cemment, en juillet dernier, une Ă©norme explosion, Ă©galement accidentelle, d’un dĂ©pĂŽt de munitions appartenant de toute Ă©vidence au Hezbollah, avait suscitĂ© les protestations d’IsraĂ«l.

Il y a trois ans : l’enlĂšvement de soldats israĂ©liens par des membres du Hezbollah dĂ©clenchait l’enfer dans le sud du Liban. IsraĂ«l lançait une opĂ©ration militaire de grande ampleur. Face aux forces armĂ©es israĂ©liennes, un Hezbollah surarmĂ© et omniprĂ©sent allait opposer une rĂ©sistance farouche : l’opĂ©ration israĂ©lienne dure 34 jours, et fait des centaines de morts et des dĂ©gĂąts considĂ©rables sur les infrastructures locales. Une rĂ©solution des Nations Unies y a mis un terme. Elle a surtout considĂ©rablement renforcĂ© le dispositif d’interposition en place depuis trois dĂ©cennies. Aujourd’hui, la FINUL, la Force IntĂ©rimaire des Nations Unies au Liban compte prĂšs de 15 000 casques bleus, dont 1 400 français, Ă©quipĂ©s notamment d’une douzaine de chars lourds Leclerc. Elle est dĂ©ployĂ©e en soutien Ă  une armĂ©e libanaise de retour dans ce coin du territoire national aprĂšs une absence de 40 ans. Depuis trois ans, l’édifice a montrĂ© son efficacitĂ©, mĂȘme si c’est au prix de certains « amĂ©nagements ». 

Mais la multiplication de ces destructions accidentelles de dĂ©pĂŽts de munitions risque de changer la donne. Jusqu’alors la FINUL fermait les yeux surtout parce la rĂ©solution 1701 ne lui permet pas d’intervenir dans les propriĂ©tĂ©s privĂ©es.  

Pour illustrer ces constatations, je vous propose d’écouter ou de réécouter le magazine Interception diffusĂ© le 4 Octobre dernier sur France Inter en suivant le lien ci-dessous :

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/interception/index.php?id=83592

SixiÚme édition des Jeux de la Francophonie au Liban

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Présentation des délégations aux 6éme Jeux de la Francophonie à Beyrouth © christophe lurie

Présentation des délégations aux 6éme Jeux de la Francophonie à Beyrouth © christophe lurie

C’est au Liban, pays particuliĂšrement instable sur le plan politique que sont organisĂ©es les VI Ă©me Jeux de la Francophonie. Plus de 3000 athlĂštes et artistes venus de 44 pays vont s’affronter cette semaine dans six disciplines sportives comme la boxe, le judo et l’athlĂ©tisme mais aussi lors d’épreuves culturelles comme la chanson, la dance et la littĂ©rature.   La cĂ©rĂ©monie d’ouverture Ă©tait organisĂ©e hier soir dans un stade situĂ© dans la banlieue sud de la capitale, dans le fief du mouvement chiite Hezbollah et ce au moment oĂč le Liban traverse une nouvelle crise politique et ne parvient pas Ă  former un gouvernement. Le pays est pourtant en paix et c’est d’abord cela que veut montrer le Liban Ă  travers cette manifestation sportive et culturelle.  

La cĂ©rĂ©monie d’ouverture des Jeux de la Francophonie s’est dĂ©roulĂ©e dans une ambiance chaleureuse et sympathique avec un public tout acquis d’environ 20 000 personnes. Le Stade Emile Chamoun avait Ă©tĂ© placĂ© sous haute protection policiĂšre et militaire. Le PrĂ©sident Libanais Michel Sleimane ainsi le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la Francophonie, l’ancien PrĂ©sident SĂ©nĂ©galais Abdou Diouf assistaient au spectacle.  Le Premier Ministre Français François Fillon accompagnĂ© d’une dĂ©lĂ©gation avait fait le dĂ©placement de Beyrouth. Il rencontre aujourd’hui les hauts dirigeants du Liban pour les encourager Ă  poursuivre le dialogue en toute sĂ©rĂ©nitĂ© et se mettre enfin d’accord pour la constitution d’un gouvernement Ă©quilibrĂ©. Depuis le 7 juin dernier, date des Ă©lections lĂ©gislatives, la construction d’un gouvernement pose problĂšme et bute sur la rĂ©partition des portefeuilles. Hier soir, le Liban a voulu montrer au monde la face paisible d’un pays qui se cherche. Montrer la paix c’est bien, parvenir Ă  un accord politique interconfessionnel c’est autre chose ! François Fillon vient aussi prendre la tempĂ©rature d’une rĂ©gion du monde oĂč la fiĂšvre peut subitement monter trĂšs vite. 

Le petit Madoff Libanais

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Le Bernard Madoff Libanais, Salah Ezzedine refuse de se dĂ©clarer en faillite mais reconnaĂźt qu’il se trouve dans une situation financiĂšre dĂ©licate et passagĂšre. Lors de l’une de ses derniĂšres auditions, il a promis pouvoir rembourser ses victimes. Il n’en reste pas moins incarcĂ©rĂ© et inculpĂ© de dĂ©tournement de fonds et de fraude. L’homme d’affaires affirme que ses placements porteront leurs fruits dans un an. Paroles, paroles. 

Les autoritĂ©s libanaises poursuivent l’enquĂȘte mais ne sont pas en mesure de dĂ©voiler les pertes rĂ©elles occasionnĂ©es par cette escroquerie. 

Salah Ezzedine avait promis Ă  des centaines d’investisseurs des rendements de 30 Ă  40% et jusqu’à 60% selon certains petits investisseurs particuliĂšrement naĂŻfs. Les pertes se situeraient aujourd’hui entre 500 millions et 1.1 milliards d’euros. La clĂ© du succĂšs de cette escroquerie, qui consistait Ă  rembourser les Ă©pargnants avec l’argent des nouveaux investisseurs, tient surtout dans la personnalitĂ© de Salah Ezzedine. L’homme d’affaires Ă©tait trĂšs impliquĂ© dans les Ɠuvres caritatives. Il Ă©tait perçu comme un bienfaiteur, construisant des mosquĂ©es, finançant la scolaritĂ© des enfants de familles dans le besoin, payant les mĂ©dicaments ou les frais d’hospitalisation des plus dĂ©munis. Bref, Salah Ezzedine ne suscitait d’aucune façon la mĂ©fiance.  

D’autant plus qu’il Ă©tait considĂ©rĂ© comme un proche du Hezbollah, l’organisation chiite avec qui rien ne peut se faire dans le sud du pays sans son assentiment. Un grand nombre de victimes sont justement issu de ce mouvement politique et il semble que cela soit mĂȘme un des dĂ©putĂ©s du Hezbollah qui ait portĂ© plainte, aprĂšs un placement malheureux. Le Hezbollah de son cotĂ© dĂ©ment tout lien avec l’homme d’affaires vĂ©reux mais son secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Hassan Nasrallah a reconnu que cette escroquerie Ă©tait une catastrophe. L’organisation chiite a d’ailleurs mis en place une cellule de crise destinĂ©e Ă  informer les plaignants.

Tirs de roquettes et regain de tension

Violence

C’est Ă  partir de deux rampes de lancement en bois, totalement artisanales que deux roquettes de type Katioucha (peut-ĂȘtre trois) ont Ă©tĂ© tirĂ© ce vendredi en milieu de journĂ©e en direction du territoire IsraĂ©lien. Dans les minutes qui ont suivit l’artillerie israĂ©lienne a ripostĂ©. Huit obus se sont abattus dans des vergers sur les hauteurs de Qlaileh, un village de l’extrĂȘme sud du Liban d’oĂč sont parties les roquettes artisanales. Ce village est situĂ© Ă  quinze kilomĂštres de la frontiĂšre avec IsraĂ«l.

Aucune organisation n’a revendiquĂ©e cette action dirigĂ©e contre IsraĂ«l, mais il est peu probable que le Hezbollah chiite en soi Ă  l’origine. L’organisation radicale a toujours niĂ©e ĂȘtre Ă  la source de ce type d’action isolĂ©e. En revanche, l’hypothĂšse d’un tir orchestrĂ© par un groupe palestinien n’est pas exclue. En Janvier dernier, lors de l’offensive israĂ©lienne dans la bande de Gaza des tirs similaires s’étaient produit sans faire de dĂ©gĂąts ni de blessĂ©s.

Pour le Premier Ministre Libanais sortant Fouad Siniora ces nouveaux tirs de roquettes « visent Ă  provoquer une tension et Ă  entrainer le Liban dans une situation de crise ». Peu aprĂšs la chute des roquettes et la riposte d’IsraĂ«l les forces onusiennes de maintien de la paix ont renforcĂ© leur patrouille dans le secteur et la route qui serpente parfois Ă  quelques dizaines de mĂštres de la frontiĂšre Ă©tait dĂ©sertĂ©e hormis les vĂ©hicules blancs de la FINUL.

L’organisation onusienne qui a dĂ©clenchĂ© une enquĂȘte sur cet incident a appelĂ© IsraĂ«l et le Liban Ă  ne pas prendre de mesure qui pourrait provoquer une nouvelle flambĂ©e de violence. Le 14 AoĂ»t dernier au troisiĂšme anniversaire de la « Victoire divine » qui selon la terminologie du Hezbollah marque la fin des hostilitĂ©s de l’étĂ© 2006, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du mouvement radical chiite Hassan Nasrallah avait clairement indiquĂ© que son organisation se tenait prĂȘte pour un nouvel affrontement avec IsraĂ«l mais avait, dans le mĂȘme temps, Ă©cartĂ© l’hypothĂšse d’une guerre toute proche.

Un gouvernement mort-né

Politique

La formation d’un gouvernement au Liban ressemble Ă  une formule chimique dans laquelle sont assemblĂ©es des Ă©lĂ©ments hautement instables. Depuis deux mois, le Premier Ministre dĂ©signĂ© Saad Hariri expĂ©rimente cette Ă©quation comme d’autres l’ont fait avant lui avec plus ou moins de bonheur. Certaines formules sont si instables que le risque d’explosion n’est pas Ă©cartĂ©. Le Liban est un peu dans cette situation depuis hier soir avec un projet de gouvernement qui ne convient pas au Hezbollah.

Le dosage de Saad Hariri paraissait pourtant judicieux. L’équilibre Ă©tait respectĂ© entre les forces majoritaires et l’opposition dans ce projet de gouvernement d’union nationale. Le partage du pouvoir est une question cruciale au Liban. Chaque communautĂ© revendique un portefeuille, c’est pourquoi le gouvernement libanais est composĂ© de trente ministres. 15 pour la majoritĂ©, 10 pour l’opposition, et cinq autres qui sont dĂ©signĂ©s par le PrĂ©sident de la RĂ©publique qui joue les arbitres. Une formule qui lui donne un poids dĂ©cisif sur les dĂ©cisions du futur cabinet.

Les deux camps sont d’accord sur cette rĂ©partition. C’est sur les noms placĂ©s en face de certains ministĂšres comme celui de l’IntĂ©rieur que les blocages s’éternisent. Les tractations au Pays du CĂšdre sont donc relancĂ©es. Mais la solution aux tensions politiques qui persistent ne se trouve peut-ĂȘtre pas au Liban mais surement en Arabie Saoudite qui soutient la majoritĂ©, et en Syrie et en Iran, qui soutiennent l’opposition. Si ces acteurs rĂ©gionaux sont d’accord entre eux alors le gouvernement prendra forme. Quand ? Personne ne peut le dire !