vacarme
Publié le 22 février 2010
Dans le concert des 16 Länder allemands, les enfants berlinois viennent de faire entendre leur voix. La ville-Etat de Berlin n’a pas été sourde à la clameur qui monte des jardins d’enfants et des centres de loisir, en autorisant les bambins à se montrer bruyants. Une conquête sociale, presque une révolution dans un pays où il est formellement interdit de casser les oreilles des voisins.
N’exagérons rien. En amendant la loi sur les nuisances environnementales causées par des personnes ou des entreprises, la capitale n’encourage pas les chères petites têtes blondes à faire du tapage ou à assourdir leur quartier par tous les moyens possibles. Mais Berlin tolère désormais le boucan causé par les enfants “en tant qu’expression d’un épanouissement naturel et maintien des possibilités de développement de l’enfant, fondamentalement et socialement adéquats et tolérables”.
Derrière cette formulation ampoulée, se cache un profond revirement de tendance. Car en Allemagne plus qu’ailleurs le silence est d’or. A quelques exceptions près - les cloches des églises ou les sirènes des pompiers- le bruit est généralement considéré comme un facteur de trouble et beaucoup d’Allemands n’hésitent pas à appeler la police pour demander aux voisins de cesser leur vacarme. Dans les agglomérations, la protection contre le bruit est l’une des raisons les plus souvent affichées pour justifier les limitations de vitesse.
A Berlin, les écoles, les jardins d’enfants et les centres de loisirs vont donc pouvoir laisser les gamins s’époumoner sans craindre les plaintes de voisinage. Dans le quotidien BZ, la députée du FDP -le parti libéral- Judith Skudelny salue cette initiative mais regrette une action individuelle de  la ville-Etat de Berlin, alors que selon elle c’est toute l’Allemagne qui doit devenir plus accueillante pour les familles. L’élue libérale  aurait préféré une réglementation nationale sur ce sujet, pour ne pas risquer de diviser le pays entre les Länder compréhensifs envers les enfants et ceux qui le seraient moins.
Raison d'Etat
Publié le 8 février 2010
Moins de 48 heures après les propos en apparence rassurants tenus à Munich par le ministre iranien des Affaires étrangères sur un accord “à portée de main” dans le dossier du nucléaire, l’Iran fait volte-face et annonce officiellement sa décision d’enrichir de l’uranium à 20 %. C’est-à -dire de renoncer aux objectifs patiemment négociés depuis des mois par les occidentaux, qui promettent désormais de nouvelles sanctions contre Téheran. Cet exemple illustre le contraste entre la réalité et  les débats feutrés de la conférence de Munich sur la sécurité, ce “Davos de la Défense” où se sont retrouvés ce week-end des ministres, des chefs d’Etat et des experts. Dans le cas de l’Iran comme pour d’autres pays, la diplomatie de salon ne pèse pas lourd face aux vrais enjeux.

Wolfgang Ischinger, organisateur de la conférence de Munich © BG RF
Le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki s’est montré aussi prolixe que conciliant lors du débat organisé tard dans la soirée de samedi, vers 23 h 30 après le dîner officiel de la conférence sur la sécurité. A l’entendre, la République islamique qui réclame un accès au nucléaire civil était sur le point de trouver un accord avec l’Agence Internationale de l’Energie Atomique sur l’échange d’uranium enrichi. Un progrès du point de vue des occidentaux qui espèrent en contrepartie surveiller d’un peu plus près le chantier du nucléaire iranien. A la fin, le ministre a même été un peu applaudi, par politesse ou par réflexe.
Le même sentiment domine en entendant dimanche matin sur cette même estrade de l’hôtel Bayerischer Hof -l’un des plus luxueux hôtels de la capitale bavaroise qui accueille la conférence- le président afghan Hamid Karzaï parler avec beaucoup de sérénité de l’avenir de son pays et des relations avec ses voisins comme le ferait par exemple un chef d’Etat de la paisible Union européenne. Un discours pour le moins décalé par rapport à la guerre, aux attentats au coeur de Kaboul, à la situation militaire qui dérape dangereusement en faveur des Talibans, à la population prise en otage, à la corruption qui ronge le pays.Â
Paradoxalement, la conférence de Munich sur la sécurité semble échapper à la dureté du monde dont elle parle. Cette année et pour la première fois, un ministre chinois des Affaires étrangères y participait. Yang Jiechi  était très attendu sur les relations avec les Etats-Unis, à cause des ventes d’armes américaines à Taiwan qui ulcèrent Pékin. Une “violation du code de conduite entre les nations” a-t’il dit. Pour le reste, le ministre s’est contenté de propos aussi neutres qu’aimables. A Munich, la courtoisie et la prudence tuent parfois le message politique.
Culture
Publié le 31 janvier 2010
Profiter de “la longue nuit des musées” par une fraîche soirée d’hiver -jusqu’à moins dix degrés ce soir là - en s’aventurant sur des trottoirs verglacés, pour se réchauffer ensuite devant des oeuvres d’art ou dans des lieux chargés d’histoire, en s’arrêtant pour croquer une Bratwurst ou siroter un verre de Riesling  fait partie des plaisirs incontournables de la capitale allemande. Voici en quelques photos notre parcours à travers la lange Nacht der Museen qui a attiré dans la nuit de samedi à dimanche 27.000 visiteurs, selon le chiffre fourni par le ministère allemand de la Culture.
Point de départ Alexanderplatz, dans l’est de Berlin. Un tour au Rotes Rathaus -l’hôtel de ville rouge- ainsi nommé non en raison de son orientation  politique, mais parce qu’il est construit en briques tirant sur cette couleur. Un coup d’oeil dans le bureau du maire SPD Klaus Wowereit, un peu de musique de chambre -admirez le lustre municipal- et cette architecture étonnante, que l’on dirait parfois d’inspiration orientale !

© BG RF
Deuxième étape à quelques centaines de mètres en traversant l’Alexanderplatz en diagonale, le petit musée du deux-roues de la RDA. Une exposition qui en dit long sur l’évolution de la technologie est-allemande au fil des décennies. A la fin des années 80, le retard de l’industrie communiste était devenu irratrapable. Cette collection porte aussi un regard sur la société de l’ex-Allemagne de l’est à travers la moto comme élément assumé d’un style de vie, souvent faute de pouvoir posséder une voiture. L’équipement de la police de l’ex-RDA, lui, fait plutôt toc.

© BG RF
Changement d’univers pour la troisième halte, avec un passage au Bode Museum que l’on peut là aussi rejoindre à pied. Situé à l’extrémité de l’île aux musées, il vaut autant par ses proportions que par les oeuvres -beaucoup d’art religieux- qu’il donne à voir. A quelques pas de la porte monumentale, les promeneurs sont accueillis par une vendeuse de Bretzels, courageuse malgré le froid piquant. A l’intérieur règne une atmosphère majestueuse et paisible.

© BG RF
Pour rejoindre la dernière visite de la soirée -parmi une offre considérable de musées, monuments et expositions- il faut retraverser une partie de Berlin, cette fois en direction de l’ouest vers le Reichpietsufer. Destination, un chef d’oeuvre de l’architecture berlinoise du début des années 30, l’immeuble Gasag -en quelque sorte l’équivalent allemand de GDF- également connu sous le nom de Shell Haus puisqu’il était à l’origine destiné à une filiale de la compagnie pétrolière. La façade illustre l’ondulation de l’eau. Bien que le bâtiment soit classé, l’art contemporain a pu trouver sa place à l’intérieur, comme le sol multicolore d’une cage d’escalier, un mobile qui descend sur neuf étages, et souvent une brin d’humour.

© BG RF
En tête de liste des lieux les plus fréquentés lors de cette longue nuit des musées , le Berliner Dom -la cathédrale- qui a accueilli 12.100 visiteurs, suivi du Deutsche Historische Museum -musée de l’histoire allemande- parcouru ce soir-là par 6.200 personnes. La lange Nacht der Museen qui permet de flâner une partie de la nuit dans des lieux parfois inattendus traduit l’ambiance de Berlin. Simple et étrange, unique, accessible à tous et souvent étonnante.
Politique
Publié le 24 janvier 2010
“Envoyons-nous maintenant plus de soldats ou pas en Afghanistan, monsieur le ministre des Affaires étrangères ?” Tel est le titre de l’interview de Guido Westerwelle que publie aujourd’hui le Bild am Sonntag. A défaut d’être limpide, la réponse du chef de la diplomatie allemande ne manque pas de subtilité : ”Je n’ai jamais dit que nous n’enverrions en aucun cas des soldats supplémentaires, par exemple pour la formation des troupes afghanes, mais je ne donne pas non plus de chèque en blanc”. A la veille de la visite à Berlin du président afghan Hamid Karzaï, et à quatre jours de la conférence internationale sur l’Afghanistan à Londres, le gouvernement Merkel se prépare à annoncer un engagement accru dans ce pays. Malgré l’opposition résolue des deux tiers de l’opinion  allemande.
La Bundeswehr est autorisée à  maintenir en Afghanistan un maximum de 4.500 soldats. Angela Merkel en réclamera-t’elle davantage en prononçant mercredi au Bundestag son discours sur l’Afghanistan ? Rien n’est encore sûr, mais les grandes manoeuvres politiques ont commencé et atteindront leur apogée cette semaine. Avant de recevoir Hamid Karzaï, la chancelière réunit lundi ses ministres de la Défense, du Développement, de l’Intérieur et des Affaires étrangères. Le point de vue de Guido Westerwelle exprimé ce matin dans le Bild am Sonntag est celui qui attire le plus mon attention. Pas seulement parce que nous habitons le même quartier,  mais en raison de ses critiques marquées jusqu’à l’été 2009 envers la politique afghane d’Angela Merkel. C’était bien sûr à l’époque où Guido Westerwelle appartenait à l’opposition.
Son collègue de la Défense Karl Theodor zu Guttenberg fait savoir dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung qu’il proposera avant la réunion de Londres “un chiffre concret pour une éventuelle hausse de la participation allemande aux troupes” en Afghanistan. Même s’il affirme que la décision sera liée aux résultats de la conférence internationale de jeudi, l’implication croissante de l’Allemagne en Afghanistan -sous une forme ou une autre- ne fait plus guère de doute. Reste à expliquer aux Allemands qu’il s’agit d’accélerer la reconstruction du pays et permettre à l’armée et à la police afghanes de prendre en charge de façon autonome et le plus tôt possible les missions de sécurité.
Tous ceux qui souhaitent le meilleur pour  l’Afghanistan veulent croire à cette vision d’un Etat bientôt capable d’assumer lui-même son avenir. Il n’en est évidemment rien et les renforts qu’enverront les occidentaux n’y changeront pas grand chose. L’incursion des Talibans en plein centre de Kaboul le 18 janvier était-elle vraiment une attaque ”désespérée” comme le disait quelques heures plus tard l’émissaire américain Richard Holbrooke ? En Allemagne comme dans beaucoup d’autres pays occidentaux, la presse y voit plutôt l’inquiétant signal d’un délitement de la situation sécuritaire. Ce qui ne donne pas raison pour autant à ceux qui voudraient abandonner le terrain aux Talibans. Mais plus que jamais l’opinion allemande redoute un enlisement de la Bundeswehr.
Consommation
Publié le 17 janvier 2010
Depuis vendredi, une foule de curieux et d’affamés se presse à la Grüne Woche -la semaine verte- qui est à  Berlin ce que le salon de l’agriculture est à Paris. Une gigantesque foire célébrant les productions du terroir et la gastronomie allemande, mais aussi européenne. D’ici dimanche prochain 24 janvier, 400.000 visiteurs sont attendus au milieu de cet immense et surprenant mélange d’animaux, de végétaux, de victuailles et de matériel de jardinage. Le plus grand au monde dit-on, le plus vaste en tout cas. Coup d’oeil en images sur cette 75ème édition -animée et chaleureuse- où l’on se perd facilement.

© BG RF
Des fruits secs et des bonbons multicolores aux arômes évidemment naturels, 5.000 sortes de bières, des miss sous une affiche proclamant les vertus de l’agriculture allemande, mais aussi le Rubik’s Cube en symbole de la Hongrie, invitée d’honneur de cette foire 2010.

© BG RF
Suivent la récolte -en miniature- des asperges en Brandebourg, grande spécialité locale cultivée sur ces buttes sableuses, quelques vaches laitières à la même échelle, et de vrais  moutons avec leurs éleveurs, semblant eux aussi appartenir à une scène immobile reconstituée pour une maquette.

© MG
Des orangers bien au chaud tandis qu’au dehors la neige tombe dru, des poissons exotiques et indifférents, des parterres de fleurs comme dans un jardin municipal et des oiseaux qui parlent… la langue de Goethe ?

© BG RF
Pour finir, l’histoire qui a égayé ma visite. Dans les stands français, pas très loin d’un rayon de charcuterie où les vendeurs se débrouillent très bien pour se faire comprendre par gestes, j’achète une bouteille d’eau à un serveur un peu bourru. “Enfin un qui parle français !” marmonne-t-il en l’apportant.
Saisons
Publié le 10 janvier 2010
27 centimètres de neige ce week-end à Berlin qui se donne l’allure d’une immense station de sports d’hiver. Plate. Car pour ceux qui n’en connaissent pas la topographie, la capitale allemande est avare de déclivités. Aussi, quand la ville blanchit, les moindres pentes sont prises d’assaut par des hordes d’enfants armés de luges. Furieusement tendance, le Teufelsberg dans l’ouest de la ville, à proximité du stade olympique.
 
© BG RF
A quinze minutes du centre-ville, il suffit de tourner à gauche tout de suite après la station de S-Bahn Heerstrasse pour se retrouver sur la Teufelsee chaussee dans une ambiance de station de ski, un week-end d’affluence. Tout y est, les voitures qui se suivent prudemment sur un tapis de neige en cherchant une place sur un parking où les roues patinent dans les ornières, les promeneurs emmitouflés dans les anoraks. Une fois la voiture casée le long des congères, on se surprend à guetter dans le silence ouaté le grésillement d’une machinerie de remonte-pente.
Peine perdue, bien sûr, puisque le Teufelsberg -la montagne du diable- au pied duquel nous nous trouvons ne dépasse pas 80 mètres de hauteur et que les enfants doivent grimper à pied avant de dévaler à fond les pistes improvisées. La particularité de cette colline est d’être formée d’un amoncellement de gravats, ceux de la ville aux deux-tiers rasée par les bombardements alliés de la seconde guerre mondiale. Plusieurs millions de mètres cubes de pierres, de briques et d’autres matériaux, sur lesquels poussent de maigres arbres.
Les Américains avaient bâti au sommet une station radar longtemps utilisée pendant la guerre froide et désormais abandonnée. Aujourd’hui le long des pentes enneigées, les luges en plastique rivalisent de vitesse avec les luges en bois. Au pied du Teufelsberg, des baraques proposent des Bratwurst -saucisses grillées- des Bretzel géants et du Glühwein, du vin chaud. Bien loin des automobilistes coincés pendant des heures sur les autoroutes du nord de l’Allemagne, et loin des tarmacs enneigés où les retards s’accumulent.
Raison d'Etat
Publié le 17 décembre 2009
Nous parlons rarement en nous croisant dans l’escalier, mais le rédacteur en chef de die Welt résume parfaitement la situation aujourd’hui dans son journal, à propos du sujet qui défraye la chronique en Allemagne ces dernières semaines : “Le débat sur l’attaque aérienne à Kunduz touche à un tabou : les Allemands et la guerre”. Résumé de l’affaire : Le 4 septembre dernier en Afghanistan, des avions de combat américains bombardent deux camions-citernes volés par les Talibans. Cette frappe ordonnée par un officier allemand fait un nombre indéterminé de victimes -jusqu’à 142 dont des civils selon l’OTAN- et suscite un émoi considérable en Allemagne. Au point de mettre dans l’embarras le gouvernement Merkel. Nouveau rebondissement aujourd’hui.
L’engagement de la Bundeswehr en Afghanistan passe de plus en plus mal dans l’opinion publique qui est majoritairement opposée à ce que des soldats allemands participent à une guerre, même présentée comme une opération de maintien de la paix. Le bombardement à Kunduz apparaît désormais comme une affaire à tiroirs. Après l’annonce de cette frappe aérienne, le ministère de la Défense estimait  que le colonel allemand avait donné l’ordre de bombarder pour empêcher les Talibans d’utiliser les camions-citernes comme bombes roulantes en vue de commettre des attentats. Explications jugées un peu courtes au Bundestag. Indirectement, le bombardement coûtera successivement leur poste au chef d’état-major de l’armée, au secrétaire d’Etat à la Défense et à  l’ancien ministre de la Défense qui venait de se voir attribuer le portefeuille du Travail.
Aujourd’hui, c’est le nouveau ministre de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg qui se retrouve sur la sellette. Au coeur d’un débat beaucoup plus politique que technique, après des propos controversés selon lesquels le bombardement pour détruire des Talibans ne constituait pas en soi ”une cible illégitime”. Une déclaration dont l’opposition s’est emparée, en s’interrogeant sur la véritable mission de la Bundeswehr en Afghanistan. Maintien de la paix et aide à la reconstruction ou action offensive ? Une commission parlementaire d’enquête a demandé la convocation d’Angela Merkel, qui peut refuser. Selon la presse allemande, le précédent gouvernement aurait passé sous silence certains éléments liés à cette affaire. Un vrai souci pour la chancelière. Elle doit dire le mois prochain si elle accepte la demande de l’OTAN qui réclame instamment à la République fédérale 2.000 soldats supplémentaires sur place, pour renforcer les 4.500 Allemands déjà présents en Afghanistan.
statistiques
Publié le 19 novembre 2009
Les chiffres que vient de publier l’office fédéral des statistiques sont très clairs. La population la plus nombreuse de l’Union européenne -82 millions d’habitants- est en passe de se réduire comme une peau de chagrin. Un recul démographique diagnostiqué de longue date. Et la contribution personnelle de la ministre allemande de la famille, Ursula von der Leyen, -sept enfants- ne suffit pas à inverser la tendance ni à convaincre ses compatriotes de fonder des familles nombreuses.
Sans vous accabler de statistiques, quelques chiffres résument à eux seuls la tendance au dépeuplement dont souffre l’Allemagne. Ici le taux de fécondité stagne à 1,4 depuis plus de trois décennies. A ce rythme, le pays comptera entre 65 et 70 millions d’habitants en 2060. Le nombre de décès, déjà  supérieur à celui des naissances, devrait augmenter sensiblement au cours des prochaines années. Car c’est naturellement à vieillissement de la population que l’on assiste. Dans un demi-siècle, un tiers des Allemands aura plus de 65 ans.
Même si les femmes allemandes se décident à avoir plus d’enfants (littéralement on dit ici de façon charmante “recevoir un bébé”) la tendance ne peut plus être inversée. Et l’immigration ne suffira  sans doute pas à enrayer ce phénomène de dépeuplement. Première conséquence, une diminution du pourcentage de la population active, par rapport au nombre de retraités. Donc vraisemblablement des cotisations sociales de plus en plus élevées et des allocations vieillesse qui s’effritent. Le deuxième résultat de cause à effet porte à terme sur l’affaiblissement de la puissance économique de l’Allemagne par rapport à ses voisins européens, mais aussi sur le plan mondial.
Ce scénario catastrophe qui paraît cohérent sur le papier est-il irréversible ? Pas sûr. Parce que les politiques natalistes et d’immigration peuvent être prises à bras le corps pour enrayer ce phénomène. En 2025, il y aura sur terre 8 milliards d’habitants. Parmi ceux issus des pays pauvres, beaucoup seront tentés -qu’on les y invite ou non- de s’installer dans un Etat européen dont les standards de vie sont élevés. Si l’Allemagne le souhaite, il lui suffira d’ouvrir les bras.