Bienvenue Ă  Berlin

Le blog de Bertrand Gallicher


Allemagne-Turquie, le match qui rapproche.

Football

Les responsables politiques allemands et turcs avaient déminé le terrain avant la demi-finale de l’Euro-2008 mercredi soir entre la Mannschaft et l’équipe de Turquie. Pour écarter les tentations nationalistes de certains supporters, les élus, mais aussi les sportifs et même les journaux des deux pays avaient célébré l’amitié germano-turque. Avec succès, puisque dans l’ensemble les admirateurs de l’équipe allemande et les partisans de la formation turque ont partagé dans la bonne humeur la même passion du football. Au-delà des espérances. 

  © B.Gallicher

© B.Gallicher

Devant la porte de Brandebourg, près d’un demi-million de personnes, une marée humaine d’où émergent, mélangés, des drapeaux noir-rouge-jaune, ou rouge frappés de l’étoile et du croissant blancs, des étendards agités frénétiquement. Les supporters des deux équipes se sont plus que côtoyés hier soir pendant et après le match.  

 Sur le Kudam où se joue souvent la troisième mi-temps, les Turcs, battus sur le fil par l’Allemagne 3 à 2, ne sont évidemment pas les plus nombreux ce mercredi soir vers 23 heures. Mais ils sont bien présents, certains peinturlurés sur le visage en  rouge et blanc, nombre d’entre eux brandissant leur drapeau national. Les Allemands, fous de joie d’accéder à la finale, leur font des gestes amicaux. On se tape dans les mains, on se salue, on se klaxonne. Les Turcs se sont bien battus, et pour les vainqueurs, cela mérite un certain respect. 

Bien sûr, il y a les rares mauvais gagnants, ceux qui tentent d’humilier les supporters de l’équipe adverse. Pire, à Dresde, des crétins avinés ont attaqué deux snacks-bar et bléssé des consommateurs turcs. C’est l’exception qui confirme la règle. 

Que disent-ils les suppporters turcs d’Allemagne ? Qu’ils sont déçus bien sûr, mais que la Mannschaft a eu de la chance. Que désormais pour la finale ils vont soutenir l’équipe d’Allemagne, leur deuxième patrie.Et surtout que la Turquie figure parmi les quatre meilleures équipes de l’Euro-2008. Ils en sont très fiers. Un jeune Turc d’une vingtaine d’années m’explique que dans cette compétition, la Turquie prouve son appartenance à l’Europe. « Quoi qu’en pensent certains », ajoute-t’il farouchement. C’est clair : la réticence de l’Union Européenne à intégrer leur pays blesse les Turcs d’Allemagne. 

Laisser un commentaire

aire

Recopiez le code ci-dessus afin que votre commentaire soit pris en compte.