Réveillon au pont des espions
A Berlin, franchir le cap de la nouvelle annĂ©e parmi le million de personnes rassemblĂ©es aux alentours de la porte de Brandebourg paraĂ®t toujours aussi sympathique et convivial. Surtout pour le 31 dĂ©cembre 2009, l’annĂ©e du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin. Mais si l’opportunitĂ© se prĂ©sente, d’autres options plus originales peuvent offrir une toute autre atmosphère et un voyage dans le temps.
Le Glienicker BrĂĽcke fait partie des lieux mythiques de la guerre froide. C’est Ă l’entrĂ©e de Potsdam, Ă la limite de la ville-Etat de Berlin et du Land de Brandebourg que se dresse ce pont mĂ©tallique qui marque pendant quatre dĂ©cennies la frontière entre l’est et l’ouest, et sur lequel s’Ă©changent alors les agents de chaque camp selon un usage retracĂ© par tant de romans et de films. La scène se passe gĂ©nĂ©ralement dans le brouillard qui monte du Tiefer See au petit matin. Aux appels de phare d’une Mercedes rĂ©pondent ceux d’une Wartburg. Et les espions se croisent en silence dans un paysage lugubre.
Les villas autrefois abandonnĂ©es qui bordent la Havel aux abords du Glienicker BrĂĽcke sont dĂ©sormais magnifiquement restaurĂ©es. Passer le rĂ©veillon dans l’une d’elles, avec une vue imprenable sur les arches mĂ©talliques qui rythment le pont des espions tandis que tombe une neige Ă©paisse, permet de mesurer le chemin parcouru. En cette nuit de Saint Sylvestre, les explosions qui se succèdent sur les rives de la Havel donnent un coup de vieux Ă la guerre froide. Ce ne sont que les feux d’artifice et les pĂ©tards qui Ă©clatent dans le ciel enneigĂ©, au dessus des poutrelles d’acier.














