Tout va bien
“Peur pour les emplois, la crise économique mondiale atteint les entreprises allemandes, les experts craignent une augmentation radicale du nombre de chômeurs, dans la seule industrie automobile 100.000 emplois vacillent”. C’est comme une nouvelle douche froide ce samedi matin à la une de Bild, le quotidien le plus lu d’Allemagne. Aucune surprise bien sûr dans ces titres alarmants, mais j’aurais bien aimé pour le week-end une parenthèse de sérénité. Seulement voilà : Pas moyen d’échapper à l’avalanche des mauvaises nouvelles. En plus il fait gris à Berlin.
J’ai vite refermé le journal après avoir englouti mon café-croissant à l’angle de la Wilmersdorferstrasse. Mais à peine rentré chez moi, la Deutschlandfunk m’apprend les sombres prévisions du ministre allemand des finances , qui a donné une interview au Bild am Sonntag à paraître demain : la crise financière va durer au moins jusqu’à fin 2009. Et pour bien enfoncer le clou, Peer Steinbrück ajoute : “le risque d’un effondrement est encore loin d’être passé, il serait faux de lever l’alerte”. Et de rappeller à  ceux qui auraient gardé un soupçon d’optimisme, que la présentation d’un budget à l’équilibre en 2011 reste un simple objectif, “mais nous ne disons pas : nous allons y arriver dans tous les cas.” C’est tout ?
Non, dans le Berliner Zeitung, voici que la Deutsche Bank, la première banque privée allemande, s’attend carrément à une récession l’an prochain en Allemagne. Le produit intérieur brut de la première économie de la zone Euro devrait reculer de 1,5 %. C’est un porte-parole de la Deutsche Bank Research qui le dit, en estimant que la croissance dans les pays industriels devrait connaître son plus bas niveau depuis la crise des année 1930. Nous voilà prévenus. Evidemment, chacun est libre de croire ou pas ce que disent les experts, mais cette fois-ci, pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que l’économie va dans le mur.
Au milieu de ces annonces de catastrophes, un paradoxe amusant quand même : Parmi les banques allemandes qui avaient appellé l’Etat au secours, la plupart hésitent maintenant à demander le bénéfice du plan de sauvetage de 480 milliards d’Euros concocté par le gouvernement Merkel. Surprenant ? Pas vraiment. D’abord en jouant la montre, les établissements financiers espèrent que le gouvernement reverra les conditions d’attribution des garanties de prêts interbancaires ou de recapitalisation. Et surtout, certains banquiers craignent de perdre leur fauteuil s’il font appel à une aide publique qui révèlerait leur gestion hasardeuse.














