“Volkswagen muss Volkswagen bleiben !”
“Volkswagen doit rester Volkswagen !” Les banderoles sautent aux yeux ce vendredi matin  en arrivant à  la manifestation de 30.000 salariés du groupe  réunis sur l’immense site de Wolfsburg, dans la région de Hanovre. Ce slogan résume leur détermination face à la pression de Porsche qui tente de prendre le contrôle de l’entreprise.  Que craignent les ouvriers, les employés et les cadres du premier constructeur automobile européen ? Tous ceux que j’ai interrogé partagent la même inquiétude : Passer sous la coupe d’un investisseur -aussi prestigieux soit-il- qui n’aurait pas avec eux les mêmes égards que le Land de Basse-Saxe, actionnaire public disposant d’une minorité de blocage. Avec beaucoup de questions sur le maintien des sites de production et des emplois. Procès d’intention ?
Evidemment, les ouvriers et ouvrières en bleu de travail ou en blouson, portant la casquette rouge du syndicat IG Metall sont les plus nombreux sur les pelouses qui entourent les bâtiments administratifs de l’usine de Wolfsburg, la ville de Volkswagen. Mais on y remarque aussi parmi la foule  ou un peu à l’écart des hommes en costume foncé et des femmes en tailleur gris. Car la volonté de Porsche , déjà premier actionnaire de l’entreprise, de prendre les commandes suscite beaucoup d’interrogations. Même si certaines banderoles font de Porsche un rouleau compresseur prêt à écraser Volkswagen, beaucoup de salariés et même de dirigeants syndicaux ne refusent pas le principe d’un rapprochement avec le constructeur de voitures de sport.
 A condition de ne pas toucher à la loi Volkswagen. C’est ce texte qui garantit à l’Etat régional de Basse-Saxe, actionnaire à hauteur de 20 %, le vrai pouvoir dans l’entreprise. Un principe qui fait bondir la Commission Européenne et son credo libéral. La justice européenne a déjà  condamné l’an dernier l’Allemagne à abroger cette loi votée  dans les années soixante après la privatisation partielle du constructeur automobile. Le gouvernement Merkel, sachant le sujet explosif, a clairement traîné les pieds en proposant une nouvelle mouture de la loi qui ne change rien sur le fond. D’où la fureur de Bruxelles qui s’apprête à renvoyer l’Allemagne devant la Cour de justice, et l’impatience de Porsche, bientôt actionnaire majoritaire et qui voudrait  obtenir le pouvoir de décision dans l’entreprise.
Ce vendredi 12 septembre à Wolfsburg, il beaucoup été question de Nokia. Quel rapport ? La fermeture de l’usine de Bochum jugée insuffisamment rentable par le fabricant de téléphones portables est un exemple terrifiant pour beaucoup de salariés de Volkswagen, qui craignent de voir un nouvel actionnaire exiger des profits au delà de toute limite. Tous savent la réputation de Porsche d’être le fabricant automobile le plus rentable au monde. Nul ne saurait lui reprocher cette performance mais un tel objectif pourrait avoir des conséquences douloureuses si on l’attendait d’ un constructeur généraliste.
Reportage disponible sur le site de France Info














