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Le blog de Bertrand Gallicher


Pouvoir d’achat : la méthode allemande

Economie

Des prix qui flambent et des salaires qui stagnent. En cette rentrée 2008 les Allemands s’inquiètent autant que les Français de leur pouvoir d’achat. Mais la situation à l’est du Rhin apparaît radicalement différente. Malgré les signaux  de ralentissement de l’économie européenne, l’Allemagne affiche des comptes publics sains, ce qui offre une certaine marge de manoeuvre. A un an des élections législatives, les salariés allemands  savent le gouvernement de coalition CDU-SPD ouvert aux attentes des électeurs.  Et les consommateurs se comportent plus que jamais en clients avisés, en fréquentant assidûment les supermarchés à bas prix.

 © B. Gallicher

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Comme en France, le panier de la ménagère pèse moins lourd ces derniers mois à dépense constante. Les prix qui ont le plus augmenté : ceux des produits laitiers, qui ont grimpé de plus d’un tiers en un an, au point de déclencher au printemps dernier une fronde des producteurs de lait qui ne retrouvaient pas cette augmentation faramineuse dans les tarifs imposés par les laiteries industrielles. Beaucoup d’autres produits alimentaires comme le pain ou la bière coûtent également plus cher. Les consommateurs allemands déjà particulièrement attentifs lors de leurs achats quotidiens -mais capables de se ruiner pour de beaux objets dans  l’ameublement, l’électronique haut de gamme et bien évidemment l’automobile- multiplient les visites chez les hard discounters, dont le concept a été inventé ici dans les années soixante, et qui détiennent plus de 40 % du marché avec 15.000 magasins de proximité.

 © B. Gallicher

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 La flambée du prix de l’énergie contribue aussi à rogner le pouvoir d’achat des Allemands. Le quotidien Bild annonçait en début de semaine une hausse du prix du gaz allant jusqu’à 14 % pour 620.000 des habitants de Berlin. L’électricité fait également partie des dépenses qui augmentent beaucoup, la privatisation de la production et du transport de l’énergie électrique il y a une dizaine d’années n’a pas profité au consommateur et les géants du secteur appliquent des tarifs élevés. Quant au pétrole, la chute vertigineuse  du prix du baril ces dernières semaines ne devrait guère bénéficier aux automobilistes. Des compagnies pétrolières aux distributeurs, les intérêts en jeu sont tels que le prix des carburants ne redescendra certainement pas en proportion de la baisse du cours du brut. Les automobilistes en Allemagne comme dans d’autres pays  pourraient continuer longtemps de payer l’essence au prix fort.

Puisque la pression des prix à la hausse se confirme -et pas seulement dans l’énergie et l’alimentation-  le maintien du pouvoir d’achat passe par des salaires plus élevés. Les syndicats allemands l’ont bien compris, qui mènent une stratégie offensive. Début août, le syndicat Verdi a obtenu pour les 34.000 employés au sol de Lufthansa une hausse des salaires de 5,1 % et une seconde augmentation de 2,3 % au 1er juillet 2009, le tout agrémenté d’une prime exceptionnelle. Pour la compagnie aérienne, la facture est lourde, mais cet accord arraché à l’issue d’un bref conflit social s’inscrit dans la logique de ceux conclus depuis un an en Allemagne. Crise économique ou pas, les salariés allemands qui ont longtemps mis leurs revendications de côté ne veulent plus attendre.

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