Bienvenue Ă  Berlin

Le blog de Bertrand Gallicher


Au secours, la population allemande rétrécit !

statistiques

Les chiffres que vient de publier l’office fĂ©dĂ©ral des statistiques sont très clairs. La population la plus nombreuse de l’Union europĂ©enne -82 millions d’habitants- est en passe de se rĂ©duire comme une peau de chagrin. Un recul dĂ©mographique diagnostiquĂ© de longue date. Et la contribution personnelle de la ministre allemande de la famille, Ursula von der Leyen, -sept enfants- ne suffit pas Ă  inverser la tendance ni Ă  convaincre ses compatriotes de fonder des familles nombreuses.

Sans vous accabler de statistiques, quelques chiffres rĂ©sument Ă  eux seuls la tendance au dĂ©peuplement dont souffre l’Allemagne. Ici le taux de fĂ©conditĂ© stagne Ă  1,4 depuis plus de trois dĂ©cennies. A ce rythme, le pays comptera entre 65 et 70 millions d’habitants en 2060. Le nombre de dĂ©cès, dĂ©jà supĂ©rieur Ă  celui des naissances, devrait augmenter sensiblement au cours des prochaines annĂ©es. Car c’est naturellement Ă  vieillissement de la population que l’on assiste. Dans un demi-siècle, un tiers des Allemands aura plus de 65 ans.

MĂŞme si les femmes allemandes se dĂ©cident Ă  avoir plus d’enfants (littĂ©ralement on dit ici de façon charmante “recevoir un bĂ©bĂ©”) la tendance ne peut plus ĂŞtre inversĂ©e. Et l’immigration ne suffira  sans doute pas Ă  enrayer ce phĂ©nomène de dĂ©peuplement. Première consĂ©quence, une diminution du pourcentage de la population active, par rapport au nombre de retraitĂ©s. Donc vraisemblablement des cotisations sociales de plus en plus Ă©levĂ©es et des allocations vieillesse qui s’effritent. Le deuxième rĂ©sultat de cause Ă  effet porte Ă  terme sur l’affaiblissement de la puissance Ă©conomique de l’Allemagne par rapport Ă  ses voisins europĂ©ens, mais aussi sur le plan mondial.

Ce scĂ©nario catastrophe qui paraĂ®t cohĂ©rent sur le papier est-il irrĂ©versible ? Pas sĂ»r. Parce que les politiques natalistes et d’immigration peuvent ĂŞtre prises Ă  bras le corps pour enrayer ce phĂ©nomène. En 2025, il y aura sur terre 8 milliards d’habitants. Parmi ceux issus des pays pauvres, beaucoup seront tentĂ©s -qu’on les y invite ou non- de s’installer dans un Etat europĂ©en dont les standards de vie sont Ă©levĂ©s. Si l’Allemagne le souhaite, il lui suffira d’ouvrir les bras.

La RDA, une note en bas de page

Evènement

Radio France en direct de Berlin aujourd’hui jusqu’Ă  minuit, pour une journĂ©e exceptionnelle fusionnant toutes les chaĂ®nes du groupe. A Ă©couter aussi -si vous ĂŞtes en Allemagne- sur le rĂ©seau ondes moyennes (MW) et ondes longues (LW) de la Deutschlandfunk.

(Extrait de l’Allemagne au pied du mur , qui vient de paraĂ®tre aux Ă©ditions de La Table Ronde, avec Radio France, 400 pages) Ce 9 novembre 1989 Ă  Berlin-est,  face Ă  un parterre de journalistes aux aguets, le porte-parole du gouvernement GĂĽnther Schabowski s’explique sur un projet de loi permettant aux citoyens de RDA de voyager Ă  l’étranger. Cinq jours plus tĂ´t, un demi-million de personnes ont manifestĂ© dans la capitale d’Allemagne de l’est. La confĂ©rence de presse est diffusĂ©e en direct Ă  la tĂ©lĂ©vision. RĂ©pondant Ă  une question du correspondant de l’agence italienne ANSA Riccardo Ehrman, il  annonce une libĂ©ralisation des règles administratives pour sortir du pays Ă  destination de la RĂ©publique fĂ©dĂ©rale. « A partir de quand, de maintenant ? » demandent des voix dans la salle. GĂĽnther Schabowski finit par lâcher sur un ton un peu interrogatif : « A ma connaissance, tout de suite. ImmĂ©diatement ». Il est presque 19 heures. Des milliers d’Allemands de l’est commencent bientĂ´t Ă  se rassembler au point de passage de la Bornholmer Strasse.

Tout près de l’appartement où vivait Sara avec son frère -de trois ans plus jeune qu’elle- et leurs parents lors de la chute du mur. Elle avait neuf ans. Aujourd’hui cette jolie jeune femme qui habite toujours à proximité de l’ancien mur garde en mémoire ses premiers pas à l’ouest. « On est allé retirer notre Begrüssungsgeld, le pécule de 100 deutschemark remis aux citoyens de RDA arrivant de l’autre côté. Je me suis achetée une petite poupée. Il y avait un enfant de Berlin-ouest qui était là avec un sac en plastique et qui donnait ses vieilles Matchbox, les autos miniatures. Je me rappelle avoir interdit à mon frère d’en prendre. Par fierté ». Le réflexe d’une petite fille élevée à l’est qui découvre un autre univers avec lequel sa relation ne sera pas si simple.

« J’ai eu une enfance divisée, comme si elle avait été coupée en deux » constate-t’elle. Un paradoxe de la réunification. « Il y a des souvenirs que je ne retrouve pas dans ma vie actuelle. Ce n’est plus le même système, la même logique. Ce ne sont plus les mêmes maisons que je vois, elles ont été rénovées. Je ressens une certaine différence mais je ne parviens pas à la mettre en place, dans un grand contexte. Je n’ai pas suffisamment vécu la RDA pour pouvoir juger. Et c’est là mon dilemme ».

Avant l’ouverture du rideau de fer, Sara connaît surtout de son grand-père maternel -originaire de Leipzig mais installé à Munich une dizaine d’années avant sa naissance-  les cadeaux qu’il lui envoie. « C’était quelque chose de très spécial de recevoir les paquets avec des jouets ou des vêtements de l’ouest qui étaient toujours plus chers et plus beaux que ceux de l’est » dit-elle avec une pointe d’ironie. De République fédérale lui parviennent parfois des surprises qu’elle est fière de montrer à ses amies. Comme ces protège-oreilles envoyés par sa tante. « Ils étaient en forme de tête de Panda. C’était très cool et très à la mode ! » raconte Sara en riant.

Quand des amis de l’ouest viennent leur rendre visite, c’est l’œil sur la montre car ils doivent repasser le poste de contrôle avant minuit.  Mais la petite fille d’alors n’a pas conscience de vivre derrière un mur. « L’Allemagne de l’ouest était un autre pays, je n’imaginais pas que ce pouvait en être une autre partie. Donc forcément il y avait des frontières et ce n’était pas aussi facile d’y entrer. Mais on pouvait voyager, aller par exemple en Tchécoslovaquie -comme cela s’appelait à l’époque- ou à la mer Baltique. Et je ne me suis jamais demandée : pourquoi pas la France ou l’Angleterre ? »

Vingt ans après, la jeune femme s’identifie toujours par rapport au pays où elle est née. Même si ce n’est pas très tendance d’être de l’est, explique-t’elle. Sara comprend que des jeunes de l’ouest ne sachent souvent rien de cette période. En revanche les clichés véhiculés à l’ouest lui déplaisent, comme la façon dont certains considèrent la RDA. Elle a été heurtée un jour d’entendre une jeune collègue de bureau lui dire en riant après avoir raccroché le téléphone : « il parlait ostdeutsch, l’allemand de l’est ». «Qu’une fille ayant presque mon âge, intelligente et gentille puisse dire ça sans être gênée ! Ca n’avait rien de politique. J’ai l’impression que cette ignorance assumée et revendiquée appartient au bon goût.

Pendant une fête j’ai discuté  avec quelqu’un qui a cinq ans de moins que moi et qui m’a dit : « L’histoire de la République démocratique allemande n’est pas intéressante. Le 11 septembre en revanche a de  l’importance ». Ca m’a vraiment mise en colère ! L’Allemagne de l’est n’a sans doute rien d’essentiel pour lui ni pour le monde, mais pour moi c’est important ». Sara ne se fait toutefois aucune illusion. « J’avais un prof qui qualifiait la RDA de Fussnote der Geschichte, une note en bas de page de l’histoire. Peut-être avait-il raison. Dans vingt ans il est possible que ça n’intéresse plus personne. Les gens auront vécu des vies différentes ».

La théorie des dominos (J-1)

Evènement

La journĂ©e spĂ©ciale “Radio France fait le mur” diffusĂ©e sur l’ensemble des chaĂ®nes du groupe, peut aussi ĂŞtre Ă©coutĂ©e en Allemagne sur le rĂ©seau ondes moyennes (MW) de la Deutschlandfunk.

Radio France cĂ©lèbre demain le vingtième anniversaire de la chute du mur. En direct de Berlin -et en public pour tous les francophones de la capitale allemande- de deux studios installĂ©s l’un Ă  l’est (sur le plateau de la ZDF, Unter den Linden 36) et l’autre Ă  l’ouest (Institut français, KurfĂĽrstendamm 211). Un programme de 24 heures diffusĂ© sur une antenne unique.

 © BG RF

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Des centaines de dominos gĂ©ants et multicolores ont Ă©tĂ© placĂ©s samedi 7 novembre 2009 sur le tracĂ© de l’ancien mur de Berlin, de la Spree -la rivière qui traverse la capitale- jusqu’Ă  la Potsdamer Platz. Ces rectangles de polystyrène s’entraĂ®neront les uns les autres dans leur chute, lundi 9 novembre. Une façon de rappeler l’effondrement en chaĂ®ne des rĂ©gimes communistes d’Europe de l’est. Une attraction temporaire -comme le souligne le maire de Berlin Klaus Wowereit ci-dessous- mais qui suscite un fort engouement des Allemands comme des touristes Ă©trangers.

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Pendant ce temps, les Ă©quipes de Radio France prĂ©parent activement la journĂ©e spĂ©ciale d’information, de reportages et de dĂ©bats consacrĂ©e Ă  ce vingtième anniversaire de la chute du mur. Dans les locaux de la ZDF sur Unter den Linden -les Champs ElysĂ©es de l’est- le studio public est opĂ©rationnel. Si l’on en juge par le nombre de Français qui dĂ©ambulent le long des dominos gĂ©ants, il devrait faire salle comble lundi.

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Des Ă©missions Ă  suivre lundi 9 novembre 2009 sur l’antenne unique de Radio France, sur internet et sur le rĂ©seau ondes moyennes (MW) de la Deutschlandfunk. Des prĂ©cisions sur le programme  http://www.radiofrancefaitlemur.fr/ Et pour dĂ©couvrir l’Allemagne d’aujourd’hui, vingt ans après la première brèche l’Allemagne au pied du mur, aux Ă©ditions de La Table Ronde avec Radio France, 400 pages.

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Le mur sous les projecteurs (J-2)

Histoire

Dans deux jours, Radio France cĂ©lèbre le vingtième anniversaire de la chute du mur. En direct de Berlin -et en public pour tous les francophones de la capitale allemande- de deux studios installĂ©s l’un Ă  l’est (sur le plateau de la ZDF, Unter den Linden 36) et l’autre Ă  l’ouest (Institut français, KurfĂĽrstendamm 211). Un programme de 24 heures diffusĂ© sur une antenne unique regroupant toutes les chaĂ®nes de Radio France. Hier en prĂ©lude Ă  ce rendez-vous, c’est France Info qui avait installĂ© ses micros sur le Kudam. Nous vous avons racontĂ© le mur. Avec les invitĂ©s de cette journĂ©e spĂ©ciale, nous avons aussi tentĂ© de comprendre comment est perçu en Allemagne cet anniversaire qui place Berlin sous les feux de l’actualitĂ©. Le point de vue des Allemands sur la commĂ©moration de la chute du mur diffère souvent de celui des Ă©trangers.

http://www.radiofrancefaitlemur.fr/

Et toujours l’Allemagne au pied du mur, Ă©ditions de La table Ronde, avec Radio France.

Ils sont Allemands, Français, ou d’une autre nationalitĂ©. Tous connaissent bien Berlin, pour y vivre ou y avoir vĂ©cu. Et malgrĂ© leurs regards diffĂ©rents, les invitĂ©s qui nous ont livrĂ© leur sentiment sur cet anniversaire de la chute du mur partagent la mĂŞme analyse. Les Berlinois en particulier, les Allemands en gĂ©nĂ©ral, n’attendent pas le 9 novembre avec une fĂ©brilitĂ© particulière. D’abord parce que comme le fait remarquer avec beaucoup de bon sens la rĂ©alisatrice FrĂ©dĂ©rique Veith, cet anniversaire est cĂ©lĂ©brĂ© depuis 1990. Et mĂŞme si cette annĂ©e les festivitĂ©s prennent une dimension exceptionnelle, beaucoup d’Allemands se montrent surpris par l’intĂ©rĂŞt que suscite Ă  l’Ă©tranger la cĂ©lĂ©bration de cet Ă©vĂ©nement historique, annonciateur de la rĂ©unification allemande.

Marie NDiaye -prix Goncourt 2009 pour son roman Trois femmes puissantes publiĂ© chez Gallimard- voit cet engouement autour du vingtième anniversaire de la chute du mur avec un certain recul. Berlinoise d’adoption avec son mari Jean-Yves Cendrey -auteur de Honecker 21 chez Actes sud-, la romancière dit joliment que sa maĂ®trise incomplète de la langue allemande lui permet de toute façon de s’extraire des mots inutiles, de rester Ă  l’abri du brouhaha des banalitĂ©s, pour se concentrer sur son travail d’Ă©crivain. En le disant tranquillement, hier aux micros de France Info dans les locaux de l’institut français sur le Kudam, Marie NDiaye nous donne Ă  rĂ©flĂ©chir -nous journalistes, qui sommes parfois de sacrĂ©s bavards- sur la valeur du langage.

Si vous ĂŞtes en Allemagne, Ă©coutez lundi 9 novembre la journĂ©e spĂ©ciale “Radio France fait le mur” sur le rĂ©seau ondes moyennes (MW) de la Deutschlandfunk.

Chère réunification (J-3)

Economie

Dans trois jours, Radio France cĂ©lèbre le vingtième anniversaire de la chute du mur. En direct de Berlin -et en public pour tous les francophones de la capitale allemande- de deux studios installĂ©s l’un Ă  l’est (sur le plateau de la ZDF, Unter den Linden 36) et l’autre Ă  l’ouest (Institut français, KurfĂĽrstendamm 211). Un programme de 24 heures diffusĂ© sur une antenne unique regroupant toutes les chaĂ®nes de Radio France. Aujourd’hui en prĂ©lude Ă  ce rendez-vous, c’est France Info qui a installĂ© ses micros sur le Kudam, pour vous raconter l’Allemagne du mur et celle de 2009.

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Vingt ans après la chute du mur, subsiste une petite ligne en bas de la feuille d’impôts sur le revenu : Solidaritätszuschlag : 5,5 %. Une surtaxe de solidarité destinée à reconstruire l’Allemagne de l’est après la réunification. Votée en 1991, cette taxe familièrement appelée « Soli » fait l’objet d’un débat récurrent au sein de la classe politique en vue de son éventuelle suppression. Sauf que la Chancelière refuse d’en entendre parler. La présidente de la CDU veut éviter à cette population de l’est tout sentiment supplémentaire d’abandon.

Extraits de l’Allemagne au pied du mur (Ă©ditions de La Table Ronde, avec Radio France, 400 pages, disponible en librairie et sur internet)

Cet improbable cadeau aux contribuables coûterait 13 milliards d’Euros. Un manque à gagner difficile à supporter en temps de crise, affirment les tenants de l’orthodoxie budgétaire. C’est au contraire un moyen simple et généralisé de redonner du pouvoir d’achat pour relancer la consommation, disent les autres. L’éternel débat sur la politique fiscale, ses conséquences pour les finances de l’Etat et la croissance, et ses effets pervers. Des centaines de milliards d’Euros ont été déversés sur les cinq Etats régionaux de l’est.  

Même s’ils ne reflètent qu’une partie de la réalité, ces chiffres ont leur importance puisque ce sont les plus compréhensibles aux yeux de l’immense majorité des Allemands. Le coût total de la réunification reste un sujet de polémique entre experts. Le système est complexe, sans doute trop pour offrir à chaque contribuable allemand une vision claire de l’utilisation des fonds publics destinés à l’ancienne RDA. Au-delà des querelles d’experts, des résultats sont pourtant visibles à l’œil nu. Des côtes de la mer Baltique dans le Land de Mecklembourg Poméranie Occidentale jusqu’au fin fond de la Saxe à la frontière de la République tchèque, des infrastructures routières neuves témoignent de l’utilisation de ces milliards d’Euros.  

Des milliers d’immeubles anciens rafistolés ou laissés à l’abandon sous la RDA sont magnifiquement restaurés. Désormais, la plupart des équipements hospitaliers de l’est n’ont rien à envier à ceux de l’ouest. Un effort considérable qu’il faudra poursuivre pendant des années, tant l’héritage de la défunte Allemagne de l’est était misérable. Mais la transformation de ces loques en habits neufs n’a pas tout résolu. Si le décor a totalement changé, les Länder de l’est restent plombés par quarante ans de communisme. Les vitrines scintillent à nouveau, mais la reconstruction économique est en panne. 

Interminable Ostalgie (J-4)

Evènement

Dans quatre jours, Radio France cĂ©lèbre le vingtième anniversaire de la chute du mur. En direct de Berlin -et en public pour tous les francophones de la capitale allemande- de deux studios installĂ©s l’un Ă  l’est (sur le plateau de la ZDF, Unter den Linden 36) et l’autre Ă  l’ouest (Institut français, KurfĂĽrstendamm 211). Un programme de 24 heures diffusĂ© sur une antenne unique regroupant toutes les chaĂ®nes de Radio France.

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Vingt ans bientôt que le mur de Berlin, craquant de toutes parts sous la pression  d’Allemands de l’est excédés par quarante ans de dictature et de mensonges, s’effondrait à grand fracas, surprenant les auteurs de la révolte eux-mêmes et l’Europe de l’ouest, plus encore que la Nomenklatura du régime Honecker. L’écroulement en quelques heures le 9 novembre 1989 de ce que le pouvoir communiste appelle « le rempart de protection antifasciste » suscite  une formidable explosion de joie de part et d’autre du mur.

(Extraits de l’Allemagne au pied du mur, de Bertrand Gallicher, qui vient de paraĂ®tre aux Ă©ditions de La Table Ronde avec Radio France, 400 pages) 

Deux décennies plus tard, l’enthousiasme est retombé comme un soufflé. Focalisé sur le casse-tête de la réunification des deux Allemagne, Helmut Kohl n’a pas su éviter l’embûche du ressentiment qui s’est répandu dans la plupart des nouveaux Länder. Pour Gerhard Schröder et surtout pour Angela Merkel il était sans doute trop tard. Cette déception de beaucoup d’Allemands de l’ex-RDA ressemble à un dépit amoureux.

L’ouest, ils l’avaient idéalisé à travers les émissions de télévision de l’ARD et de la ZDF, que nombre d’entre eux pouvaient capter de l’autre côté du rideau de fer. Les publicités pour les objets industriels fabriqués en République Fédérale d’Allemagne leur parlaient d’un monde inaccessible et merveilleux, où un ouvrier pouvait en quelques semaines se faire livrer une Volkswagen neuve payée à crédit, quand il fallait des années à une famille de l’est pour obtenir une Trabant poussive. Même la lessive et le dentifrice vendus à l’ouest semblaient des produits féériques. Cette facette étincelante de l’économie sociale de marché ne brille plus de la même manière pour tous les anciens citoyens de RDA. 

Vingt ans après la chute du mur, les « paysages fleuris » promis aux nouveaux Länder par l’ancien Chancelier Kohl se font attendre. L’exode des plus jeunes, des plus aventureux et des plus diplômés vers les Etats régionaux de l’ouest se poursuit. Pour tous les autres qui ont connu un emploi sûr et une administration omniprésente -chargée veiller sur eux autant que de les surveiller- le choc de la réunification a laissé des traces. Au point que certains ne se débarrassent pas du sentiment d’être des laissés pour compte. Ils se demandent ce qui allait si mal autrefois, sous le socialisme. Et ils sentent bien qu’à l’ouest, les plus nantis considèrent les territoires de l’ancienne RDA comme un fardeau. 

“FĂĽr uns kommt es darauf an, den Frieden zu sichern und den Krieg durch hohe Wachsamkeit zu bekämpfen, bevor er ausbricht, jederzeit bereit und fähig zu sein, jedem Agressor eine vernichtende Abfuhr zu erteilen”. ”Pour nous il s’agit d’assurer la paix et de combattre la guerre avec une grande vigilance avant qu’elle n’éclate, en Ă©tant prĂŞt Ă  tout moment et en ayant la capacitĂ© d’infliger Ă  chaque agresseur une dĂ©faite dĂ©cisive”.  Erich Honecker (1912-1994) 

Un mur invisible (J-5)

Evènement

Dans cinq jours, Radio France cĂ©lèbre le vingtième anniversaire de la chute du mur. En direct de Berlin -et en public pour tous les francophones de la capitale allemande- de deux studios installĂ©s l’un Ă  l’est (sur le plateau de la ZDF, Unter den Linden 36) et l’autre Ă  l’ouest (Institut français, KurfĂĽrstendamm 211). Un programme de 24 heures diffusĂ© sur une antenne unique regroupant toutes les chaĂ®nes de Radio France.

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A Berlin, il ne reste souvent pour rappeler la division de la capitale allemande qu’une double rangée de pavés encastrés dans les trottoirs ou sur la chaussée. Mais l’invisible ligne de partage demeure dans les esprits et dans les portefeuilles. Seules exceptions, le très respectable quartier central de Mitte et celui de Prenzlauerberg colonisé par des Bobos installés dans des lofts ou d’anciens squats somptueusement rénovés. Les autres secteurs de l’est parfois hérissés de barres HLM héritées de la RDA accueillent généralement les plus pauvres. La bourgeoisie berlinoise continue d’habiter les appartements cossus de Charlottenburg ou les imposantes villas de Dahlem et Grünewald. Comme à l’échelle du pays, les pouvoirs publics ont pourtant dépensé des centaines de millions d’Euros pour rééquilibrer la ville.

A l’est aussi le paysage urbain a considérablement changé, d’innombrables bâtiments sont sortis de terre et la plupart des immeubles anciens dont beaucoup menaçaient ruine ont été ravalés. Si la mixité sociale entre Berlinois de l’est et de l’ouest ne s’est guère réalisée, elle tient autant à des choix personnels qu’à des contraintes économiques. Chacun reste de son côté et l’on se regarde un peu en chiens de faïence, quand on ne s’ignore pas. Jeunes ou vieux, beaucoup d’habitants de l’est n’ont aucune envie de vivre à l’ouest, même s’ils en avaient les moyens. De l’autre côté de la ville, des élégantes du Kurfürstendamm confient qu’elles se sentent une âme de touriste lorsqu’elles s’aventurent à l’est. Mais les Berlinois des deux bords vivent en bonne intelligence et ces réactions n’ont rien d’exceptionnel, dans une cité coupée en deux pendant vingt-huit ans.

A Berlin, les différences de richesses restent très inférieures au niveau qu’elles ont atteint dans la plupart des capitales européennes. Les clients qui garent leur Porsche ou leur Bentley devant le restaurant Adnan sur la Mommsenstrasse -l’une des plus belles rues de l’ouest- n’ont évidemment pas les mêmes revenus que la plupart des habitants de l’est. Mais ici on déjeune très bien pour trente cinq euros. Le niveau de vie moyen des Berlinois n’est pas  élevé, les prix non plus et la capitale ouvre les bras à tous. De ce point de vue, cette agglomération de trois millions d’habitants est même exemplaire. Les plus pauvres ne sont pas obligés de s’exiler à des dizaines de kilomètres du centre pour trouver un logement. Le niveau de sécurité y est plus élevé que dans beaucoup de faubourgs des grandes capitales d’Europe.

En deux décennies, Berlin a gagné le pari de la qualité de la vie à défaut d’avoir réussi le décollage de son économie. Aucune hostilité ne se manifeste entre les habitants de l’est et ceux de l’ouest, juste une profonde incompréhension mêlée d’indifférence. Dans le quotidien Bild du 28 avril 2009, le président de la République Fédérale d’Allemagne Horst Khöler se dit persuadé que les Allemands veulent l’unité du pays. « Mais peut-être qu’après la chute du mur les gens de l’ouest n’ont pas toujours montré suffisamment de respect pour l’accomplissement de la vie personnelle de la plupart des Allemands de l’est ».

(Extrait de l’Allemagne au pied du mur, de Bertrand Gallicher, aux Ă©ditions de La Table Ronde, 400 pages)

Sauver le mur (J-6)

Evènement

Dans six jours, Radio France cĂ©lèbre le vingtième anniversaire de la chute du mur. En direct de Berlin -et en public pour tous les francophones de la capitale allemande- de deux studios installĂ©s l’un Ă  l’est (sur le plateau de la ZDF, Unter den Linden 36) et l’autre Ă  l’ouest (Institut français, KurfĂĽrstendamm 211). Un programme de 24 heures diffusĂ© sur une antenne unique regroupant toutes les chaĂ®nes de Radio France.

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A Berlin, les élus tentent depuis vingt ans de réparer le tissu urbain, déchiré le 13 août 1961 lors de la construction du mur. A la volonté de faire disparaître le principal symbole de la division de l’Allemagne s’oppose le désir d’en conserver les vestiges, pour ne pas oublier. Tiraillées entre ces deux exigences, les autorités ont dû arbitrer. Et le résultat -forcément mitigé- n’est pas si critiquable. De la barrière de béton armé de trois mètres soixante de hauteur, il reste des tronçons épars.

Extraits de l’Allemagne au pied du mur (vient de paraĂ®tre aux Ă©ditions de La Table Ronde avec Radio France, 400 pages)

Le plus spectaculaire, situé au bord de la Spree dans le quartier de Friedrichshain, est connu sous le nom de eastside gallery. Sur un kilomètre trois cent, le long de la Mühlenstrasse, il offre aux regards des fresques peintes en 1989 et 1990 par des artistes du monde entier. Le peintre d’origine iranienne Kani Alavi, qui habitait alors près du check-point Charlie dans le centre ville, a représenté une foule d’Allemands de l’est passant la frontière en désordre. « Le 9 novembre 1989, j’ai regardé les gens qui déferlaient de l’est vers l’ouest » m’explique t’il devant le mur. « J’ai vu leurs sentiments, ces scènes tellement euphoriques je les ai reflétées ici deux mois plus tard ». Thierry Noir installé à Berlin depuis 1982 a peint sur près de quarante mètres de long des personnages très colorés dans un style enfantin.  Une œuvre  décalée par rapport à la situation. « C’est un peu comme les cousins et les cousines du petit chaperon rouge. Ils ont un gros nez, des grosses bouches, des gros yeux. C’est un témoignage historique avant tout et l’œuvre d’art sert juste d’alibi. Le mur est en fait une machine à tuer qu’il faut préserver symboliquement à cet endroit » me dit l’artiste français, en se réjouissant de la restauration des fresques entreprise pour le vingtième anniversaire de la réunification de Berlin.

Car la ville a décidé de solliciter la centaine de peintres qui avaient décoré ce lieu à l’époque, pour leur demander de reproduire les œuvres à l’identique. La plupart d’entre eux ont accepté et les travaux commencés en avril 2009 se sont achevés à la fin de l’été. Un travail de longue haleine. Pendant près de deux décennies, les visiteurs ne se sont pas privés d’enrichir les peintures de graffitis et de signatures en tous genres, les gribouillages s’étant intensifiés lors de la coupe du monde de football en 2006. S’y ajoutent la pollution et les intempéries qui délavent les couleurs, sans parler de la piètre qualité du ciment fabriqué en RDA qui a tendance à s’effriter. Il faut donc tout décaper et réparer le support avant de laisser la place aux artistes. Quel paradoxe de voir au printemps 2009 des ouvriers gratter méthodiquement les fissures jusqu’aux fers à béton avant de les reboucher avec soin et d’y appliquer une couche d’apprêt. Le mur honni par la foule qui le détruisait à coups de marteaux il y a vingt ans fait aujourd’hui l’objet d’un entretien méticuleux.

Citoyens d’un pays disparu (J-7)

Evènement

Dans une semaine, Radio France cĂ©lèbre le vingtième anniversaire de la chute du mur. En direct de Berlin -et en public pour tous les francophones de la capitale allemande- de deux studios installĂ©s l’un Ă  l’est (sur le plateau de la ZDF, Unter den Linden 36) et l’autre Ă  l’ouest (Institut français, KurfĂĽrstendamm 211). Un programme de 24 heures diffusĂ© sur une antenne unique regroupant toutes les chaĂ®nes de Radio France.

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A sept jours du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, les prĂ©paratifs des cĂ©rĂ©monies officielles font un peu oublier les consĂ©quences de cet Ă©vènement pour 17 millions d’Allemands de l’est. Les tĂ©moignages des anciens citoyens de RDA ont un point commun. La RĂ©publique DĂ©mocratique Allemande fait partie intĂ©grante de leur jeunesse et souvent de leur vie d’adulte. Et leur regard sur cette pĂ©riode de l’histoire allemande apporte de subtiles nuances.

L’Allemagne au pied du mur (Editions de La Table Ronde, avec Radio France, actuellement en librairie et sur internet)

« Je ne suis pas du tout prêt à jeter mon enfance ou mon adolescence seulement parce que j’ai vécu quarante ans dans un pays qui n’existe plus » me dit Lothar à la table d’un restaurant de Leipzig. Ce quasi-sexagénaire a un parcours intéressant. Il grandit à la campagne, puis vient en ville faire ses études et travaille à l’université. En 1983, on lui propose de partir en Algérie. Une opportunité de sortir de RDA et de découvrir l’Afrique du nord. Trois ans plus tard, Lothar est de retour à Leipzig. Il trouve du travail dans un institut qui s’occupe de cartographie, un peu comme l’IGN en France. En novembre 1989, le régime politique de la RDA s’effondre comme un château de cartes. L’économie de marché s’impose dans les Länder de l’est. Mais la vie de Lothar n’en est pas bouleversée.

L’administration qui l’emploie est reprise par son équivalent de l’ouest, l’office fédéral de cartographie et de géodésie. Les chefs sont remplacés, mais les employés qui prouvent leur compétence professionnelle peuvent rester. A condition que les recherches effectuées dans les archives de la Stasi - la Staatssicherheit, la sécurité d’Etat – démontrent qu’ils n’ont pas été mêlés à la redoutable police politique est-allemande. « Le niveau de vie s’est bien sûr remarquablement amélioré » dit Lothar. « Mais il n’est pas facile de dire dans quelle mesure, quand on a successivement connu le Mark-RDA, puis le Deutschemark de la République Fédérale, et pour finir l’euro ». Lothar a dû patienter près de vingt ans pour que son salaire soit aligné sur ceux de l’ouest. Il apprécie surtout les horaires à la carte. A l’époque du rideau de fer, c’était 6 h 45 - 16 h 30.

Des ordinateurs neufs fabriqués à l’ouest ont fait leur apparition. Des photocopieuses modernes et libres d’accès ont remplacé les antiques machines de reprographie dont l’utilisation était étroitement surveillée. Les dirigeants de l’époque craignaient qu’elles ne soient utilisées pour imprimer des tracts. Les outils se sont améliorés, mais au fond les méthodes de travail n’ont pas tellement changé. « Un Allemand organise comme un Allemand » plaisante Lothar. Le plus important pour lui comme pour beaucoup d’autres, c’est la possibilité de voyager partout, d’assister à des congrès avec des collègues étrangers. En contrepartie, la liberté dans le travail est restreinte. « Il y a des buts, des délais, il faut réaliser des projets, on ne peut pas dévier trop. C’est comme dans une entreprise privée, c’est la vie d’aujourd’hui ». Et l’on ne parle pas de ce que l’on gagne. Avant, les salaires étaient plus ou moins connus. Pour Lothar, l’adaptation n’a pas été trop difficile. Il avait trente neuf ans à la chute du mur et a pu fournir l’effort nécessaire pour s’accoutumer à l’économie sociale de marché transplantée à l’est. Mais il a le sentiment d’avoir à tout gérer lui-même

« De toute façon, je préfère la vie actuelle » dit Lothar qui se défend de toute nostalgie. Pourtant l’image qui est donnée de l’ex-RDA ne lui convient guère. « Je ne peux pas dire que c’est faux la Stasi et toutes ces choses, c’est terrible. Je n’étais pas tellement au courant, sauf par les médias de l’ouest, les chaînes que l’on pouvait capter et qui nous donnaient les points de vue de l’autre côté. Après quand on a eu les détails, ça m’a choqué. Ca m’a pris un certain temps pour réaliser ce qui s’est passé. Mais pour moi, je sais aussi ce qui était bien. Il faut différencier. Parfois je crois qu’on exagère dans la presse, on ne voit qu’une seule partie, le noir et le blanc et ça ne me plaît pas du tout. Il y avait aussi des nuances de gris qui étaient agréables. A l’époque, je n’avais pas tellement ce sentiment d’être derrière un mur. Naturellement, vu d’aujourd’hui, c’était vraiment un grand manque de liberté ».

Souvenirs de l’est du mur

Evènement

 Une semaine avant le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, voici de nouveaux tĂ©moignages extraits de mon livre “l’Allemagne au pied du mur” qui vient de paraĂ®tre aux Ă©ditions de La Table Ronde. Un bilan d’Ă©tape pour ceux qui ont connu la RDA. Nous sommes toujours Ă  Leipzig, mais dans le très chic Musikerviertel, le quartier des musiciens, oĂą chaque rue -pavĂ©e et bordĂ©e de magnifiques immeubles du XIXème siècle Ă©pargnĂ©s par la guerre et impeccablement restaurĂ©s depuis la rĂ©unification- porte le nom d’un compositeur cĂ©lèbre

« Un secteur mal bombardé » ironise Falk trente-cinq ans qui vit avec sa femme Almut quarante ans, et leurs deux enfants -des jumeaux de six ans- dans un loft qui donne sur une vaste cour, derrière les belles façades alignées sur la rue. Tous les deux travaillent et poursuivent des études. Falk avait quinze ans à la chute du mur. C’est son regard d’adolescent qu’il retrouve en me racontant ses souvenirs. Lui n’a jamais eu l’impression d’être désavantagé par l’Etat depuis la réunification. Ce dont il se rappelle, c’est plutôt d’avoir éprouvé un sentiment d’infériorité à l’époque de la RDA et aussitôt après la disparition du régime de l’est.    

« Les premières années après la chute du mur, nous faisions des randonnées à bicyclette et lorsque nous sommes arrivés dans les Länder de l’ouest, on s’est toujours étonné de l’amabilité et presque de la pitié avec laquelle on était salués. Les gens partaient probablement du principe qu’on vivait dans des tentes. C’était un peu énervant parce que la presse disait beaucoup de choses qui ne correspondaient pas à la réalité. Les gens en RDA n’allaient pas particulièrement mal, ils avaient quand même une vie correcte. Aujourd’hui, je ne me sens pas comme un citoyen de deuxième classe, alors que j’avais justement cette impression autrefois, car il y avait des monnaies séparées -celle de l’ouest et le Deutsche Mark de l’est- avec lesquelles on pouvait s’acheter des articles différents, on obtenait aussi dans les hôtels des chambres différentes. Pour les clients étrangers et solvables de l’ouest de l’Europe, il y avait également un tout autre approvisionnement et d’autres conditions d’hébergement ».  

Almut observe surtout le changement de statut des femmes par rapport à celui des hommes. « J’ai le sentiment que la situation de la femme en RDA était plus équitable que maintenant. Ici on a l’impression que pour un travail identique, l’homme a un salaire bien plus élevé que celui de la femme. C’est le genre de choses qu’il n’y avait pas en RDA. La femme travaillait même avec des enfants. De nos jours, la tendance politique lui attribue un certain rôle. On n’est pas non plus encouragée à travailler en tant que mère de famille. Je vois ça comme un inconvénient, mais moi personnellement je ne me crois pas pénalisée parce que je connais mes droits, j’agis comme je veux et par conséquent je ne me sens pas désavantagée » conclut elle dans un éclat de rire. 

Ni l’un ni l’autre ne regrettent l’administration omniprĂ©sente de l’Allemagne de l’est. Pour Falk, le passage du communisme à l’économie libĂ©rale n’a rien d’un traumatisme. « Je pense que l’Etat de nos jours doit se fixer d’autres tâches » dit-il « C’est une Ă©conomie sociale de marchĂ©, c’est pourquoi il n’y a pas de raison d’en vouloir Ă  l’Etat. Il ne faut pas mendier. Il y a une aide sociale qui est susceptible de couvrir l’essentiel des besoins et elle le fait. Je ne pense pas que l’Etat soit mauvais ou s’occupe moins de nous que ne le faisait autrefois la RDA »Â