Un gros problème
Après une semaine de panique boursière et dans une ambiance de catastrophe financière, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ne peuvent pas s’offrir le luxe de laisser planer le doute sur la cohésion franco-allemande face à la crise. Le sommet de Colombey-les-deux-Eglises, prévu de longue date pour inaugurer le mémorial Charles de Gaulle, leur a donc permis samedi 11 octobre d’afficher une unité officiellement sans faille. Les relations franco-allemandes sont-elles si tourmentées que chacun doive  justifier tellement souvent de leur solidité ?
Au moment où les hélicoptères se posent à quelques minutes d’intervalle en contrebas du village de Colombey-les-deux-Eglises, la brume de ce samedi matin fait place à un beau soleil. Pas de quoi y voir le présage d’un réchauffement des relations franco-allemandes mises à rude épreuve par la tempête financière mondiale. Nicolas Sarkozy, arrivé le premier pour accueillir son invitée à sa descente de voiture, plaisante en montrant les conseillers d’Angela Merkel : “J’ai beaucoup de mal avec eux, gross Problem !”. A défaut de solution, le déjeuner dans un restaurant du village et la réunion de travail suffisent à  présenter un front commun lors de la conférence de presse de l’après-midi.
Aucun fonds européen de soutien aux banques ne verra le jour. La Chancelière n’en veut décidemment pas. Nicolas Sarkozy approuve aussitôt en se lançant dans la démonstration de  l’inefficacité d’une telle mesure face à une crise qui impose des réactions immédiates. Mais au fait, qui en a eu l’ idée ?  Sûrement pas Christine Lagarde, quoiqu’en dise la presse allemande, tranche le président en rendant un hommage appuyé à la ministre de l’Economie. Le sujet est clos, l’entente franco-allemande débarrassée d’un malentendu. C’est toujours çà .
Dimanche soir, après la réunion de l’Eurogroupe à l’Elysée, le dispositif  attendu se confirme. Il consiste à  garantir les prêts interbancaires et ouvre la voie à une recapitalisation des banques. Angela Merkel annonce qu’elle présentera ce lundi à Berlin lors d’un conseil des ministres exceptionnel son plan de soutien au secteur bancaire. “Son” plan de soutien ? “Nous allons le faire de façon simultanée avec la France” ajoute la Chancelière. Ouf.














