Bienvenue à Berlin

Le blog de Bertrand Gallicher


Auf Wiedersehen Berlin!

Entracte

 “Man sieht die Sonne langsam untergehen und erschrickt doch, wenn es plötzlich dunkel ist” (Franz Kafka)

Le nouveau Président de la République fédérale d’Allemagne Christian Wulff vient d’être élu -au terme d’une séance épique au Bundestag- en ce mercredi 30 juin, le jour même où s’achève mon travail d’envoyé spécial permanent de Radio France à Berlin. Nous allons nous croiser. Une excellente actualité pour terminer ces quatre années en Allemagne, qui me laisseront des souvenirs inoubliables et un attachement très fort à la modernité de ce pays.

Au moment de quitter Berlin, l’avance de la première économie européenne sur ses partenaires et concurrents du vieux continent m’apparaît plus clairement que jamais. J’ai pu défendre cette idée au cours du débat organisé lundi soir  à l’Institut français face à Peter Maurer, politologue à la Freie Universität. J’avais proposé d’intituler cette discussion ”Warum Deutschland die Nase vorn behalten wird” pour marquer ma conviction que l’Allemagne gardera l’avantage en Europe. Beaucoup d’Allemands y croient malgré leur tendance naturelle au pessimisme. Certains Français se hérissent spontanément lorsque l’on compare les chiffres -tous favorables à l’Allemagne- de la croissance, de l’emploi, du commerce extérieur et du déficit budgétaire des deux pays. Preuve que les performances de l’un et les insuffisances de l’autre expliquent bien des tensions entre l’Allemagne et la France.

                     © Bertrand Gallicher Radio France

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Mon interview la semaine dernière avec le milliardaire et philantrope George Soros dans sa suite de l’hotel Adlon apporte un éclairage supplémentaire. Cet Américain de bientôt 80 ans qui a bâti sa richesse autrefois en spéculant contre la livre sterling disposerait selon le magazine Forbes d’une fortune évaluée à 13 milliards de dollars. A l’université Humboldt, il a fait sensation en n’excluant pas la fin de l’euro et en critiquant vertement la politique d’austérité du gouvernement Merkel qui représenterait un danger pour l’Europe. Pourtant son opinion sur la place de l’Allemagne au sein de l’Union européenne est sans appel. ”Germany is on the drivers seat” me dit-il pour résumer sa vision de l’Europe. C’est un fait qu’il faut bien admettre et la raison pour laquelle il a choisi de s’exprimer à Berlin.

De cette Allemagne passionnante, je rapporterai d’autres souvenirs, plus personnels. Comme les huit vis en titane qui transpercent toujours l’os de mon épaule gauche, fracassée dans un accident sur une petite route de Mecklembourg Poméranie occidentale le 7 juin 2007 lors du sommet du G8 à Heiligendamm. Un livre aussi, “L’Allemagne au pied du mur” paru en France en octobre 2009 et dans lequel je montre en 400 pages les défis que rélève la nation allemande, presque vingt ans après sa réunification. Un regard sur une économie forte et une démocratie souvent exemplaire. Dans une Europe où la discrète  connivence entre certains dirigeants politiques et les puissances de l’argent se renforce, où les plus riches dictent parfois la loi, l’Allemagne a choisi un autre chemin. Je suis heureux de l’avoir partagé pendant plus de quatre ans. Sans voir le temps passer.

Auf Wiedersehen !

Dernière coupe du monde

vacarme

Avec les drapeaux noir rouge et or flottant sur les voitures, l’ambiance en ce mois de juin 2010 me rappelle étrangement celle qui m’a accueillie il y a un peu plus de quatre ans, quelques semaines après mon arrivée à Berlin. De quoi susciter une forme de nostalgie au moment où je m’apprête à quitter l’Allemagne. Bien sûr, cette année les matches se disputent à plusieurs milliers de kilomètres d’ici. Mais la passion des Allemands pour le football ne faiblit pas, surtout après la qualification de la Mannschaft -victorieuse de l’Angleterre 4 à 1- pour les quarts de finale où elle rencontrera l’Argentine samedi prochain. En cinq images -une par but- un aperçu de l’atmosphère d’après-match à Berlin.

 © BG Radio France

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Pourquoi l’Allemagne va garder une longueur d’avance

Economie

Carnets de commande bien remplis, exportations à nouveau florissantes, taux de chômage en baisse depuis des mois, l’Allemagne se remet à flot rapidement. L’institut de recherche économique IfW vient même de relever sa prévision de croissance pour cette année à 2,1 %. Un exemple à méditer par d’autres gouvernements en Europe qui se retranchent derrière la crise pour tenter de justifier leurs propres résultats.

Ceux qui ont critiqué ces derniers mois les excédents commerciaux de l’Allemagne en sont pour leurs frais. Tirée par ses exportations, la première économie européenne redémarre rapidement et démontre sa puissance. La fédération des chambres de commerce et d’industrie DIHK prévoit que le pays comptera à la fin de l’année 100.000 personnes au chômage partiel contre plus de 1,4 million au coeur de la crise en 2009. Les embauches reprennent dans l’automobile, les machines-outils -160 milliards d’euros de chiffres d’affaires- et les produits chimiques. Un mouvement désormais porté par la baisse de l’euro face au dollar.

Le produit intérieur brut de l’Allemagne devrait progresser d’au moins 2,1 % cette année selon l’institut IfW tandis que la fédération DIHK prévoit une croissance qui pourrait atteindre 2,3 %. Des estimations crédibles, sans rapport avec les prévisions triomphalistes obstinément affichées par certains pays voisins année après année et qui sont à chaque fois cruellement démenties par les faits. L’économie allemande -en ordre de bataille- recommence à créer massivement des emplois. En mai, le chômage était à son plus bas niveau depuis 1992.

L’Allemagne se donne ainsi les moyens d’affronter le plan de rigueur annoncé par le gouvernement Merkel, des mesures qui suscitent des commentaires aigres dans d’autres pays où l’ampleur des déficits publics donne pourtant le vertige. Il est vrai qu’ici le  respect des deniers publics par ceux qui en ont la charge est une règle qui ne souffre pas d’exception. En Allemagne les cumuls de salaires, les dépenses de luxe au frais du contribuable, des appartements de fonction injustifiés ou des déplacements en jet privé coûteraient leur place à des responsables politiques, qui ne pourraient pas se contenter de hurler à la démagogie ou au populisme.

“Bonne nouvelle, pas de hausses des impôts !”

Politique

Rude semaine pour Angela Merkel. Après l’annulation à la dernière minute du dîner de travail avec Nicolas Sarkozy initialement prévu lundi 7 juin à la chancellerie, le projet de budget qui prévoit de serrer la ceinture aux Allemands au moins jusqu’en 2014 suscite à gauche une levée de boucliers. A  droite, certains jugent le plan de rigueur insuffisant. Pour ajouter à cette ambiance tendue, la chancelière doit gérer la démission du président allemand Horst Köhler.

Les libéraux ont menacé le week-end dernier de claquer la porte du gouvernement Merkel si le plan de rigueur (plus de 11 milliards d’euros d’économies dès l’an prochain) concocté par la chancelière devait inclure des hausses d’impôt. L’intransigeance du chef du parti libéral Guido Westerwelle peut se comprendre. Son formidable succès électoral de septembre dernier reposait sur une promesse de diminution de la pression fiscale qui avait séduit les cadres et les professions libérales. “La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y aura pas de hausse des impôts !” a claironné Guido Westerwelle lors de la présentation du plan de rigueur allemand. Un peu court pour son électorat, qui le boude ostensiblement. Dans les sondages la cote d’amour du parti libéral a plongé de 10 points par rapport à l’automne dernier.

Dans la foulée, le plan de rigueur gouvernemental reçoit une volée de bois vert dans la presse allemande, qui s’insurge au nom de la justice sociale contre la suppression ou la diminution de certaines allocations, comme le salaire parental. La gauche et les syndicats dénoncent le coup porté aux plus démunis. Près de la moité des coupes claires concernent en effet des dépenses sociales. A droite, certains réclament davantage d’économies face à l’ampleur du déficit budgétaire et les experts approuvent. La plupart d’entre eux n’y voient aucun risque de tuer la croissance, qui repart grâce aux exportations désormais dopées par la baisse de l’euro. Comme sur le front du chômage qui diminue, la reprise en Allemagne s’affirme et provoquera longtemps encore en France des jalousies et des remarques acerbes.

Autre sujet de préoccupation pour Angela Merkel, la démission du président allemand à la surprise générale, après des propos controversés sur le rôle de la Bundeswehr. Horst Köhler avait laissé entendre sur la radio publique qu’un engagement militaire pouvait être nécessaire pour protéger les intérêts économiques de l’Allemagne. Certains y avaient vu une justification de la mission -très impopulaire ici- des soldats allemands en Afghanistan. Les critiques qui se sont abattues sur le chef de l’Etat semblent infondées. L’ancien dirigeant du FMI s’est d’ailleurs forgé une certaine popularité depuis le début de son mandat présidentiel en 2004. Angela Merkel voudrait voir succéder à Horst Köhler l’actuel président du Land de Basse-Saxe Christian Wulff. Un choix très contesté par les Allemands, si l’on en croit les derniers sondages. Le nouveau président allemand doit être désigné par un collège électoral le 30 juin.

13 milliards de Deutsche Mark

statistiques

“Avons nous à nouveau besoin du Deutsche Mark ?” Ce titre  du quotidien populaire Bild, à propos de la crise financière qui s’abat sur l’Europe, va droit au coeur des Allemands,  effarés par le montant du plan de stabilisation de l’euro -750 milliards- imaginé dans l’urgence pour éviter une catastrophe. Contrairement à la plupart des autres nations européennes, l’Allemagne ne ressent aucun soulagement après cette annonce. Dans la population, la nostalgie du Deutsche Mark refait surface tandis que parmi les experts l’inquiétude grandit.

13 milliards de Deutsche Mark en billets et en pièces restent en circulation en Allemagne, huit ans après l’introduction de l’euro. Négligence ou manque de confiance dans la monnaie européenne, les particuliers qui détiennent cette fortune ne l’échangent qu’au compte-gouttes aux guichets de la Bundesbank. Seuls 160 millions de Deutsche Mark ont ainsi été convertis en euros l’an dernier. A ce rythme, il faudra 80 ans pour écouler la totalité de l’ancienne monnaie nationale. Ceux qui en possèdent encore ne se pressent guère, l’Allemagne n’ayant pas limité dans le temps la conversion du Deutsche Mark en euros.

Au delà de l’anecdote, le scepticisme des experts et de certains responsables politiques sur le plan de sauvetage de l’euro illustre un point vue assez répandu ici. Angela Merkel elle-même déclare aujourd’hui que tout ce qui a été fait jusqu’à présent n’a servi qu’à gagner du temps. Il s’agit maintenant de régler les disparités en termes de compétitivité et d’écarts de déficits entre les pays de la zone euro, dit-elle. Le chef économiste de la Banque centrale européenne tient le même discours.

Des spécialistes reconnus de la finance -comme le patron de la Deutsche Bank Josef Ackermann- vont plus loin et mettent en doute la capacité de la Grèce à rembourser l’intégralité de ses emprunts. Il y a deux semaines, une autre sommité, le patron de l’institut de recherche en économie Ifo a même pronostiqué un échec de la politique de rigueur en Grèce, qui en viendra selon lui à réclamer à l’Allemagne une annulation pure et simple de sa dette.

Merkel dans le piège de la dette grecque

Evènement

Angela Merkel doit maudire les hasards du calendrier. Pourquoi donc faut-il que la crise budgétaire de la Grèce tombe juste en pleine campagne pour les élections régionales en Rhénanie du nord-Westphalie qui se tiendront le 9 mai  ? A quelques semaines près, la chancelière aurait pu avoir les coudées franches pour gérer le problème sans aucun stress pré-électoral. Sa décision n’aurait sans doute pas été différente -l’Allemagne n’a pas d’autre choix que de prêter plusieurs milliards d’euros à la Grèce- mais sans doute plus rapide, ce qui aurait évité le vent de panique qui souffle sur les marchés.

Qui aurait pu imaginer il y a quelques mois l’influence des électeurs de Cologne ou de Düsseldorf sur les finances de l’Etat grec ? C’est pourtant à cause du scrutin régional à venir dans le Land le plus peuplé d’Allemagne que la dirigeante allemande a dû tergiverser face à une opinion publique majoritairement hostile à un prêt en faveur de la Grèce. Selon le sondage qui vient d’être réalisé pour France 24 et die Welt, 57 % des Allemands estiment qu’un soutien financier à la Grèce serait une mauvaie décision, 33 % étant d’un avis contraire. La presse populaire allemande -Bild en tête- s’interroge par exemple sur le système de retraites grec “dont rêveraient beaucoup d’Allemands”.

L’élection régionale du 9 mai risquant de faire basculer la majorité au Bundesrat -la chambre haute du parlement allemand- Angela Merkel veut jusqu’au bout montrer à ses compatriotes qu’elle comprend leurs réticences. D’où les conditions -par ailleurs légitimes- qu’elle pose avant de s’engager à garantir un prêt de la banque publique KfW qui pourrait atteindre 8,4 milliards d’euros. A ce prix, la chancelière a raison de demander à Athènes une réforme en profondeur de sa gestion, ainsi que des engagements solides et durables susceptibles de redresser la situation désastreuse du budget grec.

Le problème, c’est que cette fermeté inquiète les marchés, d’où la réaction en  chaîne observée ces dernières heures. Angela Merkel et son ministre des Finances Wolfgang Schäuble sont désormais contraints dans l’urgence d’assurer que l’Allemagne ne laissera pas tomber la Grèce. Il y va de la stabilité de l’euro, donc de l’intérêt des Allemands, martèle la chancelière. Les électeurs de Rhénanie du nord-Westphalie se laisseront-ils convaincre ?

Un voisin en deuil

Evènement

Angela Merkel et le président allemand Horst Köhler ont été les premiers à annoncer qu’ils se rendraient aux obsèques de Lech Kaczynski prévues dimanche à Cracovie dans le sud de la Pologne. Un geste naturel, compte-tenu des relations fortes entre les deux pays. De retour de Varsovie où j’ai rendu compte sur les antennes de Radio France de l’émotion des Polonais après la catastrophe de Smolensk, voici quelques images de la capitale polonaise. En attendant les funérailles nationales auxquelles assistera notamment Barack Obama. Beaucoup d’autres chefs d’Etat ou de gouvernement sont annoncés, parmi lequels Nicolas Sarkozy.

 © BG Radio France

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Aux abords du palais présidentiel, lundi 12 avril 2010, la foule tente d’apercevoir le convoi funéraire dans lequel se trouve la dépouille mortelle de Lech Kaczynski. Une marée humaine s’est déplacée pour jeter des tulipes et des roses rouges et blanches sur le corbillard vitré en agitant des drapeaux.

 © BG Radio France

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Des milliers de bougies devant le palais. Nuit et jour les Polonais se succèdent pour se receuillir ici. Lech Kaczynski faisait pourtant l’objet de nombreuses critiques de son vivant. Mais le patriotisme, le sentiment religieux et l’émotion balayent tout.

 © BG RF

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Les trois armes -terre, air, mer- sont associées aux cérémonies, au transport du cercueil, à la relève de la garde. Ci-dessous, sur les abribus et les kiosques à journaux, les photos des passagers du Tupolev 154, autour du couple présidentiel.

 © BG RF

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Par milliers, des habitants de Varsovie ont patienté -souvent pendant des heures- pour s’agenouiller quelques secondes devant les cercueils de Lech Kaczynski et de son épouse Maria qui était elle, très populaire. Dernière image, le tombeau du soldat inconnu.

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L’Allemagne, égoïste ou pragmatique ?

Politique

Les Allemands ont-ils une indigestion d’Europe ? L’époque où ils se montraient  prêts à consentir à tous les efforts pour permettre à la machine européenne de tourner rond semble en tout cas révolue. Berlin fait comprendre aux Grecs que l’Allemagne ne paiera pas pour résorber leur dette publique abyssale, et évoque même l’idée d’exclure de la zone euro les pays qui s’affranchissent de toute discipline budgétaire. Une posture-plus qu’une politique- qui en dit long sur l’agacement et la déception des Allemands.

Les considérations de politique intérieure expliquent pour une part le raidissement de Berlin face au dérapage des finances publiques grecques.  Car même si elle est meilleure que celle de la plupart des pays de l’Union européenne, la situation économique et budgétaire de l’Allemagne n’est pas enthousiasmante. Le budget 2010 voté vendredi -il était temps !- par le Bundestag prévoit un endettement de plus de 80 milliards d’euros.  Ce nouveau gouffre  est lié aux baisses d’impôts décidées par la coalition CDU-CSU/FDP et aux mesures de relance de la croissance.

Dans ce contexte et même si le marché de l’emploi résiste mieux qu’en France, Angela Merkel ne peut en aucun cas se permettre de jouer les bons samaritains auprès d’Etats en déroute financière. L’opinion allemande jugerait hors de propos une telle générosité et le gouvernement associant conservateurs et libéraux  n’y survivrait tout simplement pas. D’autres pays européens ironisent sur une Allemagne à la fois donneuse de leçon et qui ne respecterait pas elle-même les critères de Maastricht. Or c’est justement parce que les Allemands ont conscience de leur propres difficultés qu’ils refusent de cautionner tout laxisme budgétaire chez les autres.

Conserver une monnaie  solide relève chez les Allemands -droite et gauche confondue- d’une obsession amplement justifiée par leur histoire. Au point que près de la moitié d’entre eux serait favorable à une réintroduction du mark si l’euro continuait à être fragilisé par les dérives budgétaires de certains pays. Car l’Allemagne n’a renoncé à  sa monnaie nationale qu’en échange d’un cahier des charges censé être respecté à la lettre. Aujourd’hui les intentions couchées sur le papier se sont fracassées sur la réalité et parfois sur la facilité. C’est aussi ce qui exaspère les Allemands dans la crise grecque.

La “Kaiser” et ses fans

Evènement

Même s’il ne finit que sixième du grand prix de Bahreïn -remporté par Fernando Alonso- Michael Schumacher conserve la pôle position dans le coeur de ses fans, qui ont suivi passionnément son retour à la compétition, trois ans après que le “Kaiser” a déserté les circuits du championnat du monde. Ils étaient quelques centaines d’admirateurs enthousiastes  à s’être rassemblés ce dimanche  à Kerpen, la localité d’où “Schumi” est originaire près de Cologne.

Michael Schumacher roule aujourd’hui pour Mercedes, mais nombre de ses fans continuent d’arborer les casquettes rouges de Ferrari, constructeur avec lequel le septuple champion du monde a gagné cinq titres successifs entre 2000 et 2005. Dans la salle des fêtes de Kerpen -64.000 habitants- ils ont suivi, haletants, la prestation de leur idole, qui dit s’être amusé aujourd’hui. “Je peux très bien vivre avec cette sixième place. Elle donne à l’équipe et à moi-même une bonne base pour progresser” explique-t’il sur les écrans de télévision, visiblement serein.

Si l’on en croit  le journal populaire Bild, Schumacher a de quoi voir l’avenir avec optimisme, notamment grâce aux dizaines de millions que pourraient lui rapporter ce retour à la compétition au cours des trois ans à venir. Le quotidien décrit la villa où il a résidé à Bahreïn -28.000 euros pour 5 jours- avec plage privée, serveur, cuisinier et deux gardes du corps. 450 mètres carrés de pur luxe pour la détente du champion, raconte Bild. ”Schumi” n’avait bien sûr pas besoin de revenir dans la course pour s’offrir un séjour dans une telle résidence de rêve.

Le capital de sympathie dont  dispose toujours Michael Schumacher en Allemagne reste considérable. Pas seulement dans l’agglomération de Kerpen, où  un circuit de kart  attire ses admirateurs, mais aussi dans l’inconscient collectif de toute la population. Celui que beaucoup d’Allemands appellent affectueusement le “Kaiser” incarne à la fois le sérieux et l’audace. Des vertus appréciées ici, où l’on vante l’humour et la simplicité du champion. Une image rassurante dans un pays qui émerge à peine de la crise économique.

Hold-up en étage

Evènement

“La police connaît les visages des gangsters” affirme sur son site internet le Berliner Zeitung, à propos du hold-up perpétré ce samedi 6 mars 2010 au premier étage de l’hôtel Hyatt de Berlin, sur la Marlene Dietrich Platz.  Le butin raflé en quelques minutes par quatre individus cagoulés lors du  plus grand tournoi de poker d’Allemagne est estimé au moins à 250.000 euros. A défaut d’être le casse du siècle, ce vol commis en plein jour dans un établissement huppé de la capitale devant 400 joueurs sidère la presse allemande par son audace. Même si les gangsters ne peuvent pas revendiquer un professionnalisme à toute épreuve.

Les images prises par les caméras et par les téléphones portables ont fait le tour des télévisions européennes. On y voit la panique parmi la foule, des meubles renversés et des hommes cagoulés et armés, l’un d’eux tenant une machette.  Commis à deux pas de la très touristique Potsdamer Platz, ce hold-up éclair n’a sans doute pas rapporté à ses auteurs tout ce qu’ils en espéraient. Une grande partie du butin -540.000 euros selon le SpiegelOnline- a échappé aux voleurs dans leur fuite éperdue. 

Les témoignages des joueurs, ainsi que  les videos et les photos de la scène apporteront une aide précieuse aux policiers, de même que l’ADN de l’un des bandits. Des agresseurs trop pressés de se défaire de leur cagoule en sortant de l’hôtel, pour se mêler à la foule du centre commercial voisin. Et ce ne sont pas les caméras de surveillance qui manquent dans ces parages.

A défaut de se montrer très efficaces, les gangsters semblaient bien renseignés. Les quotidiens allemands s’interrogent sur une éventuelle complicité parmi un participant au tournoi. Selon les milieux proches de l’enquête, le signal de l’attaque aurait pu être donné par quelqu’un qui se trouvait déjà sur place. Autre question posée par des journaux allemands : les mesures de sécurité étaient-elles suffisantes pour un tournoi de cette ampleur ?  

Considérée comme une ville très sûre, Berlin n’est pas à l’abri de tout. Et comme le rappelle le Berliner Morgenspost, quelques affaires spectaculaires s’y produisent de temps à autre. Parmi celles-là, un important vol de bijoux commis en janvier 2009 au KaDeWe, le célèbre grand magasin de l’ouest de Berlin. Une trace ADN avait été retrouvée sur place et deux suspects interrogés. Mais la justice n’avait pu condamner l’un ou l’autre. Ils étaient jumeaux.