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Le blog de Bertrand Gallicher


Jeux de dupes à Munich

Raison d'Etat

Moins de 48 heures après les propos en apparence rassurants tenus à Munich par le ministre iranien des Affaires étrangères sur un accord “à portée de main” dans le dossier du nucléaire, l’Iran fait volte-face et annonce officiellement sa décision d’enrichir de l’uranium à 20 %. C’est-à-dire de renoncer aux objectifs patiemment négociés depuis des mois par les occidentaux, qui promettent désormais de nouvelles sanctions contre Téheran. Cet exemple illustre le contraste entre la réalité et  les débats feutrés de la conférence de Munich sur la sécurité, ce “Davos de la Défense” où se sont retrouvés ce week-end des ministres, des chefs d’Etat et des experts. Dans le cas de l’Iran comme pour d’autres pays, la diplomatie de salon ne pèse pas lourd face aux vrais enjeux.

Wolfgang Ischinger, organisateur de la conférence de Munich © BG RF

Wolfgang Ischinger, organisateur de la conférence de Munich © BG RF

Le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki s’est montré aussi prolixe que conciliant lors du débat organisé tard dans la soirée de samedi, vers 23 h 30 après le dîner officiel de la conférence sur la sécurité. A l’entendre, la République islamique qui réclame un accès au nucléaire civil était sur le point de trouver un accord avec l’Agence Internationale de l’Energie Atomique sur l’échange d’uranium enrichi. Un progrès du point de vue des occidentaux qui espèrent en contrepartie surveiller d’un peu plus près le chantier du nucléaire iranien. A la fin, le ministre a même été un peu applaudi, par politesse ou par réflexe.

Le même sentiment domine en entendant dimanche matin sur cette même estrade de l’hôtel Bayerischer Hof -l’un des plus luxueux hôtels de la capitale bavaroise qui accueille la conférence- le président afghan Hamid Karzaï parler avec beaucoup de sérénité de l’avenir de son pays et des relations avec ses voisins comme le ferait par exemple un chef d’Etat de la paisible Union européenne. Un discours pour le moins décalé par rapport à la guerre, aux attentats au coeur de Kaboul, à la situation militaire qui dérape dangereusement en faveur des Talibans, à la population prise en otage, à la corruption qui ronge le pays. 

Paradoxalement, la conférence de Munich sur la sécurité semble échapper à la dureté du monde dont elle parle.  Cette année et pour la première fois, un ministre chinois des Affaires étrangères y participait. Yang Jiechi  était très attendu sur les relations avec les Etats-Unis, à cause des ventes d’armes américaines à Taiwan qui ulcèrent Pékin. Une “violation du code de conduite entre les nations” a-t’il dit. Pour le reste, le ministre s’est contenté de propos aussi neutres qu’aimables. A Munich, la courtoisie et la prudence tuent parfois le message politique.

Un commentaire pour “Jeux de dupes à Munich”

  1. unionsbuerger dit :

    L’occident n’existe plus, mais il ne le sait pas encore.

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dagobert

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